jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2001089 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ABEILLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 avril 2020 et le 8 février 2022, M. G N, Mme M E, divorcée N, et M. K N, représentés par Me Garry, demandent au tribunal : 1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer (CHITS) à verser à M. G N et à Mme M E, divorcée N, une indemnité d'un montant total de 160 000 euros en leur qualité d'ayants droit de Mlle D N, en réparation des préjudices résultant d'une erreur de diagnostic et d'un retard dans la prise en charge chirurgicale de Mlle D N à la suite de l'infection nosocomiale qu'elle avait contractée au CHITS ; 2°) de condamner le CHITS à leur verser à chacun une indemnité d'un montant respectif de 35 000 euros, 35 000 euros et 19 000 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en leur nom propre du fait d'une erreur de diagnostic et d'un retard dans la prise en charge chirurgicale de Mlle D N à la suite de l'infection nosocomiale qu'elle avait contractée au CHITS ; 3°) de mettre à la charge du CHITS une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; 4°) de condamner le CHITS aux dépens. Ils soutiennent que : - la responsabilité administrative du CHITS est engagée pour faute, à raison d'une erreur de diagnostic et d'un retard dans la prise en charge chirurgicale de Mlle D N ; - la cause du décès de Mlle D N est un choc septique par infection au staphylocoque doré ; - le CHITS est responsable de la perte de chance de survie de Mlle D N ; - le préjudice de Mlle D N au titre des souffrances endurées doit être réparé à hauteur de 10 000 euros ; - le préjudice de Mlle D N au titre de la perte d'une chance de survie doit être réparé à hauteur de 150 000 euros ; - leur préjudice propre au titre du préjudice d'affectation doit être réparé à hauteur de 30 000 euros pour chacun des parents et de 14 000 euros pour le frère ; - leur préjudice propre au titre du préjudice d'accompagnement doit être réparé à hauteur de 5 000 euros chacun. Par un mémoire enregistré le 2 avril 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Var indique qu'elle n'entend pas intervenir dans la présente instance. Par un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2022, le CHITS, représenté par Me Pontier, conclut : 1°) à titre principal, au rejet de la requête ; 2°) à titre subsidiaire, à la condamnation de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à le relever et le garantir entièrement de toute condamnation, et à une réduction de la condamnation. Il soutient que : - il n'y a pas eu d'expertise contradictoire dans la présente instance ; - la cause du décès de Mlle D N reste inconnue ; - l'ONIAM doit être mis en cause dès lors que le décès semble résulter d'une infection nosocomiale ; - les préjudices ne sont pas justifiés ou sont évalués de manière excessive. Par un mémoire en défense enregistré le 6 janvier 2023, l'ONIAM, représenté par Me de La Grange, conclut : 1°) à titre principal, à ce qu'il soit mis hors de cause ; 2°) à titre subsidiaire, à la condamnation du CHITS à le relever et le garantir de toute condamnation, à hauteur de 90 % ; 3°) à la mise à la charge de tout succombant d'une somme de 2 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - il doit être mis hors de cause dès lors qu'aucune conclusion n'est dirigée contre lui ; - les préjudices sont exclusivement imputables aux fautes du CHITS ; - son obligation indemnitaire ne saurait être fixée au-delà du 10 % des dommages. Les requérants ont présenté un mémoire enregistré le 18 janvier 2023, qui n'a pas été communiqué. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code civil, notamment son article 724 ; - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Kiecken, premier conseiller, - les conclusions de Mme Wustefeld, rapporteure publique, - les observations de Me Garry, pour les requérants, - et les observations de Me Durand, substituant Me Pontier, pour le CHITS. Considérant ce qui suit : 1. Mlle D N, née le 24 avril 1993, a été victime d'un accident de la circulation en 2012 à la suite duquel elle a bénéficié de la pose de matériel orthopédique. L'ablation de ce matériel a été réalisée le 18 juin 2014 au sein du centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer (CHITS). À la suite de cette intervention chirurgicale, Mlle N a présenté des complications, notamment une boursouflure au niveau de la plaie opératoire, entraînant son hospitalisation d'urgence à compter du 28 juin 2014 et aboutissant à son décès le 2 juillet 2014. Ses parents, agissant tant en leur qualité d'ayants droit qu'en leur nom propre, et son frère ont présenté une demande indemnitaire au CHITS, reçue le 11 décembre 2019. Face au silence gardé sur cette demande, il ont saisi le tribunal du présent recours. Sur les conclusions indemnitaires : En ce qui concerne le cadre juridique du litige : 2. D'une part, l'article L. 1142-1 du code de la santé publique prévoit : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". En vertu des articles L. 1142-17 et L. 1142-22 du même code, la réparation au titre de la solidarité nationale est assurée par l'ONIAM. 3. Il résulte des termes de l'article L. 1142-1, paragraphe II, du code de la santé publique que la réparation d'un accident médical par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale n'est possible qu'en dehors des cas où cet accident serait causé directement soit par un acte fautif d'un professionnel de santé ou d'un établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins, soit par un défaut d'un produit de santé. 4. Lorsque, dans le cas d'un tel accident médical non fautif dont les conséquences dommageables remplissent les conditions prévues par l'article L. 1142-1, paragraphe II, du code de la santé publique, une faute commise par un professionnel de santé, un établissement, un service ou un organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins a fait perdre à la victime une chance d'y échapper ou de se soustraire à ses conséquences, cette dernière a droit à la réparation intégrale de son dommage au titre de la solidarité nationale, mais l'indemnité due par l'ONIAM doit être réduite du montant de l'indemnité mise à la charge du professionnel, de l'établissement, du service ou de l'organisme responsable de la perte de chance, laquelle est égale à une fraction des dommages, fixée à raison de l'ampleur de la chance perdue. 5. Par suite, il appartient au juge saisi par la victime d'un accident médical de conclusions indemnitaires invoquant la responsabilité pour faute d'un professionnel de santé ou d'un établissement, service ou organisme mentionné au paragraphe I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, de déterminer si l'accident médical a été directement causé par la faute invoquée et, dans ce cas, si l'acte fautif est à l'origine des dommages corporels invoqués ou seulement d'une perte de chance de les éviter. Si l'acte fautif n'est pas la cause directe de l'accident, il lui appartient de rechercher, le cas échéant d'office, si le dommage subi présente le caractère d'anormalité et de gravité requis par les dispositions de l'article L. 1142-1, paragraphe II, du code de la santé publique et doit, par suite, faire l'objet d'une réparation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale. Enfin, dans le cas d'une réponse positive à cette dernière question, si la faute reprochée au professionnel de santé ou à l'établissement, service ou organisme a fait perdre à la victime une chance d'éviter l'accident médical non fautif ou de se soustraire à ses conséquences, il appartient au juge, tout en prononçant le droit de la victime à la réparation intégrale de son préjudice, de réduire l'indemnité due par l'ONIAM du montant qu'il met alors, à ce titre, à la charge du responsable de cette perte de chance (voir, en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 15 octobre 2021, numéros 431291, 431347, points 3 à 5). 6. D'autre part, en vertu de l'article L. 1142-1-1, sous 1°, du code de la santé publique, les décès provoqués par les infections nosocomiales contractées dans les établissements, services ou organismes dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale. 7. S'il résulte des termes mêmes de l'article L. 1142-1, paragraphe II, du code de la santé publique que le régime d'indemnisation au titre de la solidarité nationale qu'il prévoit ne peut bénéficier qu'à la victime du dommage corporel et, en cas de décès, à ses ayants droit, les dispositions de l'article L. 1142-1-1, sous 1°, du même code instituent un régime spécifique de prise en charge par la solidarité nationale des dommages résultant des infections nosocomiales les plus graves, notamment en cas de décès, qui a vocation à réparer l'ensemble de ces dommages, qu'ils aient été subis par les patients victimes de telles infections ou par leurs proches (voir, en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 9 décembre 2016, numéro 390892, point 4). 8. Enfin, le respect du caractère contradictoire de la procédure d'expertise implique que les parties soient mises à même de discuter devant l'expert des éléments de nature à exercer une influence sur la réponse aux questions posées par la juridiction saisie du litige. Lorsqu'une expertise est entachée d'une méconnaissance de ce principe ou lorsqu'elle a été ordonnée dans le cadre d'un litige distinct, ses éléments peuvent néanmoins, s'ils sont soumis au débat contradictoire en cours d'instance, être régulièrement pris en compte par le juge, soit lorsqu'ils ont le caractère d'éléments de pur fait non contestés par les parties, soit à titre d'éléments d'information dès lors qu'ils sont corroborés par d'autres éléments du dossier (voir, en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 23 octobre 2019, numéro 419274, point 3). En ce qui concerne le litige : S'agissant des responsabilités : 9. En premier lieu, il ressort du faisceau d'éléments des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas sérieusement contesté, que l'infection au staphylocoque doré contractée par Mlle D N au cours de sa prise en charge médicale au sein du CHITS le 18 juin 2014, et dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait été présente ou en incubation au début de la prise en charge ni qu'elle aurait une autre origine, doit être regardée comme revêtant un caractère nosocomial au sens et pour l'application de l'article L. 1142-1, paragraphe I, alinéa 2, du code de la santé publique (voir, en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 23 mars 2018, numéro 402237, point 2 ; arrêt du Conseil d'État du 20 mars 2011, numéro 336721). 10. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que cette infection nosocomiale aurait directement résulté d'un acte fautif du CHITS ou d'un défaut d'un produit de santé. Les dommages résultant de cette infection nosocomiale, notamment le décès de Mlle D N des suites d'un choc septique, ouvrent ainsi droit à réparation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale. 11. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du docteur H J et du rapport d'expertise du professeur F C et de son sapiteur, le docteur A B, qu'en dépit des complications présentées par Mlle D N à la suite de l'ablation chirurgicale du matériel orthopédique, notamment de l'infection de la plaie opératoire, de fièvre et de tachycardie, le CHITS n'a pas immédiatement mis en œuvre d'antibiothérapie. Les experts ont ainsi estimé que le CHITS avait commis une erreur de diagnostic et un retard dans la prise en charge médicale de Mlle D N. Les éléments d'information contenus dans ces rapports d'expertise, déposés dans le cadre d'un litige pénal mais qui ont été soumis au débat contradictoire dans le cadre du présent litige, sont en outre corroborés par le réquisitoire définitif du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Toulon du 24 février 2020, aux fins notamment de renvoi du CHITS devant le tribunal correctionnel. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le CHITS, alors même qu'il a été relaxé au pénal, doit être regardé comme ayant commis une faute de nature à faire perdre à Mlle D N une chance de se soustraire aux conséquences de cette infection nosocomiale. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de l'ampleur de cette perte de chance en la fixant à 90 %. 12. Dans ces conditions, les requérants ont droit à la réparation intégrale des préjudices subis par leur fille, en leur qualité d'ayants droit, et de leurs préjudices propres. En application des principes qui gouvernent le droit à réparation dans des circonstances telles que celles de l'espèce, le CHITS aura la charge de 90 % du montant de l'indemnité due au titre de la réparation de l'ensemble de ces préjudices. S'agissant des préjudices de M. et Mme N, en leur qualité d'ayants droit : 13. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. En particulier, le droit à réparation du préjudice résultant pour elle de la douleur morale qu'elle a éprouvée du fait de la conscience d'une espérance de vie réduite constitue un droit entré dans son patrimoine avant son décès qui peut être transmis à ses héritiers (voir, en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 24 octobre 2008, numéro 301851). 14. Il résulte de l'instruction, notamment des rapports d'expertise évoqués ci-dessus et du procès-verbal d'audition du docteur I L, médecin intervenu en urgence au domicile de Mlle D N le 28 juin 2014, que l'état de santé de la patiente s'est progressivement dégradé entre le 18 juin et le 2 juillet 2014 et que Mlle D N, qui était alors seulement âgée de 21 ans, doit être regardée comme ayant enduré des souffrances au cours de cette période, notamment à compter de son hospitalisation d'urgence le 28 juin 2014, et éprouvé en particulier une souffrance morale du fait de la conscience d'une espérance de vie réduite. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ces chefs de préjudice en les fixant à la somme globale de 60 000 euros. S'agissant des préjudices des requérants, en leur nom propre : 15. En premier lieu, il résulte de l'instruction, au regard notamment de la communauté des membres de la famille à la date des faits et de leur présence aux côtés de Mlle D N lors de son hospitalisation, que ses parents et son frère, alors âgé de 24 ans, doivent être regardés comme ayant subi un préjudice moral à la vue de la souffrance et du décès de Mlle D N. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de leur préjudice d'affection en le fixant à la somme de 25 000 euros à verser respectivement au père et à la mère de Mlle D N et à la somme de 20 000 euros à verser à son frère. 16. En second lieu, il résulte de l'instruction que les conditions d'existence des parents et du frère de Mlle D N doivent être regardées comme ayant été affectées par les suites de l'infection nosocomiale, notamment en raison de l'hospitalisation d'urgence. Eu égard à la brève période entre la prise en charge médicale de la patiente le 18 juin 2014 et son décès le 2 juillet 2014, il sera fait une juste appréciation de leur préjudice d'accompagnement en le fixant, dans les circonstances de l'espèce, à la somme de 1 000 euros à verser respectivement au père et à la mère de Mlle D N et à la somme de 800 euros à verser à son frère. 17. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander la condamnation de l'ONIAM et du CHITS à leur verser une indemnité d'un montant total de 132 800 euros, dont une somme globale de 60 000 euros au titre de la réparation des préjudices de M. et Mme N en leur qualité d'ayants droit de Mlle D N. Compte tenu du partage de responsabilité exposé ci-dessus au point 12, l'ONIAM versera 10 % du montant total de l'indemnité, soit 13 280 euros, et le CHITS versera 90 % de ce montant, soit 119 520 euros. Sur les frais liés au litige : 18. L'article L. 761-1 du code de justice administrative prévoit : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". L'article R. 761-1 du même code prévoit : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ". Il résulte de ces dispositions que la partie qui perd pour l'essentiel a la qualité de partie perdante (voir, en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 28 mai 2021, numéro 437429, point 24). 19. En premier lieu, la présente instance n'ayant pas donné lieu à des dépens, les conclusions de la requête tenant à la condamnation du CHITS aux dépens doivent être rejetées. 20. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CHITS, partie perdante pour l'essentiel, la somme globale de 2 000 euros à verser aux requérants, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée par l'ONIAM au même titre. D É C I D E :Article 1er : L'ONIAM versera, d'une part, une somme globale de 6 000 euros à M. G N et Mme M E, divorcée N, en leur qualité d'ayants droit de Mlle D N, et, d'autre part, les sommes respectives de 2 600 euros à M. G N, de 2 600 euros à Mme M E, divorcée N, et de 2 080 euros à M. K N, en leur nom propre. Article 2 : Le CHITS versera, d'une part, une somme globale de 54 000 euros à M. G N et Mme M E, divorcée N, en leur qualité d'ayants droit de Mlle D N, et, d'autre part, les sommes respectives de 23 400 euros à M. G N, de 23 400 euros à Mme M E, divorcée N, et de 18 720 euros à M. K N, en leur nom propre. Article 3 : Le CHITS versera une somme globale de 2 000 euros à M. G N, Mme M E, divorcée N, et M. K N, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté. Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Monsieur G N, représentant unique désigné en vertu de l'article R. 411-5, alinéa 3, du code de justice administrative, au centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var. Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :M. Harang, président, M. Silvy, premier conseiller,M. Kiecken, premier conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023. Le rapporteur,SignéA. KIECKEN Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2001089
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026