vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002655 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Aide sociale |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2002655 le 29 septembre 2020, Mme C B, représentée par Me Desfarges, au tribunal :
À titre principal
1°) de l'admettre provisoirement au bénéficie de l'aide juridictionnelle ;
2°) l'annulation de la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental du Var a rejeté son recours préalable obligatoire dirigé contre la décision du 1er octobre 2019 lui notifiant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 7 673,72 euros pour la période courant du 1er août 2017 au 30 novembre 2018 et un indu de revenu de solidarité active complémentaire d'un montant de 4 710,92 euros pour la période courant du 1er octobre 2016 au 31 juillet 2017 ;
3°) de prononcer la décharge des indus en cause auxquels elle a été assujettie pour les périodes en litiges d'un montant total de 12 384,64 euros ;
4°) de mettre à la charge du département du Var la somme de 1 500 euros au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
À titre subsidiaire
5°) la remise totale de la dette en litige.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
Sur la forme :
- la décision implicite de rejet a été prise en méconnaissance des dispositions prévues par les articles L.311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision implicite de rejet est entachée d'un vice de procédure tenant à l'absence de consultation préalable de la commission de recours amiable en méconnaissance des dispositions de l'article L.262-47 du code de l'action sociale et des familles ;
- la décision implicite de rejet est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance des droits de la défense et de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme et du citoyen ;
- la décision implicite de rejet est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas pu faire valoir ses observations et que le rapport d'enquête ne lui a jamais été communiqué ;
- la décision implicite de rejet est entaché d'un vice de forme tiré de la méconnaissance de l'obligation de motivation en droit et en fait ;
Sur le fond :
- en se bornant à constater qu'elle a résidé plus de trois mois à l'étranger sans rechercher les motifs des séjours et si elle avait perdu sa résidence régulière en France, l'administration a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ;
-l'indu de RSA est infondé dès lors qu'elle n'a pas perdu sa résidence régulière en France ;
- elle n'a commis aucune fausse déclaration ;
- la décision méconnait le délai de prescription de deux ans dès lors qu'elle est de bonne foi ;
- par ailleurs elle se trouve dans une situation financière précaire qui doit conduire à la remise de sa dette.
Par un mémoire enregistré le 2 juillet 2021 caisse d'allocations familiales du Var conclut à sa mise hors de cause et à la mise en cause du conseil département du Var.
Elle fait valoir que seul le département du Var est compétent pour défendre au nom de l'Etat s'agissant d'un indu de RSA " socle ".
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mars 2022, le département du Var conclut au rejet des requêtes.
Il fait valoir que :
- la requête n° 2002355 est irrecevable en l'absence de recours préalable obligatoire formé contre la décision de notification de l'indu en date du 1er octobre 2019 ;
- la requête est tardive car il n'est pas justifié d'une demande d'aide juridictionnelle envoyée dans le délai de recours contentieux contre la décision en cause qui aurait interrompu ce délai;
- la requérante n'est pas recevable à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active dès lors qu'aucun recours administratif préalable obligatoire n'a été exercé.
- les indus sont fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2001798 le 10 juillet 2020, Mme C B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéficie de l'aide juridictionnelle ;
2°) l'annulation de l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire émis à son encontre le 9 juin 2020 pour recouvrer un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 12 384,64 euros;
3°) de prononcer la décharge des indus en cause auxquels elle a été assujettie pour les périodes en litiges d'un montant total de 12 384,64 euros ;
4°) de mettre à la charge du département du Var, le versement à Me Desfarges, avocat, la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- à défaut de production de la copie du bordereau de titres de recette dûment signé, conformément aux textes (article L1617-5 du code général des collectivités territoriales et L111-2 du code des relations entre le public et l'administration) et à la jurisprudence, le titre exécutoire sera annulé ;
- le titre en litige a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L.211-5 du code des relation entre le public et l'administration dès lors qu'il n'est pas motivé ;
- le titre exécutoire n'indique pas les bases de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis, en méconnaissance de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- la décision lui retirant le bénéfice du revenu de solidarité active est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration :
- l'indu est infondé dès lors qu'elle n'a jamais indument perçu le revenu de solidarité active.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2022 le département du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le titre exécutoire est régulier dès lors qu'aucune obligation n'impose la signature dudit titre ;
- la décision du 1er octobre 2019 comporte la nature de la prestation, le montant des sommes réclamées, le motif et la période de l'indu ;
- le principe du contradictoire a été respecté dès lors que Mme B a été en mesure de présenter ses observations.
Par une décision du 5 octobre 2020 Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans la procédure n° 2001798.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme F.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire.
Considérant ce qui suit :
1.Mme B a bénéficié du revenu de solidarité active à partir du 1er juin 2009. À la suite d'un contrôle de sa situation, le président du conseil départemental du Var lui a notifié par une décision du 1er octobre 2019 un indu de revenu de solidarité active (RSA), ainsi qu'un indu de revenu de solidarité active " complémentaire ", respectivement, pour la période courant du 1er août 2017 au 30 novembre 2018 et pour celle courant du 1er octobre 2016 au 31 juillet 2017, s'élevant à un montant total de 12 384,64 euros. Par ailleurs, le 9 juin 2020, le président du conseil départemental du Var a émis un titre exécutoire d'un montant de 12 384,64 euros pour obtenir le remboursement de ces indus de revenu de solidarité active. Par les présentes requêtes Mme B demande au tribunal, à titre principal, d'annuler la décision implicite du président du conseil départemental du Var rejetant son recours contre les indus de RSA ainsi que l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire émis le 9 juin 2020. Enfin, à titre subsidiaire, Elle demande la remise de sa dette.
2. Les requête n° 2002655 et n°2001798 présentent à juger des questions connexes et concernent la même requérante. Il y a lieu de les joindre pour statuer pas un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 1er octobre 2019 (n° 2002655) :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le département du Var
3. Aux termes de l'article L.262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. "
4. Il résulte de l'instruction que le président du conseil départemental du Var a pris à l'encontre de Mme B, une décision datée du 1er octobre 2019 relative à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 7 673,72 euros pour la période courant du 1er août 2017 au 30 novembre 2018 ainsi qu'à un indu de revenu de solidarité active complémentaire d'un montant de 4 710,92 euros pour la période courant du 1er octobre 2016 au 31 juillet 2017. Cette décision, qui mentionne qu'elle peut être contestée dans un délai de deux mois par réclamation auprès du président du conseil départemental du Var, a été régulièrement présentée à l'adresse de la requérante le 10 octobre 2019, puis retournée au département du Var avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Cette décision doit donc être regardée comme régulièrement notifiée à l'intéressée le 10 octobre 2019. Si Mme B produit un courrier ayant pour objet une contestation de la demande de remboursement d'un indu de revenu de solidarité active, il s'agit d'un courrier simple, non daté, auquel aucune autre pièce de nature à établir la date à laquelle cette réclamation aurait été présentée au président du conseil départemental du Var n'est jointe. La requérante ne peut donc pas être regardée comme ayant formé un recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental du Var pour contester les indus de revenu de solidarité active ainsi notifiés. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par le département et tiré de l'absence de recours préalable obligatoire doit être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 200265 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées à titre subsidiaire tendant à la remise de la dette en litige :
6. Aux termes de l'article L.262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif.() La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ()."
7. Il résulte des dispositions précitées que des conclusions aux fins de remise de dettes relatives au revenu de solidarité active portées directement devant le juge administratif sont irrecevables, à défaut pour l'intéressé d'avoir présenté les demandes préalables de remise gracieuse de ces dettes auprès des autorités compétentes, et donc, à défaut de décision prise par les autorités compétentes rejetant les demandes de remise gracieuse de ces indus, la juridiction ne pouvant être saisie que par voie de recours formé contre de telles décisions de refus de remise de dette.
8. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme B ait sollicité, auprès du président du conseil départemental du Var, une demande de remise de dette des indus de revenu de solidarité en litige. Par suite, en l'absence de cette demande, ses conclusions subsidiaires tendant à ce que le tribunal lui accorde une remise de dette doivent être rejetées comme irrecevables.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées à titre subsidiaire et tendant à la remise des indus en litige doivent être rejetées.
Sur la demande d'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle pour la requête n° 2002655 :
10. Il résulte des motifs qui précèdent que la requête n° 2002655 est irrecevable. Par suite la demande d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle pour cette requête doit être rejetée.
Sur les frais du litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département du Var, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête n° 2002655 doit être rejetée.
Sur la demande d'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle pour la requête n° 2001798 :
13. Il a été statué sur cette demande par le bureau d'aide juridictionnelle par une décision du 5 octobre 2020 accordant l'aide juridictionnelle totale à Mme B. Par suite, cette demande a perdu son objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire émis le 9 juin 2020 et à la décharge de l'obligation de payer la somme 12 384,64 euros (requête n°2001798):
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation
S'agissant de la régularité du titre exécutoire
14. D'une part aux termes de l'article L.1617-5 du code général des collectivités territoriales : " ()4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais.() En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () ".
15. D'autre part aux termes de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci()Seule une ampliation de cette décision peut être notifiée à la personne concernée ou communiquée à des tiers, l'original signé, qui seul fait apparaître les nom, prénom et qualité du signataire, étant conservé par l'administration. "
16. Il résulte des dispositions cités au point 14, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures d'où les deux derniers alinéas sont issus, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les noms, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, au sens des dispositions citées au point 15 , de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
17. Il résulte de l'instruction que l'ampliation du titre exécutoire en litige mentionne que son émetteur est M. Marc Giraud, président du conseil départemental du Var. Si la version dématérialisée du bordereau de titre de recette produit par le département du Var en défense comporte la signature électronique de Mme E D, attaché principal, responsable du service exécution, qui bénéficiait, par un arrêté du 7 septembre 2018, d'une délégation de signature du président du conseil départemental du Var, s'agissant des bordereaux liés à la liquidation et à l'ordonnancement des recettes, les noms, prénoms et qualité de cette personne ne figurent pas sur le titre exécutoire litigieux adressée à Mme B. Ainsi, les prescriptions des dispositions des articles L.1617-5 du code général des collectivité territoriales et L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration ont été méconnues ainsi que le soutient la requérante. Il s'ensuit que ce titre exécutoire est entaché d'irrégularité et doit être annulé.
18. En outre, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. Les recettes sont liquidées pour leur montant intégral, sans contraction avec les dépenses.Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation.() " Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
19. L'avis des sommes à payer d'un montant de 12 384,64 euros indique seulement " récup indu RSA-09/06/2020- " et ne fait référence a aucun autre document. Le département du Var fait valoir que ce titre fait suite à une décision de la caisse d'allocations familiales du Var du 1er août 2019 et à une décision du département du Var du 1er octobre 2019. Il résulte de l'instruction que si Mme B s'est vu notifier, le 10 octobre 2019, une décision datée du 1er octobre 2019 par laquelle le département du Var a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 7 673,72 euros pour la période courant du 1er août 2017 au 30 novembre 2018 ainsi qu'un indu de revenu de solidarité active complémentaire d'un montant de 4 710,92 euros pour la période courant du 1er octobre 2016 au 31 juillet 2017 et que cette décision mentionne les motifs de l'indu, toutefois elle ne mentionne pas les éléments ayant conduit au calcul de l'indu en litige et auquel le titre fait implicitement mais nécessairement référence. Par suite, Mme B est donc également fondée à soutenir que le titre litigieux est insuffisamment motivé au regard des exigences de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012.
S'agissant du bienfondé des indus en litige :
20. Il résulte des articles L. 262-46 et L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles (A) qu'une décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) prise par le président du conseil général, devenu départemental, ou par délégation de celui-ci ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès de cette autorité.
21. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que dès lors que Mme B n'a pas contesté le bien- fondé des indus en litige en présentant un recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental du Var, elle n'est pas recevable à contester le bien-fondé de ces indus au soutien des conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire en litige. Ainsi, ce moyen doit être écarté comme irrecevable.
22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est donc fondée à demander l'annulation de l'état exécutoire en litige que pour des motifs tirés de son irrégularité en la forme.
Sur les conclusions à fin de décharge :
23. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation éventuelle par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre. Statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
24. En l'espèce, eu égard aux motifs exposés au point 4 et 21, l'annulation de l'avis des sommes à payer n° 2020-12421-1 n 'implique pas la décharge de la somme de 12 384,64 euros mise à la charge de Mme B au titre de l'indu de revenu de solidarité active et de revenu de solidarité active complémentaire pour la période courant du 1er octobre 2016 au 30 novembre 2018.
25. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 4, 21 et 24 les conclusions tendant à la décharge de la somme de 12 384,64 euros doivent être rejetées.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1990 dans l'instance n°201798 :
26. Mme B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, pour la requête n° 2001798, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du département du Var la somme de 800 euros à Me Desfarges.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle présentées par Mme B dans la requête n°201798.
Article 2 : Le titre exécutoire n°12421 émis le 9 juin 2020 à l'encontre de Mme B est annulé.
Article 3 : Dans l'instance n° 201798 le département du Var versera la somme de 800 euros à Me Desfarges, sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Les conclusions de la requête n° 202655 et le surplus des conclusions de la requête n° 2001798 sont rejetés.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B,à Me Desfarges, avocat, et au département du Var.
Copie pour information en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. F
La greffière,
Signé
E. Perroudon
La République mande et ordonne au préfet du Var chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière,
N°2002655, 2001798
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026