lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102596 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CUNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2021, et un mémoire, enregistré le 11 avril 2022, M. C B, représenté par Me Cuny, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de rejet de sa réclamation préalable prise par l'administration fiscale le 16 juillet 2021 ;
2°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
S'agissant des sommes portées au crédit de son compte courant d'associé dans les écritures de la société à responsabilité limitée (SARL) Le Selevan :
- la somme de 22 000 euros créditée le 31 décembre 2016 a fait l'objet d'une régularisation ; elle a été comptabilisée en rémunération et il a bien été imposé à l'impôt sur le revenu à ce titre ;
- la somme de 318 euros créditée le 17 novembre 2016 correspond à une avance de sa part dans le cadre d'un déplacement en train effectué pour le compte de la société ;
- la somme de 5 000 euros créditée le 19 novembre 2016 correspond à des revenus fonciers versés par la société civile immobilière (SCI) Jean Nico Immo Resto qu'il a régulièrement déclarés au titre de ses revenus ;
- la somme de 3 000 euros créditée le 24 novembre 2016 a été précédée le 21 novembre 2016 d'un virement de la SARL Le Selevan à la SCI Jean Nico Immo Resto ; ce montant correspond au paiement d'un loyer ;
- la somme de 4 500 euros créditée le 19 novembre 2016 a été virée en provenance de son propre compte bancaire ;
- la somme de 2 163,17 euros créditée le 31 décembre 2016 correspond à un prêt aux salariés ;
- la somme de 45 168,75 euros correspond aux reversements des recettes issues de chèques et tickets " restaurant " encaissées par le snack La Pinède pour le compte de la SARL Le Selevan ; cette somme a bien été déclarée en tant que chiffre d'affaires de sorte que la taxe sur la valeur ajoutée correspondante a bien été acquittée ; cette situation résultait d'une erreur du comptable dont il n'a pas été informé;
S'agissant des pénalités pour manquement délibéré :
- il ignorait que les recettes issues des tickets " restaurant " transitaient par son compte courant d'associé ;
- le service présume sa mauvaise fois sans la démontrer.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 janvier 2022 et 12 mai 2022, l'administratrice générale des finances publiques, directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer, conclut au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements accordés en cours d'instance et au rejet du surplus de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle a procédé, d'une part, à un dégrèvement de 28 847 euros par un avis du 25 janvier 2022 et, d'autre part, à un dégrèvement de 5 245 euros par un avis du 11 mai 2022 ;
- pour le surplus, les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est associé gérant de la société à responsabilité limitée (SARL) Le Selevan. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017. A l'issue de ce contrôle, par une proposition de rectification en date du 15 juillet 2019, M. B a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2016 selon la procédure contradictoire. Ces impositions ont été mises en recouvrement le 31 janvier 2020 pour un montant total, en droits et pénalités, de 88 225 euros. Si M. B demande l'annulation de la décision de rejet de sa réclamation préalable, celle-ci n'a pas d'autre objet que de lier le contentieux et n'est pas détachable de la procédure d'imposition. Par suite, il doit être regardé comme demandant uniquement la décharge des impositions contestées et des pénalités y afférentes.
Sur le quantum du litige :
2. Par des avis de dégrèvement des 25 janvier 2022 et 11 mai 2022, postérieurs à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a prononcé des dégrèvements pour un montant total, en droits et pénalités, de 34 092 euros. Les conclusions du requérant sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.
Sur les des conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne les revenus distribués :
3. Aux termes du 1 de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ". Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont, sauf preuve contraire, à la disposition de cet associé, alors même que l'inscription résulterait d'une erreur comptable involontaire, et ont donc, même dans une telle hypothèse, le caractère de revenus distribués, imposables entre les mains de cet associé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Pour que l'associé échappe à cette imposition, il lui incombe de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.
4. Il résulte des mémoires en défense de l'administration et des dégrèvement accordés en cours d'instance que ne sont plus en litige les sommes suivantes portées au crédit du compte courant d'associé de M. B dans les écritures de la SARL Le Selevan : la somme de 22 000 euros créditée le 31 décembre 2016, la somme de 1 000 euros créditée le 19 novembre 2016, la somme de 4 500 euros créditée le 12 décembre 2016 et la somme de 5 000 euros créditée le 19 novembre 2016. Ainsi, seules demeurent en litige, les sommes de 3 000 euros, 318 euros, 2 163,71 euros et 45 168,75 euros créditées sur le compte courant d'associé de M. B au cours de l'année 2016. Ces dernières sommes ont été regardées par l'administration comme des revenus distribués sur le fondement des dispositions précitées du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et imposées à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
5. En premier lieu, s'agissant des sommes de 318 euros et 2 163,17 euros créditées respectivement le 17 novembre 2016 et le 31 décembre 2016 sur son compte courant d'associé au sein de la société Le Selevan, le requérant admet lui-même ne pas pouvoir produire de justificatif de nature à écarter la présomption de distribution.
6. En deuxième lieu, s'agissant de la somme de 3 000 euros créditée le 24 novembre 2016, s'il ressort d'un relevé de compte de la société civile immobilière (SCI) Jean Nico Immo Resto un virement de 3 000 euros au profit de la SARL Le Selevan le 24 novembre 2016, il n'est toutefois produit aucun élément permettant de justifier que cette somme ne correspondrait pas à la mise à disposition d'un revenu mais constituerait la transcription comptable d'une opération impliquant une contrepartie pour la société.
7. En troisième et dernier lieu, en ce qui concerne la somme globale de 45 168,75 euros portée au crédit du compte courant de M. B dans les écritures de la SARL Le Selevan au cours de l'année 2016, le requérant fait valoir que les recettes de tickets et chèques " restaurant " transitaient par la société Snack La Pinède, habilitée auprès de l'agence nationale des chèques vacances, avant d'être rétrocédées à la SARL Le Selevan. M. B expose que le comptable de l'entreprise faisait, par erreur, transiter ces sommes par son compte courant d'associé sans que l'expert-comptable ne l'ait alerté sur cette pratique. Il soutient également que ces sommes ont été déclarées dans le chiffre d'affaires de la SARL Le Selevan. Toutefois, la circonstance que ces sommes aient été inscrites au crédit du compte courant d'associé du requérant au terme d'une erreur comptable est sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition dès lors que l'intéressé n'établit pas, ni même n'allègue avoir été dans l'impossibilité de procéder, en droit ou en fait, au prélèvement de ces sommes.
8. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a imposé ces dernières sommes, au titre de l'année 2016, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
En ce qui concerne la majoration pour manquement délibéré :
9. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ". Selon l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée (), la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".
10. Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
11. Pour justifier de l'application d'une pénalité pour manquement délibéré, l'administration s'est fondée sur l'importance des sommes portées au crédit du compte courant d'associé de M. B en 2015 et 2016, situation dont ce dernier ne pouvait pas ignorer l'existence. Elle a également relevé qu'en s'abstenant de déclarer ces sommes à l'impôt sur le revenu, le requérant avait volontairement minoré ses bases imposables, ce qui constitue un manquement délibéré. Ainsi, quand bien même l'inscription des sommes au crédit du compte courant d'associé de M. B résulterait, en partie, d'une erreur comptable, l'administration justifie le caractère délibéré de l'insuffisance de déclaration et donc l'application de la majoration pour manquement délibéré.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux mis à sa charge au titre de l'année 2016. Par suite, sa requête ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris, en tout état de cause, celles tendant à condamner l'Etat aux entiers dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux présentées par M. B à hauteur de la somme de 34 092 euros correspondant aux dégrèvements prononcés en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. A et M. Martin, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026