jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2003430 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | VERGELONI |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 décembre 2020 et 6 mars 2023, Mme A B, agissant en sa qualité de représentant légal de son fils D B, représentée par Me Lefebvre, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures : 1°) à titre principal, de condamner le Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer (CHITS) à lui verser une indemnité provisionnelle de 23 165,00 euros en réparation des préjudices que son fils aurait subi consécutivement à sa prise en charge par cet établissement ; 2°) de réserver la liquidation et l'indemnisation de l'ensemble des préjudices directs et indirects subis par son fils, dus solidairement par le CHITS et la compagnie d'assurance Lloyd's, dans l'attente de leur date de consolidation à l'adolescence ; 3°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer sur l'indemnisation, dans l'attente de la nouvelle saisine de l'expert judiciaire à la date de consolidation à l'adolescence ; 4°) de mettre à la charge du CHITS une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens. Elle soutient que : - il y a eu une erreur de diagnostic lors de l'admission de son fils aux urgences le 5 mai 2018, laquelle est constitutive d'une faute ; tous les moyens n'ont pas été mis en œuvre pour aboutir à ce diagnostic ; - l'obligation d'information du patient n'a pas été respectée ; - il en résulte des séquelles, un préjudice corporel ainsi qu'une perte de chance ; en l'absence de manquements, un traitement chirurgical aurait pu lui être proposé dès le 5 mai 2018 ; - son fils peut prétendre à une réparation de ses souffrances endurées à hauteur de 9 000 euros ; - il peut prétendre à une réparation de son préjudice esthétique, qui peut être estimé entre 3 000 et 6 000 euros ; - ses préjudices d'agrément ne pourront être fixés qu'à l'adolescence ; - son déficit fonctionnel temporaire doit être réparé à hauteur de 8 885 euros ; -il peut prétendre à une somme 1 280 euros s'agissant de l'assistance à tierce personne. Par trois mémoires en défense, enregistrés les 27 février 2023, 13 mars 2023 et 22 mars 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le CHITS, représenté par Me Zandotti conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente de connaître le taux de perte de chance, au rejet de la requête ainsi qu'au rejet des prétentions de la Caisse primaire d'assurance maladie du Var, à titre subsidiaire, à ce qu'une nouvelle expertise soit ordonnée. Par deux mémoires, enregistrés les 4 février 2021 et 16 mars 2023, la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var, représentée par Me Vergeloni, demande au tribunal : 1°) de constater que le montant des débours provisoires qu'elle a exposés s'élève à la somme de 8 170,75 euros ; 2°) de réserver ses droits dans l'attente de la consolidation de l'état de santé de D B à intervenir et du chiffrage de sa demande définitive. Par une décision du 4 janvier 2021, le bureau d'aide juridictionnelle du Tribunal judiciaire de Toulon a rejeté la demande de Mme B. Par une ordonnance du 7 mars 2023, la clôture de l'instruction a été reportée au 24 mars 2023. Un mémoire produit par le CHITS a été enregistré le 8 août 2023. Vu : - les autres pièces du dossier ; - l'ordonnance du 13 décembre 2022 par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise. Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - et les observations de Me Saint-Oyant, représentant le CHITS. Considérant ce qui suit : 1. Le 5 mai 2018, le fils de Mme B, D B, né le 15 août 2016, alors âgé de vingt-et-un mois, est tombé sur un verre. Cet accident domestique lui a causé une plaie à la cuisse gauche. Mme B l'a conduit au service des urgences du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer (CHITS) où la plaie a été suturée et une radiographie a été prescrite. Mme B et son fils ont regagné leur domicile le jour même. Une échographie réalisée le 5 juin 2018 a toutefois mis en évidence une lésion du nerf sciatique poplité externe. Par un courrier du 24 août 2020, Mme B a sollicité du CHITS le versement d'une somme de 280 000 euros, en réparation des préjudices subis par son fils D. En l'absence de réponse à cette demande indemnitaire, une décision implicite de rejet est née le 28 octobre 2020. Sur les conclusions indemnitaires : Sur la responsabilité : 2. En premier lieu, l'article L. 1111-2 du code de la santé publique dispose que : " I. - Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () ". 3. Mme B soutient, sans assortir ce moyen de précisions, que le CHITS ne s'est pas conformé à son obligation d'information. A supposer qu'elle ait entendu se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées, elle n'établit ni même n'allègue que la réalisation des points de suture sur son fils, en date du 5 mai 2018, aurait présenté des risques et que ceux-ci se seraient réalisés. Par suite, Mme B n'est pas fondée à rechercher la responsabilité du Centre hospitalier sur ce fondement. 4. En second lieu, aux termes des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic, ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () " L'article R. 4127-33 du même code prévoit que : " Le médecin doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire, en s'aidant dans toute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et, s'il y a lieu, de concours appropriés. ". 5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise établi le 5 décembre 2022, qu'à la suite de l'accident domestique du 5 mai 2018, le jeune D a présenté des difficultés pour se déplacer, constituées par un " steppage " à la marche et un déficit des releveurs du pied. La section du nerf sciatique de l'enfant n'a été révélée que par une échographie réalisée le 5 juin 2018. Selon l'expert neurologue, l'examen clinique de D lors de sa prise en charge aux urgences le 5 mai 2018 aurait dû être confié à un pédiatre ou à un chirurgien, compte tenu de son jeune âge, de la localisation et de la profondeur de la plaie et un examen neurologique aurait dû être diligenté. D'après les dires de cet expert, tous les moyens n'ont pas été mis en œuvre pour établir le diagnostic. Dans ces conditions, le centre hospitalier a commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Sur les droits à réparation : 6. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, qu'il existe une probabilité pour qu'une prise en charge chirurgicale de D, dès son arrivée à l'hôpital, ait pu permettre de mettre en évidence la section de son nerf sciatique et d'initier sa réparation. Ainsi, les fautes commises par le Centre hospitalier dans le cadre du diagnostic ont fait perdre une chance à D. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'évaluer l'ampleur de cette perte de chance à 20% et de mettre à la charge du CHITS la réparation de cette fraction de ses préjudices. En ce qui concerne les préjudices à caractère patrimonial : 7. La CPAM du Var justifie qu'elle a pris en charge des frais médicaux, pharmaceutiques, d'appareillage et de transport pour un montant de 8 170,72 euros. Compte tenu de la fraction de 20 % retenue, il y a lieu de lui accorder le remboursement de la somme de 1 634,144 euros. En ce qui concerne les préjudices à caractère personnel : S'agissant des souffrances endurées : 8. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par D ont été évaluées par l'expert à 4 sur une échelle de 1 à 7. Il y a lieu de réparer ce chef de préjudice par l'octroi d'une somme de 1 500 euros, après prise en compte du taux de perte de chance de 20 %. S'agissant du préjudice esthétique temporaire : 9. Le préjudice esthétique temporaire de D a été évalué par l'expert à 2 sur une échelle de 1 à 7, du fait du port de bottes, de la boiterie et de l'usage d'un fauteuil roulant durant un mois. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 500 euros, après prise en compte du taux de perte de chance de 20%. S'agissant du déficit fonctionnel temporaire : 10. Il résulte de l'instruction que D a subi, entre le 6 mai 2018 et le 3 octobre 2022, trois jours de déficit fonctionnel à 100%, quatre-vingt-neuf jours de déficit fonctionnel à 75%, quatre-vingt-six jours de déficit fonctionnel à 50% et mille quatre cent vingt-six jours de déficit fonctionnel à 25%. Dans les circonstances de l'espèce et sur la base d'un montant journalier de treize euros pour un déficit total, il sera fait une exacte appréciation du déficit fonctionnel temporaire en le fixant à la somme de 1 220,05 euros, après prise en compte du taux de perte de chance de 20%. S'agissant de l'assistance à tierce personne : 11. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de D a nécessité l'assistance d'une tierce personne du 6 mai 2018 au 1er septembre 2018, à raison de quatre heures par semaine. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du chef de préjudice en l'évaluant, sur la base d'un taux moyen horaire de 13 euros par jour d'assistance, à la somme de 200 euros, compte tenu de la fraction de 20% retenue. Sur le total des indemnités dues par le CHITS : 12. Il résulte de ce qui précède que le CHITS doit verser à la CPAM du Var la somme de 1 634,144 euros et à Mme B celle de 3 420,05 euros. Sur les conclusions tendant à la désignation d'un expert : 13. L'article R. 621-1 du code de justice administrative dispose que : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () " 14. Il résulte des motifs du jugement que la demande de désignation d'un expert, qui plus est à l'adolescence de D, ne s'avère pas utile à la résolution du présent litige. Par suite, les conclusions présentées en ce sens doivent être rejetées. Sur les frais liés au litige : 15. En premier lieu, les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur C E, liquidés et taxés à la somme de 800 euros, doivent être mis à la charge du CHITS, partie perdante dans cette instance. 16. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CHITS une somme de 1 200 euros à verser à Mme B, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D É C I D E :Article 1er : Le Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer est condamné à verser à Mme B la somme de 3 420,05 euros.Article 2 : Le Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer est condamné à verser à la Caisse primaire d'assurance maladie du Var la somme de 1 634,144 euros.Article 3 : Les frais de l'expertise sont mis à la charge du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer.Article 4 : Le Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer versera à Mme B la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer et à la Caisse primaire d'assurance maladie du Var. Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :M. Harang, président, M. Karbal, conseiller,M. Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLYLa République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2003430
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026