lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101385 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FEAT SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) PJP Holding, représentée par Me Peltier-Féat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière au regard des dispositions du 1° du I de l'article L. 59 A du livre des procédures fiscales car l'administration n'a pas saisi la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires concernant la taxe sur la valeur ajoutée collectée ;
- pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2014, les rappels de taxe sur la valeur ajoutée ne sont pas fondés car les flux financiers provenant des sociétés La Ponche et Sol y Sombra ne constituent pas des revenus ;
- pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2015, les rappels sont infondés car, d'une part, la vente immobilière n'était pas assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée et, d'autre part, le coût des travaux effectués sur cet immeuble aurait dû être admis en déduction ;
- les droits pénalisables doivent être réduits du montant du crédit non remboursé à la date de clôture et la pénalité de 40 % réduite.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2021, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer, conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance pour un montant de 1 784 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle fait valoir que :
- un dégrèvement a été prononcé pour un montant de 1 784 euros ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2023 :
- le rapport de M. Cros ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Peltier-Féat pour la SARL PJP Holding.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL PJP Holding, qui exerce une activité d'achat et de revente de biens immobiliers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle, par une proposition de rectification du 12 décembre 2017, l'administration lui a notifié, selon la procédure contradictoire, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. Sa réclamation a été rejetée sur ce point par une décision du 4 février 2021. Elle demande au tribunal de prononcer la décharge de ces rappels, en droits et pénalités.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 25 octobre 2021 postérieure à l'introduction de la requête, l'administration a prononcé le dégrèvement partiel en droits et pénalités, à concurrence d'une somme de 1 784 euros, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui ont été réclamés à la SARL PJP Holding pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014. Dès lors, les conclusions de la requérante tendant à la décharge de l'imposition litigieuse sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article 1651 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à la procédure d'imposition en litige : " Il est institué, dans le ressort de chaque tribunal administratif, une commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires () ". Aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis () de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts () ". Aux termes de l'article L. 59 A du même livre : " I.-La commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires intervient lorsque le désaccord porte : / 1° Sur le montant du résultat industriel et commercial, non commercial, agricole ou du chiffre d'affaires, déterminé selon un mode réel d'imposition ; / () II.-Dans les domaines mentionnés au I, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires peut, sans trancher une question de droit, se prononcer sur les faits susceptibles d'être pris en compte pour l'examen de cette question de droit. / Par dérogation aux dispositions du premier alinéa, la commission peut se prononcer () sur le caractère de charges déductibles des travaux immobiliers ". Aux termes de l'article R. 59-1 du même livre : " Le contribuable dispose d'un délai de trente jours à compter de la réception de la réponse de l'administration à ses observations pour présenter la demande prévue au premier alinéa de l'article L. 59 () ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'administration n'est tenue, à peine d'irrégularité de la procédure d'imposition, de donner suite à une demande, formulée par le contribuable dans le délai de trente jours à compter de la réception de la réponse de l'administration à ses observations, tendant à la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires que lorsque persiste entre elle-même et le contribuable, à cette étape de la procédure, un désaccord entrant dans le champ de compétence de cette commission.
5. La SARL PJP Holding soutient que la procédure d'imposition serait irrégulière à défaut de saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires sur le différend l'opposant au service en matière de taxe sur la valeur ajoutée collectée. Toutefois, il ressort de la proposition de rectification du 12 décembre 2017 et de la réponse aux observations du contribuable du 2 mai 2018 que le désaccord en matière de taxe sur la valeur ajoutée collectée portait sur la soumission à cette taxe, d'une part, du produit de la vente par la requérante d'un bien immobilier et, d'autre part, de recettes perçues auprès de sociétés tierces. La question de savoir si ces sommes sont imposables à la taxe sur la valeur ajoutée est une question de droit qui n'entre pas dans le champ de compétence de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine de cette commission est inopérant. En tout état de cause, il résulte de l'instruction qu'à la suite de la réception de la lettre du 2 mai 2018 portant réponse à ses observations, la société a demandé au service, par un courrier du 22 mai suivant, de saisir à la fois l'inspecteur principal, l'interlocuteur départemental et la commission précitée. Ainsi que le soutient l'administration sans être contredite, la requérante a rencontré l'inspecteur principal et l'interlocuteur départemental avant la saisine de cette commission et, à l'occasion de ces deux recours hiérarchiques, n'a pas contesté les rappels liés à la taxe sur la valeur ajoutée collectée, ainsi qu'il ressort des comptes rendus d'entretien établis respectivement le 8 juin 2018 par l'inspecteur principal des finances publiques et le 9 novembre 2018 par l'interlocuteur départemental. Dans ces conditions, à défaut d'avoir maintenu sa contestation relative à la taxe sur la valeur ajoutée collectée devant les supérieurs hiérarchiques du vérificateur, la SARL PJP Holding n'est pas fondée à soutenir qu'un désaccord persistait en la matière, au sens des dispositions de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales. Dès lors, l'administration n'a pas entaché la procédure d'irrégularité en s'abstenant de saisir sur ce point la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 :
6. En se bornant à alléguer que les flux financiers provenant des sociétés La Ponche et Sol y Sombra ne sont pas des revenus et qu'elle " poursuit ses recherches " pour en justifier, la requérante n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
S'agissant de la période du 1er janvier au 31 décembre 2015 :
7. En premier lieu, la SARL PJP Holding soutient que la vente immobilière réalisée en 2015 n'était pas soumise à la taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elle n'a pas porté sur un immeuble neuf, que l'acte authentique de vente est entaché d'une erreur matérielle et que les deux tiers des six éléments du second œuvre n'ont pas été modifiés en l'absence de planchers non porteurs. Toutefois, la requérante n'indique pas quelles dispositions législatives ou réglementaires auraient été méconnues par le service, ne produit pas l'acte de vente en cause et n'explique pas en quoi l'absence de modification des deux tiers des six éléments du second œuvre serait de nature à avoir une incidence sur l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, ce moyen imprécis en droit comme en fait ne peut qu'être écarté.
8. En second lieu, la SARL PJP Holding soutient que la somme de 37 583 euros, correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée relative aux travaux qui ont été réalisés sur l'immeuble cédé, devrait être déduite de la taxe sur la valeur ajoutée collectée. Toutefois, la requérante ne précise ni les dispositions sur lesquelles elle se fonde ni la nature des travaux en cause. Une telle déductibilité n'est pas démontrée. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
En ce qui concerne les pénalités :
9. La requérante se borne à alléguer que " les droits pénalisables doivent être réduits du montant du crédit non remboursé à la date de clôture et la pénalité de 40 % réduite ". Ce moyen n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
10. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions à fin de décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux et des pénalités correspondantes doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la SARL PJP Holding.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SARL PJP Holding, à concurrence de la somme de 1 784 euros, correspondant au dégrèvement partiel mentionné au point 2 du présent jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL PJP Holding est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée PJP Holding et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026