lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2001441 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FEAT SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2020, M. B et Mme F E, représentés par Me Peltier-Feat, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Concernant les revenus fonciers :
- le fait d'appréhender sur son compte bancaire un revenu d'une SCI ne constitue pas nécessairement un revenu foncier, ce revenu peut être déclaré ensuite par la SCI et donc taxé au niveau des associés ;
Concernant les bénéfices non commerciaux :
- l'administration a omis de prononcer le dégrèvement des impositions afférentes au coefficient multiplicateur de 1,25 qui avait été appliqué à la somme de 3 000 euros, qui correspondait à un virement de compte à compte ;
- la somme totale de 17 950 euros versée par M. A C au cours de l'année 2013 constitue un prêt, qui a été partiellement remboursé en 2015 ; dès lors, ce montant ne constitue pas un revenu imposable ;
- la somme totale de 25 000 euros versée par M. D au cours de l'année 2013 constitue un prêt ; dès lors, ce montant ne constitue pas un revenu imposable ;
- la somme totale de 6 858 euros versée en 2013 par la société Bioénergies ne constitue pas des revenus mais le remboursement du compte courant détenu par M. E dans la société Bioénergies ;
Concernant les revenus de capitaux mobiliers :
- l'administration ne peut pas imposer, sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, des sommes qui n'ont pas préalablement été réintégrées dans l'assiette de l'impôt sur les sociétés ;
- l'administration pouvait uniquement imposer le solde débiteur du compte courant d'associé de M. E au 31 décembre 2013, pour un montant de 5 136,86 euros, et non la somme totale de 11 258 euros (6 858 euros au titre des bénéfices non commerciaux et
4 400 euros au titre des revenus distribués) ;
- ces sommes correspondent à des remboursements d'apport.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 novembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements prononcés en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- un dégrèvement d'un montant total de 583 euros concernant l'impôt sur le revenu en litige, et de 145 euros concernant les prélèvements sociaux en litige, a été prononcé en cours d'instance ;
- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les conclusions de M. Silvy, rapporteur public,
- et les observations de Me Piasecki, pour M. et Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme E ont fait l'objet d'un examen de situation fiscale personnelle au terme duquel l'administration fiscale a imposé, selon la procédure de rectification contradictoire, dans la catégorie des revenus fonciers, des bénéfices non commerciaux et des revenus de capitaux mobiliers, des sommes encaissées sur un compte bancaire détenu par les requérants. Par la présente requête, M. et Mme E demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont ainsi été assujettis au titre de l'année 2013, pour un montant total de 34 082 euros en droits et pénalités.
Sur l'étendue du litige :
2. Par des décisions en date du 28 octobre 2020, postérieures à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques du Var a prononcé le dégrèvement des impositions en litige pour un montant total de 583 euros concernant l'impôt sur le revenu, et de 145 euros concernant les prélèvements sociaux. Par suite, les conclusions de la requête, sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur ces conclusions à concurrence des dégrèvements ainsi prononcés.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne les revenus fonciers :
3. Aux termes de l'article 14 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 15, sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu'ils ne sont pas inclus dans les bénéfices d'une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale, d'une exploitation agricole ou d'une profession non commerciale : 1° Les revenus des propriétés bâties, telles que maisons et usines () ".
4. Le 27 février 2013, une somme de 10 000 euros a été portée au crédit du compte bancaire que M. et Mme E détenaient au Crédit Agricole. M. E a indiqué au service vérificateur que ce crédit correspondait à des revenus fonciers, perçus en une fois, tirés d'un appartement loué à M. A C. Dans le cadre de la présente instance, les requérants se bornent à indiquer que " le fait d'appréhender sur son compte bancaire un revenu d'une SCI n'est pas en soi un revenu foncier, ce revenu peut être déclaré ensuite dans la 2072 de la SCI, et donc taxé au niveau des associés et de M. E. Nous faisons les recherches nécessaires pour nous assurer que ces revenus fonciers ont déjà été déclarés et taxés, pour éviter que votre taxation ne soit un doublon ". Ainsi, ils ne peuvent pas être regardés comme critiquant utilement l'imposition de cette somme. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que ces revenus fonciers, perçus directement par M. E, auraient été perçus ou déclarés par une SCI ou qu'ils auraient fait l'objet d'une double imposition. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a imposé cette somme dans la catégorie des revenus fonciers.
En ce qui concerne les bénéfices non commerciaux :
5. Aux termes du 1 de l'article 92 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ".
6. Entre le 4 avril et le 31 décembre 2013, une somme totale de 54 308 euros a été portée, en 16 opérations différentes, au crédit du compte bancaire que M. et Mme E détenaient au Crédit Agricole. Il résulte de l'instruction que le 22 juin 2016, M. E a indiqué au service vérificateur que ces opérations correspondaient à une commission d'entremise afférente à la commercialisation de matériaux basse consommation. En se fondant sur ces déclarations, l'administration a imposé ces revenus dans la catégorie des bénéfices non commerciaux.
7. En premier lieu, suite à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, une somme de 3 000 euros, correspondant à un virement de compte à compte, a été déduite de la base imposable. Si dans un premier temps, l'administration a retiré cette somme de 3 000 euros de la base imposable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, et non dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, en omettant de soustraire de la base imposable un montant de 750 euros correspondant à l'application de la majoration de 25 % prévue par le 7° de l'article 158 du code général des impôts, elle a rectifié cette omission dans le cadre des dégrèvements intervenus le 28 octobre 2020, en cours d'instance. Par suite, le moyen tiré de l'absence de dégrèvement des impositions afférentes à la majoration de 25 % appliquée à la somme de 3 000 euros est devenu sans objet.
8. En deuxième lieu, les requérants soutiennent désormais que les crédits imposés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux correspondent, pour un montant total de
17 950 euros, à un prêt de M. A C et pour un montant total de 25 000 euros, à un prêt de M. D. Pour justifier ces allégations ils se bornent à produire un extrait de leurs comptes bancaires en se prévalant du débit d'un chèque de 2 500 euros, réalisé le 18 novembre 2015, qui correspondrait, selon ces derniers, au remboursement partiel du prêt de 17 950 euros, et une attestation de M. A C portant la date du 2 août 2018, dans laquelle ce dernier précise que M. E lui a remboursé 11 000 euros le 8 octobre 2015 et 2 500 euros le 4 novembre 2015 au titre des sommes prêtées. Par ailleurs, il est constant que les requérants avaient produit, devant l'administration, des certificats de prêt, datés de l'année 2013 mais enregistrés seulement le
15 avril 2015. Toutefois, ces certificats, qui auraient été enregistrés deux ans après leur rédaction et le prêt des sommes alléguées, et après le début des opérations de contrôle, ne peuvent pas être regardés comme ayant date certaine et sont dénués de toute valeur probante. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que les sommes prétendument prêtées en 2013 auraient été remboursées. Enfin, les requérants n'expliquent pas pour quels motifs ils auraient alors déclaré au service vérificateur que ces opérations correspondaient à des commissions d'entremise. Par suite, c'est à bon droit que l'administration, en se fondant sur les déclarations des requérants et sur l'intitulé de certains virements, a imposé ces encaissements dans la catégorie des bénéfices non commerciaux.
9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que les sommes encaissées sur le compte bancaire des requérants les 29 septembre, 12 et 15 octobre 2013, pour un montant total de
6 858 euros, proviennent du compte courant d'associé détenu par M. E dans la société Bioénergies. Dans ces conditions, cette somme est présumée constituer une distribution en application des dispositions de l'article 109 du code général des impôts. En l'absence d'élément contraire suffisamment précis produit par l'administration, les requérants sont fondés à soutenir qu'il s'agit de revenus distribués et que l'administration ne pouvait pas imposer ces sommes dans la catégorie des bénéfices non commerciaux.
En ce qui concerne les revenus de capitaux mobiliers :
10. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ". Les sommes inscrites au crédit du compte courant d'un associé ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
11. Il résulte de l'instruction que les 18 octobre, 5, 13 et 19 novembre 2013, une somme totale de 6 000 euros, en provenance de la société Bioénergies, a été portée au crédit du compte bancaire que M. et Mme E détenaient au Crédit Agricole. L'administration a considéré que cette somme constituait un revenu distribué à M. E sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
12. En premier lieu, si les requérants soutiennent que l'administration ne peut pas imposer, sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, des sommes qui n'ont pas été préalablement réintégrées dans l'assiette de l'impôt sur les sociétés, l'administration n'a toutefois pas fait application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Dès lors, ce moyen est inopérant.
13. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que l'administration pouvait uniquement imposer le solde débiteur du compte courant d'associé de M. E au
31 décembre 2013, pour un montant de 5 136,86 euros. Par les dégrèvements intervenus le
28 octobre 2020, l'administration a ramené les revenus distribués de 6 000 à 5 136,86 euros. En outre, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, l'administration n'est pas fondée à imposer la somme de 6 858 euros dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Par suite, ce moyen est en tout état de cause devenu sans objet.
14. En troisième lieu, le compte courant d'associé dont M. E se prévaut au sein de la société Bioénergies était débiteur lorsque les virements en provenance de la société Bioénergies ont été réalisés. Par suite, il n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir qu'il s'agit de " remboursements d'apport ".
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme E sont seulement fondés à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux restant en litige afférentes à la réduction de la base imposable d'un montant total de 6 858 euros dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, et de la majoration de 25 % appliquée à cette somme sur le fondement du 7° de l'article 158 du code général des impôts.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. et Mme E de quelque somme que ce soit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin de décharge des impositions en litige pour un montant total de 583 euros concernant l'impôt sur le revenu, et de 145 euros concernant les prélèvements sociaux.
Article 2 : M. et Mme E sont déchargés, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux en litige dans la limite correspondant à la réduction de la base imposable mentionnée au point 15.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme E est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme F E et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Chenal-Peter, présidente,
Mme Duran-Gottschalk, première conseillère,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. G
La présidente,
Signé
A-L. CHENAL-PETER
La greffière,
Signé
B. BALLESTRACCI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026