lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101789 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CANIS LE VAILLANT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Forgest, représentée par Me Canis, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière car l'administration a procédé à une double vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2014 au regard de la taxe sur la valeur ajoutée, en violation des dispositions de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales ;
- la majoration de 40 % pour manquement délibéré appliquée par l'administration au titre des dispositions du a de l'article 1729 du code général des impôts est infondée dès lors qu'elle a déposé ses déclarations relatives à la taxe sur la valeur ajoutée pour la période d'octobre à décembre 2014 avant d'avoir connaissance des conséquences du précédent contrôle.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2021, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2023 :
- le rapport de M. Cros ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Canis pour la SAS Forgest.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Forgest, alors dénommée Forum Intérim Group et exerçant l'activité d'agence de travail temporaire, a fait l'objet à compter du 10 avril 2017 d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration, mettant en œuvre la procédure de taxation d'office en application des dispositions du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales au motif de l'absence ou du retard de dépôt des déclarations qu'elle était tenue de souscrire, lui a notifié, par une proposition de rectification du 12 décembre 2017, un rappel de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014. Sa réclamation ayant été rejetée le 25 mai 2021, elle demande au tribunal de prononcer la décharge de ce rappel et des pénalités correspondantes, pour un montant total de 24 952 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à la présente procédure : " Lorsque la vérification de comptabilité ou l'examen de comptabilité, pour une période déterminée, au regard d'un impôt ou d'une taxe ou d'un groupe d'impôts ou de taxes, est achevé, l'administration ne peut procéder à une vérification de comptabilité ou à un examen de comptabilité de ces mêmes écritures au regard des mêmes impôts ou taxes et pour la même période. / Toutefois, il est fait exception à cette règle : / () 2° Dans les cas prévus à l'article L. 176 en matière de taxes sur le chiffre d'affaires () ". Selon l'article L. 176 du même code, dans sa rédaction applicable à la présente procédure : " Pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts () ".
3. Ces dispositions permettent à l'administration de comprendre dans une nouvelle vérification de comptabilité, même si cela déroge aux prescriptions de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales, une fraction de période d'imposition à la taxe sur la valeur ajoutée ayant déjà fait l'objet d'une vérification, dès lors que cette fraction se trouve incluse dans un exercice qui se situe à l'intérieur du délai de répétition prévu à l'article L. 176 du même livre.
4. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la SAS Forgest avait fait l'objet du 29 décembre 2014 au 23 janvier 2015 d'une première vérification de comptabilité en matière de taxe sur la valeur ajoutée portant sur la période du 1er janvier 2012 au 30 septembre 2014 et, d'autre part, que le rappel litigieux de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014 a été établi à la suite d'une seconde vérification de comptabilité, mise en œuvre pendant l'année 2017, portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. La SAS Forgest soutient qu'une telle procédure est irrégulière car la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2014 a ainsi fait l'objet d'une double vérification de comptabilité prohibée par l'article L. 51 du livre des procédures fiscales. Toutefois, la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2014 se situait, au moment de la seconde vérification de comptabilité, à l'intérieur du délai de reprise prévu à l'article L. 176 du même livre, qui s'achevait le 31 décembre 2017. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions combinées de ces deux articles que l'administration a inclus dans la seconde vérification cette période qui avait déjà été précédemment vérifiée. Enfin, la requérante ne peut utilement invoquer l'illégalité et, par suite, l'inopposabilité de la doctrine administrative BOI-CF-PGR-20-40 n° 140, dès lors que la possibilité pour l'administration de soumettre la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2014 à la seconde vérification de comptabilité résultait de la loi fiscale elle-même. Il s'ensuit que la procédure d'imposition n'est pas entachée d'irrégularité sur ce point.
En ce qui concerne la majoration :
5. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
6. La SAS Forgest soutient que c'est à tort que, pour appliquer la majoration pour manquement délibéré prévue par les dispositions précitées, le service s'est fondé sur la circonstance qu'elle n'avait pas tenu compte des conséquences de la précédente vérification de comptabilité menée entre décembre 2014 et janvier 2015 et qui avait abouti à des rectifications de même nature, alors qu'elle a déposé ses déclarations de taxe sur la valeur ajoutée relatives aux mois d'octobre à décembre 2014 avant de recevoir la proposition de rectification résultant de ce précédent contrôle. Toutefois, d'une part, il ressort de la proposition de rectification du 12 décembre 2017 que la majoration contestée est d'abord fondée sur le fait que les montants des opérations passibles de la taxe sur la valeur ajoutée mentionnés dans les déclarations déposées par la SAS Forgest pendant l'exercice 2014 ont été minorés dans des proportions suffisamment significatives et en violation de principes de droit fiscal suffisamment connus des contribuables, pour que la société requérante soit regardée comme ne pouvant ignorer qu'elle commettait un manquement conduisant à éluder l'impôt. Ce premier motif n'est pas contredit par la SAS Forgest. D'autre part, si l'administration ne conteste pas que la proposition de rectification résultant du précédent contrôle a été adressée à la société le 11 février 2015, soit postérieurement au dépôt par cette dernière de ses déclarations relatives aux mois d'octobre à décembre 2014, elle fait valoir sans être contredite que la dernière de ces déclarations, relative au mois de décembre 2014, a été déposée après la tenue de la réunion de synthèse du débat oral et contradictoire à l'occasion de laquelle les manquements reprochés avaient nécessairement été évoqués, et qu'en outre, la société s'est abstenue, alors qu'elle en avait la faculté, de déposer des déclarations rectificatives après la réception de la proposition de rectification du 11 février 2015. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la majoration de 40 % pour manquement délibéré serait infondée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Forgest n'est pas fondée à demander la décharge des rappels litigieux, en droits comme en pénalités.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la SAS Forgest.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Forgest est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Forgest et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026