LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2102441

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2102441

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2102441
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantBAKER & MCKENZIE SCP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2021, la société anonyme (SA) Leroy Merlin France, représentée par le cabinet Baker et McKenzie agissant par Me Eric Meier, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 et 2020 pour ses locaux situés au 9001, 9003, 9004 rue des Commandos d'Afrique, ainsi qu'au 5001F rue Descartes sur le territoire de la commune de La Valette-du-Var, ainsi que la restitution des sommes en cause ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le montant de la redevance de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères doit être fixé proportionnellement à l'importance du service rendu ; dans ce cadre, le coût du service de la collecte et du traitement des déchets ménagers et non ménagers doit être financé dans son intégralité de manière indépendante du financement du service d élimination des déchets ménagers lorsqu'une redevance spéciale a été instituée ;

- en l'espèce, il y a lieu de retirer du coût du service d'enlèvement et de traitement des ordures ménagères celui issu des déchets non ménagers dont le volume peut être estimé à 20% du gisement total ; de ce fait, l'excédent des recettes non fiscales par rapport au coût du service de collecte et de traitement des ordures ménagères est de 21.91 % pour 2019 et de 28,11 % pour 2020 ;

- le produit de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, excède donc largement le besoin de financement du service de collecte et de traitement des déchets ;

- les délibérations fixant pour 2019 et 2020 le taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et illégales en ce qu'elles méconnaissent les dispositions de l'article 1520 du code général des impôts dès lors que le produit de la taxe est manifestement disproportionné au regard du coût du service diminué des recettes non fiscales affectées à ce service ;

- par voie d'exception d'illégalité de ces délibérations, elle est fondée à demander la décharge de l'imposition en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré 8 février 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SA Leroy Merlin France, propriétaire de locaux situés au 9001, 9003, 9004 rue des Commandos d'Afrique, ainsi qu'au 5001F rue Descartes, sur le territoire de la commune de La Valette-du-Var a été assujettie à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères au titre des années 2019 et 2020, pour un montant total de 101 747 euros, frais de gestion compris. Pour solliciter la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères en litige, la société requérante soutient, par voie d'exception, que les délibérations fixant le taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à 8,05 % pour les années 2019 et 2020 sont illégales en raison d'une disproportion manifeste du taux et du produit de la taxe par rapport aux dépenses nécessaires à l'exploitation du service. Sa réclamation du 29 décembre 2020 par laquelle elle a contesté la taxe mise à sa charge ayant été rejetée par l'administration fiscale le 9 juillet 2021, la société requérante demande au tribunal de prononcer la décharge de ladite taxe.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes du I de l'article 1520 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service de collecte et de traitement des déchets ménagers et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales ainsi qu'aux dépenses directement liées à la définition et aux évaluations du programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés mentionné à l'article L. 541-15-1 du code de l'environnement, dans la mesure où celles-ci ne sont pas couvertes par des recettes ordinaires n'ayant pas le caractère fiscal. / Les dépenses du service de collecte et de traitement des déchets mentionnées au premier alinéa du présent I comprennent : 1° Les dépenses réelles de fonctionnement ; 2° Les dépenses d'ordre de fonctionnement au titre des dotations aux amortissements des immobilisations lorsque, pour un investissement, la taxe n'a pas pourvu aux dépenses réelles d'investissement correspondantes, au titre de la même année ou d'une année antérieure ; 3° Les dépenses réelles d'investissement lorsque, pour un investissement, la taxe n'a pas pourvu aux dépenses d'ordre de fonctionnement constituées des dotations aux amortissements des immobilisations correspondantes, au titre de la même année ou d'une année antérieure. () ". Aux termes du 1 du VI de l'article 1379-0 bis du même code : " Sont substitués aux communes pour l'application des dispositions relatives à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères : () Les métropoles () ". Les déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales s'entendent des déchets non ménagers que ces collectivités peuvent, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, collecter et traiter sans sujétions techniques particulières. Aux termes de l'article L. 2333-78 de ce code : " Les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les syndicats mixtes peuvent instituer une redevance spéciale afin de financer la collecte et le traitement des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14. () ".

3. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères n'a pas le caractère d'un prélèvement opéré sur les contribuables en vue de pourvoir à l'ensemble des dépenses budgétaires, mais a exclusivement pour objet de couvrir les dépenses exposées par la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent pour assurer l'enlèvement et le traitement des ordures ménagères et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales et non couvertes par des recettes non fiscales affectées à ces opérations. Il s'ensuit que le produit de cette taxe et, par voie de conséquence, son taux, ne doivent pas être manifestement disproportionnés par rapport au montant des dépenses exposées pour la collecte et le traitement des déchets ménagers comme des déchets non ménagers, déduction faite, le cas échéant, du montant des recettes non fiscales de la section de fonctionnement, telles qu'elles sont définies par les articles L. 2331-2 et L. 2331-4 du même code, relatives à ces opérations. Les subventions d'équilibres versées depuis le budget général de la collectivité compétente vers le budget annexe retraçant les dépenses et recettes du service de traitement des déchets pour éviter que la section de fonctionnement de ce budget annexe ne soit en déficit ne sont pas au nombre, eu égard à leur nature et alors même qu'elles seraient versées au cours de plusieurs années consécutives, de ces recettes non fiscales.

4. Il résulte des dispositions rappelées au point 2 que le législateur a entendu permettre aux communes et aux établissements publics de coopération intercommunale compétents, à compter du 1er janvier 2016, de couvrir les dépenses exposées pour la collecte et le traitement des déchets non ménagers mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales au moyen, concurremment, du produit de la redevance spéciale de l'article L. 2333-78 du même code et, en tant que de besoin, du produit de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Dans ces conditions, l'institution de cette redevance spéciale n'implique pas nécessairement que son produit finance la totalité des dépenses de collecte et de traitement des déchets non ménagers, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pouvant également pourvoir au financement de ces dépenses pour leur part non couvertes par cette redevance ou d'autres recettes non fiscales. Par suite, pour apprécier le caractère non manifestement disproportionné du taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères fixé pour les années en litige, il y a lieu, d'une part, d'inclure le produit attendu de la redevance spéciale dans les recettes non fiscales devant être déduites du montant des dépenses exposées pour la collecte et le traitement des déchets ménagers comme des déchets non ménagers, d'autre part, de prendre en compte toutes les dépenses de fonctionnement réelles exposées pour le service public de collecte et de traitement des déchets ménagers et des déchets non ménagers mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que pour l'appréciation du caractère manifestement disproportionné ou non du taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, il y a lieu de soustraire du coût du service un montant forfaitaire de 20 % correspondant au volume des déchets non ménagers traité par les collectivités territoriales.

5. Ainsi, alors qu'il n'y a pas lieu de soustraire du coût du service, comme opéré à tort par la société requérante, un montant forfaitaire de 20 % correspondant selon elle au volume des déchets non ménagers traité, il ressort des données des budgets primitifs 2019 et 2020 produits à l'instance et des propres éléments de calculs de la société Leroy Merlin que le montant des recettes issues de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour l'année 2019 est en dessous de - 2,85 % de celui des dépenses non couvertes par les recettes non fiscales et par la redevance spéciale et excède de + 2,24 % celui des dépenses pour l'année 2020. Ainsi contrairement à ce que soutient la requérante, le produit attendu de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour les années 2019 et 2020 n'excède pas de manière disproportionnée le montant des dépenses que cette taxe a vocation à couvrir.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à se prévaloir du caractère manifestement excessif du taux de 8,05 % de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, voté au titre des années 2019 et 2020, pour demander la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle elle a été assujettie au titre de ces mêmes années à raison des immeubles litigieux.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par la société requérante doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SA Leroy Merlin France est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Leroy Merlin France et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.

Le magistrat désigné,

signé

L. A

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions