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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2003450

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2003450

jeudi 27 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2003450
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantVERAN-PIAZZESI

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 décembre 2020, le 24 juin 2021 et le 29 juin 2021, Mme B D, représentée par Me Scalabrin et Me Veran-Piazzesi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures : 1°) de condamner le centre hospitalier (CH) Jean Marcel de Brignoles à lui verser une indemnité d'un montant total de 2 004 747,64 euros, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la prise en charge de sa naissance le 7 mars 1994 ; 2°) de mettre à la charge du CH Jean Marcel de Brignoles une somme de 5 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; 3°) de condamner le CH Jean Marcel de Brignoles aux entiers dépens. Elle soutient que : - le centre hospitalier a commis une faute du fait de l'absence de son dossier médical ; - le centre hospitalier a commis une faute du fait de la maladresse commise par la sage-femme qu'il employait ; - son action n'est pas prescrite ; - son préjudice temporaire tiré de l'assistance par une tierce personne doit être réparé à hauteur de 224 840 euros ; - son préjudice tiré de frais d'assistance à expertise doit être réparé à hauteur de 2 000 euros ; - son préjudice tiré du déficit fonctionnel temporaire doit être réparé à hauteur de 118 380 euros ; - son préjudice tiré des souffrances endurées doit être réparé à hauteur de 30 000 euros ; - son préjudice esthétique temporaire doit être réparé à hauteur de 30 000 euros ; - son préjudice permanent tiré de l'assistance par une tierce personne doit être réparé à hauteur de 904 884,64 euros ; - son préjudice tiré de l'incidence professionnelle doit être réparé à hauteur de 150 000 euros ; - son préjudice tiré des frais de véhicule adapté doit être réparé à hauteur de 29 643 euros ; - son préjudice esthétique permanent doit être réparé à hauteur de 30 000 euros ; - son préjudice tiré du déficit fonctionnel permanent doit être réparé à hauteur de 315 000 euros ; - son préjudice sexuel doit être réparé à hauteur de 30 000 euros ; - son préjudice d'agrément doit être réparé à hauteur de 30 000 euros ; - son préjudice de formation pour l'examen du permis de conduire doit être réparé à hauteur de 10 000 euros ; - son préjudice d'établissement doit être réparé à hauteur de 100 000 euros. Par des mémoires enregistrés le 19 mars 2021, le 2 juin 2021 et le 8 décembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Var (CPAM du Var), intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, représentée par Me Vergeloni, demande au tribunal : 1°) de condamner le CH Jean Marcel de Brignoles au remboursement des prestations qu'elle a versées à la requérante et qu'elle lui versera à l'avenir, pour un montant total de 277 964,25 euros, d'assortir cette somme des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ; 2°) de mettre à la charge du CH Jean Marcel de Brignoles l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ; 3°) de mettre à la charge de tout succombant une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la caisse a versé des frais médicaux et d'appareillage au titre de l'accident médical en cause, pour un montant total de 1 757,57 euros ; - la caisse a servi des arrérages d'une pension d'invalidité à la requérante, pour un montant total de 24 718,66 euros ; - les frais futurs au titre des dépenses de santé et des arrérages à échoir de la pension d'invalidité doivent lui être remboursés sous la forme d'un capital, d'un montant respectif de 75 422,72 euros et de 176 065,30 euros. Par un mémoire en défense enregistré le 23 avril 2021, le CH Jean Marcel de Brignoles, représenté par Me Zandotti, conclut : 1°) à titre principal, au rejet de la requête et des demandes de la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes ; 2°) à titre subsidiaire, à une réduction de sa condamnation ; 3°) à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - le recours est irrecevable dès lors qu'il est tardif ; - l'action en responsabilité de la requérante est prescrite ; - il n'a commis aucune faute dans la prise en charge de la naissance de la requérante ; - subsidiairement, la requérante a seulement perdu une chance d'éviter que son dommage advienne, pour une fraction qui ne peut excéder 10 % ; - les préjudices de la requérante sont injustifiés ou évalués de manière excessive ; - le préjudice permanent tiré de l'assistance par une tierce personne devrait faire l'objet d'une indemnisation sous la forme d'une rente, pour assurer au mieux les intérêts de la requérante ; - le versement de cette rente devra être suspendu dès le 1er jour d'hospitalisation ; - il doit être fait application de la notion de perte de chance au titre des prestations versées par la CPAM des Alpes-Maritimes ; - les prestations versées par la CPAM des Alpes-Maritimes sont injustifiées ou ne sont pas détaillées ; - le remboursement des dépenses de santé futures ne saurait se faire qu'au fur et à mesure des frais exposés par la CPAM des Alpes-Maritimes et sur justificatifs. Par une ordonnance du 29 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 décembre 2022. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code civil ; - le code de la santé publique ; - le code de la sécurité sociale ; - le code du travail ; - la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ; - l'arrêté du 15 décembre 2022 (NOR : SPRS2236213A) ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Kiecken, premier conseiller, - les conclusions de Mme Wustefeld, rapporteure publique, - les observations de Me Veran-Piazzesi, pour Mme D, - et les observations de Me Saint-Oyant, substituant Me Zandotti, pour le CH Jean Marcel de Brignoles. Considérant ce qui suit : 1. Mme B D est née le 7 mars 1994 au CH Jean Marcel de Brignoles, à la suite d'un accouchement par voie basse au cours duquel elle a présenté une dystocie des épaules ayant entraîné une paralysie obstétricale du plexus brachial gauche (POPB gauche). Devenue majeure en 2012 et s'estimant victime de divers préjudices du fait des conditions dans lesquelles s'est déroulée sa naissance, elle a d'abord demandé au tribunal en octobre 2018 de désigner un expert. Par une ordonnance du 3 septembre 2019, le juge des référés du tribunal a notamment ordonné une expertise médicale et désigné M. A C en qualité d'expert en gynécologie obstétrique. Le rapport d'expertise du docteur C a été enregistré au greffe du tribunal le 23 mars 2020. 2. Par un courrier reçu le 21 septembre 2020, Mme D a ensuite présenté une demande indemnitaire au CH Jean Marcel de Brignoles. Face au silence gardé par l'établissement sur cette réclamation, elle a saisi le tribunal du présent recours. Sur les conclusions indemnitaires : En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier : 3. Mme D soutient que le centre hospitalier a commis des fautes du fait, d'une part, de l'absence de son dossier médical et, d'autre part, de la maladresse commise par la sage-femme qu'il employait. Elle ne réclame toutefois pas d'indemnité au titre de préjudices résultant directement de l'absence d'éléments d'informations dans son dossier médical. Ainsi, eu égard aux termes de sa requête et en particulier aux chefs de préjudice dont elle demande réparation, la requérante doit être regardée comme soutenant que le CH Jean Marcel de Brignoles a commis une faute médicale, au regard notamment de l'absence d'éléments d'informations dans son dossier médical relatifs aux manœuvres qui ont été effectuées au cours de la prise en charge de sa naissance. 4. L'article 1142-1, paragraphe I, alinéa 1er, du code de la santé publique prévoit : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. " 5. Il appartient en principe au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge, outre la réalité du préjudice subi, l'existence de faits de nature à caractériser une faute (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 21 mars 2022, n° 443986, point 3). 6. En cas d'absence ou d'incomplétude du dossier médical d'un patient, ces circonstances ne conduisent pas, contrairement à la jurisprudence judiciaire, à inverser la charge de la preuve et à imposer à l'établissement de santé de démontrer devant la juridiction administrative que les soins prodigués ont été appropriés. De telles carences ne sont pas davantage de nature à établir, en tant que telles, l'existence d'une faute de l'établissement de santé dans la prise en charge du patient. Il appartient néanmoins au juge administratif de tenir compte de ces carences dans l'appréciation qu'il lui revient de porter, au regard de l'ensemble des éléments résultant de l'instruction, sur l'existence d'une faute de nature à engager la responsabilité d'un établissement de santé (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 1er février 2022, n° 440852, point 4). 7. Il résulte de l'instruction que la parturiente avait déjà accouché par voie basse de 3 enfants sans problème particulier, hormis un diabète gestationnel apparu lors de sa 3ème grossesse, qui avait évolué en un diabète de type 2, et que la jeune B D présentait un poids de 4 200 grammes à sa naissance. En dépit du décès de la parturiente des suites de cet accouchement, l'expert désigné par le tribunal a estimé que le déclenchement de l'accouchement pour macrosomie et diabète déséquilibré avait été conforme aux règles de l'art. 8. Il résulte également de l'instruction, notamment du rapport d'expertise qui, contrairement à celui dont se prévaut le centre hospitalier en défense, a été établi de façon contradictoire, que la survenue d'une dystocie des épaules, à l'origine d'un traumatisme du plexus brachial, peut être favorisée par la macrosomie, par des anomalies morphologiques du bassin, que l'expert n'a toutefois pas retenu, ainsi que par des anomalies de positionnement fœtal in utero lors de l'accouchement. L'expert a relevé qu'une dystocie des épaules est susceptible de se produire, " le plus souvent mais pas exclusivement ", avant que le diagnostic puisse être posé, en particulier du fait que l'étirement ou l'avulsion du plexus brachial a lieu au moment où le reste du corps est propulsé dans le bassin. Il a néanmoins relevé qu'un tel traumatisme est également susceptible de se produire du fait de manœuvres obstétricales mal conduites, notamment lors de traction ou rotation de la tête fœtale inadéquate ou intempestive. 9. Il est constant, ainsi d'ailleurs que l'a relevé l'expert, qu'il n'existe aucun élément dans les dossiers médicaux permettant de connaître la position exacte dans laquelle s'est trouvée le fœtus au moment du diagnostic de dystocie des épaules ni aucun compte rendu des manœuvres qui ont été effectuées lors de l'accouchement. Il n'est en outre pas sérieusement contesté en défense que ces informations de santé, qui constituent des éléments essentiels du compte rendu de l'accouchement, auraient dû figurer dans le dossier médical de la jeune B ou de sa mère. 10. Il résulte également de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la sage-femme, après avoir constaté une dystocie des épaules, a vraisemblablement effectué " au moins une manœuvre sans savoir la ou lesquelles, puisqu'il sera constaté un hématome au niveau du creux axillaire droit (contro latéral), ce qui laisse supposer qu'il y a eu une certaine contrainte ou force pour résoudre la dystocie des épaules, car il n'y a aucune raison pour que spontanément en l'absence de manœuvre B présente cet hématome ". Si l'expert relève enfin qu'une manœuvre même parfaitement exécutée peut ne pas suffire à éviter la survenance d'un plexus brachial, aucun élément du dossier n'établit que les manœuvres qui ont été exécutées le 7 mars 1994 l'auraient été conformément aux règles de l'art. Dans ces conditions, l'existence d'une mauvaise exécution d'une manœuvre de la part de la sage-femme du centre hospitalier doit être tenue pour établie. 11. Dans ces conditions, le CH Jean Marcel de Brignoles doit être regardé comme ayant commis une erreur dans l'exécution de l'acte médical au cours de la prise en charge de la naissance de Mme D, constitutive d'une faute médiale de nature à engager sa responsabilité. En ce qui concerne l'exception de prescription : 12. Le CH Jean Marcel de Brignoles soutient que le recours de Mme D est irrecevable dès lors que l'action en responsabilité de la requérante est prescrite. Il doit ainsi être regardé comme opposant, non une fin de non-recevoir dès lors que la prescription d'une action en responsabilité n'a d'incidence que sur le bien-fondé de cette action et non sur sa recevabilité, mais une exception de prescription à l'encontre du recours de Mme D. 13. D'une part, en vertu de l'article L. 1142-28 du code de la santé publique, les actions tendant à mettre en cause la responsabilité des établissements publics de santé à l'occasion d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins " se prescrivent par dix ans à compter de la consolidation du dommage. " 14. D'autre part, la consolidation de l'état de santé de la victime d'un dommage corporel fait courir le délai de prescription pour l'ensemble des préjudices directement liés au fait générateur qui, à la date à laquelle la consolidation s'est trouvée acquise, présentaient un caractère certain permettant de les évaluer et de les réparer, y compris pour l'avenir (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 1er juin 2016, n° 382490, point 3). 15. Enfin, contrairement aux règles issues du code civil en matière de créance détenue sur une personne privée, l'article 3 de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'État, les départements, les communes et les établissements publics prévoit que la prescription court contre les mineurs non émancipés au motif qu'ils peuvent agir à l'encontre de ces personnes morales de droit public par l'intermédiaire de leur représentant légaux. 16. Il résulte du rapport d'expertise que la consolidation de l'état de santé de Mme D a été fixée à la date du 7 mars 2012, jour de ses 18 ans. Si le centre hospitalier fait valoir que cette consolidation doit être fixée au 13 juin 2008, il ne résulte toutefois pas du certificat médical dont il se prévaut, qui se borne à décrire l'état de santé de la requérante alors âgée de 14 ans, que l'ensemble de ses préjudices corporels présentaient dès le mois de juin 2008 un caractère certain permettant de les évaluer et de les réparer, y compris pour l'avenir. Ainsi, contrairement à ce que soutient le CH Jean Marcel de Brignoles, l'action indemnitaire de la requérante, qui a commencé à courir à compter du 7 mars 2012, n'était en tout état de cause pas prescrite à la date à laquelle Mme D a saisi le tribunal du présent recours. 17. Par conséquent, l'exception de prescription opposée en défense doit être écartée. En ce qui concerne les préjudices de la requérante : S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux : Quant à l'ampleur des préjudices extrapatrimoniaux : 18. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public de santé a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage advienne. La réparation qui incombe à l'établissement de santé doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel, déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 21 décembre 2007, n° 289328). 19. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'en raison de l'absence d'éléments d'informations essentiels du compte rendu de l'accouchement dans le dossier médical de la jeune B ou de sa mère, il n'est pas possible de déterminer avec certitude si les séquelles de la POPB gauche dont souffre l'intéressée sont liées à la manœuvre fautive de la sage-femme du CH Jean Marcel de Brignoles ou si elles résultent d'une propulsion fœtale entravée au sujet de laquelle l'expert relève qu'elle est certes possible mais " plus discutable ". Dans ces conditions, l'erreur dans l'exécution de l'acte médical au cours de la prise en charge de la naissance de la requérante lui a donc seulement fait perdre une chance d'éviter tout ou partie des séquelles dont elle est restée atteinte. 20. Eu égard à l'importante probabilité d'une POPB gauche résultant non d'une propulsion fœtale entravée mais d'une manœuvre fautive de la sage-femme, il y a lieu d'évaluer l'ampleur de cette perte de chance à 90 % et de mettre à la charge du CH Jean Marcel de Brignoles la réparation de cette fraction de l'ensemble des préjudices extrapatrimoniaux. Quant aux préjudices extrapatrimoniaux temporaires : 21. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme D a été consolidé au 7 mars 2012, soit 18 ans après l'accident. L'intéressée a été hospitalisée pour une transposition tendineuse du 22 au 25 septembre 2008, soit 4 jours, et elle a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel dont il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'il doit être évalué, eu égard en particulier à la paralysie complète du plexus brachial gauche et aux troubles sévères de l'élocution, à 60 % tout au long de son enfance. Dans les circonstances de l'espèce, sur la base d'un montant journalier, non de 22 euros comme le réclame la requérante sans apporter toutefois d'éléments de nature à en justifier le bien-fondé, mais de 13 euros pour un déficit total, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire en le fixant à la somme de 51 298 euros. 22. En deuxième lieu, le préjudice esthétique figurant au nombre des postes de préjudices personnels résulte de l'altération de la seule apparence physique. Les troubles de l'élocution dont la requérante est victime ne sauraient donc être réparés à ce titre, ainsi que le soutient le centre hospitalier, mais au titre des souffrances endurées avant la date de consolidation de son état de santé et du déficit fonctionnel permanent (voir, arrêt du Conseil d'État du 16 décembre 2013, n° 346575, point 8). Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme D s'est présentée tout au long de son enfance le bras gauche ballant en rétractation avec une griffe au niveau de la main. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire en le fixant à la somme de 8 000 euros. 23. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise qui les a évaluées à 4,5/7 et de l'attestation circonstanciée de son frère, qu'il sera fait une juste appréciation des souffrances physiques et psychiques endurées par la requérante avant la consolidation de son état de santé en fixant ce chef de préjudice à la somme de 12 000 euros. Quant aux préjudices extrapatrimoniaux permanents : 24. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme D est atteinte d'un déficit fonctionnel évalué à 60 %, résultant notamment d'une paralysie complète du plexus brachial gauche, de troubles sévères de l'élocution et de souffrances physiques et psychiques après la date de consolidation de son état de santé évaluées à 4,5/7 par l'expert. Eu égard à l'âge de la requérante à la date de consolidation de son état de santé (18 ans), il sera fait une juste appréciation de son déficit fonctionnel permanent en le fixant à la somme de 250 000 euros. 25. En deuxième lieu, une personne atteinte d'une infirmité depuis sa naissance est fondée à réclamer une indemnisation au titre de son préjudice d'agrément, alors même qu'elle n'a jamais été mesure de pratiquer une activité sportive ou de loisirs (voir, arrêt du Conseil d'État du 11 mai 2007, n° 281702 ; arrêt du Conseil d'État du 26 février 2016, n° 352955, point 16). Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la requérante ne peut pratiquer aucune activité sportive nécessitant l'utilisation des deux bras. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'agrément en résultant en le fixant à la somme de 10 000 euros. 26. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel permanent résultant de la gêne positionnelle en le fixant à la somme, au demeurant non contestée, de 5 000 euros. 27. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme D éprouve de sérieuses difficultés pour réaliser un projet de vie familiale du fait notamment des troubles sévères de l'élocution dont elle est atteinte. Il sera ainsi fait une juste appréciation du préjudice d'établissement en résultant en le fixant à la somme de 60 000 euros. 28. En cinquième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent résultant de l'altération physique de Mme D en le fixant à la somme de 7 000 euros. S'agissant des préjudices patrimoniaux : Quant à l'assistance par une tierce personne : 29. En premier lieu, lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel du préjudice résultant pour elle de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne, il détermine d'abord l'étendue de ces besoins d'aide et les dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il fixe ensuite le montant de l'indemnité qui doit être allouée par la personne publique responsable du dommage en tenant compte des prestations dont, le cas échéant, la victime bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. À ce titre, il appartient au juge, lorsqu'il résulte de l'instruction que la victime bénéficie de telles prestations, de les déduire d'office de l'indemnité mise à la charge de la personne publique, en faisant, si nécessaire, usage de ses pouvoirs d'instruction pour en déterminer le montant (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 30 novembre 2021, n° 438391, point 2). 30. En deuxième lieu, pour déterminer le montant de l'indemnité réparant le préjudice qui résulte de l'assistance par une tierce personne, le juge doit se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 27 mai 2021, n° 433863, point 2). 31. En troisième lieu, s'agissant des préjudices futurs de la victime, non couverts par des prestations de sécurité sociale, il appartient au juge de décider si leur réparation doit prendre la forme du versement d'un capital ou d'une rente selon que l'un ou l'autre de ces modes d'indemnisation assure à la victime, dans les circonstances de l'espèce, la réparation la plus équitable, sans que le choix ne soit subordonné à l'accord du responsable (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 4 décembre 2009, n° 309521). 32. En dernier lieu, il appartient au juge, en présence d'éléments rendant probable une évolution ultérieure du mode de prise en charge de la victime qui aurait pour conséquence de la décharger de tout ou partie de ses frais d'assistance par une tierce personne, de prévoir que le versement de la rente accordée à ce titre sera, en pareil cas, suspendu ou que son montant sera réduit, sous le contrôle du juge de l'exécution de la décision fixant l'indemnisation (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 10 juin 2020, n° 418166, point 9). 33. D'une part, pour la période antérieure à la consolidation de son état de santé, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le père de Mme D a assisté sa fille pour les besoins de la vie quotidienne à partir de l'âge de 4 ans et jusqu'à celui de ses 18 ans, soit pendant une période de 14 ans, à raison de 2 heures par jour. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer le taux horaire, non à 22 euros comme le réclame la requérante sans apporter d'éléments de nature à en justifier le bien-fondé, mais à 7,61 euros, correspondant au montant horaire moyen du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) charges sociales incluses, le montant du SMIC horaire brut ayant été de 39,43 francs, soit 6,01 euros, au 1er juillet 1997 et de 9,22 euros au 1er janvier 2012. Par ailleurs, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi d'ailleurs que le prévoit le référentiel de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), de calculer l'indemnisation des besoins en assistance sur la base d'une année de 412 jours. Il ne résulte pas de l'instruction que la victime aurait bénéficié de prestations ayant pour objet la prise en charge de ces frais. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice résultant de l'assistance de Mme D par son père pour la période antérieure à la consolidation de son état de santé en le fixant à la somme de 87 788,96 euros (7,61 x 2 x 412 x 14). 34. D'autre part, pour la période postérieure à la consolidation de son état de santé, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise et des attestations circonstanciées des proches de l'intéressée, que Mme D a eu et continuera d'avoir besoin d'assistance par une tierce personne pour les besoins de la vie quotidienne, à raison de 2 heures par jour. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction qu'une assistance spécialisée aurait été ou serait nécessaire ni que la victime aurait bénéficié ou bénéficierait de prestations ayant pour objet la prise en charge de ces frais. 35. S'agissant de la période du 7 mars 2012 au 7 mai 2023, soit 11 ans et 2 mois, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 94 412,66 euros ((9,22 + 11,27) / 2 x 2 x 412 x 11 + (11,27 x 2 x 412/365 x 61)). 36. S'agissant de la période à venir à compter du 7 mai 2023, il y a lieu de porter le taux horaire moyen de l'assistance nécessaire à la requérante à 15 euros. Dans la mesure où le versement d'une rente apparaît en l'espèce, ainsi que le soutient le CH Jean Marcel de Brignoles, comme le mode d'indemnisation de nature à assurer la réparation la plus équitable à la requérante, il convient de mettre à ce titre à la charge du centre hospitalier une rente versée par trimestres échus pour un montant annuel fixé à 12 360 euros (15 x 2 x 412). Cette rente sera revalorisée chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 du code de la sécurité sociale (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 25 mai 2018, n° 393827, point 7). 37. Enfin, en soutenant que le versement de cette rente devra être suspendu dès le 1er jour d'hospitalisation, le CH Jean Marcel de Brignoles doit être regardé comme demandant au tribunal de prévoir que le versement de la rente accordée à Mme D au titre de ses frais d'assistance par une tierce personne devra être suspendu ou que son montant devra être réduit. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise mentionnant que l'état de santé de la requérante n'est pas susceptible " d'amélioration médicalement prévisible à ce jour ", que le mode de prise en charge de l'intéressée pourrait être regardé comme vraisemblablement susceptible d'évolution justifiant de prévoir la suspension du versement de la rente au titre des frais d'assistance par une tierce personne ou la réduction de son montant. La demande du centre hospitalier à ce titre doit dès lors être rejetée. Quant aux frais d'assistance à expertise : 38. La requérante demande le remboursement des frais d'assistance à expertise à hauteur de 2 000 euros, mais elle n'apporte aucun justificatif au soutien de cette prétention, à laquelle il ne peut donc être fait droit. Quant aux frais de véhicule adapté : 39. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de Mme D nécessite l'acquisition et le renouvellement d'un véhicule automobile adapté à son handicap physique. Le CH Jean Marcel de Brignoles ne conteste ni l'existence ni l'évaluation de ce chef de préjudice, qu'il convient donc de fixer à la somme globale réclamée de 29 643 euros. Quant à l'incidence professionnelle : 40. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que si Mme D n'est pas inapte à l'exercice d'une activité professionnelle, ainsi que le démontre notamment le contrat de travail à durée déterminée d'un an en qualité d'éducatrice spécialisée qu'elle allègue avoir conclu en 2021, la paralysie complète du plexus brachial gauche et les troubles sévères de l'élocution rendent plus difficiles son accès au travail et l'exercice d'une activité professionnelle. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à la dévalorisation sur le marché du travail, à la perte d'une chance professionnelle et à l'augmentation de la pénibilité de l'emploi imputable aux handicaps dont elle est atteinte, il sera fait une juste appréciation du préjudice tiré de l'incidence professionnelle pour la requérante en le fixant, en l'absence d'éléments de nature à justifier le bien-fondé du montant de 150 000 euros qu'elle réclame, à la seule somme de 80 000 euros. Quant au préjudice de formation pour l'examen du permis de conduire : 41. Au soutien de sa demande de réparation de ce chef de préjudice, la requérante se borne à faire valoir qu'elle est dans l'obligation de repasser l'examen du code de la route qu'elle avait obtenu en 2014 et qui n'a qu'une durée de validité de 5 ans, au motif que sa formation pratique à la conduite a été retardée du fait des pannes du seul véhicule adapté à ses besoins dans le département du Var. Il ne résulte toutefois pas de ces éléments que le préjudice dont elle demande réparation serait en lien direct avec son état de santé. Cette demande doit donc être écartée. 42. Il résulte de ce qui précède que Mme D est seulement fondée à demander la condamnation du CH Jean Marcel de Brignoles à lui verser, d'une part, une indemnité d'un montant total de 654 812,82 euros (90 % x (51 298 + 8 000 + 12 000 + 250 000 + 10 000 + 5 000 + 60 000 + 7 000) + 87 788,96 + 94 412,66 + 29 643 + 80 000) et, d'autre part, une rente d'un montant annuel de 12 360 euros, versée par trimestres échus à compter du 7 mai 2023. En ce qui concerne les débours de la CPAM des Alpes-Maritimes : 43. L'article L. 376-1, alinéa 3, du code de la sécurité sociale prévoit : " Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. " 44. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation d'imputabilité du médecin conseil du 18 février 2021 et de la notification définitive des débours du 1er mars 2021, que la CPAM des Alpes-Maritimes a versé à Mme D, d'une part, des prestations constituées de frais médicaux et d'appareillage pour un montant total de 1 757,57 euros et, d'autre part, des arrérages d'une pension d'invalidité d'un montant total de 24 718,66 euros au titre de la période du 6 décembre 2016 au 31 janvier 2021. 45. D'une part, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutient le CH Jean Marcel de Brignoles, ces débours ont un lien direct avec l'accident médical du 7 mars 1994. 46. D'autre part, compte tenu du taux de perte de chance d'éviter les dommages corporels, il y a lieu de limiter le remboursement de la caisse à hauteur de 90 % de ces débours (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 19 mai 2004, n°s 216039, 216040). 47. Dans ces conditions, la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, est fondée à demander la condamnation du CH Jean Marcel de Brignoles à lui rembourser la somme de 26 300,47 euros (90 % x 1 757,57 + 24 718,66). 48. En second lieu, la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, réclame le remboursement des dépenses de santé futures et des arrérages à échoir de la pension d'invalidité servie à Mme D, sous la forme du versement immédiat d'un capital. En l'absence d'accord du CH Jean Marcel de Brignoles au remboursement des prestations sous la forme d'un capital, il ne peut toutefois être fait droit à la demande de remboursement sous cette forme (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 4 décembre 2009, n° 309521). 49. Ainsi, il y a lieu d'allouer à la caisse, d'une part, le remboursement des dépenses de santé futures à hauteur de 90 %, sur justificatifs au fur et à mesure de leur engagement (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 24 avril 2012, n° 329737). 50. D'autre part, il y a lieu d'allouer à la caisse le remboursement des entiers arrérages à échoir de la pension d'invalidité servie à Mme D, au fur et à mesure de leur échéance (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 4 décembre 2009, n° 312326). Sur les intérêts et leur capitalisation : 51. En premier lieu, en vertu de l'article 1231-6 du code civil, la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 26 300,47 euros à compter du 19 mars 2021, date d'enregistrement de son mémoire au tribunal administratif. 52. En second lieu, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, a demandé la capitalisation des intérêts le 19 mars 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 19 mars 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date. Sur l'indemnité forfaitaire de gestion : 53. L'article L. 376-1, alinéa 9, du code de la sécurité sociale prévoit : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". L'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023, a porté le montant maximal de cette indemnité forfaitaire de gestion au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 à la somme de 1 162 euros. 54. Il y a lieu de mettre à la charge du CH Jean Marcel de Brignoles l'indemnité forfaitaire prévue par ces dispositions au profit de la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, soit 1 162 euros, alors même que la caisse se borne à demander la somme de 1 114 euros, représentant le montant maximal de l'indemnité au titre de l'année 2022, et qu'elle n'a pas actualisé le montant de ses conclusions (voir en ce sens, implicitement, arrêt du Conseil d'État du 19 décembre 2007, n° 258305). Sur les frais liés au litige : 55. En premier lieu, dans les circonstances de l'espèce, les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur C, liquidés et taxés à la somme de 2 000 euros par ordonnance du magistrat désigné par la présidente du tribunal du 27 mars 2020, doivent être mis à la charge du CH Jean Marcel de Brignoles, partie perdante pour l'essentiel dans cette instance. 56. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CH Jean Marcel de Brignoles une somme de 2 000 euros à verser Mme D et celle de 1 500 euros à verser à la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, la somme demandée par le centre hospitalier au même titre. D E´ C I D E :Article 1er : Le CH Jean Marcel de Brignoles versera à Mme D la somme de 654 812,82 euros et une rente d'un montant annuel de 12 360 euros, versée par trimestres échus à compter du 7 mai 2023.Article 2 : Le CH Jean Marcel de Brignoles versera à la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, la somme de 26 300,47 euros au titre des débours et la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion. La somme de 26 300,47 euros sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 19 mars 2021 et des intérêts capitalisés à compter du 19 mars 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.Article 3 : Le CH Jean Marcel de Brignoles remboursera à la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, les dépenses de santé futures au titre des dommages de Mme D liés à l'accident médical du 7 mars 1994, à hauteur de 90 %, sur justificatifs au fur et à mesure de leur engagement.Article 4 : Le CH Jean Marcel de Brignoles remboursera à la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, les entiers arrérages à échoir de la pension d'invalidité servie à Mme D, au fur et à mesure de leur échéance.Article 5 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 2 000 euros sont mis à la charge du CH Jean Marcel de Brignoles.Article 6 : Le CH Jean Marcel de Brignoles versera une somme de 2 000 euros à Mme D et une somme de 1 500 euros à la CPAM du Var, intervenant au nom et pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté. Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Madame B D, au Centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var. Copie en sera adressée au docteur A C, expert.Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :M. Harang, président, M. Silvy, premier conseiller,M. Kiecken, premier conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023. Le rapporteur,SignéA. KIECKEN Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2003450

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