mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101711 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre - Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2021, M. C E, M. H E, Mme D E épouse G, et M. F E, en leur qualité d'héritiers de M. A E, demandent au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre des années 2018, 2019 et 2020 à raison d'un bien entrant dans la succession.
Ils soutiennent que :
- le bien litigieux sis rue Espanet à Toulon est rentré dans la succession avec une évaluation nulle en raison du prêt viager hypothécaire contracté par M. A E auprès du crédit foncier de France (CFF), le 27 avril 2012, pour un montant de 145 600 euros ;
- ce bien avait été évalué à 280 000 euros alors qu'il n'en valait que 120 000 euros ;
- au regard du principe du droit de propriété, l'usus, le fructus et l'abusus, le crédit foncier de France doit être considéré comme le seul propriétaire sur la période considérée ; il a d'ailleurs exercé son droit de vente de l'immeuble qui est intervenu à sa demande par adjudication publié le 13 février 2020.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Hamon pour exercer les fonctions de magistrat prévues par les dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Hamon, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 22 avril 2024 lors de laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Les consorts E ont été imposés à la taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2018, 2019 et 2020 au titre d'un bien sis rue Espanet sur la commune de Toulon. Leur réclamation en date du 21 janvier 2021 ayant été rejetée le 29 avril 2021 par l'administration fiscale, les requérants demandent au tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Selon l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " I.- La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".
3. Pour demander la décharge de la cotisation de la taxe foncière, les consorts E, soutiennent qu'ils n'étaient pas les propriétaires du bien sur la période de l'imposition contestée. Toutefois, par un acte notarié de succession établi le 28 mai 2018, M. C E, M. H E, Mme D E épouse G, et M. F E ont accepté la succession de M. A E décédé le 14 août 2017 et de Mme B E décédée le 8 février 2018. Il résulte de l'instruction que la maison de ville élevée de deux étages sis rue Espanet, quartier Pont du Las à Toulon cadastré section CX n° 284, objet de l'imposition contesté, fait partie intégrante de la succession acceptée par les requérants lesquels sont devenus les propriétaires dudit bien par l'acte notarié de succession précité établi le 28 mai 2018. Au demeurant, dans le cadre d'une procédure de saisie immobilière opposant le crédit foncier de France aux consorts E, la chambre de l'exécution du tribunal de grande instance de Toulon, a ordonné, le 14 novembre 2019, en présence des consorts E, pris en leur qualité d'héritiers de M. A E et propriétaires de l'immeuble litigieux, à la vente forcée de ce dernier. En outre, il a été également rappelé dans le jugement d'adjudication que M. A E, débiteur de la SA crédit foncier de France, étant décédé, le commandement à payer avait été délivré à sa succession composée de M. C E, M. H E, Mme D E épouse G, et M. F E. Si les requérants se prévalent sommairement du principe du droit de propriété, l'usus, le fructus et l'abusus, qui ferait selon eux de la SA crédit foncier de France le véritable propriétaire du bien en litige, ils n'apportent aucun élément de nature à remettre en cause l'acte notarié de succession établi le 28 mai 2018, par lequel ils ont accepté la succession de M. A E décédé le 14 août 2017, devenant ainsi les propriétaires de l'immeuble objet de l'imposition contestée. Par suite, compte tenu de ces éléments, les consorts E ne peuvent sérieusement soutenir qu'ils ne peuvent être regardés comme les propriétaires du bien litigieux durant la période sur laquelle ils ont été assujettis à la cotisation de taxe foncière.
4. Si les requérants soutiennent également que ce bien avait été évalué à 280 000 euros alors qu'il n'en valait que 120 000 euros, ce moyen qui n'est pas de nature à remettre en cause leur assujettissement à la taxe foncière contestée, doit être écarté comme inopérant.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions des consorts E tendant à la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre des années 2018, 2019 et 2020 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, M. H E, Mme D E épouse G, M. F E et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
L. HAMON
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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