jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103523 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 décembre 2021, M. D A C et Mme E A C née B demandent au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer respectivement les sommes de 6 387,20 euros et 57 484,80 euros, qui leur a été notifiée par deux mises en demeure du 11 août 2021, tenant lieu de commandement, en qualité de débiteurs conjoints du paiement de la créance d'intérêts de retard non acquittée par la société civile immobilière (SCI) Le Clos des Vignes sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2008.
Ils soutiennent que :
- l'administration n'a pas mis en œuvre d'action judiciaire préalable permettant d'établir que la SCI Le Clos des Vignes n'est pas en mesure de régler les sommes réclamées ;
- ils bénéficient de la prescription ;
- subsidiairement, il existe une contradiction entre la date à laquelle les intérêts contestés ont été calculés, à compter de l'année 2008, et la date de naissance de la créance, le 14 juin 2019 ; c'est à compter de cette dernière date qu'il aurait fallu décompter les intérêts.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car tardive en application de l'article R. 281-4 du livre des procédures fiscales ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 mars 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Le Clos des Vignes, qui exerce une activité de location de terrains et d'autres biens immobiliers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle, par deux propositions de rectification des 29 août 2008 et 24 mars 2009, l'administration lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des périodes, respectivement, du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2007 et du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2008. Par un avis de mise en recouvrement du 14 juin 2019, l'administration a réclamé à cette société le paiement d'intérêts de retard complémentaires sur ces rappels de taxe sur la valeur ajoutée, pour un montant total de 63 872 euros. Estimant que la société n'avait pas acquitté ladite somme à sa date d'exigibilité, l'administration a émis le 16 juillet 2021 deux avis de mise en recouvrement par lesquels elle en a mis le paiement à la charge de M. et Mme A C en qualité d'associés débiteurs conjoints au sens des articles 1857 et 1858 du code civil, à hauteur de leur quote-part respective dans le capital de la société, soit 10 % et 90 %, pour des montants de 6 387,20 euros concernant M. A C et 57 484,80 euros concernant Mme A C. L'administration a émis le 11 août 2021, à l'encontre de chaque époux, une mise en demeure, tenant lieu de commandement, de payer la somme ainsi réclamée. Les intéressés ont formé contre ces actes de poursuites des contestations reçues le 10 septembre 2021 qui ont été expressément rejetées par deux décisions du 18 octobre 2021. Par la présente requête, ils demandent la décharge de l'obligation de payer qui leur a été notifiée par chacune de ces mises en demeure.
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ". Selon l'article R. 281-4 du même livre : " Le chef de service ou l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception. / () Si () la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable ou la personne tenue solidairement ou conjointement doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281. Il dispose pour cela de deux mois à partir : / a) () de la notification de la décision du chef de service ou de l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 () ".
3. Il résulte de l'instruction que les deux décisions expresses du 18 octobre 2021 par lesquelles le directeur départemental des finances publiques du Var a rejeté les contestations formées par M. et Mme A C contre les mises en demeure de payer litigieuses ont été notifiées aux intéressés par deux plis recommandés reçus le 21 octobre 2021, ainsi qu'en attestent les deux avis de réception signés par les intéressés à cette date. Ces décisions de rejet mentionnaient les voies et délais de recours prévus par les dispositions citées au point précédent. Ainsi, les intéressés disposaient d'un délai de deux mois à compter du 21 octobre 2021 pour saisir la juridiction administrative. Ce délai expirait le mercredi 22 décembre 2021 à minuit. Bien que datée du 21 décembre 2021, la requête n'a été enregistrée par le greffe du tribunal que le 29 décembre 2021. Les époux A C, qui n'ont pas répondu à la fin de non-recevoir, n'invoquent pas un éventuel délai anormal d'acheminement du courrier. Dans ces conditions, la requête est tardive et doit être rejetée comme irrecevable, ainsi que l'oppose le directeur départemental des finances publiques du Var.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C, à Mme E A C née B et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 11 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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