vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002697 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MUNOZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 octobre 2020 et 24 août 2021, M. A B, représenté par Me Munoz, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'amende prévue par le IV de l'article 1736 du code général des impôts à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les dépens, une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a remis à l'administration fiscale l'intégralité des numéros de comptes détenus en Belgique le 16 mai 2011 ; ainsi, l'administration avait connaissance de ces comptes ; en outre, ils étaient mentionnés sur ses déclarations déposées au titre de l'impôt sur la fortune ; il ignorait que cette liste devait être fournie chaque année ;
- il a déclaré les revenus provenant de ses comptes détenus à l'étrangers ;
- le service fiscal reconnaît qu'en 2015, cinq déclarations modèle n° 3916 ont été déposée ; ainsi, il n'avait pas d'intention de frauder ;
- ainsi que le relève Cicéron, " l'application la plus stricte de la loi conduit aux plus grandes injustices " ; en l'espèce, il fait l'objet d'un acharnement fiscal alors que sa bonne foi doit être retenue ; en effet, de nationalité belge, il n'est pas un dissimulateur et l'administration fiscale n'est pas en mesure de fournir la lettre d'information qui lui aurait été délivrée en 2011 pour lui indiquer ses obligations déclaratives ;
- la cellule de régularisation a été ouverte en juin 2013 par M. D, ministre, aucune amende n'a été constatée ensuite ;
- il résulte de l'interprétation administrative référencée CF-CPF-30-20 que l'amende n'est pas irréfragable à condition que la déclaration papier détaillée ait été effectuée, ce qui est le cas, sauf méconnaissance de l'obligation de répétition annuelle, et surtout que les revenus afférents auxdits comptes aient été déclarés chaque année, ce qui est également le cas.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 avril 2021 et 31 août 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La déclaration de revenus déposée au titre de l'année 2013 par M. B a fait l'objet d'un contrôle sur pièces, ayant donné lieu à une proposition de rectification en date du 20 décembre 2016. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer la décharge de l'amende prévue par le IV de l'article 1736 du code général des impôts à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2013, pour un montant total de 9 000 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la loi fiscale :
2. Aux termes des dispositions du IV de l'article 1736 du code général des impôts : " Les infractions aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 1649 A et de l'article 1649 A bis sont passibles d'une amende de 1 500 € par compte ou avance non déclaré. () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 1649 A du même code : " Les personnes physiques, () domiciliées ou établies en France, sont tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus (), les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger () ". Enfin, aux termes de l'article 344 A de l'annexe III à ce code : " I. - Les comptes à déclarer en application du deuxième alinéa de l'article 1649 A du code général des impôts sont ceux ouverts auprès de toute personne de droit privé ou public qui reçoit habituellement en dépôt des valeurs mobilières, titres ou espèces. II. - Les personnes physiques joignent la déclaration de compte à la déclaration annuelle de leurs revenus. Chaque compte à usage privé, professionnel ou à usage privé et professionnel doit être mentionné distinctement. () III. - La déclaration de compte mentionnée au II porte sur le ou les comptes ouverts, utilisés ou clos, au cours de l'année ou de l'exercice par le déclarant, l'un des membres de son foyer fiscal ou une personne rattachée à ce foyer. Un compte est réputé avoir été utilisé par l'une des personnes visées au premier alinéa dès lors que celle-ci a effectué au moins une opération de crédit ou de débit pendant la période visée par la déclaration, qu'elle soit titulaire du compte ou qu'elle ait agi par procuration, soit pour elle-même, soit au profit d'une personne ayant la qualité de résident ".
3. Il résulte de l'instruction que M. B détenait, en 2013, six comptes ouverts en Belgique qui n'ont pas fait l'objet, au titre de cette année, de la déclaration prévue à l'article 1649 A du code général des impôts alors que l'administration a constaté que ces comptes ont fonctionné en 2013 et que M. B ne conteste pas que ces comptes ont été utilisés dans les conditions prévues au III de l'article 344 A de l'annexe III au code général des impôts précité. Ainsi, aucune déclaration de compte n'a été à ce titre jointe par M. B à la déclaration annuelle de ses revenus.
4. En premier lieu, si M. B soutient, au demeurant sans le justifier, qu'il a remis à l'administration fiscale l'intégralité des numéros de comptes possédés en Belgique le 16 mai 2011, et que ces comptes étaient mentionnés sur ses déclarations déposées au titre de l'impôt sur la fortune, sans d'ailleurs préciser au titre de quelle année, ces circonstances sont sans influence sur l'obligation qui lui incombait de joindre, chaque année, et notamment en 2013, cette liste à la déclaration annuelle de ses revenus dans les conditions prévues à l'article 344 A de l'annexe III au code général des impôts.
5. En deuxième lieu, la circonstance, au demeurant non établie, que M. B aurait déclaré les revenus provenant de ses comptes détenus à l'étrangers à l'administration fiscale est sans influence sur l'obligation qui lui incombe de déclarer, chaque année, la liste des comptes détenus à l'étranger et utilisés dans les conditions prévues au III de l'article 344 A de l'annexe III au code général des impôts précité.
6. En troisième lieu, la circonstance qu'il aurait produit, en 2015, cinq déclarations modèle n° 3916 est sans influence sur le litige, qui porte sur l'année 2013.
7. En quatrième lieu, l'amende prévue par le IV de l'article 1736 du code général des impôts n'implique pas que l'administration porte une appréciation sur la bonne foi du contribuable mais résulte de la simple méconnaissance du deuxième alinéa de l'article 1649 A du même code. Par suite, M. B ne peut utilement soutenir qu'il est de bonne foi et n'a pas eu d'intention de dissimuler ces comptes.
8. En cinquième lieu, il n'incombait pas à l'administration d'adresser à M. B une lettre d'information lui indiquant qu'il devait déclarer ses comptes détenus à l'étranger. Par suite, la circonstance que l'administration fiscale ne serait pas en mesure de fournir la lettre d'information qui lui aurait été délivrée en 2011 est sans influence sur l'application de l'amende en litige.
9. En sixième et dernier lieu, si M. B fait valoir que " la cellule de régularisation a été ouverte en juin 2013 par le ministre D " et qu'" aucune amende n'a été constatée ensuite ", ces circonstances sont toutefois sans influence sur le litige.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
10. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ".
11. M. B se prévaut de l'interprétation administrative de la loi fiscale référencée BOI-CF-CPF-30-20, en faisant valoir qu'il résulte de cette instruction que l'amende n'est " pas irréfragable à condition que la déclaration papier détaillée ait été effectuée, c'est le cas, sauf méconnaissance de l'obligation de répétition annuelle et surtout que les revenus afférents aux dits comptes aient été déclarés chaque année, c'est également le cas ". Il doit ainsi être regardé comme ayant entendu se prévaloir des paragraphe 230 et 240 de cette instruction aux termes desquels : " Le législateur a prévu un double système de sanctions : une amende fixe par compte non déclaré prévue par le IV de l'article 1736 du CGI (BOI-CF-INF-10-40-30) et une présomption de revenus (BOI-CF-INF-20-10-10). Le contribuable peut éviter la taxation en apportant la preuve que les transferts ne constituent pas des revenus imposables. En effet, la présomption édictée par le troisième alinéa de l'article 1649 A du CGI n'est pas irréfragable. Le contribuable peut apporter la preuve que les transferts effectués, par l'intermédiaire d'un compte non déclaré, en provenance de l'étranger ou vers l'étranger, ne constituent pas des revenus imposables lorsque les sommes : - constituent des revenus qui ont déjà été soumis à l'impôt ; - correspondent à des sommes exonérées ou n'entrant pas dans le champ d'application de l'impôt ". Toutefois, aux termes de cette instruction, l'absence de caractère irréfragable concerne la présomption de revenus édictée par le troisième alinéa de l'article 1649 A du code général des impôts, alors que l'amende en litige a été infligée à M. B sur le fondement du IV de l'article 1736 du même code, en raison de la méconnaissance du deuxième alinéa de l'article 1649 A de ce code. Par suite, M. B ne peut se prévaloir de ces dispositions qui sont sans influence sur l'application de l'amende forfaitaire en litige.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge de l'amende prévue par le IV de l'article 1736 du code général des impôts à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2013.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Hamon, premier conseiller,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. E
La présidente,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026