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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2103477

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2103477

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2103477
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantCABINET ADAES AVOCATS (SARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 décembre 2021 et un mémoire enregistré le 29 mars 2024, la société Immo GP Vie, représentée par Me Adaes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 2 novembre 2021 par laquelle l'administration fiscale a rejeté sa demande de remise gracieuse des pénalités de 10 % d'un montant total de 1 428 euros appliquées au titre des cotisations de taxes foncières 2015 et 2016 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est propriétaire d'un local commercial sis zone des Retraches avenue Pierre Mendes France sur la commune du Luc-en-Provence qui a été loué à la société Sarl Le Luc Services Automobiles placée en liquidation judiciaire le 10 mars 2015 ;

- elle a ainsi été privée de sa principale source de revenus lesquels provenaient de cette location ;

- elle s'est trouvée dans l'incapacité de payer les taxes foncières 2015 et 2016 ;

- si elle a pu s'acquitter du paiement des cotisations de taxe foncière le 1er septembre 2021, l'administration fiscale a toutefois rejetée sa demande de remise gracieuse des pénalités appliquées d'un montant de 708 euros pour l'année 2015 et 720 euros pour l'année 2016 ;

- toutefois, à la date de la demande de remise gracieuse le 1er septembre 2021, elle ne disposait pas des capacités contributives lui permettant d'apurer toute sa dette, la vente du local commercial objet de l'imposition n'ayant pu intervenir que le 29 novembre 2021 ;

- l'administration fiscale a donc commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'examen de sa situation.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Hamon, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Hamon,

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Immo GP Vie demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision implicite du 2 novembre 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Var a rejeté sa demande en date du 1er septembre 2021 tendant à la remise gracieuse des pénalités qui lui ont été appliquées en raison des retards de paiement des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 pour un montant total de 1 428 euros.

2. Aux termes de l'article 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable ;1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence ; 2° Des remises totales ou partielles d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent sont définitives. (). ". Les dispositions précitées du deuxième alinéa de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales permettent à l'administration d'accorder la remise gracieuse d'impositions en cas de gêne ou d'indigence. Si la décision de l'administration fiscale refusant une remise gracieuse peut être déférée au juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir, elle ne peut être annulée que si elle est entachée d'incompétence, d'une erreur de droit, d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation ou encore si elle est révélatrice d'un détournement de pouvoir. La légalité du refus d'accorder une remise gracieuse s'apprécie à la date de la décision attaquée et en fonction des seuls critères mentionnés à l'article L. 247 précité du livre des procédures fiscales.

3. Il résulte de l'instruction que la société requérante était propriétaire d'un bien immobilier sis zone des Retraches avenue Pierre Mendes France sur la commune du Luc-en- Provence qui était loué à la société Sarl Le Luc Services Automobiles placée en liquidation judiciaire le 10 mars 2015. Elle soutient qu'ayant été privée de sa principale source de revenus, elle s'est trouvée dans l'incapacité de payer les cotisations de taxes foncières 2015 et 2016, des pénalités lui étant ainsi appliquées pour un montant total de 1 428 euros. Par une lettre en date du 1er septembre 2021, la société Immo GP Vie a présenté une demande de remise gracieuse du montant de ces pénalités laquelle a toutefois été rejetée implicitement par l'administration fiscale. Il ressort de ce courrier, que la société Immo GP Vie a néanmoins procédé au paiement des cotisations de taxe foncière dues au titre des années 2015 et 2016 pour un montant total de 14 284 euros. Si la société requérante produit à l'instance différentes pièces notamment des actes des tribunaux de commerces et le protocole d'accord transactionnel conclu avec la caisse d'Epargne et de prévoyance Côte-d'Azur relatif au prêt que la société Immo GP Vie avait contracté dans le cadre de l'acquisition du local commercial, ces seuls éléments ne permettent pas de regarder la société requérante en situation de gène et d'indigence au sens de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales, alors même qu'elle a su dégager des capacités financières et s'acquitter à la date de la demande de remise gracieuse des cotisations de taxe foncière qu'elle devait. Dans ces conditions, eu égard au montant des pénalités réclamées qui s'élève à 708 euros pour l'année 2015 et à 720 euros pour l'année 2016 et aux éléments présentés qui ne permettent pas d'apprécier les difficultés financières de la société au 1er septembre 2021, il ne résulte pas que l'administration ait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des capacités contributives de la société requérante en rejetant implicitement sa demande de remise gracieuse.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la société Immo GP Vie n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Var a rejeté sa demande du 1er septembre 2021 tendant à la remise gracieuse de ses pénalités.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la société requérante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Immo GP Vie est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Immo GP Vie et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

L. HAMON

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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