LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2002253

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2002253

lundi 12 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2002253
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantLUGUET - DA COSTA SELARL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 août 2020, Mme A D, représentée par Me Da Costa, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe sur les logements vacants auxquelles elle a été assujettie au titre des année 2018 et 2019 à raison des locaux à usage d'habitation dont elle est propriétaire au sein de l'immeuble " La Grande Plaine I ", situé au 427 boulevard des Armaris, à Toulon ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les dépens, une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la vacance des logements qui font l'objet des taxes en litige est imputable à une situation d'insécurité généralisée au sein de la copropriété et à de nombreuses dégradations, cette cause est indépendante de sa volonté au sens du point VI de l'article 232 du code général des impôts ;

- le syndic de la copropriété a fait murer les accès de la tour B, dans laquelle se situe une grande partie des logements vacants, rendant toute location impossible ;

- ces logements ne pourront être rendus habitables qu'à la suite d'une remise en état intégrale au coût important ;

- le montant demandé pour les loyers n'a pas connu d'augmentation depuis plus de dix ans ;

- le paragraphe n° 130 de la doctrine administrative référencée BOI-IF-AUT-60 du 11 mars 2014, qui est opposable à l'administration fiscale, précise que la taxe sur les logements vacants n'est pas due par les propriétaires des logements occupés illégalement ;

- l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement des cotisations de taxe annuelle sur les logements vacants auxquelles elle avait été assujettie au titre des années 2013, 2014 et 2015.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que

- concernant la taxe sur les logements vacants à laquelle Mme D a été assujettie au titre de l'année 2018, la réclamation, reçue par l'administration fiscale le 2 janvier 2020, est tardive, et par suite irrecevable ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la décision n° 98-403 DC du Conseil constitutionnel du 29 juillet 1998 et la décision n° 2012-662 DC du Conseil constitutionnel du 29 décembre 2012 ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D est propriétaire de locaux à usage d'habitation situés au sein de la résidence " La Grande Plaine ", au 427 boulevard des Armaris, à Toulon. Par la présente requête, elle demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe sur les logements vacants auxquelles elle a été assujettie au titre des année 2018 et 2019, pour des montants de 18 250 et 20 594 euros, à raison de respectivement 18 et 23 logements vacants situés dans cette résidence.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 232 du code général des impôts : " I. - La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements (). Un décret fixe la liste des communes où la taxe est instituée. II. - La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année au 1er janvier de l'année d'imposition () VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable () ". En application du décret du 10 mai 2013 susvisé, la commune de Toulon est au nombre des communes où la taxe sur les logements vacants est instituée.

3. Le Conseil constitutionnel, dans sa décision n° 98-403 DC du 29 juillet 1998, n'a admis la conformité à la Constitution des dispositions instituant la taxe sur les logements vacants que sous certaines réserves, dont la réserve suivante : " () ne sauraient être assujettis des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur ; () ne sauraient être assujettis des logements dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur, faisant obstacle à leur occupation durable, à titre onéreux ou gratuit, dans des conditions normales d'habitation, ou s'opposant à leur occupation, à titre onéreux, dans des conditions normales de rémunération du bailleur ; qu'ainsi, doivent être notamment exonérés les logements ayant vocation, dans un délai proche, à disparaître ou à faire l'objet de travaux dans le cadre d'opérations d'urbanisme, de réhabilitation ou de démolition, ou les logements mis en location ou en vente au prix du marché et ne trouvant pas preneur ". Dans sa décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012, le Conseil constitutionnel a également jugé que l'objet de la taxation instituée par les dispositions précitées de l'article 232 du code général des impôts est d'inciter les personnes redevables de cette taxe à mettre en location des logements susceptibles d'être loués et que cette taxation ne peut frapper que des logements habitables, vacants et dont la vacance tient à la seule volonté de leur détenteur.

4. Il appartient au contribuable d'établir que la vacance du logement à raison duquel il a été assujetti à la taxe sur les logements vacants aurait été indépendante de sa volonté, en raison soit de sa mise en location ou de sa mise en vente infructueuses, soit de la nécessité d'effectuer des travaux pour en permettre la location.

5. Il n'est pas contesté que le quartier dans lequel se situent les logements à raison desquels Mme D a été assujettie à la taxe sur les logements vacants connaît une insécurité. Toutefois, il résulte de l'instruction que la requérante, qui possède dans cette résidence une soixantaine de logements, soit la moitié de l'ensemble immobilier, est pour partie responsable du mauvais état d'entretien voire de l'abandon des logements, dont elle est propriétaire, en raison de son inaction.

6. Au surplus, elle ne produit pas d'éléments de nature à attester que certains de ses logements, ou leurs accès, seraient murés, et quels en seraient les motifs. De même, elle ne produit aucun élément témoignant de la présence d'occupants illégaux dans les appartements concernés par la taxe sur les logements vacants et, le cas échéant, de démarches mises en œuvre pour récupérer la disposition de ses appartements. Elle ne fournit pas davantage d'informations concernant les loyers demandés et les travaux que nécessiterait la remise en état des logements, au titre desquels elle se borne à émettre des allégations au demeurant peu circonstanciées. Pour justifier de tentatives de location infructueuses, elle se borne à produire une attestation du 22 août 2019, vague et générale, du prestataire de services qu'elle a engagé pour trouver des locataires par un contrat du 1er octobre 2006. Ainsi, Mme D ne justifie pas des conditions dans lesquelles elle proposait les biens vacants à la location, ni des démarches mises en œuvre pour tenter de les louer.

7. En deuxième lieu, si Mme D se prévaut de l'interprétation administrative de la loi fiscale, contenue dans le paragraphe n° 130 du document référencé BOI-IF-AUT-60, selon laquelle " La taxe sur les logements vacants n'est pas due par les propriétaires des logements occupés illégalement ", ce document ne fait toutefois pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle qui a été mise en œuvre ci-dessus.

8. En troisième et dernier lieu, la circonstance que l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement des cotisations de taxe sur les logements vacants auxquelles Mme D avait été assujettie au titre des années 2013, 2014 et 2015 est, par elle-même, sans influence sur le bien-fondé des cotisations de taxe sur les logements vacants afférentes aux années 2018 et 2019.

9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme D n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxe sur les logements vacants auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :

10. Aucun dépens n'ayant été exposé au cours de l'instance, les conclusions présentées à ce titre par la requérante ne peuvent en tout état de cause qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la requérante de quelque somme que ce soit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Hamon, premier conseiller,

M. Sportelli, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

T. C

La présidente,

Signé

M. B

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions