jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102678 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DELPLANCKE - POZZO DI BORGO - ROMETTI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Nicolas, représentée par Me Liperini, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et intérêts de retard, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle a acquis, le 16 juillet 2014, auprès du syndicat des copropriétaires de l'immeuble dénommé le Nicolas un bien immobilier ; cette opération n'a pas été assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée dès lors que la contrepartie de cette opération était symbolique ; le même jour, elle a cédé à la SCCV Nicolas III ledit bien, sans paiement de taxe sur la valeur ajoutée ; ces deux opérations d'achat-revente ayant eu lieu le même jour, aucune valeur ajoutée n'est à taxer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2022, le directeur de la direction de contrôle fiscale Sud Est Outre-Mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Carotenuto,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Nicolas, qui exerce une activité de construction-vente, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration l'a assujettie à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, selon le régime de la marge, portant sur une opération d'achat-revente d'un bien immobilier situé à Fréjus qui n'avait pas été soumise à la taxe sur la valeur ajoutée. Elle demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et intérêts de retard, de ces rappels de taxe sur la valeur ajoutée.
2. En vertu du 1° et 2° du I de l'article 257 du code général des impôts, les livraisons à titre onéreux de terrains à bâtir, ou d'immeubles bâtis dans les cinq ans qui suivent leur achèvement sont imposables de plein droit à la taxe sur la valeur ajoutée. Aux termes de l'article 268 du code général des impôts, dans sa rédaction issue de l'article 16 de la loi du 9 mars 2010 transposant le droit communautaire : " S'agissant de la livraison d'un terrain à bâtir, (), si l'acquisition par le cédant n'a pas ouvert droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, la base d'imposition est constituée par la différence entre : / 1° D'une part, le prix exprimé et les charges qui s'y ajoutent ; / 2° D'autre part, selon le cas : / - soit les sommes que le cédant a versées, à quelque titre que ce soit, pour l'acquisition du terrain () ; / - soit la valeur nominale des actions ou parts reçues en contrepartie des apports en nature qu'il a effectués. ". Le régime de taxe sur la valeur ajoutée sur la marge ainsi défini s'applique aux livraisons de terrains à bâtir pour lesquelles l'acquisition par le cédant n'a pas ouvert droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée. Dans ce cas, la base d'imposition est constituée de la seule marge dégagée par l'assujetti au titre de l'opération d'achat-revente, c'est-à-dire la différence entre le prix exprimé et les charges qui s'y ajoutent et les sommes que le cédant a versées pour l'acquisition du terrain.
3. Il résulte de l'instruction que par acte du 16 juillet 2014, la SARL Nicolas a acquis un bien immobilier, achevé depuis plus de cinq ans, situé à Fréjus dans le cadre d'une rétrocession consentie gratuitement par le syndicat des copropriétaires de l'immeuble dénommé le Nicolas et s'était engagée à revendre le bien dans un délai de cinq ans. Cette acquisition auprès d'un non assujetti n'a pas été soumise à la taxe sur la valeur ajoutée et n'a pu, dès lors, ouvrir à la société requérante aucun droit à déduction. Elle s'est seulement acquittée des droits de mutation calculés sur la valeur vénale du bien évaluée à 540 000 euros. Le même jour, la SARL Nicolas a revendu ce même bien immobilier, destiné à la construction d'un immeuble collectif, à la SCCV Nicolas III moyennant le prix de 540 000 euros et n'a pas soumis cette opération à la taxe sur la valeur ajoutée. Le service vérificateur, considérant que la cession consentie à la SCCV Nicolas III avait été réalisée entre deux sociétés assujetties redevables de la taxe sur la valeur ajoutée, à titre onéreux, et avait pour objet la livraison d'un immeuble bâti achevé depuis plus de cinq années, l'a soumise à la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge. L'administration a ensuite, dans sa décision de rejet de la réclamation du 6 août 2021, procédé à une substitution de base légale au motif que le bien immobilier devait être identifié non comme un immeuble bâti mais comme un terrain à bâtir au regard des mentions de l'acte d'acquisition. L'administration a également relevé d'une part, qu'il ressortait des données du site " cadastre.gouv " que les parcelles en cause, cadastrées section BI n°s 1736, 1737 et 1740 d'une superficie totale de 7 a et 20 ca, ne comportaient aucune construction et d'autre part, que la vente avait été inscrite au compte produits 70700000 sous le libellé " prix de vente terrain " pour un montant de 540 000 euros. La société requérante ne conteste pas que le bien immobilier objet de l'opération d'achat-revente constitue un terrain à bâtir. Dans ces conditions, dès lors qu'il est constant que l'acquisition du terrain à bâtir n'a pu ouvrir droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée et que ledit terrain a été acquis en vue de sa revente, c'est à bon droit que l'opération a été assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée dans les conditions définies à l'article 268 du code général des impôts, la société ne pouvant utilement faire valoir qu'à la suite du " conseil du notaire " elle n'a pas facturé la taxe sur la valeur ajoutée et que l'opération d'achat-revente ayant eu lieu le même jour, " il n'y a donc pas de valeur ajoutée à taxer ".
4. Il résulte de ce qui précède que la SARL Nicolas n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et intérêts de retard, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Nicolas est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Nicolas et au directeur de la direction de contrôle fiscale Sud Est Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- Mme Carotenuto, première conseillère,
- M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 mai 2023.
La rapporteure,
signé
S. CAROTENUTOLa présidente,
signé
M. BERNABEU
La greffière,
signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026