LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2000655

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2000655

jeudi 13 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2000655
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCARLHIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 février 2020 et le 27 décembre 2021, Mme M F, M. D F, M. E F, Mme J F et

Mme H F, représentés par Me Carlhian, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner l'État à verser à Mme M F, épouse de M. K F, la somme de 4 516 euros au titre de son préjudice de nature économique résultant des frais d'obsèques de son époux ;

2°) de condamner l'État à verser à Mme M F, épouse de M. K F, la somme de 50 000 euros au titre de son préjudice moral ;

3°) de condamner l'État à verser à Mme J F, mère de M. K F, la somme de 50 000 euros au titre de son préjudice moral ;

4°) de condamner l'État à verser à M. E F, père de M. K F, la somme de 50 000 euros au titre de son préjudice moral ;

5°) de condamner l'État à verser à M. D F, frère de M. K F, la somme de 30 000 euros au titre de son préjudice moral ;

6°) de condamner l'État à verser à Mme H F, belle-sœur de M. K F, la somme de 5 000 euros au titre de son préjudice moral ;

7°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- M. A B, agent de la police nationale, s'était déplacé le 25 mai 2017 au domicile de M. G I à Cogolin en raison de la relation que celui-ci entretenait avec sa compagne et avait frappé celui-ci en utilisant sa matraque télescopique au point de la casser ;

- M. I a alerté la gendarmerie nationale le lendemain sans se résoudre à porter plainte mais l'information de cette agression a été transmise à la hiérarchie de la brigade territoriale de Grimaud par voie de message électronique ;

- la compagne de M. B avait précédemment déposé plainte à l'encontre de M. B le 30 juillet 2014 pour des faits de violence, ce qui avait justifié le placement en garde à vue de celui-ci le 30 juillet 2014 ;

- cette procédure n'aboutit toutefois qu'à une procédure de médiation pénale familiale ;

- la hiérarchie de M. B n'aurait pas été informée de ces faits de violence ;

- M. B a fait l'objet de plusieurs arrêts maladie et n'a pas remis son arme de service à compter d'avril 2017 ;

- il a récupéré son arme de service le 23 juin 2017 date de sa reprise de travail mais ne l'a pas restituée le 26 juin 2017, date d'un nouvel arrêt ;

- sa hiérarchie ne s'est jamais assurée que M. B avait déposé son arme et s'est contentée d'un message de type SMS par lequel il indiquait qu'il allait la remettre ;

- ce n'est que très tardivement, en juillet 2017, et alors qu'une inquiétude se manifestait sur la possibilité que ce policier commette une " connerie " que sa hiérarchie s'est préoccupée de savoir si son arme de service avait bien été remise ;

- lorsque la compagne de M. B a alerté les services de gendarmerie, en pleine nuit, le 6 août 2017 à minuit, des dernières menaces de meurtre dirigées contre elle et son amant, ceux-ci n'étaient pas alerté d'une dangerosité particulière de celui-ci ;

- cette même nuit, M. B s'est rendu au domicile de M. I, lui a tiré dessus à six reprises, avant de tirer également sur M. K F qui tentait de l'attraper par les épaules, les tuant tous les deux avant de se suicider ;

- l'État a commis une faute susceptible d'engager sa responsabilité et deux recours indemnitaires préalables ont été adressés au ministre de l'Intérieur et au ministre de la justice, datés du 15 octobre 2019 et reçus tous deux le 30 octobre 2019 ;

- la responsabilité de l'État est engagé pour faute de service sur le fondement des jurisprudences " Tomaso Grecco " et " Lemonnier " pour la faute personnelle de M. B non dépourvue de tout lien avec le service dès lors que les deux homicides ont été commis avec des moyens fournis par le service, à savoir son arme de poing ;

- cette faute a été rendue possible du fait de dysfonctionnements dans l'organisation du service, de l'inaction et de la passiveté des services de police et de gendarmerie ;

- les modalités de dépôt et de stockage des armes de service par les policiers, fixées par une instruction du 24 septembre 2012, complétée par plusieurs notes de services relatives à la tenue du registre des armes de service, ont été méconnues ;

- la note du 11 février 2013 et la note n° 16/29 disposent que lorsqu'un congé de maladie est supérieur à 31 jours consécutifs, le dépôt de l'arme au service devient obligatoire ;

- après avoir repris son service le 23 juin 2017 et récupéré son arme, M. B a reçu une prolongation de son arrêt de travail jusqu'au 16 juillet 2017 ;

- le major de police en charge de l'armurerie lui a demandé s'il avait déposé son arme au commissariat et a reçu l'engagement de M. B qu'il y procéderait le 27 juin 2017 ;

- cet agent a déclaré sur procès-verbal avoir aperçu M. B avec sa mallette de sécurité à la main le 27 juin 2017 et estimé qu'il avait bien déposé son arme, sans procéder à une vérification comme il y était tenu par la note n° 16/29 ;

- M. B a seulement été questionné par deux de ses collègues, le 4 juillet 2017, sur le dépôt de son arme au commissariat ;

- le 16 juillet 2017, l'arrêt de travail de M. B a été prolongé jusqu'au 6 août 2017, soit depuis le 26 juin 2017, pour une période de plus de 31 jours qui lui imposait de déposer son arme de service ;

- aucune nouvelle vérification n'a eu lieu de la part des chefs de groupe en méconnaissance des notes de services en vigueur et de l'instruction du 24 septembre 2012 ;

- la dernière prolongation d'arrêt de travail du 2 août 2017 a prolongé son congé jusqu'au 14 août 2017 et portait la mention " poussée SEP - sd dépressif " ;

- la hiérarchie policière ne pouvait dès lors pas ignorer que M. B présentait des signes dépressifs qui pouvaient révéler un danger ;

- le 5 août 2017 un officier de police et proche de M. B s'est interrogé spontanément sur la conservation par celui-ci de son arme de service et une vérification a été prévue pour le lundi 8 août 2017 ;

- la hiérarchie de M. B n'a pas pris les mesures qui s'imposaient au regard de la durée de son congé maladie et de son état dépressif ;

- les règles internes relatives à la possibilité pour des fonctionnaires de police de conserver leur arme individuelle en dehors du service avaient été fixées par une note n° 335/15 dans le contexte de l'état d'urgence et modifiée par deux notes nos 116/17 et 122/17 du 17 mai 2017 ;

- si M. B avait obtenu une réponse favorable à la demande qu'il avait formée en ce sens le 19 juillet 2016, il n'est pas établi qu'il aurait renouvelé sa demande dans le cadre prescrit depuis mai 2017 ;

- ces carences et négligences sont constitutives d'une faute de service de police de Toulon qui a contribué à la survenance du drame du 6 août 2017 ;

- il ressort des éléments fournis en défense que M. B avait reçu l'ordre de déposer son arme de service mais qu'il aurait dupé sa hiérarchie quant à la correcte exécution de cet ordre ;

- il en découle que la hiérarchie de M. B lui a donné un ordre direct sans s'assurer de son exécution, circonstance qui caractérise un défaut de surveillance du fait de l'administration et une méconnaissance de ses obligations quant à la tenue et à la mise à jour du registre des armes des policiers ;

- les préjudices des membres de la famille F trouvent leur origine dans l'inaction fautive des services de police et de gendarmerie et les préjudices moraux subis pourront être indemnisés sur le fondement de la jurisprudence " Letisserand " du 24 novembre 1961 ;

- le préjudice financier supporté par son épouse, Mme M F, pour l'organisation des obsèques constitue un chef de préjudice indemnisé par le juge administratif.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par les consorts F ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 juillet et 20 août 2020, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par les consorts F ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Silvy, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Sylvie Wustefeld, rapporteure publique,

- et les observations de Me De Sousa, représentant les consorts F.

Considérant ce qui suit :

1. Les 5 et 6 août 2017, M. K F participait à un apéritif donné par l'un de ses amis, M. G I, chemin de l'Hermitant à Cogolin. Vers 1 heure 45 du matin le dimanche 6 août 2017, M. A B, brigadier-chef à la brigade anti-criminalité (BAC) de Toulon, en conflit personnel avec M. I du fait de la relation sentimentale de celui-ci avec sa compagne, a pénétré au domicile de ce dernier. Il a alors ouvert le feu avec son arme de service sur M. I, à six reprises, puis deux fois sur M. K F qui cherchait à le maîtriser, les tuant tous les deux. Il s'est donné la mort dans les instants qui ont suivi à quelques mètres des lieux de ce double homicide. Les parents de M. F ont saisi de deux recours indemnitaires préalables le ministre de l'intérieur et le ministre de la justice, datés du 15 octobre 2019 et reçus tous deux le 30 octobre 2019. Ces autorités ont conservé le silence plus de deux mois sur ces demandes et les ont, par suite, implicitement rejetées. Par la présente requête,

Mme M F, épouse de M. K F, M. D F, frère de M. K F M. E F, père de M. K F, Mme J F, mère de

M. K F et Mme H F, belle-sœur de M. K F demandent au tribunal l'indemnisation des préjudices économiques et moraux qu'ils ont supportés du fait de la mort de M. K F.

Sur le principe de la responsabilité de l'État et l'existence d'un lien d'imputabilité :

2. Il résulte de l'instruction que M. A B a été placé en garde à vue au sein des locaux de la compagnie de gendarmerie départementale de Gassin-Saint-Tropez le 30 juillet 2014 à la Croix-Valmer pour des faits de violence sur conjoint ou partenaire commis le même jour à Cavalaire-sur-Mer sur la personne de la mère de sa fille, Mme C L. Si aucune poursuite judiciaire n'a été engagée de ce fait, ce document a été transmis à l'autorité judiciaire. Par la suite, M. B s'est de nouveau défavorablement signalé par des violences sur l'amant de sa compagne, M. G I, au domicile duquel il s'était rendu et auquel il aurait adressé des menaces de mort ainsi que cela résulte du courriel, versé à l'instruction, échangé le 25 mai 2017 entre un militaire de la gendarmerie nationale et un lieutenant de gendarmerie de la brigade territoriale de Grimaud. Il résulte également de l'instruction que M. A B avait informé certains de ses collègues des difficultés sérieuses que traversait son couple et notamment de son altercation avec l'amant de sa compagne, ainsi que cela ressort notamment du procès-verbal d'audition du 7 août 2017 du brigadier de police Cyril Ferrandes. Il résulte encore de l'instruction que M. B a fait l'objet d'une série d'arrêts de travail pour maladie à partir de juin 2017 et qu'il a récupéré au retour de l'un d'entre eux son arme de service le 23 juin 2017, un Sig Sauer portant le numéro SIG 41473. Il ressort des déclarations du major responsable d'une unité locale de police qui exerçait au cours de cette période, la responsabilité de chef de la BAC de Toulon lors de son audition du 22 septembre 2017, que M. B était placé sous son autorité, qu'il avait connaissance de ses difficultés familiales et d'une altercation avec l'amant de sa partenaire et qu'il lui avait expressément demandé de remettre au chef de poste son arme de service le 26 juin 2017, lors d'un nouvel arrêt. À supposer même que sa hiérarchie n'ait pas eu connaissance de la garde à vue du 30 juillet 2014, il résulte de l'instruction que la restitution des armes de service lors des arrêts maladie présentait en réalité un caractère systématique, que M. B avait précédemment restitué son arme de service lors de son premier arrêt maladie du mois de juin et qu'il avait reçu un message SMS confirmant par écrit cette instruction le 26 juin 2017. Si le préfet du Var et le ministre de l'intérieur opposent le contenu de la note du directeur général de la police nationale du 18 novembre 2015 relative au port de l'arme individuelle par les policiers actifs hors service dans le cadre du contexte d'état d'urgence suite aux attentats du 13 novembre 2015 et ouvrait la possibilité aux agents de conserver leur arme de service à leur domicile, cette note de service n'avait ni pour objet ni pour effet de faire obstacle à l'exécution d'un ordre d'un supérieur hiérarchique à un agent de restituer son arme de poing, que ce soit dans son casier individuel nominatif ou à l'armurerie, sous la responsabilité du chef de poste. De même, si le préfet et le ministre reconnaissent l'existence d'un ordre direct et dépourvu d'ambiguïté adressé au brigadier B, ils font valoir l'absence d'obligation de contrôle dans le cadre des textes applicables et l'habileté de celui-ci qui aurait trompé la vigilance de son supérieur et du chef de poste. Il ressort toutefois des textes applicables aux armes de service des agents de la police nationale que l'organisation d'un suivi de ces armes par le chef de poste et la tenue obligatoire d'un état de situation de celles-ci, sur registre papier ou de manière dématérialisée, constitue une garantie pour la sécurité des agents, de leurs proches et des tiers et qu'elle commande donc un contrôle régulier de ce registre et des lieux de stockage de ces armes, notamment dans les situations où la remise de son arme est prescrite à un agent. La remise effective d'une arme de poing au chef de poste constitue une opération matérielle qui ne présente aucune difficulté, qui doit être enregistrée sans délai et qui doit pouvoir, par la suite, être aisément vérifiée sur le registre et sur les lieux de dépôts. Dans les circonstances de l'espèce,

M. B a pu conserver son Sig Sauer de service du 26 juin au 6 août 2017 sans faire l'objet d'un rappel à l'ordre formel, une fois sorti de l'hôpital, ou sans que soit dépêchée une patrouille à son domicile pour obtenir la restitution de cette arme et ce, alors même qu'il était notoire au sein du commissariat de Toulon, ainsi que cela résulte notamment des déclarations du major chef de la BAC de Toulon lors de son audition, que l'état de santé de M. B était très affecté par une maladie au long cours et qu'il était dans une situation conflictuelle avec sa partenaire. Dans ces circonstances, l'absence de tout suivi de l'instruction de restitution de son arme de service adressée à M. B, de vérification de la présence de son arme à l'armurerie ou de la présence d'une trace de restitution sur le registre et de toute démarche effective pendant une durée de quarante jours pour procéder à la récupération de cette arme révèlent des négligences d'une particulière gravité. Dès lors, les fautes tenant à un défaut de surveillance et de contrôle de l'armement du brigadier-chef B commises par les services de la police nationale de Toulon présentent un caractère inexcusable et sont de nature à engager la responsabilité de l'État. Il résulte également du procès-verbal d'audition en garde à vue du 30 juillet 2014 que M. B n'était pas titulaire d'un permis de port d'arme ou d'un permis de chasse et il ne ressort d'aucune des pièces versées à l'instruction qu'il aurait eu à sa disposition d'autres armes à feu que son arme de service. Les carences fautives des services de police de Toulon présentent, par suite, un lien direct et certain avec le décès de M. F.

Sur les préjudices :

3. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que M. K F est décédé du fait de l'action criminelle de M. A B, le 6 août 2017 alors qu'il était âgé de quarante ans, laquelle a été rendue possible par les défaillances et négligences fautives des services de la police nationale de Toulon. Les requérants, dont la qualité de parents de la victime n'est pas contestée, sont fondés à demander la réparation par l'État de leurs préjudices d'affection respectifs résultant de son décès prématuré.

4. En premier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par les proches de la victime en évaluant à 30 000 euros le préjudice d'affection subi par Mme M F du fait du décès de son mari, à 30 000 euros celui de sa mère, Mme J F, du fait du décès de son fils, à 30 000 euros celui de son père, M. E F du fait du décès de son fils, à 10 000 euros le préjudice subi par le frère de la victime, M. D F et enfin à 5 000 euros celui subi par sa belle-sœur, Sabrina F.

5. En second lieu, l'épouse de la victime, Mme M F justifie des frais occasionnés par les obsèques de son défunt époux par deux factures d'un établissement de pompes funèbres incluant les frais de transport du corps, de mise en bière et de crémation ainsi que l'avis d'obsèques et l'avis de remerciements publiés dans la presse locale. La somme de 4 516 euros relative à ces frais est établie par les factures produites et n'est pas contestée en défense. Il y a lieu, par suite, de faire droit à cette demande et de condamner l'État à lui verser cette somme.

Sur les frais de justice :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de mettre à la charge de l'État une somme globale de 2 500 euros à verser aux consorts F au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'État (ministère de l'intérieur) est condamné à verser à Mme M F une somme totale de 34 516 euros.

Article 2 : L'État (ministère de l'intérieur) est condamné à verser à Mme J F une somme de 30 000 euros.

Article 3 : L'État (ministère de l'intérieur) est condamné à verser à M. E F une somme de 30 000 euros.

Article 4 : L'État (ministère de l'intérieur) est condamné à verser à M. D F une somme de 10 000 euros.

Article 5 : L'État (ministère de l'intérieur) est condamné à verser à Mme H F une somme de 5 000 euros.

Article 5 : L'État (ministre de l'intérieur) versera aux consorts F la somme globale de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme M F, à M. D F, à M. E F, à Mme J F, à Mme H F, au préfet du Var et au ministre de l'intérieur.

Copie du présent jugement sera adressée au ministre de la Justice et au ministre des Armées.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Harang, président,

M. Silvy, premier conseiller,

M. Lamarre, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.

Le rapporteur,

Signé

J.-A. SILVY

Le président,

Signé

Ph. HARANGLa greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions