lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103360 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FEAT SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2021 sous le n° 2103360, la société par actions simplifiée (SAS) Fre.Co. Sud, représentée par Me Peltier-Feat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droit et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015, ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er octobre 2013 au 30 juin 2016, pour un montant total de 302 147 euros après dégrèvements ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
* à titre principal :
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions des articles L. 48 et L. 57 du livre des procédures fiscales en omettant de lui adresser une nouvelle proposition de rectification alors que le montant de TVA collectée en 2015 pour lequel elle a reçu une proposition de rectification du 11 décembre 2017 est de 160 579 euros, alors que le montant mis en recouvrement est de 271 542 euros ;
- l'avis de mise en recouvrement du 16 décembre 2019 ne fait pas mention des décisions déterminant le montant des rectifications ni des décisions successives de dégrèvement accordés par l'administration ;
* à titre subsidiaire :
- le calcul réalisé dans toutes les conséquences financières ne permet pas de comprendre la base sur laquelle les majorations sont assises ;
- l'application de pénalités pour manquement délibéré, s'agissant de la rectification portant sur la TVA collectée, n'est pas justifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2022, la directrice du contrôle fiscal sud-est outre-mer conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est fondé.
II. Par une requête, enregistrée le 25 avril 2022 sous le n° 2201138, la SAS Fre.Co.Sud, représentée par Me Peltier-Féat, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement du crédit de TVA d'un montant 160 000 euros dont elle est bénéficiaire au titre du mois d'avril 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration n'a pas remis en cause cette demande de remboursement de crédit de TVA dans sa proposition de rectification du 11 décembre 2017 ;
- le défaut de remboursement de ce crédit de TVA contrevient à la prise de position formelle de l'administration d'accepter la déduction de celui-ci et conduit à une double rectification.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var demande la jonction des deux instances susvisées et conclut au rejet de la présente requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin,
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique,
- et les observations de Me Peltier-Féat représentant la SAS Fre.Co.Sud.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Fre.Co. Sud, dont le siège se situe au 58 avenue du Marechal Foch à Toulon, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2015, étendue jusqu'au 30 juin 2016 en matière de taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Une proposition de rectification relative à des rectifications en matière de TVA et d'impôt sur les sociétés a été adressée à la société le 11 décembre 2017. Par courrier du 16 mai 2018 et, dans le cadre du recours hiérarchique du 24 juillet 2019, le service a partiellement maintenu les rectifications proposées après avoir admis certaines justifications de la société. Les impositions supplémentaires mises à la charge de la SAS Fre.Co. Sud ont été mises en recouvrement le 16 décembre 2019. La société requérante en demande la décharge, en droits et pénalités, pour un montant total de 302 147 euros après dégrèvements.
2. Parallèlement, suite au dépôt de sa déclaration de TVA au titre du mois d'avril 2016, la SAS Fre.Co. Sud a demandé le remboursement d'un crédit de TVA de 160 000 euros, dont elle s'estime bénéficiaire. Cette demande a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 18 janvier 2022. La société Fre.Co. Sud demande au tribunal de prononcer le remboursement de ce crédit de TVA.
3. Les requêtes susvisées, qui concernent la situation d'une même société contribuable, présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
4. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 48 du livre des procédures fiscale : " A l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle au regard de l'impôt sur le revenu, d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de comptabilité, lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou dans la notification mentionnée à l'article L. 76, le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications. Lorsqu'à un stade ultérieur de la procédure de rectification contradictoire l'administration modifie les rehaussements, pour tenir compte des observations et avis recueillis au cours de cette procédure, cette modification est portée par écrit à la connaissance du contribuable avant la mise en recouvrement, qui peut alors intervenir sans délai ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 57 du même livre : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaitre son acceptation () ".
5. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 11 décembre 2017 mentionnait des rappels de droits nets de TVA respectivement de 193 155 euros pour la période du 1er octobre 2013 au 31 décembre 2014, 288 821 euros pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 et 269 999 euros pour la période du 1er janvier 2016 au 30 juin 2016. Dans le cadre de la réponse aux observations du contribuable en date du 16 mai 2018, le montant du rappel des droits nets de TVA était ramené à 19 423 euros pour la période du 1er octobre 2013 au 31 décembre 2014, 267 235 euros pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 et 89 999 euros pour la période du 1er janvier 2016 au 30 juin 2016. A cet égard, si la société requérante fait valoir qu'à l'issue de cette réponse de l'administration à ses observations, le montant de la TVA collectée relative à la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 était rehaussé de 160 576 euros à 271 542 euros, cette correction également accompagnée d'une correction sur le montant de le montant de la TVA déductible, n'a pas conduit à une augmentation des rappels de droits nets de TVA au titre de ce même exercice 2015 ou au titre de l'ensemble de la période d'imposition. Enfin, par courrier du 24 juillet 2019 faisant suite à l'exercice du recours hiérarchique par la société contribuable, le montant du rappel des droits nets de TVA était une nouvelle fois, et avant d'être mis en recouvrement, revu à la baisse à - 47 305 euros pour la période du 1er octobre 2013 au 31 décembre 2014, 98 908 euros pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 et 89 999 euros pour la période du 1er janvier 2016 au 30 juin 2016. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que les rectifications notifiées à la contribuable en matière d'impôt sur les sociétés aient été revues à la hausse au cours de la procédure contradictoire. Dès lors, la société contribuable, qui a bénéficié d'une information claire sur les conséquences financières des rectifications opérées par le service dans le cadre de la procédure contradictoire, n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration ne lui aurait pas notifié une nouvelle proposition de rectification avant la mise en recouvrement des impositions en litige.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité () ". Aux termes du 1 de l'article R. 256 du même livre : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. / () Lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il fait référence à la proposition prévue à l'article L. 57 ou à la notification prévue à l'article L. 76 et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications ".
7. Au cas d'espèce, l'avis de mise en recouvrement en date du 16 décembre 2019 mentionne, outre la proposition de rectification du 11 décembre 2017, la réponse aux observations du contribuable en date du 16 mai 2018 et la lettre d'information suite au recours hiérarchique du 24 juillet 2019 lesquelles, ainsi qu'il ressort des développements exposés au point 5, font mention des conséquences financières des rectifications retenues. Ainsi, il permet de comprendre le montant des impositions concernées, en droits et pénalités, et comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions précitées de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales. En outre, la société requérante ne saurait utilement soutenir que cet avis ne mentionne pas les " décisions successives de dégrèvements accordés " par l'administration, de tels dégrèvements ne pouvant, en tout état de cause, être prononcés qu'après mise en recouvrement des impositions. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis de mise en recouvrement manque en fait.
Sur les pénalités pour manquement délibéré :
8. L'article 1729 du code général des impôts dispose notamment que : " Les inexactitudes ou omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ". En vertu de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales, en cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, la preuve du manquement délibéré " incombe à l'administration ". Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. A cet égard, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
9. D'une part, il résulte de l'instruction que la société Fre.Co. Sud, de façon récurrente sur les exercices vérifiés, n'a pas déclaré toute la TVA devenue exigible et s'est ainsi abstenue de reverser à l'administration fiscale une partie de la TVA encaissée. En outre, ces manquements n'ont pas été régularisés spontanément par la contribuable mais ont été découverts par le service à l'occasion des opérations de vérification. De telles constatations traduisent une volonté délibérée d'éluder l'impôt. Dès lors, l'administration, qui ne s'est pas seulement bornée à relever l'importance des sommes éludées ou l'existence de simples manquements déclaratifs, mais qui s'est attachée à caractériser l'élément intentionnel du manquement constaté, doit être regardée comme apportant la preuve de l'absence de bonne foi ou d'un manquement délibéré de la requérante.
10. D'autre part, le montant des pénalités infligées sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts à la société Fre.Co. Sud et mises en recouvrement ressort clairement de la lettre d'information suite au recours hiérarchique du 24 juillet 2019. A cet égard, si la base sur laquelle est calculé le montant des pénalités n'apparaît effectivement pas dans le courrier précité du 24 juillet 2019, il ressort des éléments produits par l'administration que la majoration de 40 % s'applique sur la différence entre les rappels de TVA collectée en 2015 (271 542 euros) et un montant de TVA déductible de 190 701 euros, au demeurant plus élevé que celui figurant dans le tableau des conséquences financières du courrier du 24 juillet 2019. Enfin, si la requérante soutient que la prise en compte de ses observations après exercice du recours hiérarchique a abouti à la constatation d'un crédit de TVA en sa faveur au titre de la période du 1er octobre 2013 au 31 décembre 2014 et devant s'imputer sur le montant des pénalités pour manquement délibéré, il ressort des pièces du dossier que ce crédit de TVA de 47 305 euros, non pris en compte par l'avis de mise en recouvrement du 16 décembre 2019, a bien fait l'objet d'un avis de dégrèvement en date du 3 juillet 2020. Enfin, il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une décision d'admission partielle en faveur de la contribuable en date du 15 octobre 2021, le montant des pénalités mises en recouvrement a été ramené à 24 828 euros en conséquence du dégrèvement partiel prononcé sur le rappel de TVA. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le calcul réalisé dans toutes les conséquences financières ne permet pas de comprendre la base sur laquelle les majorations sont assises ni que la base imposable soumise à l'application des pénalités serait erronée.
11. Il résulte des points 9 et 10 du présent jugement que la société Fre.Co. Sud n'est pas fondée à contester le principe et le montant des pénalités mises à sa charge sur le fondement du a de l'article 1729 du code général des impôts.
12. Il résulte tout de ce qui précède que la SAS Fre.Co. Sud n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôts sur les sociétés et des rappels de TVA mis à sa charge au titre respectivement des exercices clos de 2013 à 2015 et de la période du 1er octobre 2013 au 30 juin 2016.
Sur la demande de remboursement d'un crédit de TVA de 160 000 euros :
13. Le IV de l'article 271 du code général des impôts dispose que : " La taxe déductible dont l'imputation n'a pu être opérée peut faire l'objet d'un remboursement dans les conditions, selon les modalités et dans les limites fixées par décret en Conseil d'Etat ".
14. Il résulte de l'instruction que le crédit de TVA en litige a pour origine la TVA non déduite sur les périodes antérieures. Si la SAS Fre.Co. Sud avait effectivement omis de déduire une partie de la TVA acquittée, cette dernière a été admise par le service vérificateur au titre de la TVA déductible sur les exercices 2014 et 2015 lors de l'établissement des rappels de TVA collectée sur les exercices vérifiés avant la déclaration modèle CA 3 du mois d'avril, diminuant d'autant la TVA due à l'issue des opérations de contrôle. Dès lors, la décision de rejet du 18 janvier 2022 ne saurait être considérée comme conduisant à une double rectification préjudiciable à la société requérante, laquelle ne saurait se prévaloir d'un crédit de TVA remboursable.
15. Aux termes de deux premiers alinéas de l'article L 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Il en est de même lorsque, dans le cadre d'un examen ou d'une vérification de comptabilité ou d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, et dès lors qu'elle a pu se prononcer en toute connaissance de cause, l'administration a pris position sur les points du contrôle, y compris tacitement par une absence de rectification ".
16. Si la SAS Fre.Co. Sud soutient que l'administration fiscale aurait pris formellement position au sens du deuxième alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales en faveur de l'existence du crédit de TVA litigieux, les dispositions de cet article, issues de la loi n° 2018- 727 du 10 août 2018, entrée en vigueur le 12 août suivant, ne sont, en tout de cause, applicables qu'aux prises de position tacites prises lors des contrôles dont les avis ont été adressés à compter du 1er janvier 2019, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Par suite, le moyen précité est inopérant.
17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la société requérante n'est fondée à demander ni la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015 ainsi que des rappels de TVA qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er octobre 2013 au 30 juin 2016, ni le remboursement d'un crédit de TVA à hauteur de 160 000 euros.
18. Par voie de conséquence, doivent être rejetées ses conclusions présentées, dans les deux affaires susvisées, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes susvisées de la SAS Fre.Co. Sud sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Fre.Co. Sud, à la directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEULa greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/Le greffier en chef,
Le greffier.
N°s 2103360, 2201138
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026