vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101206 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 avril 2021, M. A B, représenté par Me Paris, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la lettre du 24 mai 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var lui a rappelé qu'un indu de revenu de solidarité active de 918,01 euros lui avait été notifié par décision du 23 mai 2019 et d'annuler toute décision statuant sur le retrait de l'allocation de revenu de solidarité active (RSA) ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable obligatoire parvenu dans les services du département du Var le 16 décembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à payer à Me Paris sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il est soutenu que :
- M. B ne travaille pas et ne dispose d'aucun revenu à part les allocations sociales et familiales ; il a deux enfants à charge ; il remplit donc les conditions prévues aux articles L. 262-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles pour l'attribution de cette allocation ;
- il appartient à la CAF du Var ou au département du Var de démontrer les motifs pour lesquels M. B n'aurait plus le droit de percevoir le revenu de solidarité active ; aucune réponse n'a été apportée au recours administratif préalable obligatoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales du Var conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que M. B conteste une décision portant sur l'attribution du revenu de solidarité active " socle " et que, partant, seul le conseil départemental du Var est compétent pour défendre dans la présente instance.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2023 le département du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car le courrier du 24 mai 2019 est purement informatif et n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux ; par ailleurs, le requérant n'identifie pas la décision dont il entend obtenir l'annulation ; enfin, le recours administratif préalable obligatoire est tardif ;
- la créance de RSA socle référencée INK 003 d'un montant de 918,01 euros pour la période courant de décembre 2018 à avril 2019 est soldée depuis le 14 septembre 2020 soit antérieurement au recours préalable exercé le 16 décembre 2020 et plus de sept mois avant l'introduction de la requête ; les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 24 mai 2019 sont dépourvues d'objet ;
- la prise en compte de revenus issus de l'activité de ferrailleur de M. B, non déclarés, dans les déclarations trimestrielles de ressources afférentes, ont généré le chiffrage de l'indu de RSA socle référencé INK 003 ; les éléments établis dans le rapport de l'agent assermenté de la CAF du Var font foi jusqu'à preuve du contraire et le requérant n'apporte aucun élément remettant en cause le chiffrage de l'indu ; plusieurs courriers de demandes de pièces ont été adressés au requérant dans le cadre de son droit au RSA lesquels sont restés sans réponse ; les droits de M. B ont donc été radiés à l'ouverture de droit pour dossier incomplet.
Vu la décision du 19 avril 2021 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Toulon a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B dans la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Riffard en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 24 janvier 2023, le rapport de M. Riffard.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une visite au domicile de M. B le 12 février 2019, allocataire du revenu de solidarité active, le contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales du Var a constaté dans son rapport d'enquête établi le 26 mars 2019 que l'intéressé n'avait déclaré aucune ressource au cours du trimestre de décembre 2018 à février 2019 alors qu'il se livrait à une activité non déclarée de récupération et de vente de ferraille et qu'il avait perçu des revenus à ce titre. Par notification du 23 mai 2019 puis par lettre du 24 mai suivant M. B a été informé par la caisse d'allocations familiales du Var qu'il était redevable d'un indu de RSA s'élevant à 918,01 euros au titre de la période courant de décembre 2018 à avril 2019, dans la mesure ou ses droits avaient été recalculés suite à la réintégration des revenus provenant de cette activité, perçus en décembre 2018, janvier 2019 et février 2019. Par ailleurs, par une lettre du 9 décembre 2020 parvenue le 16 décembre suivant dans les services du conseil départemental du Var, M. B a formé un recours administratif préalable obligatoire en indiquant que l'allocation de RSA qu'il percevait depuis le mois de septembre 2019 avait été suspendue en mars 2020, alors qu'il continuait pourtant à remplir les conditions pour bénéficier de cette aide.
Sur la contestation de l'indu établi au titre de la période de décembre 2018 à avril 2019 :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions :
2. En premier lieu, le département du Var fait valoir dans son mémoire en défense qu'à la date du 14 septembre 2020, antérieure à la date d'enregistrement de la requête, l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 918,01 euros en litige a été, par suite de retenues sur prestations, entièrement soldé. Toutefois, M. B ne demande pas la remise de sa dette mais conteste le bien-fondé de l'indu. Par suite, la requête n'était pas dépourvue d'objet dès son introduction.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental ".
4. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B ait formé un recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental du Var à l'encontre de la décision du 23 mai 2019 ordonnant la récupération d'un indu de RSA de 918,01 euros au titre de la période courant de décembre 2018 à avril 2019. Le recours administratif daté du 9 décembre 2020 et parvenu le 16 décembre suivant dans les services du département du Var ne concerne pas cet indu mais porte sur la suspension, à compter du mois d'avril 2020, de l'allocation de RSA que percevait M. B à compter de septembre 2019.
5. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 mai 2019, laquelle n'a pas fait l'objet d'un recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur la suspension du revenu de solidarité active à compter de mars 2020 :
6. Aux termes de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ainsi que tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments " et aux termes de l'article R. 262-83 du même code : " le bénéficiaire du revenu de solidarité active ainsi que les membres du foyer sont tenus de produire, à la demande de l'organisme chargé du service de la prestation et au moins une fois par an, toute pièce justificative nécessaire au contrôle des conditions d'ouverture de droit, en particulier au contrôle des ressources (). En cas de non présentation des pièces demandées, il est fait application des dispositions de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale ". Aux termes de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale : " () Sauf cas de force majeure, la non-présentation par le demandeur de pièces justificatives () entraînent la suspension, selon le cas, soit du délai d'instruction de la demande pendant une durée maximale fixée par décret, soit du versement de la prestation jusqu'à la production des pièces demandées ou la réponse à la convocation adressée ".
7. Il résulte de l'instruction qu'afin de mettre à jour son dossier, les services du département du Var ont demandé, par lettre du 18 mai 2018, à M. B de leur adresser le document justifiant de la création de son activité de ferrailleur. Ce courrier précisait que sans réponse de sa part et transmission de l'intégralité du justificatif demandé sous un mois, son droit au revenu de solidarité active serait suspendu. A défaut de réception des pièces attendues, le département a renvoyé, le 3 juin 2019, un nouveau courrier fixant un nouveau délai d'un mois pour la production du justificatif. En l'absence de réponse, les droits de M. B à cette prestation ont été suspendus. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que ce dernier a été averti à plusieurs reprises de la nécessité de respecter les délais qui lui étaient assignés pour produire le document manquant pour l'étude de son droit au revenu de solidarité active. Pour contester cette décision, le requérant se borne à indiquer qu'il remplit les conditions prévues aux articles L. 262-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles pour l'attribution de cette allocation, au titre de la période considérée. Ce faisant, il ne conteste pas le motif invoqué par le département du Var selon lequel il n'a pas fourni de dossier complet dans le cadre de sa demande de RSA. Ainsi, son moyen est sans portée utile au regard du motif qui fonde la décision attaquée. Enfin, le requérant ne se prévaut pas d'un cas de force majeure, tel que prévu par les dispositions précitées de l'article L. 161-1- 4 du code de sécurité sociale.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite rejetant son recours gracieux enregistré le 16 décembre 2020.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que le département du Var qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance supporte la charge des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département du Var.
Copie pour information à la caisse d'allocations familiales du Var et au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le magistrat désigné
Signé :
D. RIFFARD
La greffière
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026