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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2100274

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2100274

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2100274
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantFEAT SOCIETE D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 février 2021, M. E C D, représenté par Me Peltier-Feat, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et majorations, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les travaux réalisés sur les biens immobiliers donnés en location, dont il est propriétaire, qui sont justifiés par des factures comportant les mentions exigées, répondent aux conditions de déductibilité prévues au 1° du I de l'article 31 du code général des impôts et par la doctrine administrative ;

- il doit bénéficier de la déductibilité de la totalité des intérêts d'emprunt concernant le bien situé 1018 avenue Jean Monnet à La Crau.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Carotenuto,

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C D a fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel l'administration l'a assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2016 et 2017, à raison notamment de la remise en cause de la déductibilité des travaux réalisés sur des biens immobiliers qu'il possède à Toulon, La Crau et la Seyne-sur-Mer. Il demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et majorations, de ces suppléments d'imposition.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 28 du code général des impôts : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. ". L'article 31 du même code, dans sa rédaction en vigueur lors de l'année d'imposition en litige, dispose que : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : a) Les dépenses de réparation et d'entretien () ; b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ". Il résulte de ces dispositions que les dépenses mentionnées au I de l'article 31 du code général des impôts ne peuvent être déduites du revenu foncier brut que dans la mesure où les charges alléguées sont dûment justifiées, se rapportent à des immeubles dont les revenus sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers, sont effectivement supportées par le propriétaire et sont engagées en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu. Les dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration doivent notamment, pour être admises en déduction, avoir été effectuées par le propriétaire et avoir été réellement payées au cours de l'année d'imposition. Il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges en produisant des pièces justificatives, qui peuvent être constituées de factures, de plans, de photographies et de tous autres éléments permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité des charges supportées.

3. D'une part, il résulte de l'instruction que pour justifier des dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration relatives aux biens immobiliers dont il est propriétaire à Toulon, La Crau et la Seyne-sur-Mer, M. C D a produit de nombreuses copies de factures d'acquisition de matériaux et d'équipement auprès de différentes enseignes de bricolage, notamment Castorama, Leroy Merlin, Brico Dépôt et La plateforme du bâtiment. Toutefois, aucune des factures produites ne permet d'identifier les biens immobiliers pour la rénovation desquels ces achats étaient destinés, seuls sont mentionnés sur ces factures soit le domicile du requérant, route des Pins à Carqueiranne, soit seulement Carqueiranne. C'est donc à bon droit que l'administration ne les a pas retenues en déduction. En outre, concernant les dépenses relatives au bien situé au 2 boulevard Herriot à Toulon, la production d'une seule page de l'état des lieux de fin de bail, établi le 14 septembre 2016, indiquant " appartement démoli, portes endommagées ou absentes, sol abimé, douche casser, dégât des eaux non réparé " ne permet pas de justifier la nature des travaux réellement effectués. Au demeurant, l'état des lieux d'entrée daté du 1er décembre 2016 mentionne la présence de carrelage au sol dans toutes les pièces alors que le requérant produit une facture d'achat de " stratifié " (facture Castorama 907243 du 13 octobre 2016). De même, il produit une facture Castorama 917822 du 7 décembre 2016 relative notamment à l'achat d'un receveur de douche à poser alors que l'appartement est loué depuis le 1er décembre 2016. Concernant les dépenses relatives au bien situé 1018 avenue Jean Monnet à La Crau, consistant en l'achat de deux climatiseurs pour un montant global de 858 euros (facture Brico Dépôt 834652 du 21 juin 2016), la production d'états des lieux établis en 2018 ne permet pas de justifier la présence de cet équipement en 2016. Enfin, concernant les dépenses relatives au bien situé 3 rue Lamodieu à Toulon acquis en 2017, si le requérant produit un constat d'huissier effectué le 26 septembre 2016 à la demande de M. A, faisant état de l'état dégradé de l'immeuble, non alimenté en eau ni en électricité, ce seul constat ne permet pas de justifier l'état de l'immeuble lors de son acquisition par le requérant. Au surplus, M. C D n'a produit aucun élément permettant d'établir qu'il s'était personnellement acquitté des sommes dont il sollicite la déduction. Au regard de ces éléments, l'administration, qui n'a pas à procéder à une visite des lieux à la demande du contribuable, a pu à bon droit refuser la déduction des dépenses en litige.

4. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'au titre de l'année 2016, l'administration a admis la déduction pour moitié des intérêts d'emprunt relatifs à l'acquisition du bien situé 1018 avenue Jean Monnet à La Crau au motif que M. C D loue à cette adresse deux logements et que l'un d'eux n'a été donné en location que le 15 mai 2017. Le requérant ne conteste pas qu'un des deux logements n'était pas donné en location en 2016. Dans ces conditions, il ne justifie pas de la déductibilité des revenus fonciers des intérêts d'emprunt au-delà des sommes déjà admises par l'administration.

5. En second lieu, à supposer que le requérant entende se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la réponse ministérielle à M. B n° 8809 parue au Journal officiel de l'Assemblée nationale du 7 septembre 1998, de l'instruction du 23 mars 2007, référencée 5 D-2-07, fiche 8, et de la doctrine référencée BOI-RFPI-BASE-20-30-30 n° 80 du 30 juillet 2013, ces doctrines ne comportent aucune interprétation différente de la loi fiscale dont il lui a été fait application.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. C D doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C D et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente,

- Mme Carotenuto, première conseillère,

- M. Sportelli, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 mai 2023.

La rapporteure,

signé

S. CAROTENUTOLa présidente,

signé

M. BERNABEU

La greffière,

signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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