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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2002973

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2002973

lundi 3 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2002973
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème chambre
Avocat requérantCASSEL CABINET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2020, M. B A, représenté par Me Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite, née le 29 août 2020, par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande tendant au versement d'une somme de 41 426,55 euros ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 41 426,55 euros, assortie des intérêts de droit à compter de la réception de sa demande préalable, le 29 juin 2020 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a pas pu liquider les 30 jours présents sur son compte épargne temps " pérenne " du fait de son placement en congé de grave maladie, à compter du 16 février 2017, jusqu'à son licenciement pour invalidité, le 15 novembre 2018 ; en conséquence, l'Etat lui doit la somme de 135 euros multipliée par 30 jours, soit 4 050 euros bruts ;

- sa hiérarchie a admis, le 18 septembre 2018, que son compte épargne temps " historique " comprenait 84 jours ; toutefois, l'administration n'a pas enregistré 95,18 heures de travail supplémentaire réalisées au titre de l'année 2003, ce qui équivaut à 14 jours supplémentaires ; en conséquence, l'Etat lui devait à ce titre la somme de 135 euros multipliée par 98 jours, soit 13 230 euros bruts ;

- en conséquence, l'Etat qui ne lui a versé que 1 891,35 euros au mois d'avril 2019, au titre de l'indemnisation de son compte épargne-temps, lui doit la somme de (4 050 + 13 230) - 1 891,35 soit 15 388,65 euros ;

- il a bénéficié d'une décharge d'activité syndicale correspondant à sept jours qui n'ont pas fait l'objet d'une indemnisation ; en conséquence, l'Etat lui doit 135 euros par jour, soit 945 euros ;

- il n'a pas pu bénéficier de 27 jours de congés annuels au titre de l'année 2017 et de 24 jours au titre de l'année 2018 ; ainsi, en application de l'article 10 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, il doit bénéficier d'une somme de 3 645 euros en indemnisation des congés non pris au titre de l'année 2017 et de 3 240 euros en indemnisation des congés non pris au titre de l'année 2018, soit une somme totale de 6 885 euros ; toutefois, seul un montant de 5 472,10 euros lui a été versé à ce titre sur son bulletin de paie du mois d'avril 2019, soit un manque à gagner de 1 412,90 euros ;

- en application des articles L. 160-14 et D. 160-4 du code de la sécurité sociale, un fonctionnaire percevant des indemnités journalières de sécurité sociale au titre d'une maladie coronaire bénéficie d'une exonération totale d'impôt concernant ces indemnités ; toutefois, l'Etat n'a pas mentionné, sur ses bulletins de paie, la part de sa rémunération relevant de son traitement et celle correspondant aux indemnités journalières, qu'il a dû lui-même déduire de sa déclaration d'impôt sur le revenu ; ainsi, l'administration a commis une faute lui causant un préjudice fiscal correspondant à un trop-versé d'impôt sur le revenu d'un montant de 3 680 euros ;

- il a " vivement ressenti le défaut d'information de sa hiérarchie, il justifie d'un état anxiogène, psychiatrique (), de forts sentiments d'abandon et d'avilissement de la part de son employeur " ; à ce titre, il est toujours suivi en psychiatrie, psychologie et psychothérapie ; il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en le fixant à une somme de 20 000 euros.

La clôture immédiate de l'instruction est intervenue par une ordonnance du 30 janvier 2023.

Un mémoire, présenté pour le ministre de l'intérieur, a été enregistré le 6 mars 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le décret n°2002-634 du 29 avril 2002 ;

- la décision n° 2013-365 QPC du 6 février 2014 du Conseil constitutionnel ;

- l'arrêt C-350/06 et C-520/06 de la Cour de justice de l'Union européenne Gerhard Schultz Hoff contre Deutsche Rentenversichereng Bund et Stringer e. a. - contre Her Majesty's Revenue and Customs du 20 janvier 2009 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a exercé les fonctions de mécanicien opérateur de bord et secouriste au groupement des hélicoptères de la sécurité civile, relevant du ministère de l'intérieur, sous contrat à durée indéterminée à compter du 1er février 2003. Suite à un infarctus, il a été placé en congé de grave maladie du 7 mai 2015 au 6 août 2016, puis, il a repris son activité en mi-temps thérapeutique. Suite à un accident de la circulation survenu le 16 février 2017, il a été placé en congé de grave maladie du 16 février 2017 au 15 novembre 2018, date à laquelle il a été licencié pour invalidité.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ", dont l'inexactitude ne ressort d'aucune des pièces du dossier.

En ce qui concerne l'indemnisation du compte épargne temps :

3. Si M. A sollicite l'indemnisation de son compte épargne temps dit " pérenne " et de son compte épargne temps dit " historique ", il se borne à ce titre à se prévaloir, sans davantage de précisions, du décret du 29 avril 2002 portant création du compte épargne-temps dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature.

4. Aux termes de l'article 1er du décret du 29 avril 2002 susvisé : " Il est institué dans la fonction publique de l'Etat un compte épargne-temps. Ce compte est ouvert à la demande de l'agent, qui est informé annuellement des droits épargnés et consommés. Les droits à congé accumulés sur ce compte sont utilisés conformément aux dispositions des articles 5 et 6 ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Les dispositions du présent décret sont applicables aux agents titulaires et contractuels, autres que ceux relevant des régimes d'obligations de service mentionnés à l'article 7 du décret du 25 août 2000 susvisé, qui, exerçant leurs fonctions au sein des administrations et des établissements publics à caractère administratif de l'Etat (), sont employés de manière continue et ont accompli au moins une année de service () Un arrêté du ministre chargé de la fonction publique, du ministre chargé du budget et du ministre intéressé peut autoriser, en outre, l'alimentation du compte épargne-temps par le report d'une partie des jours de repos compensateur. Le compte épargne-temps ne peut être alimenté par le report de congés bonifiés. ". Aux termes de son article 3 de ce décret : " Le compte épargne-temps est alimenté par le report de jours de réduction du temps de travail et par le report de congés annuels, tels que prévus par le décret du 26 octobre 1984 susvisé, sans que le nombre de jours de congés pris dans l'année puisse être inférieur à 20 () ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Lorsque, au terme de chaque année civile, le nombre de jours inscrits sur le compte épargne-temps est inférieur ou égal à un seuil, fixé par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, qui ne saurait être supérieur à vingt jours, l'agent ne peut utiliser les droits ainsi épargnés que sous forme de congés ". Aux termes de l'article 6 dudit décret : " Lorsque, au terme de chaque année civile, le nombre de jours inscrits sur le compte épargne-temps est supérieur au seuil mentionné à l'article 5 : () II. - Les jours ainsi épargnés excédant ce seuil donnent lieu à une option exercée au plus tard le 31 janvier de l'année suivante : () b) Pour une indemnisation dans les conditions définies à l'article 6-2 ; (). 2° L'agent non titulaire mentionné à l'article 2 opte dans les proportions qu'il souhaite : a) Pour une indemnisation dans les conditions définies à l'article 6-2 () Les jours mentionnés au a sont retranchés du compte épargne-temps à la date d'exercice d'une option. En l'absence d'exercice d'une option par l'agent non titulaire, les jours excédant ce seuil sont indemnisés dans les conditions prévues au a. ". Aux termes de l'article 6-2 du même décret : " Chaque jour mentionné au b du 1° et au a du 2° du II de l'article 6 est indemnisé à hauteur d'un montant forfaitaire par catégorie statutaire fixé par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget () ". Aux termes de l'article 8 du décret précité : " Un arrêté du ministre chargé de la fonction publique, du ministre chargé du budget et du ministre intéressé, pris après consultation du comité technique compétent, détermine, dans le respect de l'intérêt du service, les règles d'ouverture, de fonctionnement, de gestion et de fermeture du compte épargne-temps, ainsi que les modalités de son utilisation par l'agent ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 28 août 2009 pris pour l'application du décret n° 2002-634 du 29 avril 2002 modifié portant création du compte épargne-temps dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature, dans sa rédaction en vigueur à la date à laquelle M. A a été mis à licencié pour invalidité : " Le seuil mentionné aux articles 5 et 6 du décret du 29 avril 2002 susvisé est fixé à 20 jours ". Aux termes de l'article 4 de cet arrêté : " Les montants forfaitaires par jour mentionnés aux a et b du 1° et au a du 2° du II de l'article 6, aux articles 6-1, 6-2 et 10-1 du décret du 29 avril 2002 susvisé sont fixés par catégorie statutaire de la manière suivante : 1° Catégorie A et assimilé : 135 € ; () ".

5. D'une part, M. A soutient qu'il disposait, lors de son licenciement pour invalidité, d'un compte épargne-temps " pérenne " contenant 30 jours. L'inexactitude de ce fait ne ressort pas des pièces du dossier.

6. D'autre part, M. A soutient qu'il disposait, à la date de son licenciement pour invalidité, sur son compte épargne-temps " historique ", de 84 jours, mais qu'il manquait 14 jours correspondant à des heures supplémentaires effectuées au titre de l'année 2003. Toutefois, il résulte clairement des pièces produites par M. A, et notamment de la fiche de compte épargne-temps en date du 13 janvier 2018 signée par le requérant, et d'un courriel de ses services gestionnaires en date du 18 septembre 2018, qui évoque seulement des jours de " repos compensateur ", que M. A ne possède pas de jours placés sur un compte-épargne temps " historique ".

7. Il résulte des dispositions précitées que M. A avait droit, à la date de son licenciement, à l'indemnisation des jours placés sur son compte épargne-temps excédant 20 jours. Ainsi, il pouvait prétendre à l'indemnisation de 10 jours. M. A soutient qu'il relevait de la catégorie A. L'inexactitude de ce fait ne ressort pas des pièces du dossier. Dès lors, il avait droit à indemnisation des jours placés sur son compte épargne temps à hauteur de 135 euros brut par jour. En conséquence, M. A, pouvait bénéficier de l'indemnisation d'un montant de 10 x 135 = 1 350 euros. Par suite, ce dernier, n'est pas fondé à soutenir que l'Etat, qui lui a versé 1 891,35 au titre de l'indemnisation de son compte épargne-temps, lui devrait à ce titre un montant complémentaire de 15 388,65 euros.

En ce qui concerne l'indemnisation de la décharge d'activité syndicale :

8. Il résulte des pièces du dossier que M. A a bénéficié de sept jours de décharge d'activité syndicale au titre de l'année 2015. Toutefois, si l'intéressé soutient que chacune de ces journées de décharge d'activité syndicale devait être indemnisée à hauteur d'un montant de 135 euros, il n'indique pas le fondement juridique de sa demande, des journées de décharge d'activité syndicale ne pouvant pas être assimilées à des jours placés sur un compte épargne-temps. Au demeurant, il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est pas soutenu, que M. A n'aurait pas perçu sa rémunération normale au titre de ces journées de décharge d'activité syndicale. En conséquence, il n'est pas fondé à demander à ce titre une somme de 945 euros.

En ce qui concerne l'indemnisation des congés non-pris :

9. D'une part, aux termes de l'article 10 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat dont se prévaut le requérant, dans sa rédaction applicable : " I.-L'agent non titulaire en activité a droit, compte tenu de la durée de service effectué, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires prévu par le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 susvisé. II.-En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire ou à la fin d'un contrat à durée déterminée, l'agent qui, du fait de l'administration en raison notamment de la définition par le chef de service du calendrier des congés annuels, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels. L'indemnité compensatrice de congés annuels est égale au 1/10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent au cours de sa période d'emploi, entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année en cours. L'indemnité est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus non pris. L'indemnité est soumise aux mêmes retenues que la rémunération de l'agent. L'indemnité ne peut être inférieure au montant de la rémunération que l'agent aurait perçue pendant la période de congés annuels dus et non pris ". Il résulte de ces dispositions que l'indemnité compensatrice de congés annuels n'est due, en cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, qu'à la condition que l'agent contractuel n'ait pu, du fait de l'administration, bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels.

10. D'autre part, aux termes de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 relative à certains aspects de l'aménagement du temps de travail : " 1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines, conformément aux conditions d'obtention et d'octroi prévues par les législations et/ou pratiques nationales / 2. La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail ". Ces dispositions, telles qu'elles sont interprétées par la Cour de justice de l'Union européenne, font obstacle à ce que le droit au congé annuel payé qu'un travailleur n'a pas pu exercer pendant une certaine période parce qu'il était placé en congé de maladie pendant tout ou partie de cette période s'éteigne à l'expiration de celle-ci. Le droit au report des congés annuels non exercés pour ce motif n'est toutefois pas illimité dans le temps.

11. M. A soutient qu'il n'a pas pu bénéficier de 27 jours de congés annuels au titre de l'année 2017 et de 24 jours au titre de l'année 2018, en raison de son placement en congé de grave maladie. L'inexactitude de ces faits ne ressort pas des pièces du dossier. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas soutenu que M. A n'aurait pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels du fait de l'administration, cette circonstance étant imputable, selon les dires mêmes du requérant, à son placement en congé de grave maladie.

12. Cependant, les dispositions citées ci-dessus au point 9, qui ne prévoient le report ou l'indemnisation des congés non pris au cours d'une année de service que lorsque l'agent n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels du fait de l'administration, sans réserver le cas des agents qui ont été dans l'impossibilité de prendre leurs congés annuels en raison d'un congé de maladie, sont, dans cette mesure, incompatibles avec les dispositions de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003.

13. En l'absence de dispositions législatives ou réglementaires fixant ainsi une période de report des congés payés qu'un agent s'est trouvé, du fait d'un congé maladie, dans l'impossibilité de prendre au cours d'une année civile donnée, il y a lieu de considérer, afin d'assurer le respect des dispositions de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003, que ces congés peuvent être pris au cours d'une période de quinze mois après le terme de cette année. Toutefois, ce droit au report, s'exerce, en l'absence de dispositions, sur ce point également, dans le droit national, dans la limite de quatre semaines prévue par cet article 7. De même, en l'absence de disposition législative ou réglementaire plus favorable, les droits à congés acquis par un agent public au titre d'une période de référence ne lui ouvrent droit à indemnisation que dans la même limite de 20 jours par an.

14. Ainsi, les droits à congés de M. A lui ouvraient droit à indemnisation dans la limite de 20 jours. Il résulte de l'instruction, et notamment des écritures mêmes du requérant qu'il a perçu, au titre de ses congés non pris, une somme de 5 472,10 euros au titre du mois d'avril 2019, somme qui correspond, aux dires mêmes de l'intéressé, à une indemnisation excédant nettement 20 jours de congés annuels. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'administration devait lui verser une somme excédant celle qu'il a effectivement perçue au titre de ses congés de non pris.

En ce qui concerne la faute tirée de la communication de renseignements erronés à l'administration fiscale :

15. Aux termes de l'article 13 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat, dans sa rédaction applicable : " L'agent non titulaire en activité et comptant au moins trois années de service, atteint d'une affection dûment constatée, le mettant dans l'impossibilité d'exercer son activité, nécessitant un traitement et des soins prolongés et présentant un caractère invalidant et de gravité confirmée bénéficie d'un congé de grave maladie pendant une période maximale de trois ans. Dans cette situation, l'intéressé conserve l'intégralité de son traitement pendant une durée de douze mois. Le traitement est réduit de moitié pendant les vingt-quatre mois suivants () ".

16. Il résulte de ce qui précède qu'au titre de ses congés de grave maladie, M. A a continué à percevoir l'intégralité puis la moitié de son traitement, et il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait perçu, par l'intermédiaire de son employeur, des indemnités journalières de sécurité sociale, qui auraient à tort été assimilées, sur son bulletin de paie, à son traitement au titre de la période du 23 avril 2015 au 16 février 2017. En conséquence, il n'est pas fondé à soutenir que l'Etat a commis une faute en ne mentionnant pas, sur ses bulletins de paie, la part de sa rémunération relevant de son traitement et celle correspondant à des indemnités journalières de sécurité sociale. En tout état de cause, et à supposer même que M. A aurait subi un préjudice en matière d'imposition personnelle, il ne résulte pas de l'instruction qu'il serait imputable à l'Etat.

En ce qui concerne l'indemnisation des conséquences de ses souffrances physiques et psychiques :

17. Si M. A soutient qu'il a " vivement ressenti le défaut d'information de sa hiérarchie, il justifie d'un état anxiogène, psychiatrique (), de forts sentiments d'abandon et d'avilissement de la part de son employeur " et qu'à ce titre, il est toujours suivi en psychiatrie, psychologie et psychothérapie, il ne résulte pas de l'instruction que son état de santé physique et moral serait lié de quelque façon que ce soit à des fautes commises par son employeur. Par suite, il n'est pas fondé à solliciter le versement d'une somme au titre du préjudice moral allégué.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander à l'Etat de lui verser quelque somme que ce soit au titre des fondements juridiques et des préjudices dont il se prévaut.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée à ce titre par M. A.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 13 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

Mme Carotenuto, première conseillère,

M. Sportelli, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.

Le rapporteur,

signé

T. D

La présidente,

signé

M. C

La greffière,

signé

F. OUJABER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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