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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2002970

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2002970

mardi 8 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2002970
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantPALOUX - MUNDET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 octobre 2020, la SCI Kfir, représentée par Me Mundet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 septembre 2020 rejetant sa réclamation du 22 novembre 2019 ;

2°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière d'un montant de 2 078 euros au titre de l'année 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'elle devait bénéficier de l'exonération prévue à l'article 1389 du code général des impôts compte tenu de la vacance de son immeuble, laquelle est indépendante de sa volonté.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Un mémoire enregistré le 3 octobre 2022, a été présenté pour la SCI Kfir et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Karine Duran-Gottschalk, rapporteure publique,

- les observations de Me Mundet présentée pour la SCI Kfir.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Kfir est propriétaire d'un immeuble composé de quatorze logements sis au 15 rue de Trans à Draguignan. A ce titre, elle a été assujettie à une cotisation de taxe foncière d'un montant de 2 735 euros au titre de l'année 2019. Par un courrier en date du 12 septembre 2019, la SCI Kfir a présenté une réclamation laquelle a fait l'objet d'une admission partielle le 22 octobre 2019, l'administration fiscale acceptant de procéder à un dégrèvement de 657 euros, et la cotisation de taxe foncière étant ramenée à la somme de 2 078 euros. Une deuxième réclamation du 12 novembre 2019 a été présentée par la SCI Kfir laquelle a été rejetée le 23 septembre 2020 par l'administration. Par la présente requête, la société requérante demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière d'un montant de 2 078 euros au titre de l'année 2019.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

2. En application de l'article 1389 du code général des impôts : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée ( ) ".

3. Il résulte de l'instruction, notamment d'un rapport d'expertise du 25 juillet 2018, qu'il a été relevé dès 2008 le mauvais état général des structures porteuses de la cage d'escalier pour les parties communes, des studios au rez-de-chaussée en bon état, pour le studio 4 sur cour, un très mauvais état général des deux ensembles avec toitures effondrées et une forte humidité, avec en 2011 l'effondrement de toutes les toitures et en 2014 des murs écroulés. Pour le 1er étage, il était constaté un bon état général de la structure porteuse, mais une apparence vétuste des studios du fait d'un défaut d'entretien, puis une dégradation en 2011 et 2014. S'agissant du 2ème étage, il était relevé un état général bon à moyen des studios avec une aggravation en 2011 et 2014. Au troisième étage, il était relevé un état général bon à moyen avec des plafonds en mauvais état puis une dégradation entre 2011 et 2014. Enfin, au 4ème étage, il était constaté un état moyen des combles avec des réfections provisoires, les studios sous combles apparaissant en bon état sauf pour les plafonds, l'ensemble se dégradant en 2011 et 2014. Il est conclu que la cause principale des désordres du bien appartenant à la SCI requérante est le défaut d'entretien de l'immeuble lié aux infiltrations d'eau dans le bâtiment, les travaux de démolition de l'îlot Trans Chaudronniers voisin de l'immeuble en litige aggravant la situation. Si l'expert a constaté en 2008 et 2011 que des travaux de réfection provisoire avaient été mis en œuvre pour éliminer les fuites, il est précisé que les travaux de réfection de la toiture ont consisté seulement en des reprises localisées, sans que la date exacte desdits travaux ne soient précisées. Il est par ailleurs relevé par l'expert Arles que les moyens mis en œuvre ont été nettement insuffisants. Ainsi, il est constant qu'en 2008, date de la première expertise, l'immeuble en cause ne faisait pas l'objet d'un entretien suffisant, les travaux initiés par la SAIEM de Draguignan en centre ville en vue du réaménagement de l'îlot Trans Chaudronniers ne faisant qu'aggraver les désordres de l'immeuble.

4. La SCI requérante n'apporte aucun élément sérieux de nature à remettre en cause l'expertise constatant l'absence d'entretien initial de l'immeuble en litige. Par ailleurs, il n'est pas fait état par l'expertise de 2018 que le bâtiment ne serait pas stabilisé. Le rapport présente d'ailleurs les travaux devant être réalisés sans qu'il ait été indiqué que ces derniers ne pouvaient pas être effectués en raison de l'instabilité du bâtiment. Si la SCI requérante expose, par ailleurs, que l'administration lui a accordé un dégrèvement total durant onze années, cette circonstance est sans incidence sur l'imposition litigieuse. Enfin, la SCI Kfir n'explique pas en quoi le litige l'opposant à la SAIEM de Draguignan l'aurait empêché d'entreprendre les travaux de réparation et de rénovation de l'immeuble. Dans ces conditions, la vacance de l'immeuble en litige ne peut être regardée comme indépendante de la volonté du contribuable. Par suite, la SCI Kfir n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions de l'article 1389 du code général des impôts.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharges de l'imposition litigieuse de la SCI Kfir, ainsi que par voie de conséquence celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Kfir est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Kfir et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

L. A

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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