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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2001994

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2001994

lundi 10 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2001994
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantMAILLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2020, M. C et Mme D B, représentés par Me Maillard, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2011 à 2013 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- en assignant 50 % des bénéfices déclarés par la société civile immobilière (SCI) La Laurence à Mme B dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, sans tenir compte de la quote-part imposable revenant à cette dernière telle que déclarée par la SCI, et des frais et charges venant en déduction de cette quote-part, le service vérificateur a méconnu le 1 de l'article 242 du code général des impôts ;

- ils ne s'expliquent pas les motifs pour lesquels l'administration n'a pas retenu, dans la catégorie des revenus fonciers, au titre de l'année 2011, les quotes-parts de résultats leur revenant tels que déclarés par les SCI dont ils sont associés ; ils n'ont pas été interrogés sur le montant des frais et charges pouvant venir en déduction de la quote-part de résultat leur revenant ; en méconnaissance du I de l'article 46 C de l'annexe 3 au code général des impôts ;

- au titre des années 2012 et 2013, le service a implicitement taxé d'office les quatre SCI dont ils sont associés ;

- à défaut de mention des motifs pour lesquels le service a écarté les déclarations des SCI et remis en cause les frais déduits de la quote-part des résultats des SCI dont ils sont associés, l'administration a entaché les propositions de rectification des 22 décembre 2014 et 6 octobre 2015 d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- Mme B est salariée de la société par actions simplifiée (SAS) La Libération tandis que M. B en est le président ; en imposant sans justification l'intégralité des encaissements provenant de cette société dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers quel que soit le bénéficiaire des sommes encaissées, l'administration a insuffisamment motivée ces rectifications, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- l'administration qualifie de rémunération d'une opération d'entremise immobilière une somme de 6 000 euros versée par la SCI Les Alizés le 17 juillet 2012 sans faire état d'éléments permettant de caractériser leur intervention dans l'opération de vente réalisée par la société ; par suite, l'administration a insuffisamment motivé cette rectification, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- l'administration a fait masse des revenus les concernant, sans distinguer leurs revenus propres, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- M. B, qui n'est pas associé des SCI France Espace Publicitaire et Falcone Roucas, n'avait pas vocation à percevoir des revenus fonciers de ces sociétés ; à ce titre, les sommes versées par une SCI au profit d'un tiers non associé ne peuvent être intégrées dans les résultats imposables de la SCI ou de la quote-part de résultats revenant à un ou plusieurs de ses associés sans que la société n'ait au préalable fait l'objet d'une procédure de contrôle fiscal ;

- en ce qui concerne le bien-fondé des revenus fonciers, l'administration n'apporte pas la preuve que les versements effectués par les SCI France Espace Publicitaire et Falcone Roucas à M. B, dont il n'est ni le gérant, ni l'associé, constituent des revenus fonciers ;

- en ce qui concerne le bien-fondé des bénéfices industriels et commerciaux, l'administration n'apporte pas la preuve du rôle de M. B dans une opération de vente réalisée par la SCI les Alizés ;

- les majorations pour manquement délibéré concernant les impositions afférentes aux revenus distribués par la société La Libération sont insuffisamment motivées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'inapplicabilité du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts aux revenus distribués à Mme B (115 euros), dans la mesure où elle n'est pas associée de la SAS La Libération.

Le 30 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var a produit, en réponse à ce moyen d'ordre public, un mémoire qui a été communiqué.

Il fait valoir que, s'agissant des revenus distribués à Mme B, il sollicite une substitution de base légale, ces rectifications se fondant désormais sur les dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sportelli,

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B ont fait l'objet d'un examen de situation fiscale personnelle portant sur les années 2011 à 2013 au terme duquel des propositions de rectification en date du 22 décembre 2014, concernant l'année 2011, et du 6 octobre 2015, concernant les années 2012 et 2013, leur ont été notifiées. Par la présente requête, ces derniers demandent au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont ainsi été assujettis au titre des années 2011 à 2013, pour un montant total de 334 529 euros en droits et pénalités.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes du 1 de l'article 242 du code général des impôts : " Les sociétés en nom collectif, en commandite simple, les sociétés en participation et les sociétés de copropriétaires de navires qui n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, sont tenues de fournir à l'administration, en même temps que la déclaration annuelle prévue par les articles 53 A et 97 un état indiquant les conditions dans lesquelles leurs bénéfices sont répartis ou ont été distribués entre les associés et coparticipants ". Aux termes de l'article 8 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article 6, les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société () Il en est de même, sous les mêmes conditions : 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes de sociétés visées au 1 de l'article 206 et qui, sous réserve des exceptions prévues à l'article 239 ter, ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 () ".

3. Le 1 de l'article 242 du code général des impôts ne concernant pas la procédure d'imposition, le moyen tiré de sa méconnaissance est, par suite, inopérant pour contester la procédure d'imposition suivie à l'égard de M. et Mme B. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que les rectifications effectuées par l'administration dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, correspondant à la quote-part des résultats de la SCI La Laurence, dont Mme B est associée, à hauteur des droits sociaux détenus, n'auraient pas été déterminées en tenant compte des déclarations déposées par ces sociétés.

4. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article 46 C de l'annexe 3 au code général des impôts : " I. - Indépendamment des renseignements dont la production est déjà prévue par le code général des impôts, les sociétés visées à l'article 46 B sont tenues de remettre au service des impôts du lieu de leur principal établissement, au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le premier mai de chaque année, une déclaration indiquant, pour l'année précédente : a. Les nom, prénoms, adresse, date et lieu de naissance pour les personnes physiques et les dénomination, adresse et numéro d'identification au répertoire national des établissements (numéro SIRET) pour les personnes morales, des associés, le nombre et le montant des parts dont ils sont titulaires, la date des cessions ou acquisitions de parts intervenues en cours d'année, ainsi que l'identité du cédant et du cessionnaire ; b. La liste des immeubles de la société ; c. Les nom, prénoms, adresse des personnes, associés ou tiers, qui bénéficient gratuitement de la jouissance de tout ou partie de ces immeubles ; d. La part des revenus des immeubles de la société correspondant aux droits de chacun des associés et déterminée dans les conditions prévues aux articles 28 à 31 du code général des impôts. Toutefois, les sociétés dont certains membres relèvent de l'impôt sur les sociétés ou comprennent leur part de revenus dans les résultats d'une entreprise industrielle et commerciale déterminent la part des bénéfices revenant à ces membres selon les règles définies aux articles 38 et 39 du même code ; e. Le montant des recettes nettes soumises à la contribution mentionnée à l'article 234 nonies du code général des impôts ".

5. Le I de l'article 46 C de l'annexe 3 au code général des impôts étant sans influence sur la procédure d'imposition, le moyen tiré de sa méconnaissance est, par suite, inopérant. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que les rectifications effectuées par l'administration dans la catégorie des revenus fonciers, correspondant à la quote-part des résultats de quatre SCI dont M. et Mme B sont associés, à hauteur des droits sociaux détenus, n'auraient pas été déterminées en tenant compte des déclarations déposées par ces sociétés.

6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction qu'au titre des années 2012 et 2013, des rectifications dans la catégorie des revenus fonciers ont été effectuées en comparant les déclarations des revenus fonciers souscrites par les requérants et les sommes qui leur ont été effectivement versées par les SCI ayant pour objet la location de locaux à usage commercial dont ils sont associés. A ce titre, l'administration n'a pas effectué de vérification de comptabilité de ces sociétés. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces SCI ont fait l'objet d'une procédure de taxation d'office. Ils ne sont pas davantage fondés à soutenir qu'il incombait à l'administration de diligenter des procédures de contrôle fiscal à l'égard de ces sociétés alors qu'ils ne se prévalent à ce titre de la méconnaissance d'aucune norme juridique.

7. En quatrième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.

8. Il résulte de l'instruction que les propositions de rectification en date des

22 décembre 2014 et 6 octobre 2015 adressées aux requérants comportent la désignation des impôts concernés, des années et des bases d'imposition.

9. D'une part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, dans ces deux propositions de rectification, l'administration a clairement exposé les motifs, de fait et de droit, pour lesquels elle leur a assigné, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, au titre des années 2011 à 2013, 50 % des résultats déclarés par la SCI de construction-vente La Laurence elle-même, après déduction de ses charges, correspondant à leurs droits dans la société, auxquels elle a ensuite appliqué le coefficient multiplicateur de 1,25, en l'absence d'adhésion à un centre de gestion agréé. Il en va de même de la motivation des rectifications effectuées dans la catégorie des revenus fonciers au titre de l'année 2011, concernant les résultats afférents aux SCI dont M. et Mme B sont associés, qui ont été réalisées, d'après la proposition de rectification du 22 décembre 2014, en comparant les déclarations de ces SCI et les déclarations des requérants et en tenant compte des charges justifiées, précisément détaillées dans la proposition de rectification.

10. D'autre part, au titre des années 2012 et 2013, l'administration a motivé en droit et en fait les rectifications provenant des sommes qui leur ont été effectivement versées par les quatre SCI exerçant une activité de location de locaux à usage commercial dont ils sont associés. Ainsi, l'ensemble des encaissements, leur date, leur montant, leur libellé, leur provenance et les comptes bancaires concernés sont précisément identifiés dans la proposition de rectification du

6 octobre 2015. Ces encaissements sont ensuite comparés aux revenus effectivement déclarés par les requérants, la différence faisant l'objet d'une rectification et il ne résulte pas de l'instruction que les intéressés se seraient alors prévalus de charges dûment justifiées.

11. Par ailleurs, au titre des années 2012 et 2013, dans la proposition de rectification du 6 octobre 2015, l'administration détaille les sommes perçues par M. et Mme B en provenance de la SAS La Libération, dont M. et Mme B sont salariés et dont M. B est l'associé, puis elle déduit les salaires versés aux intéressés et impose le reliquat en tant que revenus distribués dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, en relevant que si les requérants soutiennent que les sommes perçues concernent des remboursements de frais, ils ne le justifient pas. Par suite, sur ce point également, la proposition de rectification est suffisamment motivée.

12. En outre, contrairement à ce que soutiennent les requérants, dans la proposition de rectification du 6 octobre 2015, l'administration indique précisément les éléments de fait et de droit qui l'ont amenée à considérer que la somme d'un montant de 6 000 euros correspondant à un chèque émis par la SCI Les Alizés encaissé le 17 septembre 2012 par les requérants, qui ne sont pas associés ni salariés de cette société, constituait une commission versée à M. B, professionnel de l'immobilier, rémunérant son implication dans la vente d'un bien immobilier détenu par cette SCI, imposable dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Par suite, sur ce point également, la proposition de rectification est suffisamment motivée.

13. Il résulte de l'ensemble des éléments précités, que le montant et la provenance des revenus imputés à M. et Mme B, les motifs de cette imputation ainsi que la catégorie d'imposition retenue sont systématiquement indiqués, et les requérants, qui sont soumis à une imposition commune, ne peuvent utilement soutenir que l'administration aurait dû distinguer leurs revenus propres. Ainsi, alors au demeurant que la régularité des propositions de rectification ne dépend pas du bien-fondé de leurs motifs, M. et Mme B ont été mis à même de formuler utilement leurs observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales doit être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

14. Aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal ".

S'agissant des revenus fonciers au titre de l'année 2011 :

15. Aux termes de l'article 14 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 15, sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu'ils ne sont pas inclus dans les bénéfices d'une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale, d'une exploitation agricole ou d'une profession non commerciale : 1° Les revenus des propriétés bâties () " Aux termes de l'article 29 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles 33 ter et 33 quater, le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles donnés en location, est constitué par le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par les conventions à la charge des locataires () ".

16. M. B détient 50 % des parts des SCI Cajn et Renoir 2, tandis que Mme B détient 50 % des parts des SCI Falcone Rougas, Renoir 2 et France Espace Publicitaire, qui ont pour activité la location de locaux commerciaux. Au titre de l'année 2011, il résulte de l'instruction que l'administration s'est bornée à retenir les résultats déclarés par les sociétés elles-mêmes et à les imputer à M. et Mme B à hauteur de leur participation dans ces sociétés, conformément à l'article 8 précité du code général des impôts. De leur côté, les requérants se bornent à émettre des allégations particulièrement vagues, qui ne sont pas chiffrées, et ils ne produisent aucun élément de nature à démontrer qu'ils auraient perçu des revenus différents de ceux qui leur ont été imputés.

S'agissant des revenus fonciers au titre des années 2012 et 2013 :

17. Au titre des années 2012 et 2013, l'administration a comparé les revenus fonciers déclarés par M. et Mme B et les sommes qui leur ont été effectivement versées par les quatre SCI exerçant une activité de location de locaux à usage commercial dont ils sont associés, la différence faisant l'objet d'une rectification. Pour contester l'appréhension de ces sommes ainsi que leur caractère imposable, les requérants se bornent à émettre des allégations particulièrement vagues, qui ne sont pas chiffrées, et ils ne produisent aucun élément ni même aucune allégation concrète de nature à démontrer qu'ils auraient perçu des revenus différents de ceux qui leur ont été imputés au titre des années en litige. Ainsi, ces allégations ne sont pas de nature à remettre en cause les éléments étayés retenus par l'administration.

S'agissant des bénéfices industriels et commerciaux provenant de la SCI La Laurence :

18. Aux termes de l'article 35 du code général des impôts : " I. Présentent également le caractère de bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par les personnes physiques désignées ci-après : 1° Personnes qui, habituellement, achètent en leur nom, en vue de les revendre, des immeubles, des fonds de commerce, des actions ou parts de sociétés immobilières ou qui, habituellement, souscrivent, en vue de les revendre, des actions ou parts créées ou émises par les mêmes sociétés. 1° bis Personnes qui, à titre habituel, achètent des biens immeubles, en vue d'édifier un ou plusieurs bâtiments et de les vendre, en bloc ou par locaux ; 2° Personnes se livrant à des opérations d'intermédiaire pour l'achat, la souscription ou la vente des biens visés au 1° () ".

19. Il résulte de l'instruction que Mme B est associée à hauteur de 50 % de la SCI de construction-vente La Laurence, non assujettie à l'impôt sur les sociétés. Cette SCI a déclaré un résultat de 40 523 euros au titre de l'année 2011, 21 272 euros au titre de l'année 2012 et 44 777 euros au titre de l'année 2013, tenant compte des charges déductibles. Ainsi, en application de l'article 8 du code général des impôts, l'administration a pu soumettre à bon droit 50 % du résultat de cette société à l'impôt sur le revenu, entre les mains de M. et Mme B, tandis que de leur côté, les requérants, qui se bornent à émettre des allégations particulièrement vagues, ne précisent pas à quel titre l'administration n'aurait pas tenu compte des déclarations déposées par cette société et ils ne produisent à ce titre aucun élément.

S'agissant des bénéfices industriels et commerciaux provenant de la SCI Les Alizés :

20. Il résulte de l'instruction que le 17 septembre 2012, les requérants ont encaissé un chèque d'un montant de 6 000 euros émis par la SCI Les Alizés, dont ils ne sont pas associés ni salariés. Les requérants n'ont produit aucun élément de nature à justifier la nature de cet encaissement. Ainsi, en tenant compte du montant en cause, de la circonstance que M. B est un professionnel de l'immobilier, que cette SCI avait cédé, le 6 juillet 2012, un bien immobilier au prix de 132 000 euros, l'administration a considéré à juste titre que le versement de cette somme à M. B constituait une commission d'entremise, imposée à bon droit dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'année 2012 tandis que, dans le cadre de la présente instance, M. et Mme B ne produisent à ce titre aucune pièce ni explication.

S'agissant des revenus distribués par la SAS La Libération :

21. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. Les sommes imposables sont déterminées pour chaque période retenue pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés par la comparaison des bilans de clôture de ladite période et de la période précédente selon des modalités fixées par décret en conseil d'Etat ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ".

22. Il résulte de l'instruction que M. et Mme B sont salariés de la SAS La Libération et que M. B en est l'associé. Au titre de l'année 2012, seule année au titre de laquelle des revenus distribués ont été mis en recouvrement, M. B a perçu de cette société des revenus excédant d'un montant de 38 418 euros les salaires versés par cette dernière. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a considéré que cette somme constituait un revenu distribué, imposé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

23. En revanche, Mme B n'est pas associée de la société SAS La Libération. Par suite, ainsi que l'a relevé d'office le tribunal, les dispositions précitées du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts ne peuvent pas s'appliquer aux revenus d'un montant de 115 euros perçus par Mme B. Dans son mémoire enregistré le 30 mai 2023, l'administration fait cependant valoir que les revenus distribués par la société La Libération à Mme B, doivent être imposés sur le fondement des dispositions du c de l'article 111 du même code. L'administration, qui est en droit à tout moment de la procédure contentieuse, pour justifier le bien-fondé d'une imposition, de substituer une base légale à celle qui a été primitivement invoquée, dès lors que cette substitution peut être faite sans priver le contribuable des garanties qui lui sont reconnues en matière de procédure d'imposition, est bien fondée à demander que les revenus d'un montant de 115 euros distribués à Mme B sans motif le 14 septembre 2012 soient imposés sur le fondement du c de l'article 111 précité dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, cette substitution de base légale ne privant les requérants d'aucune garantie de procédure.

En ce qui concerne la motivation des pénalités :

24. L'article 1729 du code général des impôts dispose que : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré (). Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées ".

25. En ce qui concerne les revenus distribués par la société La Libération, l'administration relève qu'en sa qualité de gérant et unique associé de cette société et compte-tenu de l'appréhension effective des revenus distribués par cette société sur ses comptes bancaires, M. B ne pouvait ignorer le caractère imposable de ces sommes concernant lesquelles il n'a produit aucun élément de nature à indiquer qu'elles correspondraient à des remboursements de frais. Par suite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les majorations pour manquement délibéré qui leur ont été assignées sont motivées.

26. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2011 à 2013.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme D B et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente-rapporteure,

- M. Sportelli, premier conseiller,

- Mme A, magistrate honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.

Le rapporteur,

Signé

T. SPORTELLI

La présidente,

Signé

M. BERNABEU

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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