jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102627 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CHAS |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 septembre 2021 et 21 février 2023, Mme D E et M. B C, représentés par Me Van Robays, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures : 1°) de condamner le Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer (CHITS) et son assureur à leur verser une indemnité de 193 593 euros, en réparation des préjudices subis à la suite du décès de leur fille A ; 2°) de mettre à la charge du CHITS la somme de 4 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens. Ils soutiennent que : - la responsabilité de l'hôpital est engagée sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, du fait de la faute commise ; - les préjudices doivent être indemnisés à hauteur de : - 60 000 euros au titre du préjudice d'affection ; - 50 000 euros au titre de la perte de chance ; - 20 000 euros au titre des souffrances endurées avant le décès ; - 60 000 euros au titre des souffrances endurées ; - 2 000 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ; - 1 593 euros au titre des frais d'obsèques ; - 1 500 euros au titre du remboursement des frais d'expertise. Par un mémoire, enregistré le 8 octobre 2021, la Caisse primaire d'assurance maladie du Var indique au tribunal qu'elle n'entend pas intervenir dans l'instance. Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023, le CHITS, représenté par Me Chas, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à titre subsidiaire, à ce que les sommes demandées soient ramenées à de plus justes proportions. Il soutient que : - il n'est pas démontré que l'absence de réalisation d'un bilan radiologique et biologique serait constitutive d'une faute ; - le décès a été causé par une pathologie extrêmement rare et il est très probable que la survie du nourrisson aurait été de courte durée ; - si sa responsabilité était engagée, elle ne le serait qu'au titre d'une perte de chance à hauteur de 50%. Vu : - les autres pièces du dossier ; - l'ordonnance n° 1900905 du 27 février 2020 du magistrat en charge des expertises. Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - les observations de Me Castagnon, substituant Me Chas, pour le CHITS. Considérant ce qui suit : 1. Le 22 mars 2018, Mme D E et M. B C ont emmené A, leur fille de deux mois, au service des urgences du CHITS, en raison de fortes fièvres et d'un état asthénique. A a alors été hospitalisée. Les analyses réalisées ont conclu à une infection par le virus de la grippe B. Ils ont regagné leur domicile le lendemain. Mme E et M. C se sont à nouveau rendus aux urgences le 28 mars 2018, en raison de la persistance de la fièvre mais aucun acte n'a été pratiqué après l'auscultation. A est décédée le 30 mars 2018. Une autopsie, réalisée le 31 mars 2018, a révélé qu'elle souffrait d'une myocardie aigüe ainsi que de lésions pulmonaires. Par une ordonnance du 24 janvier 2020, le tribunal a désigné un expert, lequel a remis son rapport le 26 décembre 2020. Le 31 mai 2021, les requérants ont vainement adressé une demande indemnitaire préalable à l'hôpital, reçue le 1er juin suivant. Sur la responsabilité du CHITS : 2. En vertu des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les établissements publics d'hospitalisation ne sont en principe responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. 3. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que lorsque les parents A se sont à nouveau rendus aux urgences le 28 mars 2018, le pédiatre a décidé qu'un bilan complémentaire n'était pas nécessaire et leur a indiqué qu'il convenait de revenir consulter deux jours plus tard en cas de persistance de la fièvre ou avant, en cas d'aggravation. Or, selon l'experte, le dossier médical A faisait état d'une gêne respiratoire, d'un balancement thoraco-abdominal et de la persistance de la fièvre. Elle souligne que, dans un contexte de baisse de la prise des biberons, qui est un signe de gêne respiratoire chez le nourrisson, la mise en place d'une surveillance clinique s'imposait (bilan sanguin et radiographie du thorax). En l'absence d'une telle prise en charge, un manquement du CHITS dans la prise en charge est caractérisé. 4. L'experte remet également en cause les conclusions du Professeur F, selon qui le décès est uniquement dû à la myocardite qui a été diagnostiquée. Il ressort du rapport d'expertise, non contesté sur ce point, que le rapport d'autopsie n'a pas retenu une cause unique de décès et que les recommandations de la Haute autorité de santé, dont se prévalait le Professeur, étaient peu pertinentes s'agissant des nourrissons. Dès lors, dans la situation A, un bilan biologique et radiographique était très indiqué. Dans ces conditions, le CHITS a commis une faute de nature à engager sa responsabilité. 5. Néanmoins, l'experte souligne qu'il n'est pas certain que la mise en place de la surveillance clinique aurait empêché le décès A. Il est retenu une perte de chance de survie ou d'une prise en charge de la douleur par des soins palliatifs, évaluée à 50%. Il n'y a donc lieu de mettre à la charge du CHITS que la réparation de cette fraction des préjudices. Sur les préjudices : En ce qui concerne les préjudices subis par A : 6. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède sans que ses droits aient été définitivement fixés, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. S'agissant des souffrances endurées : 7. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par A ont été évaluées par l'experte à 6 sur une échelle de 1 à 7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de réparer ce chef de préjudice par l'octroi, à ses parents, d'une somme de 12 500 euros, après application du taux de perte de chance. S'agissant du déficit fonctionnel temporaire : 8. Il résulte de l'instruction qu'Andréa a subi, entre le 28 et le 30 mars 2018, un déficit fonctionnel évalué à 80%. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 100 euros, après application du taux de perte de chance. En ce qui concerne les préjudices subis par les requérants : S'agissant du préjudice d'affection : 9. Il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par M. C et Mme E en leur allouant la somme de 30 000 euros à ce titre, compte tenu de la fraction de 50% retenue. S'agissant de la perte de chance : 10. La perte de chance n'est pas, en tant que telle, un préjudice indemnisable. La demande des requérants formulée à ce titre doit donc être rejetée. S'agissant du préjudice patrimonial : 11. Les requérants versent au dossier une facture relative à leurs frais d'obsèques, établie le 5 avril 2018, d'un montant de 1 593 euros. Compte tenu du taux de perte de chance retenu, ils peuvent prétendre à ce titre au versement d'une somme de 796,5 euros. Sur le total des indemnités dues par le CHITS : 12. Il résulte de ce qui précède que le CHITS doit verser à Mme E et à M. C une somme totale de 43 396,50 euros. Sur les frais du litige : 13. En premier lieu, les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros, doivent être mis à la charge du CHITS, partie perdante dans la présente instance. 14. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CHITS une somme de 1 500 euros à verser aux requérants, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D É C I D E :Article 1er : Le Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer est condamné à verser à Mme E et à M. C une somme de 43 396,50 euros.Article 2 : Les frais de l'expertise sont mis à la charge du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer.Article 3 : Le Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer versera une somme de 1 500 euros à Mme E et à M. C, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à M. B C et au Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer.Copie en sera adressée à la Caisse primaire d'assurance maladie du Var.Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéA. CAILLEAUX La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2102627
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026