LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2102961

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2102961

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2102961
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCHARREL ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 novembre 2021, la société B, agissant en qualité de mandataire du groupement solidaire formé avec les sociétés Hardou Plomberie, MMG83, Bertolotto et fils et A, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre à l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée de différer la signature du contrat jusqu'au terme de la procédure ;

2°) d'annuler la décision du 5 juillet 2021 par laquelle la commission d'analyse des offres a écarté son offre ;

3°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 rejetant son offre ;

4°) de condamner l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée à lui verser la somme de 150 000 euros au titre de son manque à gagner ;

5°) de mettre à la charge de l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée la somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commission d'analyse des offres a procédé à l'attribution du marché alors qu'elle n'était pas compétente pour ce faire ;

- l'obligation d'allotissement a été méconnue, ce qui constitue un détournement de procédure ;

- son offre a été dénaturée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2022, l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée, représenté par Me Gaspar, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société B, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient :

- à titre principal, que la requête est irrecevable, dès lors que le groupement n'a pas qualité pour agir en justice ; que le contrat attaqué n'est pas produit ; qu'il n'est pas possible de présenter des conclusions aux fins d'annulation de la décision de la commission d'appel d'offres et de rejet de l'offre ; que le contentieux n'est pas lié ;

- à titre subsidiaire, que la requête n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Hélayel, conseiller,

- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,

- les observations de Me Pelissier, substituant Me Gaspar, représentant l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée.

Considérant ce qui suit :

1. Le 2 avril 2021, l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée a lancé un appel d'offres ouvert pour l'attribution d'un accord-cadre à bons de commande, ayant pour objet la réalisation de travaux de remise en état de logements. La date limite de réception des offres a été fixée au 6 mai 2021. Par un courrier du 15 juillet 2021, la société B a été informée du rejet de son offre déposée pour le lot n°1 (secteur Ouest) et de ce que le marché avait été attribué à la société Axe Btp, pour un montant de 492 562,5 euros. Par une ordonnance du 12 août 2021, le juge des référés a rejeté la demande de la société B, présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative. Le marché a été conclu le 1er septembre 2021.

2. Tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité de ce contrat. Il ne peut invoquer que des vices en rapport direct avec l'intérêt lésé dont il se prévaut ou ceux d'une gravité telle que le juge devrait les relever d'office. Un concurrent évincé ne peut ainsi invoquer, outre les vices d'ordre public dont serait entaché le contrat, que les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.

3. En vue d'obtenir réparation de ses droits lésés, le concurrent évincé a ainsi la possibilité de présenter devant le juge du contrat des conclusions indemnitaires, à titre accessoire ou complémentaire à ses conclusions à fin de résiliation ou d'annulation du contrat. Il peut également engager un recours de pleine juridiction distinct, tendant exclusivement à une indemnisation du préjudice subi à raison de l'illégalité de la conclusion du contrat dont il a été évincé.

4. En premier lieu, la société requérante soutient que la commission d'analyse des offres n'était pas compétente pour procéder à l'attribution du marché. Toutefois, outre que cette commission a seulement été consultée, conformément aux dispositions de l'article R. 433-2 du code de la construction et de l'habitation, ce moyen n'est pas en rapport direct avec l'éviction de la société B et de son groupement. Il ne peut qu'être écarté comme inopérant.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2113-11 du code de la commande publique : " L'acheteur peut décider de ne pas allotir un marché dans l'un des cas suivants : / () 2° La dévolution en lots séparés est de nature à restreindre la concurrence ou risque de rendre techniquement difficile ou financièrement plus coûteuse l'exécution des prestations () ".

6. La société requérante soutient que le recours à un marché global constitue un subterfuge sans justification territoriale afin de contourner l'obligation d'allotir, ce qui méconnaît les principes fondamentaux de la commande publique. Toutefois, il ressort de l'article 2.3 du règlement de la consultation que la dévolution en lots séparés aurait allongé les délais de mise à disposition des logements, entraîné des pertes de loyers et multiplié les interlocuteurs, circonstances de nature à entraîner des difficultés techniques et financières. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que, s'agissant du sous-critère n° 1 :

" Organisation de chantier / Contrôle qualité ", le pouvoir adjudicateur a retenu que l'offre de la société requérante présentait une décomposition sommaire des interventions et du phasage et de la coordination des travaux, que le personnel affecté n'était pas renseigné et qu'il n'était présenté aucun modèle ni précisions quant aux vérifications des travaux et aux contrôles. Toutefois, l'offre de la requérante présente, de façon détaillée, les 8 phases d'exécution, de la réception des accès jusqu'à la réception du logement. En outre, l'Office a reconnu que c'est à tort que le pouvoir adjudicateur avait indiqué que le personnel affecté n'avait pas été renseigné. Dans ces conditions, le pouvoir adjudicateur a dénaturé l'offre présentée par la société B et son groupement.

8. Il résulte cependant de l'instruction que le groupement de la société B a obtenu une note de 4/8 au titre du sous-critère n°1, une note globale de 10.5/20 au titre du critère de la valeur technique, une note finale de 18.99/30 et a été classé en 5ème position. Or, la société attributaire a obtenu une note finale de 26/30. Ainsi, quand bien même le groupement requérant aurait obtenu la note maximale de 8/8 au titre du sous-critère n°1, il n'aurait pas été attributaire du marché en litige. Dans ces circonstances, le manquement de l'Office public de l'habitat n'a pas été susceptible de léser le groupement.

9. En quatrième lieu, le pouvoir adjudicateur a retenu que l'offre de la requérante ne présentait pas de modèle ni ne contenait de précisions, s'agissant de la vérification et du contrôle des chantiers. L'Office public fait valoir que le groupement ne fournissait aucune fiche de contrôle ni de document de traçabilité, ce à quoi le requérant n'a pas répliqué. Dans ces conditions, le pouvoir adjudicateur ne peut être regardé comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation.

10. En cinquième lieu, la requérante soutient que l'analyse du pouvoir adjudicateur concernant le sous-critère 2 : " Délais " n'est pas motivée, nébuleuse et opaque. Ce moyen doit être écarté comme non assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

11. En sixième lieu, s'agissant du sous-critère 3 " Moyens humains et matériels ", il ne résulte pas de l'instruction, contrairement à ce qui est soutenu par la requérante, que son offre renseignait les qualifications des personnels des sociétés MMG83, Bertolotto et fils, B et A.

12. En septième et dernier lieu, s'agissant du sous-critère n°4 " Dépannages et parfait achèvement ", l'offre de la requérante fait bien état d'un délai de quinze jours entre l'information des locataires et la visite des lieux. Par suite, son offre n'a pas été dénaturée sur ce point.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société B doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité.

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la société B demande à ce titre. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la société B une somme de 2 000 euros à verser à l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée, sur le fondement des mêmes dispositions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la société B est rejetée.

Article 2 : La société B versera à l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée une somme de 2 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société B et à l'Office public de l'habitat de la métropole Toulon Provence Méditerranée.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

M. David Hélayel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.

Le rapporteur,

Signé

D. HELAYEL Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions