jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002920 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | VERGELONI |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 octobre 2020 et le 14 décembre 2021, Mme C B, représentée par Me Dorn, demande au tribunal : 1°) de condamner le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles à lui verser une indemnité d'un montant total de 430 663,30 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'intervention chirurgicale du 15 décembre 2015, et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal ; 2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles est responsable de ses préjudices, qui sont les suivants : - 3 906 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ; - 5 080 euros au titre de la tierce personne à hauteur de 2 heures pendant la période de classe 3 ; - 13 120 euros au titre de " l'AIPP ", fixée par l'expert à 8 % ; - 8 000 euros au titre des souffrances endurées ; - 7 000 euros au titre des préjudices esthétiques temporaires et définitifs ; - 15 000 euros au titre du préjudice sexuel ; - 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément ; - 16 180.50 euros au titre de la perte de salaire jusqu'au 15 décembre 2016 ; - 306 726,80 euros au titre des pertes de salaire net pour la période postérieure jusqu'à l'âge de la retraite, subsidiairement 153 363,40 euros dans l'éventualité d'une perte de chance ; - 50 000 euros au titre de la moins-value sur la retraite ; - 650 euros en remboursement des frais divers relatifs au coût du médecin conseil. Par des mémoires enregistrés le 10 décembre 2020, le 6 décembre 2022 et le 12 janvier 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var, représentée par Me Vergeloni, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures : 1°) de condamner le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles au remboursement des prestations qu'elle a versées à Mme B, pour un montant total de 51 541,14 euros, et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ; 2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, d'un montant de 1 162 euros ; 3°) de mettre à la charge de tout succombant une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la somme de 51 541,14 euros correspond au montant définitif des prestations qu'elle a versées à la requérante au titre de l'accident médical en cause ; - l'attestation d'imputabilité du médecin conseil rapporte la preuve du lien de causalité des prestations en cause avec l'accident du 15 décembre 2015. Par des mémoires en défense enregistrés le 16 avril 2021 et le 15 décembre 2022, le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles, représenté par Me Zandotti, conclut à une réduction de sa condamnation. Il soutient que : - les préjudices de la requérante sont injustifiés ou évalués de manière excessive ; - la preuve de l'imputabilité des débours de la CPAM du Var à l'acte médical en cause, au titre des frais médicaux, pharmaceutiques, d'appareillage et de transport, n'est pas rapportée ; - les sommes allouées au titre des débours doivent être déduites du montant de l'indemnité alloué à la requérante. Le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles a produit une pièce complémentaire, enregistrée le 22 décembre 2021. Mme B a produit une pièce complémentaire, enregistrée le 15 décembre 2022. Par une ordonnance du 15 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 janvier 2023. Le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles a présenté un mémoire enregistré le 16 janvier 2023, qui n'a pas été communiqué. Mme B a produit des pièces, enregistrées le 27 février 2023. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code civil ; - le code du travail ; - le code de la santé publique ; - le code de la sécurité sociale ; - l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Kiecken, premier conseiller, - et les conclusions de Mme Wustefeld, rapporteure publique. Considérant ce qui suit : 1. Mme B est née le 13 octobre 1965. Le 15 décembre 2015, elle a bénéficié d'une intervention chirurgicale pour une lésion ovarienne infectieuse gauche par voie coelioscopique, au centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles. À la suite de cette opération, l'intéressée a présenté une plaie accidentelle de la vessie ainsi qu'une nécrose iléale qui ont rendu nécessaires de nombreuses autres interventions. Le docteur A D, diplômé en réparation juridique du dommage corporel, a été désigné en qualité d'expert par l'assureur du centre hospitalier. Le rapport qu'il a rendu le 5 mars 2018 conclut à une plaie de la vessie au niveau du dôme vésical par le trocart de cœlioscopie, résultant d'une " maladresse technique " de la part du centre hospitalier. 2. Par un courrier reçu le 23 juin 2020, le conseil de la requérante a présenté une demande indemnitaire au centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles pour la réparation des multiples préjudices résultant de cette intervention chirurgicale. Si le centre hospitalier fait valoir qu'il a répondu à ce courrier par une proposition expresse de transaction du 1er octobre 2020, pour un montant au demeurant inférieur à celui des prétentions de l'intéressée, il ne justifie pas de la réception de ce document. Ainsi, face au silence gardé sur sa réclamation, Mme B a saisi le tribunal du présent recours. Sur les conclusions à fin d'indemnisation : En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier : 3. L'article 1142-1, paragraphe I, alinéa 1er, du code de la santé publique prévoit : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. " 4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise contradictoire du docteur D du 5 mars 2018, que l'intervention chirurgicale en cause, destinée à soigner une lésion ovarienne, a provoqué la perforation accidentelle de la vessie de Mme B. Dans ces conditions, le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles doit être regardé comme ayant commis une faute de nature à engager sa responsabilité, ce qui n'est au demeurant pas contesté en défense. En ce qui concerne les préjudices de la requérante : S'agissant des préjudices patrimoniaux : Quant aux préjudices temporaires : 5. En premier lieu, la requérante ne verse aucun élément permettant d'établir l'existence de frais divers d'un montant de 650 euros qu'elle allègue avoir exposés pour se faire assister par un médecin conseil. Cette demande doit donc être écartée. 6. En deuxième lieu, d'une part, lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel du préjudice résultant pour elle de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne, il détermine d'abord l'étendue de ces besoins d'aide et les dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il fixe, ensuite, le montant de l'indemnité qui doit être allouée par la personne publique responsable du dommage, en tenant compte des prestations dont, le cas échéant, la victime bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. À ce titre, il appartient au juge, lorsqu'il résulte de l'instruction que la victime bénéficie de telles prestations, de les déduire d'office de l'indemnité mise à la charge de la personne publique, en faisant, si nécessaire, usage de ses pouvoirs d'instruction pour en déterminer le montant (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 30 novembre 2021, n° 438391, point 2). 7. D'autre part, pour déterminer le montant de l'indemnité réparant le préjudice qui résulte de l'assistance par une tierce personne, le juge doit se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 27 mai 2021, n° 433863, point 2). 8. Il résulte de l'instruction que Mme B a eu besoin de l'assistance d'une tierce personne pour les besoins de la vie quotidienne du 22 janvier 2016 au 25 avril 2016 et du 4 mai 2016 au 4 juin 2016, à raison de 2 heures par jour. Il ne résulte pas de l'instruction qu'une assistance spécialisée aurait toutefois été nécessaire. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer le taux horaire à 14 euros, correspondant au montant horaire moyen du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) charges sociales incluses, le montant du SMIC horaire brut étant de 9,67 euros au 1er janvier 2016. Il ne résulte pas de l'instruction que la victime aurait bénéficié de prestations ayant pour objet la prise en charge de ces frais. Dans ces circonstances, il sera fait une juste appréciation du préjudice résultant de l'assistance de Mme B par une tierce personne en le fixant à la somme de 3 556 euros. 9. En troisième lieu, Mme B demande réparation de la perte de gains professionnels actuels, pour la période antérieure au 15 décembre 2016, date à laquelle il résulte de l'instruction que son état de santé est consolidé. La requérante établit qu'elle disposait d'une promesse d'embauche en date du 11 décembre 2015, pour un emploi " d'assistante chef de dépôt ", dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée sans période d'essai, pour un salaire mensuel brut de 2 000 euros, et devant débuter le 4 janvier 2016. Comme le fait valoir le centre hospitalier en défense, il résulte toutefois de l'instruction que l'intervention chirurgicale du 15 décembre 2015 aurait, même en l'absence de faute, justifié un arrêt de travail d'un mois. Ce n'est donc qu'à compter du 15 janvier 2016 et jusqu'au 26 août 2016 que la requérante doit être regardée, ainsi qu'il résulte notamment de l'expertise et du courrier de l'employeur acceptant une prise de poste le 1er février 2016, comme ayant été mise dans l'impossibilité d'exercer une activité professionnelle. Le montant du salaire mensuel net de 1 541 euros pour cet emploi n'est pas sérieusement contesté en défense. Il résulte toutefois de l'instruction que Mme B a perçu des indemnités journalières par la CPAM du Var au titre de l'ensemble de cette période. Il y a donc lieu, ainsi que le soutient la défense, de déduire de la perte de gains professionnels d'un montant de 11 308,95 euros, les indemnités journalières destinées à réparer ce chef de préjudice, d'un montant de 5 332,50 euros. Dans ces conditions, il sera fait une exacte appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 5 976,45 euros. Quant aux préjudices permanents : 10. Mme B demande réparation de l'incidence professionnelle résultant de l'accident médical en cause, à raison d'une perte de salaires et d'une perte de droits à pension de retraite. 11. D'une part, au titre de la perte de salaires, s'il est constant que la requérante est restée en mesure d'exercer une activité professionnelle, comme le démontrent notamment son contrat de serveuse pour la saison d'été 2017 ainsi que la succession de ses contrats à durée déterminée couvrant une période discontinue du 7 janvier 2019 au 31 mai 2021 et le contrat à durée indéterminée qu'elle a finalement retrouvé à compter du 1er juin 2021, il résulte toutefois de l'instruction que l'accident médical l'a privée de la possibilité d'exercer l'activité professionnelle pour laquelle elle disposait d'une promesse d'embauche. 12. Au titre de l'année 2016, Mme B a déclaré 8 035 euros dans la catégorie des traitements et salaires, soit un montant équivalent à celui qu'elle aurait perçu à compter du 27 août 2016 et jusqu'au 31 décembre 2016 en l'absence d'accident médical. 13. Au titre de l'année 2017, la requérante n'a déclaré que 8 664 euros dans la catégorie des traitements et salaires, alors qu'elle aurait perçu un salaire net annuel dans le cadre de son contrat à durée indéterminée qui peut être évalué à 18 492 euros, justifiant ainsi d'une perte de gains professionnels à hauteur de 9 828 euros. 14. Au titre de l'année 2018, la requérante ne justifie pas du montant de ses revenus professionnels, en dépit de la demande que le tribunal lui a adressée le 23 février 2023. Mais il résulte de l'instruction, notamment de son relevé de carrière et de son relevé de situation individuelle, que ses salaires et ses allocations chômage sont demeurés à un niveau équivalent à ceux de l'année 2017, justifiant ainsi une perte de gains professionnels dont il sera fait une juste appréciation en la fixant à 9 800 euros. 15. À compter de l'année 2019 et jusqu'au 31 mai 2021, l'intéressée a repris une activité professionnelle dans le cadre de contrats à durée déterminée, d'une durée cumulée de 302 jours, à raison de 199 jours en 2019 et de 103 jours en 2020. Il résulte de ces contrats de travail que la rémunération a été fixée à hauteur du SMIC et qu'elle est donc restée inférieure à celle que la requérante aurait perçue dans le cadre du contrat à durée indéterminée pour lequel elle disposait d'une promesse d'embauche. La rémunération de son activité professionnelle d'une durée de 199 jours en 2019 peut être évaluée à la somme de 7 878,37 euros et celle d'une durée de 103 jours en 2020 peut être évaluée à la somme de 4 126,54 euros. Il convient d'ajouter à ces rémunérations le montant des allocations versées par Pôle Emploi, à hauteur de 7 248 euros au titre de l'année 2020 et de 4 427 euros au titre de l'année 2021. En l'absence d'éléments permettant de fixer le montant exact des allocations versées par Pôle Emploi au titre de la période non travaillée d'une durée de 12 semaines en 2019, il en sera fait une juste appréciation, eu égard aux pièces produites aux débats qui rendent possible cette évaluation, en les fixant à la somme de 2 650 euros. 16. La requérante justifie donc d'une perte de gains professionnels dont il sera fait une juste appréciation en la fixant aux sommes de 7 963,63 euros au titre de l'année 2019 (18 492 - 7 878,37 - 2 650), de 7 117,46 euros au titre de l'année 2020 (18 492 - 4 126,54 - 7 248) et de 14 065 euros au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 mai 2021 (18 492 - 0 - 4 427). 17. Au titre de la période postérieure au 1er juin 2021, il résulte de l'instruction que le contrat à durée indéterminée, en vertu duquel la requérante travaille depuis cette date en qualité d'employée de vente, lui est moins favorable que celui pour lequel elle disposait d'une promesse d'embauche, dès lors qu'elle perçoit seulement une rémunération mensuelle brute de 1 248,49 euros pour une durée mensuelle de travail effectif de 121,33 heures, soit 28 heures par semaine. Ainsi, compte tenu d'une rémunération mensuelle nette qui peut être évaluée à 78 % de la rémunération brute, soit 973,82 euros, justifiant une perte de gains professionnels mensuels nets de 567,18 euros, et à la circonstance que Mme B peut raisonnablement demeurer en activité jusqu'à l'âge de 67 ans, c'est-à-dire, compte tenu de sa date de naissance, jusqu'au 13 octobre 2032, il sera fait une juste appréciation de la perte de salaires au titre de la période du 1er juin 2021 au 13 octobre 2032, soit pendant une période de 11 ans et 4 mois, en la fixant à la somme de 77 136,48 euros. 18. D'autre part, au titre de la perte de droits à pension de retraite, il résulte de l'instruction que Mme B doit être regardée comme bénéficiant au titre de la période de 2016 à 2032, soit pendant 16 ans, de revenus résultant de sa situation professionnelle d'un montant inférieur d'environ 37 % à ceux dont elle est privée du fait de la faute du centre hospitalier. Compte tenu de son espérance de vie et d'un taux de remplacement fixé à 72,5 %, sa pension de retraite durant la période de 2032 à 2050 aurait été supérieure d'environ 250 euros par mois, soit un supplément annuel de pension net de l'ordre de 3 000 euros. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 54 000 euros. 19. Il sera ainsi fait une juste appréciation de l'incidence professionnelle de l'accident médical en cause pour Mme B au titre de la perte de salaires et de la perte de droits à pension de retraite, en fixant ce chef de préjudice à la somme totale de 179 910,57 euros. S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux : Quant aux préjudices temporaires : 20. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire, total au titre de la période du 20 décembre 2015 au 21 janvier 2016 et du 26 avril 2016 au 3 mai 2016, à hauteur de 50 % au titre de la période du 22 janvier 2016 au 25 avril 2016 et du 4 mai 2016 au 4 juin 2016, à hauteur de 25 % du 5 juin 2016 au 26 août 2016, et à hauteur de 10 % du 27 août 2016 au 15 décembre 2016, en le fixant, sur la base d'un taux de 20 euros par jour, à la somme totale de 2 725 euros. 21. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées, résultant notamment des douleurs physiques consécutives aux interventions et des douleurs morales, évaluées à 3,5/7 dans le rapport d'expertise, en les fixant à la somme de 6 000 euros. 22. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire, résultant de l'iléostomie, évalué à 3,5/7 dans le rapport d'expertise, en le fixant à la somme de 2 500 euros. Quant aux préjudices permanents : 23. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel permanent, résultant de douleurs abdominales persistantes avec contraintes diététiques nécessitant un traitement médical et évalué à 8 % dans le rapport d'expertise, en le fixant, eu égard à l'âge de la requérante, à la somme de 12 000 euros. 24. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'agrément, résultant de la pratique de la gymnastique et de la pêche au gros rendue plus difficile, en le fixant à la somme de 2 000 euros. 25. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel, résultant d'une dyspareunie profonde consécutive à l'iléostomie, en le fixant à la somme de 5 000 euros. 26. En dernier lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent, résultant de l'aspect " particulièrement disgracieux de la cicatrice " et évalué à 2/7 dans le rapport d'expertise, en le fixant à la somme de 2 000 euros. 27. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles doit être condamné à verser à Mme B une indemnité d'un montant total de 221 668,02 euros. En ce qui concerne les dépenses de santé exposées par la CPAM du Var : 28. Il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation d'imputabilité du médecin conseil du 10 novembre 2020, dont la valeur probante n'est pas sérieusement contestée, que la CPAM du Var a, d'une part, pris en charge des frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques, d'appareillage et de transport au titre de l'accident du 15 décembre 2015 et, d'autre part, versé à Mme B des indemnités journalières à raison du même accident au titre de la période du 15 janvier 2016 au 26 août 2016, d'un montant total de 51 541,14 euros. 29. La CPAM du Var est donc fondée à demander la condamnation du centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles à lui rembourser la somme de 51 541,14 euros. Sur les intérêts et leur capitalisation : En ce qui concerne l'indemnité versée à la requérante : 30. En vertu de l'article 1231-6 du code civil, Mme B a droit aux intérêts au taux légal sur la somme totale de 221 668,02 euros à compter du 23 juin 2020, date de réception par la centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles de sa demande d'indemnisation préalable. En ce qui concerne le remboursement des débours de la CPAM du Var : 31. En premier lieu, en vertu de l'article 1231-6 du code civil, la CPAM du Var a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 51 541,14 euros à compter du 10 décembre 2020, date d'enregistrement de son mémoire au greffe du tribunal administratif. 32. En second lieu, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La CPAM du Var a demandé la capitalisation des intérêts le 10 décembre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 10 décembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date. Sur l'indemnité forfaitaire de gestion : 33. L'article L. 376-1, alinéa 9, du code de la sécurité sociale prévoit : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". L'arrêté du 15 décembre 2022 a porté le montant maximal de cette indemnité forfaitaire de gestion au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 à la somme de 1 162 euros. 34. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles une indemnité forfaitaire au profit de la CPAM du Var d'un montant de 1 162 euros. Sur les frais liés au litige : 35. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles une somme de 2 000 euros à verser à Mme B et celle de 1 500 euros à verser à la CPAM du Var, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D É C I D E :Article 1er : Le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles versera à Mme B la somme totale de 221 668,02 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 23 juin 2020. Article 2 : Le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles versera à la CPAM du Var la somme de 51 541,14 euros au titre des débours et la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion. La somme de 51 541,14 euros sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 décembre 2020 et des intérêts capitalisés à compter du 10 décembre 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date. Article 3 : Le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles versera une somme de 2 000 euros à Mme B et une somme de 1 500 euros à la CPAM du Var, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté. Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Madame C B, au centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :M. Harang, président, M. Silvy, premier conseiller,M. Kiecken, premier conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023. Le rapporteur,SignéA. KIECKEN Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéA. CAILLEAUX La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière.2N° 2002920
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026