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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2100204

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2100204

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2100204
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantCARLHIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2021 sous le n° 2100204 et des mémoires complémentaires enregistrés les 5 janvier 2022, 6 février 2023, 13 juillet 2023, et 26 octobre 2023, M. B C, représenté par Me Carlhian, demande au tribunal :

À titre principal :

1°) de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020 à hauteur de 13 559,46 euros ;

À titre subsidiaire :

2°) de décharger M. C de la différence entre le surplus de cotisation à la taxe foncière sur les propriétés bâties mis à sa charge au titre de l'année 2020 et la cotisation issue de la réduction sollicitée à hauteur de 13 045 €.

À titre encore plus subsidiaire :

3°) de décharger M. C de la différence entre le surplus de cotisation à la taxe foncière sur les propriétés bâties mis à sa charge au titre de l'année 2020 et la cotisation issue de la réduction sollicitée à hauteur de 12 579 €.

À titre infiniment subsidiaire :

4° d'appliquer une pression fiscale de 9% au revenu foncier réel annuel de 24 103 € et décharger M. C de la différence entre le surplus de cotisation à la taxe foncière sur les propriétés bâties mis à sa charge au titre de l'année 2020 et la cotisation issue de la réduction sollicitée à hauteur de 12 505 €.

5 °) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 27 novembre 2020 rejetant sa réclamation préalable est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte et d'une insuffisance de motivation ;

- sa réclamation préalable n'a pas été communiquée pour avis au maire en méconnaissance de l'article 198-3 du livre des procédures fiscales ;

- il n'a pas été mis à même de présenter des observations suite au redressement fiscal dont il a fait l'objet en méconnaissance des articles 1416 et 1508 du code général des impôts ;

- les biens litigieux ont été à tort classés dans la catégorie magasin de grande surface alors que la catégorie la plus pertinente est celle des " terrains à usage commerciaux " ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il n'a pas été fait application du classement des biens dans les sous-catégories prévues à l'article 310 Q du code général des impôts ;

- la décision du 27 novembre 2020 est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les caractéristiques concrètes du bien loué ne permettaient pas de le faire entrer entièrement dans la catégorie " magasin de grande surface " mais plutôt dans la catégorie des terrains à usage commerciaux ;

- le montant de la taxe foncière fixé dans l'avis d'imposition du 31 octobre 2020 s'éloigne excessivement du prix du marché locatif et méconnait, en cela, le principe d'évaluation de la valeur locative fixé par l'article 34 de la loi de finance rectificative pour 2010 ;

- l'administration n'a pas correctement apprécié la réalité de l'activité de concession automobile exercée sur les terrains loués par M. C ;

- l'appréciation faite par l'administration de la surface pondérée actualisée et de la valeur locative 70 est erronée dès lors qu'elle ne prend pas en compte les caractéristiques physiques du bien loué ;

- dès lors qu'elles ne prévoient pas l'application d'un coefficient de localisation sur les parcelles de M. C, les décisions de la commission départementale des impôts directs locaux (CDIDL) du 21 janvier 2015 sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la catégorie de local retenue par l'administration fiscale pour le calcul de la valeur locative 70 n'est pas pertinente au regard des caractéristiques physiques du bien loué ;

- le mode opératoire appliqué et la catégorie ayant conduit à ce résultat sont manifestement exagérés et la pondération au regard de l'absence d'équipements et de l'utilisation secondaire de cette surface foncière, comme dépôts et expositions des véhicules, ne reflète pas la réalité.

- il propose de limiter la pression fiscale G à 9 % des revenus réels, soit en l'espèce à 2 169 euros, la location consentie à la SAMVA s'élevant à 24 103 €.

Par un mémoire en défense, enregistré 2 août 2021 et des mémoires complémentaires enregistrés les 12 janvier, 21 juin, 9 octobre et 8 novembre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

II Par une requête enregistrée le 13 décembre 2022 sous le n° 2203501 et un mémoire complémentaire enregistré le 13 juillet 2023, M. B C, représenté par Me Carlhian, demande au tribunal :

A titre principal :

1°) d'annuler la décision implicite de l'administration fiscale en date du 24 novembre 2022, rejetant sa réclamation préalable présentée le 24 mai 2022 ;

2°) de prononcer la décharge du surplus de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021 ;

A titre subsidiaire :

3°) de décharger M. C de la différence entre le surplus de cotisation de taxe foncière mis à sa charge au titre de l'année 2021 et la cotisation issue de la réduction sollicitée à hauteur de 13 839 euros ;

À titre infiniment subsidiaire :

4°) d'appliquer une pression fiscale de 9% au revenu foncier réel annuel de 24 103 € et prononcer la réduction de la cotisation à la taxe foncière sur les propriétés bâties correspondante au titre de l'année 2021 ;

5 °) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision rejetant sa réclamation préalable est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte et d'une insuffisance de motivation ;

- sa réclamation préalable n'a pas été communiquée pour avis au maire en méconnaissance de l'article 198-3 du livre des procédures fiscales ;

- il n'a pas été mis à même de présenter des observations suite au redressement fiscal dont il a fait l'objet en méconnaissance des articles 1416 et 1508 du code général des impôts ;

- les biens litigieux ont été à tort classés dans la catégorie magasin de grande surface alors que la catégorie la plus pertinente est celle des " terrains à usage commerciaux " ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il n'a pas été fait application du classement des biens dans les sous-catégories prévues à l'article 310 Q du code général des impôts ;

- la décision de rejet est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les caractéristiques concrètes du bien loué ne permettaient pas de le faire entrer entièrement dans la catégorie " magasin de grande surface " mais plutôt dans la catégorie des terrains à usage commerciaux ;

- le montant de la taxe foncière fixé dans l'avis d'imposition du 31 octobre 2020 s'éloigne excessivement du prix du marché locatif et méconnait, en cela, le principe d'évaluation de la valeur locative fixé par l'article 34 de la loi de finance rectificative pour 2010 ;

- l'administration n'a pas correctement apprécié l'activité de concession automobile exercée sur les terrains loués par M. C ;

- l'appréciation faite par l'administration de la surface pondérée actualisée et de la valeur locative 70 est erronée dès lors qu'elle ne prend pas en compte les caractéristiques physiques du bien loué ;

- dès lors qu'elles ne prévoient pas l'application d'un coefficient de localisation sur les parcelles de M. C, la décision de la commission départementale des impôts directs locaux (CDIDL) du 21 janvier 2015 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la catégorie de local retenue par l'administration fiscale pour le calcul de la valeur locative 70 n'est pas pertinente au regard des caractéristiques physiques du bien loué ;

- le mode opératoire appliqué et la catégorie ayant conduit à ce résultat sont manifestement exagérés et la pondération au regard de l'absence d'équipements et de l'utilisation secondaire de cette surface foncière, comme dépôts et expositions des véhicules, ne reflète pas la réalité.

- il est proposé de limiter la pression fiscale G à 9 % des revenus réels.

Par un mémoire en défense, enregistré 19 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique,

- les observations de Me Carlhian pour M. C.

Une note en délibéré, présentée par Me Carlhian pour M. C, dans chacune des deux requêtes susvisées, a été enregistrée le 2 juillet 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, propriétaire d'un terrain situé 1806 et 1812 route de Draguignan à Trans en Provence, correspondant aux parcelles cadastrées AA1 et AA2, a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 et 2021. M. C a loué par un bail commercial les parcelles litigieuses à la société SAMVA, concessionnaire automobile. Ses réclamations préalables ayant été rejetées, le requérant demande au tribunal de prononcer la réduction de ses cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2020 et 2021.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les n° 2100204 et n° 2203501 qui concernent le même requérant, sont dirigées contre les mêmes impositions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue des litiges :

3. Par deux décisions du 11 janvier et 21 juin 2023, postérieures à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques du Var a prononcé le dégrèvement des cotisations de taxe foncière auxquelles M. C a été assujetti au titre de l'année 2020 à hauteur d'un montant de 5 531 euros et de 961 euros. Par ailleurs, par une décision du 19 juin 2023, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques du Var a prononcé le dégrèvement des cotisations de taxe foncière auxquelles M. C a été assujetti au titre de l'année 2021 à hauteur d'un montant de 6 469 euros. Par suite, les conclusions des requêtes tendant à la décharge de ces sommes sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur la régularité de la procédure :

4. Les vices propres dont peut être entachée la décision par laquelle l'administration fiscale rejette la réclamation dont elle est saisie par un contribuable sont sans influence sur la régularité et le bien-fondé des impositions contestées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte des décisions rejetant ses réclamations préalables, du défaut de motivation et de ce que le maire de la commune de Trans en Provence n'aurait pas reçu communication, pour avis, des réclamations de M. C, doivent être écartés comme inopérants.

5. Aux termes de l'article 1508 du code général des impôts applicable au cas de l'espèce : " Les rectifications pour insuffisances d'évaluation résultant du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties prévues aux articles 1406 et 1502, font l'objet de rôles particuliers jusqu'à ce que les bases rectifiées soient prises en compte dans les rôles généraux () ". Par ailleurs, selon l'article 1416 du même code : " Lorsqu'il n'y a pas lieu à l'établissement de rôles particuliers (1), les contribuables omis ou insuffisamment imposés au rôle primitif sont inscrits dans un rôle supplémentaire qui peut être mis en recouvrement au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle de l'imposition. "

6. Lorsqu'une imposition est assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations. Il en va ainsi, en particulier, lorsque l'administration procède, en application de l'article 1508 du code général des impôts, au redressement des bases de taxe foncière sur les propriétés bâties d'un contribuable pour insuffisance d'évaluation résultant du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties prévues aux articles 1406 et 1502 du même code.

7. Il résulte de l'instruction que l'imposition réalisée au titre de l'année 2020 d'un montant initial de 559 euros a fait l'objet d'un rôle supplémentaire d'un montant de 14 075 euros à la suite d'une erreur dans la prise en compte de la parcelle AA2 du requérant, celle-ci ayant été mise à tort à l'actif de la SNC LIDL pour les années 2018, 2019 et 2020 en lieu et place de M. C. Le requérant ne démontre pas que cette erreur d'inscription proviendrait d'un défaut ou d'une inexactitude de sa part dans ses déclarations. Le rehaussement litigieux a ainsi fait l'objet d'un rôle supplémentaire en application de l'article 1416 du code général des impôts. Compte tenu de ces éléments, l'administration n'était pas tenue de mettre le contribuable à même de présenter ses observations sur le rehaussement opéré. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'information du contribuable préalablement à l'émission du rôle supplémentaire de taxe foncière sur les propriétés bâties établi au titre de l'année 2020, en ce qu'elle serait contraire au principe général des droits de la défense, ne peut qu'être écarté.

Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne le classement erroné des biens dans la catégorie " magasin de grande surface "

8. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts, relatif aux propriétés imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Selon l'article 310 Q de l'annexe II du code général des impôts : Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous groupes et catégories suivants : () Sous-groupe I : magasins et lieux de vente : () Catégorie 4 : magasins de grande surface (surface principale comprise entre 400 et 2 500 m2) () Sous-groupe III : lieux de dépôt ou de stockage et parcs de stationnement : Catégorie 1 : lieux de dépôt à ciel ouvert et terrains à usage commercial ou industriel. () ".

9. Il résulte de l'instruction que les terrains objets de l'imposition litigieuse, cadastrés AA1 et AA2 sur la commune de Trans en Provence, ont été classés en cours d'instance par l'administration dans la catégorie Mag7 qui correspond à une surface destinée aux marchés accessibles au public tels que les halles de marché ou les marchés aux bestiaux. Ces terrains ont été loués à la société SAMVA qui exerce une activité de concessionnaire automobile.

10. M. C soutient que ces terrains doivent être classés dans la catégorie DEP1 laquelle comprend les terrains exploités commercialement comme lieux de dépôts à ciel ouvert tels que les déchetteries, casses auto, lieux de dépôts de matériaux divers, ou les terrains exploités pour la publicité commerciale ou industrielle au moyen de panneaux d'affichage ou écrans spécifiques. Toutefois, il résulte du dernier bail renouvelé et signé le 9 juillet 2019, que le terrain loué à la société SAMVA est destiné au parking et à l'exposition de véhicules neufs ou d'occasions. Il est constant que les activités de la société SAMVA consistent à vendre et louer des véhicules à moteur de toutes marques, à vendre des accessoires, carburants, huiles, graisses et exploitations de station-service. Le terrain objet de l'imposition litigieuse, accessible depuis un axe de circulation rapide, bénéficie d'un bâtiment permettant l'accueil du public et d'un parking sur lequel sont présentés des modèles de voitures avec un affichage sur chacune d'elle, avec une signalétique forte composée de drapeaux afin d'indiquer cet espace au public, ainsi que cela ressort des photographies produites à l'instance. Par ailleurs, ce lieu bénéficie d'un parking clientèle desservant une autre partie des activités de la société SAMVA et situé à proximité immédiate des parcelles cadastrées AA1 et AA2. Compte tenu des éléments précités, le terrain litigieux constitue un lieu de vente de véhicules ouvert au public et ne peut être regardé comme le soutient le requérant, comme un simple lieu de stockage de véhicules. Si le requérant produit à l'instance un procès-verbal d'huissier de justice réalisé le 10 juillet 2023, ce document n'est pas de nature à remettre en cause les impositions réalisées au titre des années 2020 et 2021. Si M. C fait également état que la société SAMVA dispose de lieux de vente supplémentaires et spécifiques, ses activités sur le terrain litigieux devant être considérées comme secondaires, cette circonstance est sans influence sur l'imposition contestée. Enfin, les éléments de comparaison avec d'autres concessions automobiles ne permettent pas de considérer que le classement des parcelles litigieuses ne serait pas en lui-même approprié. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, les terrains litigieux ne peuvent être classés dans la catégorie DEP1 correspondants à des lieux de dépôts à ciel ouvert tels que les déchetteries, casses auto, lieux de dépôts de matériaux divers. En revanche, la catégorie Mag7 retenu par l'administration qui correspond à une surface destinée aux marchés accessibles au public tel que les halles de marché ou les marchés aux bestiaux, n'apparait pas, compte tenu des catégories possibles, entachés d'une erreur d'appréciation ou de droit. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration à classer à tort les parcelles qu'il loue dans la catégorie Mag7.

11. Le requérant soutient que le montant de l'imposition litigieuse est disproportionné au regard de ses revenus locatifs. Toutefois, ainsi qu'il a déjà été dit, les parcelles en cause ont pour destination la vente de véhicules justifiant leur classement en catégorie Mag7. Compte tenu des caractéristiques des parcelles litigieuses, les tarifs ainsi retenus pour les années 2020 et 2021 résultent de l'application des dispositions du code général des impôts. Les éléments produits par le requérant ne sont pas de nature à remettre en cause les calculs opérés par l'administration et le caractère disproportionné de l'imposition au regard de ses revenus locatifs dont il se prévaut est en tout état de cause, sans influence sur la légalité desdites impositions. Enfin, il n'apparait pas, en l'absence d'un dispositif particulier dans ce domaine, qu'un taux de 9 % au titre de la pression fiscale puisse lui être appliqué.

En ce qui concerne les surfaces pondérées

12. Le requérant souhaite que la surface du local couvert soit classée dans la catégorie P2 et pondérée à 0,5, cette catégorie correspondant aux parties secondaires couvertes utilisées pour l'activité mais dont le potentiel commercial est plus faible, comme par exemple les espaces de stockage ou encore les bureaux non accessibles au public. M. C soutient également que le reste des surfaces non couvertes, doit être classé dans la catégorie P3 et pondérée à 0.2, lesquelles correspondent à des parties secondaires non couvertes dont le potentiel commercial est plus faible tels que les lieux de stockage. Toutefois le classement en P1 par l'administration des parcelles litigieuses qui apparaissent nécessaires à l'activité de la SAMVA et dans lesquelles s'exercent une activité commerciale de vente de véhicules au public, n'apparait pas erroné compte tenu de ce qui a déjà été dit au point 10.

En ce qui concerne le coefficient de localisation

13. Il résulte de l'instruction que les parcelles litigieuses cadastrées AA1 et AA2 sont situées 1806 et 1812 route de Draguignan à Trans en Provence. Contrairement à ce que soutient M. C, ses parcelles ne sont pas concernées par la zone rouge du plan de prévention des risques inondations (PPRI), la CDIDL dans sa décision de 2015, ayant pris en considération ces éléments. M. C n'apporte aucun élément de nature à démontrer que, compte tenu des caractéristiques particulières du lieu, une minoration du coefficient de localisation aurait dû être opérée. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'un coefficient de localisation minoré de 0,85 aurait dû lui être appliqué et que les décisions de la commission départementale des impôts directs locaux (CDIDL) du 21 janvier 2015 et de la CDVLLP du 17 octobre 2019 sont, par exception d'illégalité, irrégulières. Le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que l'administration aurait commis des inexactitudes dans l'appréciation de sa situation.

En ce qui concerne la valeur locative VL70

14. Il résulte de l'instruction que l'administration a décidé de considérer que l'ensemble des surfaces des parcelles en cause qui s'élèvent à 1 835 m2 relevaient du tarif " carrossier " de 4,73 euros/m2, le requérant estimant de son côté que les surfaces extérieures devaient être évaluées au regard du tarif ferrailleur à un montant de 0,305 euros/m2 tel que cela avait été retenu en 2017 par l'administration. Toutefois, la circonstance qu'une telle tarification ait été retenue en 2017 est sans influence sur l'imposition réalisée en 2020 et 2021. Par ailleurs, ainsi qu'il a déjà été dit, les surfaces extérieures des parcelles litigieuses doivent être regardées comme des surfaces de ventes de véhicules accueillant du public et non comme des lieux de stockage ou de dépôt. Par suite, ce moyen doit être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. C, dans toutes leurs conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : Les requêtes n° 2100204 et 2203501 sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la M. C et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

L. A

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

2 2203501

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