jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000790 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GRIMALDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2020 et un mémoire enregistré le 2 avril 2021, la Sarl MLR Plage, représentée par la Selarl Grimaldi et Associés, agissant par Me Callen, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Hyères-les-Palmiers à lui verser la somme de 704 684 euros en réparation du préjudice qu'elle impute à son éviction illégale de la procédure de passation de délégation de service public à la suite du rejet de son offre le 13 avril 2015 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Hyères-les-Palmiers la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son éviction irrégulière du contrat est établie, la procédure de passation ayant été annulée ; si la commune avait rejeté la candidature de la Sarl Ultimo en tant qu'elle ne justifiait pas des capacités financières suffisantes pour exécuter le contrat de délégation de service public, son offre aurait été retenue et elle aurait conclu une convention pour une durée de six ans ; la concession a été attribuée à la suite d'une nouvelle procédure mais son droit à indemnisation ne disparait pas ;
- elle a exposé 12 000 euros au titre des frais pour la constitution des dossiers de candidature et d'offre ; elle évalue son manque à gagner à la somme de 692 684 euros calculée sur la base du bénéfice net que lui aurait procuré la signature du contrat.
Par des mémoires en défense enregistrés le 11 juin 2020 et le 3 mars 2022, la commune de Hyères-les-Palmiers, représentée par la SCP d'avocats Schmidt-Vergnon-Pelissier-Thierry-Eard-Aminthas et Tissot, agissant par Me Thierry, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de la Sarl MLR Plage la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute pour la société requérante d'établir qu'un représentant a dûment été habilité pour agir en justice, surtout qu'elle a été placée en redressement judiciaire ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Wustefeld, rapporteure publique,
- les observations de Me Schwing pour la Sarl MLR Plage,
- et les observations de Me Schmidt pour la commune de Hyères-les-Palmiers.
Considérant ce qui suit :
1. La Sarl MLR Plage a exploité un lot de plage situé 1550 boulevard de la marine à Hyères-les-Palmiers de mai 2009 à décembre 2014. Par une délibération du 26 juin 2015, le conseil municipal a décidé de réattribuer l'exploitation de ce lot de plage. Le 28 novembre 2016, la commune de Hyères-les-Palmiers a signé une convention de délégation de service public avec la Sasu Le Petit Bain. La Sarl MLR Plage demande au Tribunal de condamner la commune de Hyères-les-Palmiers à lui verser la somme de 704 684 euros en réparation du préjudice qu'elle impute à son éviction irrégulière de la convention de délégation de service public signée le 28 novembre 2016.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Lorsqu'un candidat à l'attribution d'un contrat public demande la réparation du préjudice né de son éviction irrégulière de ce contrat, il appartient au juge de vérifier d'abord si le candidat était ou non dépourvu de toute chance de remporter le contrat. Dans l'affirmative, il n'a droit à aucune indemnité. Dans la négative, il a droit en principe au remboursement des frais qu'il a engagés pour présenter son offre. Il convient, d'autre part, de rechercher si le candidat irrégulièrement évincé avait des chances sérieuses d'emporter le contrat conclu avec un autre candidat. Dans un tel cas, il a droit à être indemnisé de son manque à gagner, incluant nécessairement, puisqu'ils ont été intégrés dans ses charges, les frais de présentation de l'offre, lesquels n'ont donc pas à faire l'objet, sauf stipulation contraire du contrat, d'une indemnisation spécifique. En revanche, le candidat ne peut prétendre à une indemnisation de ce manque à gagner si la personne publique renonce à conclure le contrat pour un motif d'intérêt général.
3. Il résulte de l'instruction que, par un avis d'appel public à la concurrence en date du 1er octobre 2014, la commune de Hyères-les-Palmiers a lancé une procédure d'appel d'offres en vue de l'attribution d'un contrat de délégation de service des bains de mer et l'exploitation d'un lot de plage situé 1550 boulevard de la marine. La société MLR Plage s'est vu notifier le rejet de son offre le 13 avril 2015, la commune ayant décidé de retenir l'offre de la Sarl Ultimo. Saisi par la société MLR Plage, le juge des référés du Tribunal, par une ordonnance n° 1501320 du 13 mai 2015, a considéré que la SARL Ultimo ne justifiait pas des capacités financières suffisantes pour l'exécution du contrat de délégation de service public et qu'en retenant sa candidature, la commission d'appel d'offres avait méconnu ses obligations de mise en concurrence et d'égalité de traitement des candidatures, manquement susceptible d'avoir lésé la société MLR Plage. Compte tenu de la nature du manquement, la procédure de passation de la convention a annulé en totalité et la commune d'Hyères-les-Palmiers a été invitée à relancer un nouvel appel d'offres, si elle s'y croyait fondée.
4. La commune de Hyères-les-Palmiers a alors relancé une procédure d'appel d'offres que le juge des référés du Tribunal a annulé au stade de la sélection des candidatures par une ordonnance n° 1601234 du 12 mai 2016, au motif que la candidate retenue, la société par actions simplifiée unipersonnelle (Sasu) Le Petit Bain, ne présentait pas les garanties financières et professionnelles requises et suffisantes. Toutefois, par une décision nos 400172 et 400175 du 17 octobre 2016, le Conseil d'État a annulé cette ordonnance. Le 28 novembre 2016, la commune de Hyères-les-Palmiers a alors signé la convention de délégation de service public contestée avec la Sasu Le Petit Bain. Par un jugement n° 1700202 du 16 janvier 2020, le Tribunal a rejeté la requête de la Sarl MLR Plage tendant à la résiliation de cette convention.
5. Si la commune de Hyères-les-Palmiers a bien commis une faute ayant conduit à l'annulation de la première procédure, elle a cependant décidé de relancer la procédure de passation. Une personne publique qui a engagé une procédure de passation d'un contrat de concession ne saurait être tenue de conclure ce contrat. Elle peut, par exemple, décider, sous le contrôle du juge, de renoncer à le conclure pour un motif d'intérêt général ou encore relancer une nouvelle procédure. Ainsi, la circonstance que le juge des référés ait annulé la procédure au motif que la société retenue ne justifiait pas des capacités suffisantes pour exécuter le contrat ne signifie pas pour autant que la société requérante, classée deuxième sur deux, devait automatiquement devenir attributaire. Par ailleurs, il est constant que la Sarl MLR Plage a présenté sa candidature lors de la nouvelle consultation. Elle n'a ainsi été privée d'aucune chance d'obtenir l'attribution de la convention.
6. Par suite, la faute commise par la commune n'est pas la cause directe de son éviction. La Sarl MLR Plage, qui ne se prévaut d'aucune faute qui aurait conduit à son éviction de la seconde procédure de passation, ne peut donc prétendre à aucune indemnisation résultant de l'annulation fautive du 13 mai 2015.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions indemnitaires de la Sarl MLR Plage, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Hyères-les-Palmiers.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de la commune de Hyères-les-Palmiers, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont la Sarl MLR Plage demande le versement au titre des frais liés au litige. En revanche, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la Sarl MLR Plage une somme de 2 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la Sarl MLR Plage est rejetée.
Article 2 : La Sarl MLR Plage versera à la commune de Hyères-les-Palmiers la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la Sarl MLR Plage et à la commune de Hyères-les-Palmiers.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, où siégeaient :
- M. Harang, président,
- M. Jean-Alexandre Silvy, premier conseiller,
- M. Lamarre, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
L. ALe président,
Signé
P. HARANGLe greffier
Signé
A.CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
No 2000790
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026