lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100704 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HOLLET DIDIER & HUGUES NICOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2021, M. et Mme A B représentés par Me Hollet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet en date du 14 mars 2021 par laquelle la commune de Six-Fours-les-Plages a refusé de les indemniser de leurs préjudices ;
2°) de condamner la commune de Six-Fours-les-Plages à leur verser la somme de 50 000 euros en réparation de leurs préjudices ;
3°) de condamner la commune de Six-Fours-les-Plages à leur verser la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance et le coût du constat d'huissier réalisé.
Ils soutiennent que :
- la société ENEDIS a construit un transformateur à proximité immédiate de la résidence dont ils sont propriétaires au 2 rue de la République à Six-Fours-les-Plages ;
- la décision de non opposition à déclaration préalable relative à cette construction a été annulée par un jugement définitif du tribunal administratif de Toulon du 21 juillet 2020 ;
- ils supportent divers préjudices du fait de cet ouvrage illégalement construit ;
- la responsabilité de la commune de Six-Fours-les-Plages est engagée du fait de l'existence de cette construction illégale ;
- le Conseil d'État a précisé le droit à indemnisation des tiers affectés par un permis de construire illégal notamment dans une décision du 24 juillet 2019, n° 417915 ;
- le transformateur construit illégalement se situe à moins d'un mètre de leur maison, méconnaît la limite séparative et entraîne une pollution visuelle et sonore, un préjudice de vue et d'ensoleillement et affecte la valeur vénale de ce bien immobilier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, la commune de Six-Fours-les-Plages conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Un courrier du 12 janvier 2023 adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les a informées de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et a indiqué la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2.
Une ordonnance du 28 mars 2023 a prononcé la clôture de l'instruction à la date de son émission, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 2 mai 2023, M. et Mme B ont été invitées à produire tous les éléments utiles pour justifier de leurs préjudices et du montant des indemnités réclamées.
M. et Mme B ont produit le 3 mai 2023 des pièces en réponse à l'invitation adressée par le tribunal, lesquelles n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Silvy, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Wustefeld, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hollet, représentant M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont propriétaires d'une habitation située 2 rue de la République sur le territoire de la commune de Six-Fours-les-Plages. Par un arrêté du 27 octobre 2017, le maire de cette commune a pris une décision de non opposition à la déclaration préalable présentée par la société anonyme (SA) Enedis pour la construction d'un poste de transformation électrique maçonné sur le domaine public du rond-point de la route départementale 559, à proximité immédiate. Par un jugement définitif n° 1704578 du 21 juillet 2020, M. et
Mme B ont obtenu l'annulation de cet arrêté au motif qu'il devait être signé par le préfet du département par application du b) de l'article R. 422-2 du code de l'urbanisme. Par une demande du 13 janvier 2021, M. et Mme B ont demandé au maire de la commune de Six-Fours-les-Plages l'indemnisation de leurs préjudices suite à la réalisation des travaux de construction de ce poste de transformation malgré l'illégalité de l'autorisation d'urbanisme délivrée le 27 octobre 2017. La commune a implicitement rejeté cette demande préalable.
Sur la responsabilité de la commune de Six-Fours-les-Plages :
2. Les tiers à une autorisation d'urbanisme illégales peuvent rechercher la responsabilité de la personne publique au nom de laquelle a été délivré cette autorisation si le projet de construction est réalisé. Ils ont droit, sous réserve du cas dans lequel l'autorisation a été régularisée, à obtenir réparation de tous les préjudices qui trouvent directement leur cause dans les illégalités entachant la décision. À cet égard, la perte de valeur vénale des biens des demandeurs constitue un préjudice actuel susceptible d'être indemnisé, sans qu'ait d'incidence la circonstance qu'ils ne feraient pas état d'un projet de vente.
3. Il résulte de l'instruction que la commune de Six-Fours-les-Plages fait valoir la régularisation de la décision de non-opposition à déclaration préalable par l'effet d'un arrêté de son maire du 31 janvier 2018 suite au dépôt le 4 janvier 2018 d'une seconde déclaration préalable par la SA Enedis auprès des services de la commune. Cet arrêté n'a toutefois pas été produit dans le cadre de l'instance n° 1704578 et est entaché du même vice d'incompétence que l'arrêté du 27 octobre 2017 dès lors qu'il n'est pas plus signé par le préfet du Var, seul matériellement compétent pour se prononcer sur un projet de construction d'un ouvrage de transport d'énergie faisant l'objet d'une déclaration préalable par l'effet des dispositions des articles L. 422-2 et R* 422-2 du code de l'urbanisme. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que cet arrêté ait fait l'objet d'un affichage permettant d'informer les tiers de son existence et de faire courir le délai de recours contentieux. Le projet de construction d'un poste de transformation à proximité du terrain de M. et Mme B n'a, par suite, pas été valablement régularisé par ce second arrêté et les requérants sont, dès lors, fondés à rechercher la responsabilité de la commune de Six-Fours-les-Plages qui avait délivré l'autorisation d'urbanisme relative à ce projet de construction, effectivement réalisé.
4. Toutefois le jugement du 21 juillet 2020 a écarté en son point 4 l'existence de toute autre moyen d'annulation de cette décision de non-opposition et M. et Mme B ne peuvent se prévaloir que du seul motif d'incompétence retenu à cette occasion. Le préjudice financier qui résulte pour M. et Mme B de la perte de valeur vénale de leur propriété en raison de l'implantation de cet ouvrage public à proximité immédiate de celle-ci, implantation qui pourrait justifier l'introduction d'une action distincte s'ils s'y croyaient fondés, ne trouve pas directement sa cause dans l'erreur du maire de la commune de Six-Fours-les-Plages sur l'étendue de sa compétence qui avait entrainé l'annulation de l'arrêté du 27 octobre 2017. Il en résulte qu'ils ne sont pas fondés, en l'absence d'un tel lien direct, à demander à la commune d'indemniser le préjudice financier qu'ils allèguent.
Sur les frais de justice :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le Tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme B doivent, dès lors, être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de la commune de Six-Fours-les-Plages les frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Six-Fours-les-Plages au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme et M. A B et à la commune de Six-Fours-les-Plages.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Silvy, premier conseiller,
M. Kiecken, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé
J.-A. SILVY
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026