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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2101399

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2101399

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2101399
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantDEBARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 mai 2021 et le 22 juin 2022, M. A B, représenté par Me Debard, demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 23 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a notamment prononcé l'invalidation de son permis de conduire ; 2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son permis de conduire affecté de l'ensemble des points irrégulièrement retirés, dès le jugement à intervenir ; 3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; 4°) de condamner l'État aux dépens. Il soutient que : - la décision attaquée est entachée d'incompétence de son autrice ; - les décisions de retrait de points consécutives aux infractions qu'il a commises sont entachées d'un défaut d'information préalable ; - les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises le 29 mai 2020 à 16h05, 16h10 et 16h15, méconnaissent l'article R. 223-2 du code la route, en tant que les points retirés sont supérieurs à 8 dès lors qu'elles ont été commises simultanément. Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés. Par une ordonnance du 27 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 janvier 2023. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de procédure pénale ; - le code de la route ; - le code de justice administrative. La présidente du tribunal a désigné M. Kiecken pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative. Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1, sous 1°, du code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de M. Kiecken, magistrat délégué, a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit : 1. Par une décision référencée " 48 SI " du 23 mars 2021, le ministre de l'intérieur a notamment retiré 3 points du permis de conduire de M. B, prononcé l'invalidation de son permis de conduire et rappelé à l'intéressé les retraits de points consécutifs aux infractions commises le 29 mai 2020 à 16h05, 16h10 et 16h15. Sur la compétence de l'autrice de la décision attaquée : 2. Il résulte en tout état de cause de l'instruction, notamment de la décision du 3 mai 2017 portant délégation de signature à la délégation à la sécurité routière, régulièrement publiée au Journal officiel de la République française (JORF) le 6 mai 2017, et de la décision du 28 janvier 2020 la modifiant, régulièrement publiée au JORF le 31 janvier 2020, que Mme Carolyne Charlet, conseillère d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, cheffe du bureau national des droits à conduire, disposait d'une délégation de signature à l'effet de signer la décision attaquée. Le moyen tiré de son incompétence manque donc en fait et doit dès lors être écarté. Sur l'information délivrée au titulaire du permis de conduire : 3. L'article L. 223-1 du code de la route prévoit : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ". L'article L. 223-3, alinéas 1er et 2, du même code prévoit : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. " 4. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt ainsi le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 9 décembre 2016, n° 395893, point 5). En ce qui concerne la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 5 décembre 2019 : 5. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 19 juillet 2017, n° 393102). 6. Il résulte de l'instruction que cette infraction a fait l'objet d'un procès-verbal dressé à l'aide d'appareils électroniques le 5 décembre 2019, et revêtu de la signature de M. B. Le requérant doit donc être regardé comme s'étant vu régulièrement informé préalablement à la décision de retrait de points consécutive à cette infraction. Il n'est ainsi pas fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut d'information préalable. Ce moyen doit dès lors être écarté. En ce qui concerne les décisions de retrait de points consécutives aux infractions du 29 mai 2020 à 16h05, 16h10 et 16h15 : 7. Le ministre de l'intérieur fait valoir, sans être contesté, que M. B a acquitté le produit des amendes forfaitaires correspondant à ces infractions. Le requérant n'apporte ainsi aucun élément de nature à démontrer qu'il n'aurait donc pas reçu les informations requises. Ce moyen doit dès lors être écarté (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 12 février 2016, n° 393236, point 3). Sur le caractère simultané des infractions du 29 mai 2020 à 16h05, 16h10 et 16h15 : 8. L'article L. 223-2 du code de la route prévoit : " I. - Pour les délits, le retrait de points est égal à la moitié du nombre maximal de points. / II. - Pour les contraventions, le retrait de points est, au plus, égal à la moitié du nombre maximal de points. / III. - Dans le cas où plusieurs infractions entraînant retrait de points sont commises simultanément, les retraits de points se cumulent dans la limite des deux tiers du nombre maximal de points ". L'article R. 223-2 même prévoit : " Dans le cas où plusieurs infractions entraînant retrait de points sont commises simultanément, les retraits de points se cumulent dans la limite de huit points. " 9. Le plafonnement du retrait de points institué par ces dispositions ne s'applique qu'en cas d'infractions commises simultanément et non successivement (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 20 juin 2023, n° 460902, point 5). 10. Or, il résulte de l'instruction que les infractions commises le 29 mai 2020 sont séparées de 5 minutes chacune. Elles ne peuvent donc être regardées comme ayant été commises simultanément au sens et pour l'application de l'article R. 223-2 du code de la route. Le moyen tiré de sa méconnaissance doit dès lors être écarté. 11. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article R. 761-1 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D É C I D E :Article 1er : La requête de M. B est rejetée. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Monsieur A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Délibéré après l'audience du 2 mars 2023.Rendu public par mise à disposition au greffe le 06 juillet 2023.Le magistrat délégué, SignéA. KIECKEN La greffière, Signé A. CAILLEAUXLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière.2N° 2101399

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