lundi 8 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002134 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | O. RENAULT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 août 2020 et 9 mars 2021, la SARL Dexx Sud, représentée par Me Weller, demande au tribunal :
1°) de prononcer le rétablissement du déficit fiscal reportable d'un montant de
296 161 euros dont elle disposait au 31 décembre 2013 et du crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 15 940 euros dont elle disposait au 31 décembre 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration a appliqué les dispositions du II de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales aux achats extraits du logiciel Florisoft, qui est un logiciel de gestion commerciale ne participant pas au système de comptabilité informatisé dans la mesure où seule la fonctionnalité " enregistrement des ventes " était en lien avec le logiciel comptable ; ce qui méconnaît les articles L 13 et L. 47 A du livre des procédures fiscales et constitue un détournement de procédure ;
- la seule anomalie relevée par le service vérificateur est une discordance entre les achats enregistrés en comptabilité et dans le logiciel Florisoft, non corroborée par le droit de communication effectué auprès de fournisseurs ; toutefois, ce logiciel était mal maitrisé par le personnel et les données qui en sont issues ne sont pas fiables ; dès lors, le rejet de la comptabilité n'est pas fondé ;
- en ce qui concerne la reconstitution de la comptabilité, les données relatives aux achats et aux bons de livraison issues du logiciel Florisoft n'étaient pas fiables au titre de l'année 2013 ;
- l'administration retient un taux de perte annuel de 3 % alors qu'il est en réalité compris entre 5 et 7 % selon les années et doit, en l'espèce, être fixé à 6 % ;
- il convient de retenir un écart de 195 907 tiges entre la comptabilité rejetée et la comptabilité reconstituée, soit 3,11 % des achats enregistrés.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2020, la directrice du contrôle fiscal Sud-Est conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Silvy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Dexx Sud, qui exerce l'activité d'achat-revente en gros de fleurs coupées, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er avril 2013 au
31 décembre 2014, étendue au 30 juin 2015 concernant la taxe sur la valeur ajoutée. Par une proposition de rectification du 30 juin 2016, le service vérificateur a rejeté la comptabilité de la société et a procédé à la reconstitution de son chiffre d'affaires. Par la présente requête, la société Dexx Sud demande au tribunal de prononcer le rétablissement du déficit fiscal reportable d'un montant de 296 161 euros dont elle disposait au 31 décembre 2013 et du crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 15 940 euros dont elle disposait au 31 décembre 2013.
Sur les conclusions à fin de rétablissement du déficit fiscal reportable et du crédit de taxe sur la valeur ajoutée :
2. Aux termes de l'article 54 du code général des impôts : " Les contribuables mentionnés à l'article 53 A sont tenus de représenter à toute réquisition de l'administration tous documents comptables, inventaires, copies de lettres, pièces de recettes et de dépenses de nature à justifier l'exactitude des résultats indiqués dans leur déclaration ". Il est toujours loisible à l'administration de justifier le rejet de la comptabilité du contribuable vérifié, même si elle est régulière en la forme, en se fondant sur des motifs pertinents tirés du manque de valeur probante de cette comptabilité, accompagnés de tous éléments de fait permettant de présumer que les résultats déclarés ont été minorés.
3. La société requérante utilise le logiciel de gestion commerciale Florisoft pour gérer les quantités de fleurs achetées, stockées puis vendues ou détruites, qui lui permet d'alimenter son site de vente en ligne et, en partie, sa comptabilité. Au titre de l'année en litige, les achats sont enregistrés manuellement dans le logiciel de comptabilité Quadratus à partir de la saisie des factures fournisseurs. Si le service vérificateur n'a pas constaté d'anomalie entachant directement le logiciel de gestion comptable Quadratus, il a rejeté la comptabilité de la société requérante au titre de l'exercice 2013 au motif que la comptabilité matière effectuée suite au rapprochement des achats figurant dans le logiciel de gestion Florisoft, des stocks et des destructions de produits, était incohérente avec les achats et ventes enregistrés en comptabilité.
4. Les achats tels que figurant dans le logiciel de gestion Florisoft présentent d'importantes incohérences avec ceux enregistrés en comptabilité, et ces incohérences demeurent en grande partie injustifiées. La société fait valoir que ce logiciel, qui a commencé à être utilisé en 2013, était renseigné de façon erronée au titre de cette année, et que les données concernant les achats qui en sont issues sont dépourvues de fiabilité, à l'inverse des données figurant en comptabilité. Il résulte de l'instruction que cette discordance n'a été constatée qu'au titre d'un des exercices vérifiés. Par ailleurs, l'existence d'achats non enregistrés en comptabilité n'a pas été corroborée par la mise en œuvre du droit de communication auprès des fournisseurs de la société. A ce titre, l'exercice du droit de communication auprès de Sica Maf Hyères, qui représente en 2013 74,39 % des achats de tiges de la société requérante, a au contraire permis de constater que les achats de tiges figurant dans le logiciel Florisoft étaient supérieurs de 400 000 unités aux achats résultant des données communiquées par le fournisseur, ce qui tend à démontrer l'absence de fiabilité des saisies réalisées dans le logiciel Florisoft tandis que les données enregistrées dans la comptabilité sont conformes aux factures résultant de l'exercice du droit de communication. Enfin, aucun élément comparatif, tel que des discordances du chiffre d'affaires ou des quantités achetées entre les exercices comptables n'est mis en évidence par l'administration. Dès lors, ainsi que l'a estimé la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires à l'occasion de sa séance du 23 octobre 2018, l'administration n'était pas fondée à rejeter la comptabilité de la société requérante au titre de l'exercice 2013 ni, en conséquence, à procéder à la reconstitution de sa comptabilité.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société Dexx Sud est fondée à demander le rétablissement du déficit fiscal reportable et du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle disposait au 31 décembre 2013.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la société requérante d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le déficit fiscal reportable d'un montant de 296 161 euros et le crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 15 940 euros dont la société Dexx Sud disposait au
31 décembre 2013 sont rétablis.
Article 2 : L'Etat versera à la société Dexx Sud une somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Dexx Sud et à la directrice du contrôle fiscal Sud-Est.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Chenal-Peter, présidente,
Mme Duran-Gottschalk, première conseillère,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. A
La présidente,
Signé
A-L. CHENAL-PETER
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026