lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102297 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FEAT SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 août 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) PJP Holding, représentée par Me Peltier-Féat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2010 et 2011 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2011 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le rappel de taxe sur la valeur ajoutée est infondé dès lors que la taxe déduite par anticipation en 2011 a été régularisée et n'a pas pu être déduite au titre de 2012, de sorte qu'elle présente un caractère déductible au titre de 2011 en application du 1 du I de l'article 271 et du c du 2 de l'article 269 du code général des impôts ;
- la rectification en matière d'impôt sur les sociétés est infondée dès lors, d'une part, que la facture du 26 février 2010 de la SARL PJP Holding à la société Cosmogen a été annulée sous forme d'avoir le 14 avril 2010 et, d'autre part, que la somme de 149 500 créditée le 6 juillet 2010 sur le compte courant d'associé de la gérante de la SARL PJP Holding résulte d'une simple erreur comptable et constitue un prêt à long terme au profit de la société Cosmogen, de sorte qu'elle ne saurait être réintégrée à l'exercice 2010.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 février 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable car la réclamation était tardive au regard des délais prévus par les dispositions combinées des articles R. 196-1 et R. 196-3 du livre des procédures fiscales ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2023 :
- le rapport de M. Cros ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Peltier-Féat pour la SARL PJP Holding.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL PJP Holding, qui exerce une activité de marchand de biens et réalise des travaux de rénovation confiés en sous-traitance, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration lui a notifié, par une proposition de rectification du 8 août 2013, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos les 31 décembre 2010 et 31 décembre 2011 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2011, selon la procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales sauf concernant l'impôt sur les sociétés relatif à l'exercice 2011 pour lequel la procédure de rectification contradictoire a été appliquée. Sa réclamation du 10 juillet 2017 ayant été rejetée par une décision du 24 juin 2021, la requérante demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de ces suppléments d'imposition.
2. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial () de la direction générale des finances publiques () dont dépend le lieu de l'imposition () ". Selon l'article R. 196-1 de ce livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) () de la notification d'un avis de mise en recouvrement () ". L'article R. 196-3 du même livre dispose que : " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations ". Aux termes de l'article L. 169 dudit livre : " Pour () l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due () ". Selon l'article L. 176 du livre précité : " Pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts () ". Le premier alinéa de l'article L. 189 du même livre précise que : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun ". Enfin, l'article R. 421-5 du code de justice administrative dispose en outre que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable qui a fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification dispose, pour présenter ses propres réclamations, d'un délai égal à celui fixé à l'administration pour établir l'impôt. Ce délai expire, s'agissant de l'impôt sur les sociétés, le 31 décembre de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la proposition de rectification lui a été régulièrement notifiée. Il en va de même s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée. La notification postérieure de la mise en recouvrement des impositions en cause n'a pas d'incidence sur ce délai.
4. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue de la procédure de rectification dont elle a fait l'objet, la SARL PJP Holding s'est vue régulièrement notifier le 12 août 2013 une proposition de rectification datée du 8 août précédent, à laquelle elle a répondu par des observations datées du 11 octobre suivant. Dès lors, le délai spécial de réclamation prévu à l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales expirait, aussi bien en matière d'impôt sur les sociétés que de taxe sur la valeur ajoutée, le 31 décembre 2016. Par ailleurs, les impositions supplémentaires en litige ont fait l'objet de deux avis de mise en recouvrement du 28 janvier 2014 qui ont été régulièrement notifiés à la SARL PJP Holding le 30 janvier 2014 avec la mention des voies et délais de recours, de sorte que le délai général de réclamation prévu à l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, à le supposer applicable, expirait également le 31 décembre 2016. La SARL PJP Holding n'a présenté sa réclamation que par un courrier daté du 10 juillet 2017 reçu par l'administration le lendemain. Il s'ensuit que cette réclamation était tardive au regard des délais impartis par les dispositions précitées. Dans ces conditions, le directeur départemental des finances publiques du Var est fondé à soutenir que la requête est irrecevable.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les moyens soulevés, que la requête de la SARL PJP Holding doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL PJP Holding est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée PJP Holding et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026