lundi 26 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002326 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | KLEIN SCP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 août 2020, M. H et Mme C B, représentés par Me Ciussi, demandent au tribunal :
1°) de surseoir à statuer dans l'attente de l'issue de la procédure pénale pendante devant le tribunal judiciaire de Nice à l'encontre de M. F G ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les dépens, une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les droits de Mme B sur la quote-part qui aurait dû lui revenir au titre de la vente d'une villa située à Hyères ont été spoliés dans le cadre d'un montage de sociétés mis en place par son frère, M. G, dont les méandres et finalités seront révélées dans le cadre d'une procédure pénale actuellement pendante devant le tribunal judiciaire de Nice ; dès lors, il convient de surseoir à statuer dans l'attente de l'issue de cette procédure pénale ;
- M. H B, gérant de la SCI Domino, s'est présenté à chaque rendez-vous fixé par le vérificateur, avec lequel il a collaboré ; il a expliqué au vérificateur qu'il ne s'occupait pas de la gestion de la comptabilité de cette SCI, qui était en réalité confiée à un expert-comptable, qui refuse de transmettre les éléments demandés, alors qu'ils sont victimes d'une spoliation ; en outre, les documents comptables ont fait l'objet d'une mise sous scellé par le tribunal judiciaire de Nice ; il incombait à l'administration fiscale d'exercer son droit de communication auprès de l'expert-comptable ; dès lors, la SCI Domino ne s'est pas opposée au contrôle fiscal ; par suite, la procédure d'opposition à contrôle fiscal menée à l'encontre de cette société est irrégulière, en méconnaissance de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales ;
- M. B n'a pas été informé de la teneur et de l'origine des documents obtenus par l'administration fiscale auprès du parquet concernant la SCI Domino ; en outre, l'administration fiscale s'est curieusement abstenue d'exercer son droit de communication auprès de l'expert-comptable de cette société alors que M. B avait expressément indiqué qu'il ne détenait pas la comptabilité ; dès lors, l'administration fiscale a manqué à son obligation de loyauté à l'égard de la SCI Domino ;
- le service vérificateur ne fournit aucune explication permettant de comprendre les éléments sur lesquels il s'est fondé pour considérer que la mise à disposition d'une villa au bénéfice de M. B constituait un acte anormal de gestion et pour évaluer la valeur vénale de ce bien en l'absence de termes de comparaison ; dès lors, la proposition de rectification est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- les avis d'imposition ne sont pas signés, en méconnaissance des articles L. 256 et R. 256-8 du livre des procédures fiscales ;
- il appartiendra à l'administration fiscale, en application de l'article 1658 du code général des impôts, de produire " copie du rôle rendu exécutoire par arrêté du préfet avec la publicité et délégation le cas échéant qui ont été assurés au recueil des actes administratifs de la préfecture " ;
- au regard du contexte particulier de l'espèce, la mise à disposition gratuite de la villa de la SCI Domino à M. B ne constitue pas un acte anormal de gestion ;
- le taux de rendement à appliquer à la valeur vénale de la villa est de 0 % dans la mesure où les fonds qui ont permis d'acquérir la maison appartenaient à Mme B ;
- ils ne sont pas associés de la SCI Domino ; dès lors, le c de l'article 111 du code général des impôts ne leur est pas applicable ;
- la majoration de 40 % pour manquement délibéré n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. I,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une proposition de rectification en date du 20 décembre 2016, l'administration a notifié à M. et Mme B les conséquences sur leurs impositions personnelles des rectifications notifiées à la SCI Domino, dont M. B est le gérant. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont ainsi été assujettis au titre des années 2013 et 2014, en dernier lieu pour un montant total de 122 215 euros.
Sur les conclusions à fin de sursis à statuer :
2. Si les requérants concluent à titre principal à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente de l'issue de la procédure pénale pendante devant le tribunal judiciaire de Nice à l'encontre de M. F G, au demeurant tiers au présent litige, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au juge administratif de surseoir à statuer dans l'attente de cette décision, ni d'attendre la fin de l'instruction pénale. Par suite, les conclusions à fin de sursis à statuer dans l'attente de l'issue de cette procédure pénale doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
3. En premier lieu, eu égard à l'indépendance des procédures d'imposition d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés et de ses associés ou dirigeants, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure d'imposition suivie à l'égard de la SCI Domino, laquelle a opté pour l'impôt sur les sociétés, est inopérant sur les conséquences tirées par l'administration du contrôle de la société sur les sommes soumises à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et aux prélèvements sociaux au nom des requérants. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la procédure d'évaluation d'office suivie à l'égard de la SCI Domino est irrégulière, ni que l'administration fiscale a manqué à son obligation de loyauté à l'égard de cette société.
4. En deuxième lieu, à supposer même que le moyen tiré de l'absence de loyauté serait dirigé contre la procédure d'imposition suivie à l'égard de M. et Mme B, les requérants ne se prévalent à ce titre de la méconnaissance d'aucune norme juridique opposable à l'administration. Par suite, ce moyen est dépourvu des précisons permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, d'une part, il résulte de l'instruction que pour établir les impositions en litige, l'administration ne s'est pas fondée sur des renseignements et documents obtenus de tiers, et notamment du parquet, les éléments obtenus, antérieurs à la période vérifiée, n'ayant pas été utilisés. D'autre part, l'administration n'était pas tenue d'exercer son droit de communication à l'égard de l'expert-comptable de la société Domino alors qu'il incombait à cette seule société de produire sa comptabilité.
5. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
6. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification en date du 20 décembre 2016 adressée aux requérants comporte la désignation des impôts concernés, de l'année et des bases d'imposition. Cette proposition de rectification reproduit intégralement les motifs de droit et de fait qui fondent les rehaussements du bénéfice fiscal de la SCI Domino, permettant de comprendre l'origine des revenus distribués à M. et Mme B sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, d'une part, la proposition de rectification indique que la société Domino a mis gratuitement à disposition de M. B, son gérant, une villa qui était pourtant inscrite à l'actif de son bilan, se privant ainsi d'une recette sans que cet acte ne soit justifié par les intérêts de l'exploitation commerciale de la SCI Domino, ce qui constitue, pour M. et Mme B, un avantage occulte. D'autre part, pour déterminer la valeur de la villa, l'administration indique qu'elle a retenu celle de 2 800 000 euros déclarée, dans le cadre de la taxe annuelle de 3 % sur la valeur vénale des immeubles détenus en France, par la SA Shoggi, qui détient 99 % des parts de la société Domino, et par la SA Ste Financière du Haut Plateau, qui détient elle-même 100 % des parts de la SA Shoggi, et qui est au demeurant très proche de son prix d'acquisition. Par suite, la proposition de rectification adressée à M. et Mme B est suffisamment motivée. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales manque en fait.
7. En quatrième lieu, les irrégularités qui entacheraient les avis relatifs aux impositions recouvrées par voie de rôle sont sans influence sur la régularité ou le bien-fondé de ces impositions. Par suite, M. et Mme B ne peuvent utilement soutenir que les avis d'imposition ne sont pas signés. Au demeurant, les dispositions des articles L. 256 et R. 256-8 du livre des procédures fiscales dont se prévalent les requérants n'imposent pas la signature des avis d'imposition.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1658 du code général des impôts : " Les impôts directs et les taxes assimilées sont recouvrés en vertu soit de rôles rendus exécutoires par arrêté du directeur général des finances publiques ou du préfet, soit d'avis de mise en recouvrement. Pour l'application de la procédure de recouvrement par voie de rôle prévue au premier alinéa, le représentant de l'Etat dans le département peut déléguer ses pouvoirs aux agents de catégorie A placés sous l'autorité des directeurs départementaux des finances publiques ou des responsables de services à compétence nationale, détenant au moins un grade fixé par décret en Conseil d'Etat. La publicité de ces délégations est assurée par la publication des arrêtés de délégation au recueil des actes administratifs de la préfecture ". Aux termes de l'article 376-0 bis de l'annexe II au même code : " Le grade mentionné au second alinéa de l'article 1658 du code général des impôts est celui d'administrateur des finances publiques adjoint ".
9. L'administration produit l'extrait des rôles concernant les impositions en litige, homologués les 20 et 21 juin 2017 par M. A D, administrateur des finances publiques adjoint, par délégation. En outre, par un arrêté préfectoral du 28 mai 2013 portant délégation du pouvoir d'homologuer les rôles d'impôts, publié le 28 mai 2013 au recueil des actes administratifs de la préfecture du département du Var n° 20 spécial, librement accessible sur le site internet de la préfecture du Var, le préfet du Var a donné délégation de pouvoir, pour rendre notamment exécutoires les rôles d'impôts directs et taxes assimilées, aux collaborateurs du directeur départemental des finances publiques du Var ayant au moins le grade d'administrateur des finances publiques adjoint, à l'exclusion de ceux ayant la qualité de comptable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1658 du code général des impôts doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
10. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
11. Il résulte de l'instruction que le 19 décembre 2008, la SCI Domino a acquis une maison à usage d'habitation située sur le territoire de la commune de Saint-Paul-en-Forêt, dans le département du Var, au prix de 2 710 000 euros. Cette propriété achevée en 2000, d'une superficie de 492 m² contient 12 pièces, une piscine et elle est classée en catégorie cadastrale 2. Au titre des années en litige, elle a été mise à disposition gratuite de M. B, gérant de la société requérante, et constitue sa résidence principale. L'administration fiscale a considéré que cette mise à disposition gratuite était constitutive d'un acte anormal de gestion du point de vue de la SCI Domino, et que M. B avait bénéficié d'un avantage occulte du montant des loyers que la SCI s'était abstenue de lui réclamer, soit un montant de 112 000 euros au titre de chacune des années 2013 et 2014, somme imposée entre les mains de M. et Mme B, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts, et soumise aux prélèvements sociaux.
12. D'une part, les requérants soutiennent qu'à l'origine, la villa n'a pas été mise à disposition à titre gratuit mais qu'elle était censée appartenir aux époux B " en contrepartie d'une partie de la quote-part revenant à Mme C G épouse B de la vente d'un bien immobilier appartenant à la société Villa Hyères. Ce n'est que dans le cadre de la procédure pénale que les époux B vont avoir la confirmation de ce que le prix de vente de la villa Hyères avait été détourné par M. F G et que celui-ci avait mis sur pied une série de montage pour s'approprier au travers de sociétés la maison à Saint-Paul-en-Forêt dont ils pensaient qu'ils étaient les propriétaires légitimes et qui devraient être les propriétaires. M. B compte-tenu du contexte et du fait qu'il ne gérait pas la comptabilité de la SCI Domino n'a jamais su si celle-ci était ou non soumise à l'impôt sur les sociétés, et il est bien évident que s'il avait été tenu au courant il n'aurait pas fait opter la société à l'impôt sur les sociétés. Quoi qu'il en soit, il ressort de ce qui précède que la SCI Domino ne s'est pas appauvrie par une occupation gratuite du bien par les époux B dans la mesure où les fonds qui ont permis à la SCI d'acquérir la maison à Saint-Paul-en-Forêt ne lui appartenaient pas et appartenaient à Mme C B ". Toutefois, ces allégations, au demeurant inintelligibles, développées par les requérants au sujet d'une spoliation et de l'origine des fonds ayant servi à acquérir cette villa, au demeurant non justifiées, sont sans influence sur le constat objectif que représente cette mise à disposition gratuite d'une villa par une société tierce soumise à l'impôt sur les sociétés, sans contrepartie. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a considéré que M. B avait bénéficié d'un avantage occulte du montant des loyers que la SCI s'était abstenue de lui réclamer.
13. D'autre part, pour déterminer la valeur de la villa, l'administration indique qu'elle a retenu celle de 2 800 000 euros déclarée, dans le cadre de la taxe annuelle de 3 % sur la valeur vénale des immeubles détenus en France, par la SA Shoggi, qui détient 99 % des parts de la société requérante, et par la SA Ste Financière du Haut Plateau, qui détient elle-même 100 % des parts de la SA Shoggi, et qui est au demeurant proche de son prix d'acquisition. L'administration a appliqué à cette valeur vénale un taux de rendement annuel de 4 %. Si les requérants soutiennent que le taux de rendement à appliquer à la valeur vénale de la villa est de 0 % dans la mesure où les fonds qui ont permis d'acquérir la maison appartenaient à Mme B, toutefois, l'origine des fonds ayant servi à acquérir la villa, au demeurant non justifiée, est sans influence sur la détermination du taux de rendement et de l'avantage dont M. B a bénéficié dans la mesure où ce bien appartenait à la SCI Domino, et non aux requérants.
14. Enfin, la circonstance que M. et Mme B ne sont pas associés de la SCI Domino est sans influence sur la mise en œuvre du c de l'article 111 du code général des impôts. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que M. B avait bénéficié d'un avantage occulte d'un montant de 112 000 euros au titre de chacune des années 2013 et 2014.
En ce qui concerne les pénalités :
15. Les impositions en litige, telles qu'elles ont été mises en recouvrement par voie de rôle, n'ont pas fait l'objet d'une majoration de 40 % pour manquement délibéré mais seulement de la majoration de 10 % prévue par l'article 1758 A du code général des impôts. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la majoration de 40 % pour manquement délibéré n'est pas fondée.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :
17. Aucun dépens n'ayant été exposé au cours de l'instance, les conclusions présentées à ce titre par les requérants ne peuvent en tout état de cause qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H et Mme C B et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Hamon, premier conseiller,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. I
La présidente,
Signé
M. E
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026