lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002296 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | TAJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2020, la société anonyme (SA) de doit suisse RTS Immobilien AG, représentée par Me Rudeaux, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution d'un montant de 638 639 euros au titre de la cotisation d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- dans le cadre d'un litige concernant des droits d'enregistrement dus par une société tierce, l'administration a considéré que le prix de 2 660 000 euros payé le 30 mai 2011 par cette société tierce à la société Supprimmo SA pour acquérir les titres de la société RTS Immobilien AG concernait l'acquisition des seuls titres de la société RTS Immobilien AG, à l'exclusion d'une créance de compte-courant d'associé ; dès lors, pour déterminer la plus-value réalisée lors de la cession, le 2 mai 2017, du bien immobilier détenu par la société RTS Immobilien AG, qui constitue le seul élément figurant à son actif, il convient de prendre en compte un prix de revient de l'immeuble d'un montant de 2 560 481 euros et non de 644 561 euros comme déclaré initialement ;
- la réponse ministérielle Ferrant du 19 juillet 1984, reprise au § 80 de la doctrine référencée BOI-BIC-PVMV-10-20-10 du 11 mars 2013, prévoit que dans le cas où la cession d'un bien par un associé à la société dont il fait partie donne lieu à un acte rectificatif à la suite d'une procédure de rectification engagée par l'administration au regard des droits d'enregistrement, la société acquéreuse peut tenir compte de la valeur d'acquisition résultant de l'acte rectificatif pour le calcul de la plus-value ou de la moins-value susceptible d'être dégagée par la cession ultérieure du bien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société suisse RTS Immobilien AG détenait un bien immobilier en France où elle était assujettie à l'impôt sur les sociétés. Le 2 mai 2017, elle a cédé ce bien pour un montant de 2 950 000 euros. A ce titre, elle a souscrit une déclaration de plus-value et s'est acquittée d'un montant de 882 629 euros au titre du prélèvement prévu à l'article 244 bis du code général des impôts. Le 28 février 2018, elle a déposé sa déclaration d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2017 faisant état d'un impôt de 740 017 euros. Le 6 mars 2018, elle a sollicité le remboursement de l'excédent d'impôt de 142 612 euros, correspondant à la différence entre les deux montants précités, ce qu'elle a obtenu le 7 juin 2018. Par une réclamation du 11 décembre 2019, elle a sollicité une restitution complémentaire de 638 639 euros estimant que le montant de la plus-value initialement déterminée était erroné. Par la présente requête faisant suite au rejet de cette réclamation, la société RTS Immobilien AG demande ainsi au tribunal de prononcer la restitution d'un montant de 638 639 euros au titre de la cotisation d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice 2017.
Sur les conclusions à fin de remboursement :
En ce qui concerne le principe de l'imposition en France :
2. Aux termes du 1 de l'article 206 du code général des impôts : " () sont passibles de l'impôt sur les sociétés, quel que soit leur objet, les sociétés anonymes () et toutes autres personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations de caractère lucratif ". Il appartient au juge de l'impôt, saisi d'un litige portant sur le traitement fiscal d'une opération impliquant une société de droit étranger, d'identifier dans un premier temps, au regard de l'ensemble des caractéristiques de cette société et du droit qui en régit la constitution et le fonctionnement, le type de société de droit français auquel la société de droit étranger est assimilable.
3. La société anonyme de droit suisse présente des caractéristiques communes avec une société anonyme de droit français à laquelle elle est assimilable pour l'application de ces dispositions. En l'espèce, il n'est pas contesté que la société requérante est passible en France de l'impôt sur les sociétés.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant de la charge de la preuve :
4. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ".
5. L'imposition en litige a été établie d'après les bases indiquées, d'abord dans la déclaration de plus-value déposée par la société requérante le 29 mai 2017 puis d'après les bases indiquées dans sa déclaration d'impôt sur les sociétés en date du 28 février 2018. Dès lors, il lui incombe de démontrer le caractère exagéré de l'imposition en litige.
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
6. Aux termes de l'article 244 bis A du code général des impôts : " I.-1. Sous réserve des conventions internationales, les plus-values, telles que définies aux e bis et e ter du I de l'article 164 B, réalisées par les personnes et organismes mentionnés au 2 du I lors de la cession des biens ou droits mentionnés au 3 sont soumises à un prélèvement selon les taux fixés au III bis. () / 2. Sont soumis au prélèvement mentionné au 1 : () / b) Les personnes morales ou organismes, quelle qu'en soit la forme, dont le siège social est situé hors de France ; () / 3. Le prélèvement mentionné au 1 s'applique aux plus-values résultant de la cession : / a) De biens immobiliers ou de droits portant sur ces biens ; () / III. - Lorsque le prélèvement mentionné au I est dû par une personne morale assujettie à l'impôt sur les sociétés, les plus-values sont déterminées par différence entre, d'une part, le prix de cession du bien et, d'autre part, son prix d'acquisition, diminué pour les immeubles bâtis d'une somme égale à 2 % de son montant par année entière de détention. Par dérogation au III bis et au premier alinéa du présent III, le prélèvement dû par des personnes morales résidentes d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales et n'étant pas non coopératif au sens de l'article 238-0 A est déterminé selon les règles d'assiette et de taux prévues en matière d'impôt sur les sociétés dans les mêmes conditions que celles applicables à la date de la cession aux personnes morales résidentes de France () / V. - Le prélèvement mentionné au I est libératoire de l'impôt sur le revenu dû en raison des sommes qui ont supporté celui-ci. Il s'impute, le cas échéant, sur le montant de l'impôt sur les sociétés dû par le contribuable à raison de cette plus-value au titre de l'année de sa réalisation. S'il excède l'impôt dû, l'excédent est restitué aux personnes morales résidentes d'un Etat de l'Union européenne ou d'un Etat ou territoire ayant conclu avec la France une convention fiscale qui contient une clause d'assistance administrative en matière d'échange de renseignements et de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales et n'étant pas non coopératif au sens de l'article 238-0 A ".
7. D'une part, le montant auquel les titres de la société requérante ont été cédés à une société tierce en 2015 est sans influence sur la détermination de la plus-value réalisée à l'occasion de la cession du bien immobilier que détenait la société requérante, ces deux opérations étant totalement distinctes. D'ailleurs la société ne se prévaut pas d'une prise de position formelle de la part de l'administration sur le fondement de l'art. L. 80 B du livre des procédures fiscales et elle ne justifie pas que les amortissements pratiqués et le prix d'acquisition initial mentionnés dans l'acte notarié du 2 mai 2017 et dans ses déclarations ultérieures étaient erronés. D'autre part, et au surplus, contrairement à ce que soutient la société requérante, il résulte de l'instruction que lors du calcul des droits d'enregistrements dus par la société tierce ayant racheté les titres de la société requérante à la société Supprimmo SA, l'administration s'est bornée à refuser, faute de justificatif, la déduction d'une reprise de compte courant d'un montant 1 976 954 euros. Par suite, la société requérante ne démontre pas le caractère exagéré de l'imposition en litige.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
8. La société, qui a été imposée selon les bases qu'elle a elle-même déclarées, s'est conformée à la loi fiscale, sans faire application de la réponse ministérielle qu'elle invoque désormais. Au surplus, la réponse ministérielle Ferrant du 19 juillet 1984, reprise au § 80 de la doctrine référencée BOI-BIC-PVMV-10-20-10 du 11 mars 2013, dont elle se prévaut, ne concerne pas une situation analogue à la sienne, dans la mesure notamment où la cession en cause n'a pas été réalisée par un associé à la société. Dès lors, la société requérante n'est pas fondée à se prévaloir de cette réponse ministérielle.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander la restitution d'un montant de 638 639 euros au titre de la cotisation d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice 2017.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans le présent litige, verse quelque somme que ce soit à la société requérante au titre des frais exposés dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société RTS Immobilien AG est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme RTS Immobilien AG et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Hamon, premier conseiller,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. B
La présidente,
Signé
M. A
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026