LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2100544

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2100544

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2100544
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantVILLALARD

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin,

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique,

- et les observations de Me Villalard pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière et forestière du domaine des Charles dont M. B A est associé gérant, constituée le 17 mars 1960, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. Par une proposition de rectification en date du 13 octobre 2017, le service vérificateur a considéré que les ventes de terrains réalisées au cours de la période vérifiée constituaient des opérations commerciales soumises à l'impôt sur les sociétés et à la taxe sur la valeur ajoutée. A l'occasion de cette vérification de comptabilité, l'examen du compte bancaire de la société a permis de constater que M. A avait opéré en 2016 un prélèvement net dans la trésorerie de la société civile immobilière et forestière à hauteur de 59 222 euros. L'administration fiscale a considéré ce prélèvement comme étant constitutif d'un revenu distribué pour son bénéficiaire. En conséquence, elle a assujetti l'intéressé à des cotisations supplémentaire d'impôts sur le revenu et de contributions sociales pour un montant total de 31 302 euros en droits et pénalités. Par sa requête, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions ainsi que des pénalités correspondantes.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes de l'article 198-10 du livre des procédures fiscales : " Le service compétent pour statuer sur une réclamation est celui à qui elle doit être adressée en application de l'article R. 190-1 () / En cas de rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée () ".

3. Si M. A fait valoir que la décision du 4 janvier 2021 rejetant sa réclamation préalable comprend une erreur matérielle en ce qu'elle indique que la société civile immobilière et forestière du domaine des Charles avait en partie pour objet " la division de lots de terrain en vue de leur revente ", un tel moyen dirigé contre la décision rejetant la réclamation préalable est sans incidence sur la régularité et le bien-fondé des impositions litigieuses. Par suite, ce moyen est inopérant.

4. Aux termes de l'article 206 du code général des impôts, définissant le champ d'application de l'impôt sur les sociétés : " () les sociétés civiles sont également passibles dudit impôt () si elles se livrent à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35() ". Aux termes de l'article 35 du même code : " I. - Présentent également le caractère de bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par les personnes physiques désignées ci-après : 1° Personnes qui, habituellement, achètent en leur nom, en vue de les revendre, des immeubles, des fonds de commerce, des actions ou parts de sociétés immobilières ou qui, habituellement, souscrivent, en vue de les revendre, des actions ou parts créées ou émises par les mêmes sociétés. 1° bis Personnes qui, à titre habituel, achètent des biens immeubles, en vue d'édifier un ou plusieurs bâtiments et de les vendre, en bloc ou par locaux ; () 3° Personnes qui procèdent à la cession d'un terrain divisé en lots destinés à être construits lorsque le terrain a été acquis à cet effet () ".

5. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; / Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / Les sommes imposables sont déterminées pour chaque période retenue pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés par la comparaison des bilans de clôture de ladite période et de la période précédente selon des modalités fixées par décret en conseil d'Etat ". Aux termes du premier aliéna de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ".

6. M. A fait valoir qu'il ne pouvait pas être assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales à raison de revenus distribués sur le fondement du 1° de l'article 109-1 du code général des impôts dans la mesure où la société civile immobilière et forestière du domaine des Charles ne peut être regardée comme étant passible de l'impôt sur les sociétés, dès lors que l'activité de cette dernière ne peut être qualifiée de commerciale au sens de l'article 35 du code général des impôts.

7. D'une part, la condition d'habitude à laquelle est subordonnée l'application des dispositions précitées du I de l'article 35 du code général des impôts, s'apprécie en principe en fonction du nombre d'opérations réalisées et de leur fréquence. D'autre part, la condition d'intention spéculative, qui ne se présume pas du fait du caractère habituel de la pratique et présente un caractère objectif, doit être recherchée à la date d'acquisition des immeubles ultérieurement revendus, et non à la date de leur cession.

8. En premier lieu, il résulte de l'instruction, ainsi que le soutient le requérant, qu'aucune clause des statuts la société civile immobilière et forestière du domaine des Charles constituée le 17 mars 1960 ne mentionne, de manière expresse, pour objet la division de terrains en lots en vue de leur revente. Depuis une refonte intervenue par acte du 23 mai 2007, les statuts font mention d'une division en lots mais uniquement en vue de leur attribution aux associés en propriété et en jouissance. Toutefois, il ressort de l'acte d'acquisition de cette propriété rurale en date du 18 mars 1960 que la partie du terrain qui n'est pas soumise au régime forestier est destinée à la construction d'un ensemble de 150 maisons individuelles, ce qui est incompatible avec une jouissance destinée seulement aux associés et un objectif de gestion purement patrimoniale du bien immobilier concerné. Par suite, l'intention spéculative doit être regardée comme établie dès l'acquisition du bien en litige.

9. En deuxième lieu, sur les 150 lots constitués initialement, la plupart ont été vendus entre les années 1960 et 1982, puis, un lot a été cédé en 2001, un autre en 2002, deux autres en 2003 et deux autres en 2005. Deux opérations ont ensuite été réalisées en 2006 et une en 2007. Le 12 août 2016, la société requérante a vendu à la SCI Peyro Plantade le lot restant, un terrain à bâtir de 42 hectares, composé de deux parcelles, pour un montant de 1 575 000 euros et une parcelle de terre inconstructible de deux hectares située à Roquebrune-sur-Argens, pour un montant de 225 000 euros. Il résulte ainsi de ces éléments que, de par leur pluralité et leur fréquence, et nonobstant leur étalement sur une longue période, ces opérations de revente ont revêtu un caractère habituel.

10. Enfin, la circonstance que la dernière vente réalisée en 2016, soit près de neuf ans après la vente précédente, aurait été inspirée par la nécessité de faire face à des difficultés financières n'est pas de nature à remettre en cause le caractère habituel et spéculatif de l'opération.

11. Il résulte de ce qui précède que le caractère habituel et l'intention spéculative étant en l'espèce établis, c'est par suite à bon droit que l'administration a regardé la société civile immobilière et forestière du domaine des Charles comme se livrant à une activité commerciale entrant dans les prévisions du I de l'article 35 du code général des impôts. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'administration fiscale ne pouvait l'imposer sur le fondement des dispositions précitées du 1° de l'article 109-1 du code général des impôts à raison de revenus distribués par cette société.

12. En dernier lieu, si le requérant a entendu se prévaloir de la doctrine fiscale relative aux profits réalisés par les marchands de bien et assimilés, référencée BOI-BIC-CHAMP-20-10-10, § 40, cette dernière, qui se borne à rappeler que " L'intention spéculative - l'intention de revendre - s'apprécie au moment de l'achat ou de la souscription et non à celui de la revente " conformément à la jurisprudence du Conseil d' Etat du 2 juin 2006, M. C, n° 266507, ne comporte aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des impositions en litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 4 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Cros, premier conseiller,

M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

J. MARTIN

La présidente,

Signé

M. BERNABEU

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions