vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2003033 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Aide sociale |
| Avocat requérant | ANDREANI - HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 octobre 2020, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) l'annulation de la décision du 28 octobre 2020 par laquelle Pôle emploi lui a refusé l'attribution de l'aide à la mobilité dans le cadre de son entrée en formation ;
2°) de lui accorder l'aide à la mobilité dans le cadre de son entrée en formation.
Il soutient que :
- il se trouve dans une situation financière précaire ;
- l'indemnisation au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi sera terminée avant la fin de la durée de sa formation ;
- il a besoin de l'aide à la mobilité pour financer ses déplacements pour se rendre à la formation de pâtissier qui se situe à 70 km de son domicile et qui est financée par Pôle emploi.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2021, la direction régionale Pôle emploi PACA conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- M. B ne remplit pas la condition prévue par l'article 2 de la délibération du 18 décembre 2013 dès lors que son indemnisation au titre de l'assurance chômage est supérieure au montant de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;
- les droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi prendront fin le 13 juillet 2021 et non pas au mois de mars 2021 ; cette circonstance est sans influence sur la légalité de la décision du 28 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 ;
- le code de justice administrative.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'afaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision en date du 28 octobre 2020, le directeur de l'agence Pôle emploi de La Garde a rejeté la demande de M. B visant à bénéficier de l'aide à la mobilité pour les dépenses engagées dans le cadre de son entrée en formation. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 28 octobre 2020.
2. Aux termes de l'article L. 5311-1 du code du travail : " Le service public de l'emploi a pour mission l'accueil, l'orientation, la formation et l'insertion ; il comprend le placement, le versement d'un revenu de remplacement, l'accompagnement des demandeurs d'emploi et l'aide à la sécurisation des parcours professionnels de tous les salariés. ". Aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : () 2° Accueillir, informer, orienter et accompagner les personnes, qu'elles disposent ou non d'un emploi, à la recherche d'un emploi, d'une formation ou d'un conseil professionnel, prescrire toutes actions utiles pour développer leurs compétences professionnelles et améliorer leur employabilité ( )" . Aux termes de l'article L.5411-6-1 du même code : " () Le projet personnalisé d'accès à l'emploi retrace les actions que Pôle emploi s'engage à mettre en œuvre dans le cadre du service public de l'emploi, notamment en matière d'accompagnement personnalisé et, le cas échéant, de formation et d'aide à la mobilité.() ". Aux termes de l'article R.5312-6 du même code : " Le conseil d'administration règle les affaires relatives à l'objet de Pôle emploi. Il délibère sur : 2° Les mesures destinées à faciliter les opérations de recrutement des entreprises, à favoriser l'insertion, le reclassement, la promotion professionnelle et la mobilité géographique et professionnelle des personnes, qu'elles disposent ou non d'un emploi, en application de la convention tripartite mentionnée à l'article L. 5312-3 ;() ". L'aide à la mobilité a été créée par la délibération n° 2013-45 du 18 décembre 2013, remplacée en dernier lieu par la délibération N° 2020-45 du 7 juillet 2020 du conseil d'administration de Pôle emploi, applicable en l'espèce.
3. Aux termes de l'article 1 de la délibération du 7 juillet 2020 du conseil d'administration de Pôle emploi : " une aide à la mobilité est versée, () au demandeur d'emploi en recherche d'emploi (participation à un entretien d'embauche, un concours public, un examen certifiant une prestation d'accompagnement, une immersion professionnelle -PMSMP-), en reprise d'emploi ou qui entre en formation, afin de prendre en charge des frais de déplacements, des frais d'hébergement et/ou des frais de repas ". Aux termes de l'article 2 de la délibération : est éligible à l'aide à la mobilité le demandeur d'emploi inscrit en catégorie 1,2,3,4 " stagiaire de formation professionnelle ", 5 " contrats aidés ", 6,7 ou 8, et qui est () soit indemnisé ou indemnisable au titre de l'allocation chômage dont le montant est inférieur ou égal à l'allocation d'aide au retour à l'emploi minimale (ARE minimale) ; () " . Aux termes de l'article 3 de la même délibération : " L'aide à la mobilité est accordée aux conditions suivantes : l'entretien d'embauche , la reprise d'emploi , la formation, () doit être située à plus de 60 kilomètres () du lieu de résidence du demandeur d'emploi () en cas de formation , l'action de formation doit être validée par Pôle emploi et achetée , financée ou cofinancée par : le compte personnel de formation ( CPF) ou les fonds propres du demandeur d'emploi ; Pôle emploi ; un tiers dans le cadre d'un partenariat avec Pôle emploi ". Aux termes de l'article 5 de le même délibération : " Un accès dérogatoire, dans la limite de 30 % des attributions, est possible pour répondre à des situations particulières de demandeurs d'emploi qui ne satisfont pas à une ou plusieurs des conditions suivantes : / - la catégorie d'inscription comme demandeur d'emploi ; / - la condition de ressources du bénéficiaire ; / - la nature et la durée du contrat de travail ; / - la distance entre le lieu de résidence et le lieu de l'entretien, du concours public, de l'emploi, de la formation ou de la prestation intensive ; / - le lieu de la recherche d'emploi, de la reprise d'emploi ou de la formation lorsque celle-ci se situe dans un Etat membre de l'Espace économique européen, en Suisse, en Andorre et à Monaco ; / - la durée de prise en charge des frais ; / - la nature des frais engagés au titre de la recherche d'emploi, de la reprise d'emploi ou de l'entrée en formation. La dérogation sur la nature des frais engagés devra nécessairement être liée directement à la recherche d'emploi, à la reprise d'emploi ou à l'entrée en formation du demandeur d'emploi, et conforme à son projet personnalisé d'accès à l'emploi. Cette dérogation est limitée à un sous-plafond annuel de 1 500 €. Ces dérogations sont accordées sur appréciation de Pôle emploi selon des axes prioritaires définis au vu du diagnostic territorial réalisé préalablement. Les sommes exposées au titre de cet article entrent dans la limite des 5 % du budget régional de la section " Intervention " exécuté au cours de l'année n-1, hors conventions particulières mises en place dans le cadre de la politique de l'emploi, mobilisables pour les dispositifs locaux en faveur des demandeurs d'emploi, mentionnée à l'article 1 de la délibération n° 2015-44 du 16 septembre 2015. "
4. En vertu de l'article 14 du décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance : " L'allocation journalière servie en application du présent titre est constituée par la somme : -d'une partie proportionnelle au salaire journalier de référence fixée à 40,4 % de celui-ci ;- et d'une partie fixe égale à 12 euros. Lorsque la somme ainsi obtenue est inférieure à 57 % du salaire journalier de référence, ce dernier pourcentage est retenu. Le montant de l'allocation journalière ainsi déterminé ne peut être inférieur à 29,26 euros, sous réserve des articles 15, 16 et 17. Les montants mentionnés au présent article sont revalorisés dans les conditions prévues à l'article 20. "
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur une demande d'aide destinée à prendre en charge tout ou partie d'une dépense spécifique, soit le requérant a effectivement exposé cette dépense et le juge doit rechercher s'il satisfaisait alors aux conditions pour obtenir l'aide sollicitée, soit il n'a pas été en mesure de le faire et le juge doit rechercher si la demande d'aide conserve un objet et si le requérant remplit les conditions pour l'obtenir, au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il statue. Dans les deux cas il doit, le cas échéant, prendre en considération la marge d'appréciation dont l'administration dispose pour accorder l'aide en litige.
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que par une décision du 25 septembre 2020, une reprise de droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi, à compter du 25 juillet 2020, d'un montant de 31 ,99 euros par jour pendant 354 jours, a été octroyée à M. B. Le montant de cette allocation est supérieur au montant de l'allocation journalière minimum fixé à 29,98 euros par le décret du 26 juillet 2019. Par suite, conformément à l'article 2 de la délibération du 7 juillet 2020 précité au point 3, et contrairement à ce que prétend M. B, il ne pouvait pas bénéficier de l'aide à la mobilité. Dans ces conditions, Pôle emploi n'a pas commis d'erreur de droit en refusant de lui attribuer l'aide à la mobilité sur le fondement des dispositions de l'article 2 de la délibération du 18 décembre 2013 reprises par les dispositions de l'article 2 de la délibération du 7 juillet 2020.
7. En deuxième lieu, Pôle emploi fait valoir que l'attribution de l'aide à la mobilité à titre dérogatoire, qui relève du seul pouvoir d'appréciation de l'établissement public au regard des contraintes budgétaires et de l'enveloppe budgétaire allouée à chaque direction régionale, ne pouvait pas en toute hypothèse être accordée à M. B faute de crédits alors disponibles. Par suite, et dans les circonstances particulières de l'espèce, Pôle emploi n' a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant pas l'aide à la mobilité à titre dérogatoire prévue par les dispositions de l'article 5 de la délibération du 7 juillet 2020
8. Enfin, M. B soutient que le refus qui lui a été opposé est illégal au motif que ses droits au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi prendraient fin le 31 mars 2021, soit avant la fin de sa formation de pâtissier financée par Pôle emploi. Toutefois, les conditions à remplir pour bénéficier de l'aide à la mobilité, dont celles portant sur les ressources du demandeur d'emploi sont appréciées en fonction de la situation de ce dernier à la date de sa demande.La circonstance que les droits du demandeur prennent fin par la suite n'a donc aucune incidence. Au cas particulier, ainsi qu'il a été dit au point 6, à la date de sa demande M. B bénéficiait de l'ARE pour un montant journalier de 31,99 euros. Par ailleurs il résulte de l'instruction et notamment de la décision de reprise des droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi du 25 septembre 2020 que les droits à ladite allocation ont été ouverts le 25 juillet 2020 pour 354 jours, soit au-delà du 31 mars 2021. Le moyen invoqué doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E:
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Copie en sera adressée pour information à Pôle emploi, direction régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. CLa greffière,
Signé
E. Perroudon
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026