jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102801 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 octobre 2021 et le 9 mars 2022, M. A B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision 48SI du ministre de l'intérieur du 2 avril 2021 et les décisions ministérielles de retraits de points prononcées à son encontre ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à la restitution des points retirés de son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu l'information préalable relative au retrait de points au moment de la constatation des infractions des 2 juin 2020 et 7 avril 2016 en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- il n'a pas reçu l'information préalable relative au retrait de points au moment de la constatation des infractions des 5 mai 2018, 25 septembre 2014 et 22 août 2012 en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions qui lui sont reprochées en date des 2 juin 2020, 7 avril 2016,
5 mai 2018, 25 septembre 2014 et 22 août 2012 n'est pas établie en l'absence de paiement des amendes correspondantes ;
- l'infraction du 2 juin 2020 a fait l'objet d'une réclamation contentieuse conformément aux prévisions des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et celle-ci ne présente pas un caractère définitif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet des conclusions de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations du public avec l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Silvy, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Silvy, magistrat désigné, a été entendu à l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A B demande au tribunal l'annulation d'une décision 48SI du 2 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire et les décisions successives par lesquelles il a été procédé à des retraits de point sur son permis de conduire du fait d'infractions au code de la route.
Sur la matérialité de l'infraction enregistrée le 2 juin 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ". Aux termes du premier alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale : " Dans le délai prévu par l'article précédent, le contrevenant doit s'acquitter du montant de l'amende forfaitaire, à moins qu'il ne formule dans le même délai une requête tendant à son exonération auprès du service indiqué dans l'avis de contravention. Dans les cas prévus par l'article 529-10, cette requête doit être accompagnée de l'un des documents exigés par cet article. Cette requête est transmise au ministère public ".
3. Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
4. Il est constant que M. B a fait l'objet d'un procès-verbal d'infraction pour inobservation de l'arrêt absolu imposé par un panneau " Stop " à une intersection de routes le
2 juin 2020 à 11h20, laquelle a entraîné le retrait de 4 points de son permis de conduire. Il résulte toutefois de l'instruction que la contestation enregistrée par celui-ci auprès du ministère public a été jugée le 4 mars 2022 par le tribunal de police de Draguignan lequel l'a déclaré non coupable des faits reprochés. M. B est fondé, par suite, à soutenir, que la réalité de cette infraction a été judiciairement remise en cause et que la décision de retrait de quatre points de son permis de conduire doit être annulée par voie de conséquence.
5. Il ressort du relevé d'information intégral daté du 2 décembre 2020 produit par le ministre de l'intérieur que le solde de points sur le permis de conduire de M. B s'établissait à quatre points suite à la restitution d'un point intervenue le 19 août 2019 et que c'est par l'effet de la prise en compte de l'infraction alléguée du 2 juin 2020 que ce solde est devenu nul. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que le permis de conduire de M. B ne devait pas faire l'objet de ce retrait de quatre points et que le ministre ne pouvait, par suite, légalement prendre la décision 48SI du 2 avril 2021 invalidant son permis de conduire.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 2 avril 2021 invalidant son permis de conduite.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
Sur le moyen tiré du défaut d'information préalable :
7. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.
8. D'une part, il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et
R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article
A. 37-8 de ce code, que, lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte non seulement les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire, mais aussi une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Enfin, lorsque le contrevenant, après avoir reçu le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, ne forme pas de réclamation dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale ou s'acquitte spontanément de cette amende forfaitaire majorée, sans élever d'objection, il doit être regardé comme renonçant à contester la majoration de l'amende forfaitaire dont il devait s'acquitter dans le délai en reconnaissant que le délai dont il disposait, en vertu du formulaire unique d'avis de contravention décrit ci-dessus qui lui a alors nécessairement été remis, pour s'acquitter de cette amende forfaitaire, était expiré. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique au modèle et dont il est établi, notamment dans les conditions décrites ci-dessus, qu'il a payé sans objection l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction ou n'a formé aucune réclamation à son encontre, a nécessairement reçu le formulaire unique d'avis de contravention décrit ci-dessus. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
9. D'autre part, en application du second alinéa de l'article 592-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Il ressort des pièces du dossier qu'avant même que ces mentions ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvais accéder à ces informations. Ces indications mettaient le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il serait procédé au retrait de points et porteraient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
S'agissant de l'infraction du 5 mai 2018 :
10. Pour l'infraction commise à Fréjus le 5 mai 2018 de méconnaissance de l'obligation de s'arrêter à un feu rouge ou clignotant qui a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, le ministre de l'intérieur produit l'attestation de paiement de l'amende forfaitaire majorée de 375 euros encaissé le 3 juin 2019 par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé. Il découle de cette seule constatation, sans qu'il y ait lieu de prendre en compte la contrainte alléguée par le requérant, qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points intervenu à la suite de cette infraction serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction du 7 avril 2016 :
11. Pour l'infraction commise à Saint-Raphaël le 7 avril 2016, pour des faits d'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation qui a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, le ministre de l'intérieur produit le procès-verbal dressé par la police municipale de Saint-Raphaël lequel ne comporte aucune référence à une perte de points sur le permis de conduire. Toutefois, il résulte du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B que cette infraction a donné lieu au paiement différé par celui-ci de l'amende forfaitaire à la date du 27 juillet 2016. Le paiement de l'amende forfaitaire suffit à établir que l'intéressé a nécessairement reçu l'avis de paiement sur lequel figurent les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. L'administration s'est ainsi acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, l'intéressé ne justifiant pas avoir reçu un avis d'amende forfaitaire inexact ou incomplet. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points intervenu à la suite de cette infraction serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction du 25 septembre 2014 :
12. Pour l'infraction commise à Tanneron le 25 septembre 2014 d'excès de vitesse inférieur à 20 km/h sur une voie limitée à 50 km/h, qui a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, le ministre de l'intérieur produit l'attestation de paiement de l'amende forfaitaire majorée de 144 euros encaissé le 12 février 2015 par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé. Il découle de cette seule constatation, sans qu'il y ait lieu de prendre en compte à cet égard la contrainte alléguée par le requérant, qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points intervenu à la suite de cette infraction serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction du 22 août 2012 :
13. Pour l'infraction commise à la Roche Blanche le 22 août 2012, d'excès de vitesse inférieur à 20 km/h sur une voie limitée à 50 km/h, constaté par un procès-verbal électronique et qui a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire, il résulte du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B que cette infraction a donné lieu au paiement différé par celui-ci de l'amende forfaitaire à la date du 14 avril 2013. Le paiement de l'amende forfaitaire suffit à établir que l'intéressé a nécessairement reçu l'avis de paiement sur lequel figurent les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. L'administration s'est ainsi acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, l'intéressé ne justifiant pas avoir reçu un avis d'amende forfaitaire inexact ou incomplet. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points intervenu à la suite de cette infraction serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
Sur le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité des infractions des 22 août 2012, 25 septembre 2014, 7 avril 2016 et 5 mai 2018 :
14. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral du requérant, extrait du système national des permis de conduire, édité à la date du 16 décembre 2021, qui est produit en défense, que des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée ont été émis s'agissant des infractions des 22 août 2012, 25 septembre 2014, 7 avril 2016 et 5 mai 2018. Le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les énonciations du relevé d'information intégral et n'établit pas, ni n'allègue, que les titres exécutoires auraient été annulés à la suite de réclamations formées devant l'officier du ministère public. Par suite, la réalité des infractions en litige est suffisamment établie pour l'application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
15. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction alléguée du 2 juin 2020 au motif de la décision judiciaire du 4 mars 2022 le déclarant non-coupable de cette infraction ainsi que, par voie de conséquence, de la décision " 48 SI " du 2 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Le présent jugement implique nécessairement que, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, sous réserve du constat éventuel de nouvelles infractions ayant entrainé des retraits de points et des restitutions automatiques de points qui seraient intervenues, le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer restitue à M. B son permis de conduite affecté d'un capital de quatre points retirés au motif des faits du 2 juin 2020.
Sur les frais de justice :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État (ministre de l'intérieur et des outre-mer) la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision portant retrait de quatre points à la suite de l'infraction au code de la route alléguée du 2 juin 2020, ensemble la décision référencée " 48 SI " du 2 avril 2021 en tant qu'elle prononce l'invalidation du titre de conduite de M. B pour solde de points nul, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de restituer à M. B son permis de conduite affecté d'un capital de quatre points dans les conditions précisées au point 16 du présent jugement.
Article 3 : L'État (ministère de l'intérieur et des outre-mer) versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
J.-A. SILVY
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026