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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200157

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200157

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200157
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantGAULMIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 20 janvier 2022, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Marseille le 7 janvier 2022, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés le 1er juillet 2022, M. A B demande au tribunal de condamner la commune de Draguignan à lui verser la somme de 1 709,93 euros, correspondant au montant des réparations de son véhicule.

Il soutient que :

- en manœuvrant sur une place de stationnement, rue Paul Cézanne, à Draguignan, il a endommagé son véhicule en raison de la buse d'évacuation des eaux pluviales située le long de la chaussée ;

- la buse fait partie du domaine public de la commune de Draguignan ; aucun plot de protection n'était encore installé au moment de l'accident ;

- la commune de Draguignan doit l'indemniser du coût des réparations de son véhicule.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, la commune de Draguignan, représentée par Me Gaulmin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Un enregistrement audio, présenté par M. B le 7 juillet 2022, n'a pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Montalieu, rapporteure,

- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,

- et les observations Me Gaulmin, avocat de la commune de Draguignan,

- le requérant n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Le 28 avril 2021, vers 17h40, au cours d'une manœuvre pour se garer sur une place de stationnement située rue Paul Cézanne, à Draguignan, l'avant droit du véhicule de M. B a basculé sur le bas-côté, dans le prolongement d'une buse d'évacuation des eaux pluviales, et a été endommagé. M. B a formé une demande préalable d'indemnisation auprès de l'assureur de la commune de Draguignan, laquelle a été rejetée le 31 mai 2021.

Sur la responsabilité de la commune de Draguignan pour défaut d'entretien normal :

2. D'une part, il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, de rapporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage dont il se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 412-7 du code de la route : " I. Les véhicules doivent, sauf en cas de nécessité absolue, circuler sur la chaussée. () ".

4. En l'espèce, il est constant que, le 28 avril 2021, vers 17h40, M. B a effectué une manœuvre afin de se garer sur une place de stationnement située rue Paul Cézanne, à Draguignan, et, qu'au cours de cette manœuvre, la roue avant droite de son véhicule a basculé sur le bas-côté, destiné à assurer l'écoulement des eaux pluviales, situé le long de la chaussée. Il résulte de l'instruction, en particulier des photographies, que la délimitation entre la chaussée, revêtue de goudron, et le bas-côté enherbé, situé dans le prolongement d'une buse recouverte d'un revêtement distinct, était nettement visible. Dans ces conditions, le dommage survenu est uniquement imputable à l'imprudence fautive du requérant. Par suite, M. B n'est pas fondé à rechercher la responsabilité pour défaut d'entretien normal de la commune de Draguignan.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. B doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B une somme de 1 200 euros à verser à la commune de Draguignan sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera à la commune de Draguignan une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Draguignan.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

M. MONTALIEU

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

A. CAILLEAUX

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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