jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103076 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LLC ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrées le 17 novembre 2021, le 27 septembre 2023, le 16 octobre 2023 et le 2 novembre 2023, l'Esterel Côte d'Azur agglomération (ECAA), représentée par Me Fourmeaux, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner in solidum la société Dumez Côte d'Azur et la société Nouvelle Vigna Méditerranée, à lui verser la somme de 228 365,71 euros en réparation des travaux de reprise remédiant aux désordres liés aux infiltrations affectant le théâtre " le Forum " situé à Fréjus ;
2°) de condamner in solidum la société Dumez Côte d'Azur, la société Nouvelle Vigna Méditerranée et la société Qualiconsult à lui verser la somme de 8 515,80 euros en réparation des travaux de mise en conformité de la ligne de vie installée en toiture du théâtre ;
3°) de mettre à la charge de la société Dumez Côte d'Azur, de la société Nouvelle Vigna Méditerranée et de la société Qualiconsult la somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que la somme de 16 381,86 euros au titre des dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité décennale de la société Dumez Côte d'Azur et de la société Nouvelle Vigna Méditerranée est engagée en ce qui concerne les désordres liés aux infiltrations rendant le théâtre impropre à sa destination ou compromettant sa solidité ;
- la responsabilité contractuelle de la société Dumez Côte d'Azur et de la société Nouvelle Vigna Méditerranée est engagée en ce qui concerne le défaut de réalisation de la ligne de vie ;
- la responsabilité contractuelle ou décennale de la société Qualiconsult est engagée en ce qui concerne le défaut de réalisation de la ligne de vie ;
- les désordres résultant des infiltrations sont exclusivement imputables à un défaut de conception et de réalisation de l'ouvrage ;
- les travaux de reprise des désordres liés aux infiltrations s'élèvent à la somme totale de 162 772,51 euros TTC ;
- les travaux de mise en conformité de la ligne de vie s'élèvent à la somme de 8 515,80 euros TTC.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2023, la société Qualiconsult, représentée par Me Bardon, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter les conclusions dirigées à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, de limiter la condamnation in solidum au titre de la mise en conformité de la ligne de vie à la somme de 4 815 euros et de condamner la société Dumez Côte d'Azur à la relever et garantir de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre ;
3°) de mettre à la charge de tout succombant la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- elle n'a commis aucune faute ;
- la somme réclamée est excessive ;
- la ligne de vie ayant été posée par un sous-traitant de la société Dumez, cette dernière doit la relever et garantir indemne d'une éventuelle condamnation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, la société Dumez Côte d'Azur et la société Nouvelle Vigna Méditerranée, représentées par Me Durand, demandent au tribunal :
1°) de limiter leur condamnation à la somme de 59 352,06 euros au titre des désordres résultant des infiltrations ;
2°) de limiter la condamnation in solidum à la somme de 5 210,40 euros au titre de la mise en conformité de la ligne de vie ;
3°) de condamner la société Qualiconsult à relever et à garantir, au moins pour partie, la société Dumez Côte d'Azur de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre au titre de la mise en conformité de la ligne de vie ;
4°) de ramener à de plus justes proportions la somme susceptible d'être allouée au titre des frais d'instance non compris dans les dépens.
Elles soutiennent que :
- elles ne contestent pas le principe du droit à indemnisation de l'ECAA ;
- leur responsabilité doit être atténuée par le défaut d'entretien régulier de l'ouvrage d'étanchéité imputable à l'ECAA à hauteur 50 % ;
- l'ECAA ne justifie pas avoir eu recours à un maître d'œuvre pour la conception et la réalisation des travaux de reprise ; aucune indemnité ne peut lui être allouée à ce titre ;
- le montant de la condamnation au titre des travaux de reprise des désordres et de mise en conformité de la ligne de vie doit être limité aux sommes évaluées par l'expert judiciaire ;
- les frais d'intervention pour une rechercher de fuite en mars 2019 ne peuvent être mises à sa charge dès lors que l'expertise judiciaire était en cours ;
- l'ECAA ne justifie pas avoir commandé les missions de sondage pour lesquelles elle produit uniquement des devis ;
- l'état des rideaux et des pendrillons ne constitue pas un dommage résultant des infiltrations ; aucune indemnité ne peut être allouée à l'ECAA au titre de leur remplacement.
Par une ordonnance du 3 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 novembre 2023 à 12h.
Un mémoire enregistré le 17 novembre 2023, présenté par les sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée, n'a pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 30 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'impossibilité d'invoquer la responsabilité contractuelle des constructeurs après la réception définitive des travaux.
Par un mémoire, enregistré le 5 juin 2024, l'ECAA a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le rapport de l'expertise ordonnée en référé, déposé au greffe le 21 juin 2021 ;
- l'ordonnance du 10 mai 2022 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Toulon a liquidé et taxé les frais de l'expertise réalisée par M. B A.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de Me Aubert, substituant Me Fourmeaux, représentant l'ECAA, de Me Mascaro, substituant Me Durand, représentant les sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée, et de Me Fillion-Hoarau, substituant Me Bardon, représentant la société Qualiconsult.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du projet de construction d'un théâtre à Fréjus, la communauté d'agglomération Var Estérel Méditerranée, devenue l'Esterel Côte d'Azur agglomération a attribué, le 18 juillet 2007, le macro-lot n° 1 " structures-couvert-extérieurs " du marché de travaux au groupement conjoint composé notamment de la société Dumez Méditerranée, devenue la société Dumez Côte d'Azur, mandataire du groupement, et de la société Nouvelle Vigna Sud, devenue la société Nouvelle Vigna Méditerranée. Dans ce cadre, celles-ci étaient chargées en autres de la réalisation des travaux de gros œuvre et de couverture-étanchéité. Par ailleurs, l'ECAA a attribué à la société Qualiconsult une mission de contrôle technique. L'ouvrage a été réceptionné sans réserve le 22 juillet 2010 avec effet au 22 janvier 2010. En juillet 2013, un prestataire a informé l'ECAA de la non-conformité de la ligne de vie du bâtiment. En outre, début 2014, des infiltrations d'eau par temps de pluie ont été constatées. L'expert désigné par le tribunal a déposé son rapport le 21 juin 2021. Dans la présente instance, l'ECAA demande essentiellement la condamnation in solidum des sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée à raison des désordres liés aux infiltrations et la condamnation in solidum de ces deux sociétés et de la société Qualiconsult à raison de la mise en conformité de la ligne de vie.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité décennale des constructeurs :
2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans.
S'agissant des désordres résultant du défaut d'étanchéité de la toiture du théâtre :
3. L'ECAA demande la condamnation in solidum de la société Dumez Côte d'Azur et de la société Nouvelle Vigna Méditerranée pour l'indemnisation des désordres résultant du défaut d'étanchéité de la toiture du théâtre, correspondant, selon le rapport d'expertise, aux dommages n° 1A et 1B (infiltrations au droit du mur du hall de la salle Jean Cocteau et dans le couloir côté cour du 3ème étage), n° 3 (infiltrations au niveau du plafond du hall d'accueil) et n° 4 (infiltrations au niveau des murs soutenant les panneaux en bois de la salle du théâtre). L'éligibilité à la garantie décennale de ces désordres n'est pas contestée en défense.
4. L'expert judiciaire a estimé que ces désordres étaient imputables au défaut de réalisation de l'ouvrage d'étanchéité à hauteur de 50 % et au défaut d'entretien régulier pour les 50 % restants. La requérante conteste sa part de responsabilité à raison du défaut d'entretien en faisant valoir que des infiltrations au niveau du mur situé en face des loges et de la lingerie avaient été signalées par le directeur du théâtre le 8 septembre 2010, soit à une date à laquelle aucun défaut d'entretien ne pouvait lui être reproché. Toutefois, dans ses écritures, l'ECAA indique elle-même que les désordres liés aux infiltrations sont apparus en janvier 2014. En outre, alors qu'il n'est pas contesté que le contrôle et l'entretien de l'ouvrage d'étanchéité n'a pas été fait régulièrement, la constatation d'infiltrations en 2010, à un seul endroit du théâtre et dont l'ampleur n'est pas même précisée, ne saurait permettre d'imputer l'ensemble des infiltrations par la toiture, et dans leur ampleur constatée en 2014, aux seuls vices affectant l'ouvrage. Enfin, si l'ECAA fait valoir que l'entretien régulier était impossible en raison de la non-conformité de la ligne de vie, cette justification n'a pas été retenue par l'expert au motif que d'autres travaux bien été réalisés sur la toiture.
5. Par suite, il y a lieu de condamner in solidum la société Dumez Côté d'Azur et la société Nouvelle Vigna Méditerranée à réparer la part des préjudices résultant de ces désordres à hauteur de 50 %.
S'agissant des désordres résultant de la fuite du droit de l'entrée de la gaine de ventilation :
6. L'ECAA demande la condamnation in solidum de la société Dumez Côte d'Azur et de la société Novelle Vigna Méditerranée pour l'indemnisation des désordres liés aux infiltrations résultant de la fuite du droit de l'entrée de la gaine de ventilation, correspondant, selon le rapport d'expertise, au dommage n° 2. L'éligibilité à la garantie décennale de ces désordres n'est pas contestée en défense.
7. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, qui n'est pas utilement contesté, que ces désordres sont exclusivement imputables à l'emploi et à la mise en œuvre d'un calfeutrement de l'entrée de la gaine de ventilation inadapté aux contraintes climatiques. Par suite, il y a lieu de condamner in solidum la société Dumez Côté d'Azur et la société Nouvelle Vigna Méditerranée à réparer l'entièreté des préjudices résultant de ces désordres.
S'agissant de la non-conformité de la ligne de vie :
8. L'ECAA demande la condamnation in solidum de la société Dumez Côte d'Azur, de la société Nouvelle Vigna Méditerrané et de la société Qualiconsult pour l'indemnisation des frais exposés pour la mise en conformité de la ligne de vie. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 3, l'ECAA fait elle-même valoir que la non-conformité de cette ligne de vie était d'origine et apparente lors de la réception définitive des travaux. Dans ces conditions, ce vice ne relève pas de la garantie décennale des constructeurs et les prétentions indemnitaires, présentées à ce titre, doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'évaluation et la réparation des préjudices :
S'agissant de l'indemnisation des honoraires de maîtrise d'œuvre :
9. L'ECAA sollicite le versement de la somme de 6 600 euros au titre des honoraires de maîtrise d'œuvre de conception et de réalisation pour la réparation des causes des désordres et des dommages en toiture et de l'ouvrage de ventilation, correspondant au montant de l'expertise pour ce poste. Toutefois, les sociétés Dumez Côté d'Azur et la société Nouvelle Vigna Méditerranée font valoir, sans être sérieusement contestées, que l'ensemble des travaux ont déjà été réalisés sans avoir fait appel à un maître d'œuvre. Dans ces conditions, la réalité du préjudice n'est pas établie et la demande indemnitaire présentée à ce titre doit être rejetée.
S'agissant de l'indemnisation des travaux de reprise des fuites en toiture et de réfection de la protection de l'ouvrage de ventilation :
10. L'ECAA sollicite le versement de la somme globale de 47 371,80 euros, correspondant au coût du marché qu'elle a attribué le 7 juin 2021 pour la réalisation des travaux de réparation de l'étanchéité de la toiture du théâtre ainsi qu'au coût de la coordination en matière de sécurité et de protection de la santé. Toutefois, il est constant que l'expert judiciaire a estimé ce poste de préjudice à la somme de 24 000 euros. Or, l'ECAA, qui n'a pas soumis au contradictoire de l'expertise son appel d'offre ni l'offre du candidat qu'elle a retenue, n'a pas permis à l'expert de se prononcer sur le caractère strictement nécessaire à la réparation des désordres des travaux contenus dans l'offre et sur le prix de cette offre. Par ailleurs, la requérante, qui se borne à faire valoir que le chiffrage de l'expert est insuffisant, n'apporte pas les précisions suffisantes pour justifier l'importante différence entre l'estimation de l'expertise et le prix du marché conclu. Dans ces conditions, son préjudice indemnisable doit être limité aux montants fixés par les conclusions du rapport d'expertise.
11. Ainsi, d'une part, en ce qui concerne les travaux de reprise du solin métallique et du fond de joint en mastic, les sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée doivent être condamnées in solidum à verser à l'ECAA la somme de 8 575 euros HT ((9 750 euros HT + 7 400 euros HT) x 50 %), soit 10 290 euros TTC.
12. D'autre part, en ce qui concerne les travaux de réfection de l'étanchéité de l'ouvrage de ventilation, les sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée doivent être condamnées in solidum à verser à l'ECAA la somme de 3 420 euros TTC.
S'agissant de l'indemnisation des travaux d'embellissement et de réfection des dommages résultant des fuites :
13. L'ECAA sollicite le versement de la somme globale de 101 732,71 euros au titre du coût des travaux de reprise des dommages causés par les infiltrations. Elle fait valoir, sans être sérieusement contestée, que l'expert, qui a évalué ce poste à la somme totale de 94 705,20 euros sur la base de deux factures et d'un devis, a omis de prendre en compte cinq factures relatives à la mise en sécurité des panneaux de bois, pour un montant total de 7 027,51 euros, qu'elle produit. Par suite, les sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée doivent être condamnées in solidum à verser à l'ECAA la somme de 50 866,36 euros TTC (101 732,71 euros x 50 %).
S'agissant de l'indemnisation des frais exposés pour la recherche de l'origine des fuites :
14. L'ECAA sollicite le versement de la somme totale de 7 068 euros au titre des frais qu'elle a exposés pour des prestations de recherche d'infiltrations et de sondage des fuites, réalisées en mars 2019 et octobre 2020. Toutefois, à ces dates, l'expertise judiciaire, qui avait précisément pour objet de déterminer l'origine des infiltrations, était en cours et l'ECAA n'invoque aucune circonstance particulière susceptible de justifier une impossibilité d'attendre la remise du rapport d'expertise. Dans ces conditions, la demande indemnitaire présentée à ce titre doit être rejetée.
S'agissant de l'indemnisation du coût de remplacement des rideaux et des pendrillons :
15. L'ECAA soutient que, le 11 mars 2022, le directeur du théâtre a signalé des traces blanches apparues sur l'ensemble des rideaux et pendrillons du théâtre, que l'expertise réalisée par son assureur retient que ces traces résultent d'un développement d'humidité et qu'aucune autre cause que les infiltrations litigieuses, ne peut justifier l'apparition de ces dommages. Si les sociétés défenderesses font valoir que ces traces n'étaient pas visibles pendant l'expertise judiciaire et que l'expertise diligentée par l'assureur n'était pas contradictoire, ces éléments ne suffisent à remettre en cause l'analyse circonstanciée de l'expert, laquelle est en cohérence avec les photographies des rideaux et pendrillons et la proximité immédiate de ces derniers avec les infiltrations litigieuses. En outre, contrairement à ce qu'elles soutiennent, le 7 juin 2021 correspond à la date d'attribution du marché de travaux de reprise des désordres et non la date d'achèvement de ces travaux, de sorte qu'elles ne peuvent utilement soutenir, sur la base de cette date, que les traces blanches sont apparues postérieurement aux travaux de reprise. Dans ces conditions, l'ECAA est fondée à demande la condamnation in solidum des sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée à lui verser la somme de 32 796,6'0 euros TTC (suivant le devis produit par la requérante d'un montant de 65 593,20 euros TTC x 50 %).
16. Il résulte de tout ce qui précède que l'ECAA est seulement fondée à demander la condamnation in solidum des sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée à lui verser la somme totale de 97 372,96' euros TTC.
Sur les demandes d'appel en garantie :
17. Le présent jugement ne portant pas condamnation des sociétés mises en cause au titre de la non-conformité de la ligne de vie, les appels en garantie formés par chacune de ces sociétés ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ". Et aux termes de l'article L. 761-1 du même code : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
19. En premier lieu, par une ordonnance du 10 mai 2022, les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 20 juin 2017, ont été liquidés et taxés à la somme totale de 15 532,66 euros TTC. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge in solidum des sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée, parties perdantes dans cette instance, le montant de ces frais.
20. En deuxième lieu, les sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée étant tenus aux dépens, il y a lieu de mettre à leur charge in solidum une somme de 3 349,20 euros, comprenant 849,20 euros au titre d'un constat d'huissier, dont l'utilité n'est pas contestée, à verser à l'ECAA et une somme de 2 000 euros à verser à la société Qualiconsult au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Les sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée sont condamnées in solidum à verser une somme de 97 372,96' euros TTC à l'ECAA.
Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 15 532,66 euros TTC sont mis à la charge in solidum des sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée.
Article 3 : Les sociétés Dumez Côte d'Azur et Nouvelle Vigna Méditerranée verseront in solidum une somme de 3 349,20 euros à l'ECAA et une somme de 2 000 euros à la société Qualiconsult au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'Esterel Côte d'Azur agglomération, à la société Dumez Côte d'Azur, à la société Nouvelle Vigna Méditerranée et à la société Qualiconsult.
Copie en sera adressée à Me Huertas et Me Pellier.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026