lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002781 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MUNOZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 octobre 2020 et 22 novembre 2021, M. A D, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société anonyme (SA) des Boucheries Tropéziennes, représenté par Me Munoz, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la société des Boucheries Tropéziennes a été assujettie au titre des exercices clos en 2010 et 2011 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2011 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration n'apporte pas la preuve de la notification de la proposition de rectification du 29 juillet 2013 à la société ;
- l'avis de vérification et la proposition de rectification ont été envoyés à la SA des Boucheries Tropéziennes mais non à Me Deloret, mandataire judiciaire de la société qui avait été placée en redressement judiciaire par un jugement du 19 octobre 2010 ;
- les opérations de vérification se sont déroulées du 29 mars au 19 juillet 2013, sur une période supérieure à trois mois, en méconnaissance du 4° du II de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales ;
- l'administration a manqué à son devoir de loyauté ; les procès-verbaux de défaut de présentation de comptabilité constituent un stratagème destiné à prolonger le délai dont dispose le vérificateur pour réaliser la vérification de comptabilité ;
- il ne peut être reproché à la société de ne pas avoir déposé la déclaration de résultats concernant l'année 2011 car il appartenait au mandataire judiciaire de valider cette déclaration ; dès lors, la procédure de taxation d'office est irrégulière ;
- l'action en recouvrement est prescrite en l'absence de poursuites depuis l'année 2015 ;
- le rejet de la comptabilité n'est pas fondé ; il concerne des opérations réalisées sous l'autorité du tribunal de commerce ; en outre, le gérant était âgé et fatigué ;
- il incombait à l'administration de reconstituer des prix différenciés suite à la double activité de boucherie-charcuterie ;
- pour effectuer la reconstitution du chiffre d'affaires, l'administration n'a pas pris en compte la réfaction du poids de 30 % des épaules de veau et de bœuf, revendus sans les os ; la préparation des pièces achetées sous vide entraînait une perte de leur poids de 10 à 15 % dont l'administration n'a pas tenu compte ; concernant les volailles et jambons, l'administration aurait dû appliquer une réfaction pour tenir compte des abats ;
- la consommation du gérant excède les 1,2 kilogramme de viande par semaine retenus par l'administration ;
- les viandes consommées par le personnel et offertes à sa famille ou aux clients n'ont pas été prises en compte ;
- l'administration commet une erreur manifeste d'appréciation en reconstituant des recettes exagérées par l'utilisation, pour les années 2006 à 2010 du coefficient de marge de 2,17 calculé pour l'année 2010 de façon subjective et autoritaire ; il ressort des statistiques de l'année 2003 que, s'agissant du département du Var, le coefficient de marge s'établit à 1,66 pour les boucheries-charcuteries réalisant 200 000 euros de chiffre d'affaires ;
- le bénéfice reconstitué n'a pas été distribué ;
- la majoration de 40 % pour dépôt tardif de déclaration n'est pas fondée ;
- la proposition de vérification ne fait pas l'objet d'un visa.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er avril 2021 et 27 janvier 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SA des Boucheries Tropéziennes exploitait une boucherie située à Saint-Tropez. La société a été placée en redressement judiciaire le 19 avril 2010. Le jugement de clôture pour extinction de passif est intervenu le 19 septembre 2011. Par une proposition de rectification en date du 29 juillet 2013 faisant suite à une vérification de comptabilité, l'administration a notamment rejeté la comptabilité de la société et a procédé à la reconstitution de ses recettes. Par la présente requête, M. A D, ancien associé-gérant, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société des Boucheries Tropéziennes, demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la société a été assujettie au titre des exercices clos en 2010 et 2011 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2011, pour un montant total de 332 706 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'avis de vérification de comptabilité a été reçu le 4 mars 2013 par M. D, représentant légal de la société. La proposition de rectification en date du 29 juillet 2013 a régulièrement été notifiée à " Monsieur le PDG de la SA Boucheries Tropéziennes, Chez Monsieur A D " le 10 septembre 2013. M. D, ancien associé-gérant de la société, en était alors le liquidateur judiciaire. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration n'apporte pas la preuve de la notification à la société de la proposition de rectification du 29 juillet 2013.
3. En deuxième lieu, si le requérant soutient que l'avis de vérification et la proposition de rectification ont été envoyés à la SA des Boucheries Tropéziennes mais non à Me Deloret, mandataire judiciaire de la société qui avait été placée en redressement judiciaire par un jugement du 19 octobre 2010, il n'invoque à ce titre la méconnaissance d'aucune norme juridique. Dès lors, ce moyen est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, à la date d'envoi de l'avis de vérification de comptabilité et de la proposition de rectification, cette société n'était plus placée en redressement judiciaire mais en liquidation judiciaire et M. D, ancien associé-gérant de la société, en était le liquidateur.
4. En troisième lieu, et d'une part, aux termes du I de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts () II. -Par dérogation au I, l'expiration du délai de trois mois n'est pas opposable à l'administration : () 4° En cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Dans ce cas, la vérification sur place ne peut s'étendre sur une durée supérieure à six mois () ". L'administration a estimé que la vérification de comptabilité de la société des Boucheries Tropéziennes pouvait excéder une durée de trois mois, en application du 4° du II de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales, en raison des graves irrégularités entachant la comptabilité de la société.
5. D'autre part, aux termes de l'article 54 du code général des impôts : " Les contribuables mentionnés à l'article 53 A sont tenus de représenter à toute réquisition de l'administration tous documents comptables, inventaires, copies de lettres, pièces de recettes et de dépenses de nature à justifier l'exactitude des résultats indiqués dans leur déclaration ". Il est toujours loisible à l'administration de justifier le rejet de la comptabilité du contribuable vérifié, même si elle est régulière en la forme, en se fondant sur des motifs pertinents tirés du manque de valeur probante de cette comptabilité, accompagnés de tous éléments de fait permettant de présumer que les résultats déclarés ont été minorés.
6. Il résulte de l'instruction qu'au titre des exercices vérifiés, les recettes de la société étaient comptabilisées globalement en fin de journée sans qu'une ventilation entre les différents types de produits vendus et entre les modes de règlement ne soit réalisée. Aucune bande de caisse enregistreuse n'a été produite pour les exercices 2006 à 2009, exercices déficitaires ayant généré un déficit cumulé de 148 634 euros reporté sur l'exercice 2010. En outre, au titre de ces exercices déficitaires, aucun inventaire des stocks n'était réalisé, et des discordances importantes entre les recettes figurant sur les brouillards de caisse et celles déclarées en comptabilité ont été constatées. Les bandes de caisse enregistreuse présentées à l'appui de la comptabilité de l'exercice 2010 ne mentionnent pas la désignation des articles vendus et il a été constaté l'absence de corrélation entre ces bandes de caisse et la comptabilité, l'absence de versements d'espèces en banque alors que des retraits sont effectués et un coefficient de bénéfice brut de 1,63, anormalement faible a été déclaré. Enfin, concernant l'exercice 2011, aucune comptabilité n'a été présentée. Deux procès-verbaux de défaut de présentation de comptabilité ont été établis les 19 avril et 31 mai 2013 et signés par M. D. Les considérations tenant à l'âge du gérant et à la désignation d'un mandataire judiciaire sont sans influence sur le constat des irrégularités précitées affectant la comptabilité. Ainsi, l'administration était fondée à considérer que la comptabilité présentée était entachée de graves irrégularités, et, en conséquence, à faire application des dispositions du 4° du II de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales lui permettant de porter la durée maximale de la vérification de comptabilité de trois à six mois.
7. En quatrième lieu, en tout état de cause, aucun élément ne tend à démontrer que l'administration aurait manqué à son " devoir de loyauté " et, contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte de ce qui a été dit au point précédemment que les procès-verbaux de défaut de présentation de comptabilité ne constituent pas un " stratagème " destiné à prolonger le délai dont dispose le vérificateur pour réaliser la vérification de comptabilité mais sont fondés sur des constats objectifs.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 2° à l'impôt sur les sociétés, les personnes morales passibles de cet impôt qui n'ont pas déposé dans le délai légal leur déclaration, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 68 () ". Aux termes de l'article L. 68 du même livre, dans sa rédaction applicable : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure () ".
9. La société n'a pas déposé la déclaration de résultats à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2011 dans les trente jours suivant la réception de la mise en demeure en date du 19 septembre 2012, qui lui avait été notifiée le 1er octobre 2012. En conséquence, c'est à bon droit que la procédure de taxation d'office a été mise en œuvre, la circonstance, à la supposer même établie, qu'il appartenait au mandataire judiciaire de valider cette déclaration est à ce titre sans influence.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant de la prescription :
10. Le moyen tiré de la prescription de l'action en recouvrement, qui est relatif au contentieux du recouvrement, ne peut être utilement invoqué dans le cadre du présent litige qui est un contentieux d'assiette.
S'agissant du rejet de la comptabilité :
11. Pour les motifs exposés au point 6, l'administration apporte la preuve qui lui incombe du caractère irrégulier et non probant de la comptabilité de la société des Boucheries Tropéziennes au titre des exercices clos de 2006 à 2011.
S'agissant de la reconstitution de recettes :
12. Pour procéder à la reconstitution de recettes de la société, qui exerce une activité de boucherie-charcuterie, le service vérificateur a appliqué aux produits achetés les prix de vente spécifiques à chaque produit au titre de l'exercice clos en 2010, ainsi qu'ils résultaient des déclarations et éléments transmis par M. D. La société n'ayant pas produit d'inventaire des stocks, les achats ont été considérés comme intégralement revendus en cours d'exercice. Le gérant a précisé que les conditions d'exploitation de son commerce n'avaient pas changé depuis le 1er janvier 2006. Le service vérificateur a ainsi déterminé un coefficient de bénéfice hors taxes de 2,17 au titre de l'exercice clos en 2010. Ce coefficient a été appliqué aux achats revendus au titre des exercices clos de 2006 à 2009, pour lesquels les justificatifs des prix de vente et du détail des recettes n'ont pas été produits. Au titre de l'exercice 2011, aucune reconstitution n'a été réalisée mais le service vérificateur s'est borné à réduire les déficits antérieurs reportés sur cet exercice et à soumettre à l'impôt sur les sociétés, en tant que plus-value à court terme, le produit exceptionnel constitué par l'indemnité d'éviction d'un montant de 800 000 euros perçue par la société le 13 mai 2011 dans le cadre d'un protocole d'accord transactionnel signé le 25 janvier 2011.
13. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, dans le cadre de la reconstitution réalisée au titre de l'exercice clos en 2010, l'administration a tenu compte des modalités de vente particulières à chacun des produits vendus, les recettes reconstituées correspondant au cumul des trois types de recettes tirées de la vente de charcuteries, volailles et viandes.
14. En deuxième lieu, pour procéder à la reconstitution du chiffre d'affaires, l'administration a tenu compte des réfactions dont se prévalait le gérant. Le requérant ne produit, dans le cadre de la présente instance, aucun élément au soutien des réfactions dont il se prévaut. Au surplus, si, pour la vente d'agneau, une réfaction de 30 % incluant les os est sollicitée au lieu de la réfaction de 20 % retenue par l'administration, il résulte toutefois de l'instruction que la viande d'agneau est vendue avec les os. Concernant les épaules de veau et de bœuf, un poids utile de 9 kilogrammes a été retenu alors que le produit est acheté pour un poids variant de 11 à 12 kilogrammes, soit une réfaction suffisante. En ce qui concerne les volailles, achetées déjà préparées, aucune réfaction ne doit être retenue. En ce qui concerne le jambon blanc, ce dernier est vendu avec sa couenne tandis que les achats de jambon avec os sont marginaux. Par suite, le requérant n'est pas fondé à contester les réfactions retenues par l'administration.
15. En troisième lieu, M. D a indiqué au service vérificateur qu'il n'y avait pas de perte de viande périmée et que sa consommation personnelle était estimée à deux morceaux de bœuf trois fois par semaine. Ainsi, l'administration a retenu à bon droit une consommation personnelle de 1,2 kilogramme par semaine, alors que de son côté, M. D ne produit aucun élément justifiant une consommation supérieure.
16. En quatrième lieu, au cours des opérations de vérification et dans le cadre des questionnaires qui lui avaient été adressés, M. D n'a pas mentionné d'offerts aux clients ou aux membres de sa famille. Dans le cadre de la présente instance, il ne produit aucun élément de nature à justifier les offerts dont il se prévaut désormais. Par suite, c'est à bon droit que l'administration n'a pas retenu ces éléments.
17. En cinquième et dernier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, en l'absence de comptabilité fiable, de détail des recettes et des prix pratiqués au titre des exercices clos de 2006 à 2009, et en l'absence d'évolution des conditions d'exploitation de la société entre le 1er janvier 2006 et l'année 2010, ce qu'avait confirmé M. D, l'administration pouvait à bon droit, pour ces années, utiliser le coefficient de bénéfice brut de 2,17 calculé pour l'année 2010. Au surplus, de son côté, le requérant, qui se borne à faire référence à des statistiques départementales réalisées au titre de l'année 2003, ne propose pas de données plus fiables que celles retenues par l'administration.
En ce qui concerne les revenus distribués :
18. Si le requérant soutient que le bénéfice reconstitué n'a pas été distribué, ce moyen est sans influence sur les impositions en litige. Par suite, il est inopérant. Au demeurant, M. D, agissant, dans le cadre de la présente instance, pour la société des Boucheries Tropéziennes, en tant que liquidateur de cette dernière, n'a pas qualité pour contester les impositions personnellement mises à sa charge, qui ne font pas l'objet de la présente instance.
En ce qui concerne les pénalités :
19. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () ".
20. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la société n'a pas déposé la déclaration de résultats à l'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2011 dans les trente jours suivant la réception de la mise en demeure en date du 19 septembre 2012, qui lui avait été notifiée le 1er octobre 2012. Par suite, c'est à bon droit que la majoration de 40 % prévue au b de l'article 1728 du code général des impôts a été appliquée au titre de l'année 2011.
21. Aucune majoration pour manquement délibéré n'a été appliquée, par suite, le moyen tiré de l'absence de manquement délibéré est inopérant.
22. Si le requérant soutient que " la proposition de vérification ne fait pas l'objet d'un visa ", il n'invoque à ce titre la méconnaissance d'aucune norme juridique. Par suite, ce moyen, au demeurant inopérant concernant la majoration prévue par l'article 1728 du code général des impôts, est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. D, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la SA des Boucheries Tropéziennes, n'est pas fondé à demander la décharge des impositions en litige.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande le requérant au titre des frais exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la SA des Boucheries Tropéziennes, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la SA des Boucheries Tropéziennes et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Hamon, premier conseiller,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe 21 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. C
La présidente,
Signé
M. B
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026