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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2102587

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2102587

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2102587
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantBANERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 septembre 2021 et le 25 septembre 2023, la société GRDF, représentée par Me Banere, demande au tribunal : 1°) de condamner la société Vinire à lui payer la somme de 18 043,51 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'endommagement d'un ouvrage du réseau de gaz ; 2°) de mettre à la charge la société Vinire une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; Elle soutient que : - les travaux à l'origine des dommages ont le caractère de travaux publics ; - la matérialité des faits et l'existence d'un lien de causalité sont établis. Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2023, la société Vinire, représentée par Me Misserey, conclut : 1°) au rejet de la requête ; 2°) à la mise à la charge de la société requérante d'une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; 3°) à la condamnation de la société requérante aux entiers dépens. Par une ordonnance du 20 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 novembre 2023. Vu les autres pièces du dossier. Vu le code de justice administrative. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Karbal, conseiller, - et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public. Considérant ce qui suit : 1. En septembre 2020, la commune du Cannet-des-Maures a mandaté la société Vinire pour mener une mission d'études du sol pour la réfection d'un mur de soutènement d'une voirie, sise Chemin du Bouillidou situé sur le territoire de la commune, suite à l'éboulement du mur. Après avoir déposé la déclaration de travaux (DT) et la déclaration d'intention de commencement des travaux (DICT), la société Vinire a réalisé deux sondages pressiométriques en bordure de voirie les 2 et 3 novembre 2020. Ces travaux de forage ont endommagé un ouvrage de gaz de la société GRDF. S'estimant victime de dommages de travaux publics du fait de cet accident, la société GRDF a présenté des demandes de réparation à la société Vinire. Face au silence gardé par la société sur cette demande, elle a saisi le tribunal du présent recours. Sur les conclusions indemnitaires : En ce qui concerne la responsabilité : 2. Le maître de l'ouvrage est responsable vis-à-vis des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 28 mai 1971, n° 76216). 3. D'une part, les travaux de forage réalisés dans le cadre d'une mission confiée à la société Vinire par la commune du Cannet-des-Maures doivent être regardés comme des travaux publics, à l'égard desquels la société GDRF a la qualité de tiers. 4. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du constat contradictoire établit le 3 novembre 2020, que les travaux de forage réalisés le même jour ont endommagé une canalisation de gaz, laquelle a été sectionnée ce qui a conduit à une perte de fluide et à une interruption du service pour quatre cent cinquante clients, et nécessité, en urgence, l'intervention de la société GRDF pour mettre fin aux désordres. 5. Dans ces conditions, et alors même que la société Vinire n'aurait pas commis de faute, elle est responsable des dommages de travaux publics causés à la société GRDF. En ce qui concerne les préjudices : 6. Les dommages de travaux publics présentant un caractère accidentel ouvrent droit à réparation, même en l'absence de caractère grave et spécial des préjudices (voir en ce sens, arrêt du Conseil d'État du 10 mai 2019, n° 411961, point 2). 7. Il résulte de l'instruction, notamment du constat contradictoire et de la documentation photographique communiquée, et non contestée, que la société GRDF a dû intervenir, en urgence, dès la survenance du sinistre et a mobilisé pendant deux jours des salariés pour assurer la mise en sécurité du réseau et de ses utilisateurs, et la remise en service des nombreux clients impactés par ce sinistre. Il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice, eu égard à la facture dont la pertinence n'est pas sérieusement remise en cause en défense, en l'évaluant à la somme de 18 043,51 euros. 8. Il résulte de ce qui précède que la société GRDF est fondée à demander la condamnation de la société Vinire à lui verser une indemnité d'un montant de 18 043,51 euros. Sur les frais liés au litige : 9. En premier lieu, la présente instance n'ayant pas donné lieu à des dépens, les conclusions de chaque partie tendant à la condamnation aux dépens doivent être rejetées. 10. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Vinire la somme de 2 000 euros à verser à la société GRDF, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Vinire au même titre. D É C I D E :Article 1er : La société Vinire versera la somme de 18 043,51 euros à la société GRDF. Article 2 : La société Vinire versera une somme de 2 000 euros à la société GRDF, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté. Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société GRDF et à la société Vinire.Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :M. Harang, président, M. Karbal, conseiller,M. Helayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024. Le rapporteur,SignéZ. KARBAL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière, SignéF. POUPLYLa République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière 2N° 2102587

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