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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2103225

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2103225

lundi 23 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2103225
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantFEAT SOCIETE D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 novembre 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) PJP Holding, représentée par Me Peltier-Féat, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015 et des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure d'imposition est irrégulière au regard du premier alinéa de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales dès lors que l'administration ne l'a pas informée, avant la mise en recouvrement des impositions en litige, des modifications apportées aux rehaussements mentionnés dans la proposition de rectification afin de tenir compte de l'avis rendu par la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires ;

- cette procédure est également irrégulière au regard de l'article R. 256-1 du même livre dès lors que l'avis de mise en recouvrement ne fait pas référence à un tel document l'informant de la modification des rehaussements initialement proposés.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 avril 2022, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer, conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance pour un montant de 9 658 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Elle fait valoir que :

- un dégrèvement a été prononcé pour un montant de 9 658 euros ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une lettre du 12 décembre 2022, les parties ont été informées de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction pourrait être close par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.

Par une ordonnance du 6 janvier 2023, la clôture d'instruction a été prononcée avec effet immédiat.

Un mémoire présenté pour la SARL PJP Holding a été enregistré le 12 juin 2023 et non communiqué.

Par un courrier du 8 septembre 2023, des pièces complémentaires ont été demandées à la directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative. Des pièces ont été produites le 12 septembre 2023 et ont été communiquées à la société requérante le 14 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2023 :

- le rapport de M. Cros ;

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Peltier-Féat pour la SARL PJP Holding.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL PJP Holding, qui exerce une activité d'achat et de revente de biens immobiliers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration lui a notifié, par une proposition de rectification du 12 décembre 2017, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos les 31 décembre 2014 et 31 décembre 2015, établis selon la procédure de rectification contradictoire. A la suite du rejet par une décision du 1er octobre 2021 de sa réclamation du 17 juin précédent, elle demande au tribunal de prononcer la décharge de ces suppléments d'imposition, en droits et pénalités.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 2 novembre 2021 postérieure à l'introduction de la requête, l'administration a prononcé le dégrèvement partiel en droits et pénalités, à concurrence d'une somme de 9 658 euros, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés qui ont été mises à la charge de la SARL PJP Holding au titre des exercices clos en 2014 et 2015. Dès lors, les conclusions de la requérante tendant à la décharge de l'imposition litigieuse sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à la procédure d'imposition en litige : " A l'issue () d'une vérification de comptabilité (), lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou dans la notification mentionnée à l'article L. 76, le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications. Lorsqu'à un stade ultérieur de la procédure de rectification contradictoire l'administration modifie les rehaussements, pour tenir compte des observations et avis recueillis au cours de cette procédure, cette modification est portée par écrit à la connaissance du contribuable avant la mise en recouvrement, qui peut alors intervenir sans délai () ". D'autre part, selon l'article R. 256-1 du même livre : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. / () Lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il fait référence à la proposition prévue à l'article L. 57 ou à la notification prévue à l'article L. 76 et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications () ".

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, postérieurement à la notification de la proposition de rectification du 12 décembre 2017, l'administration a modifié les rehaussements initialement proposés à la SARL PJP Holding en matière d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2014 et 2015 afin de tenir compte de l'avis rendu le 14 mai 2019 par la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires. L'administration a porté cette modification et ses conséquences financières à la connaissance de la SARL PJP Holding par une lettre recommandée avec avis de réception datée du 21 septembre 2020 qui a été remise au service postal le 22 septembre 2020 et distribuée à sa destinataire contre sa signature le 2 octobre suivant, ainsi qu'il résulte de la fiche de suivi du pli recommandé. Dès lors, l'administration a informé la SARL PJP Holding de la modification des rehaussements avant d'émettre l'avis de mise en recouvrement du 15 avril 2021. Si la requérante affirme qu'il existerait des incohérences entre les conséquences financières des rehaussements mentionnées dans la proposition de rectification et les bases d'imposition maintenues, elle n'apporte aucune précision à l'appui de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de la violation des exigences du premier alinéa de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales manque en fait.

5. En second lieu, l'avis de mise en recouvrement du 15 avril 2021 fait référence à la lettre du 21 septembre 2020 par laquelle l'administration a informé la SARL PJP Holding de la modification des rehaussements mentionnés dans la proposition de rectification du 12 décembre 2017. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les dispositions de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales auraient été méconnues.

6. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions à fin de décharge des impositions litigieuses doit être rejeté.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la SARL PJP Holding.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SARL PJP Holding à concurrence de la somme de 9 658 euros correspondant au dégrèvement partiel prononcé par l'administration le 2 novembre 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL PJP Holding est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée PJP Holding et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer.

Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Cros, premier conseiller,

M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.

Le rapporteur,

Signé

F. CROS

La présidente,

Signé

M. BERNABEU

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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