lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200228 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Aide sociale |
| Avocat requérant | CASSEL CABINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2022, M. B A, représenté par la Selafa Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la maison départementale des personnes handicapées du Var à lui verser la somme de 40 000 euros en réparation de ses préjudices, avec intérêts de droit à compter du dépôt de sa réclamation préalable ;
2°) de mettre à la charge de la maison départementale des personnes handicapées du Var la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- par décision du 15 janvier 2015, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Var a tout d'abord rejeté sa demande tendant à être reconnu travailleur handicapé ; cette décision a toutefois été rapportée par décision du 26 mars 2015, sur recours gracieux, et il a été reconnu travailleur handicapé ; par ailleurs, plusieurs médecins ont attesté que son état de santé ne contre-indiquait pas la formation sollicitée en qualité d'horloger ; dès lors, il avait droit au bénéfice de cette formation et c'est à tort qu'elle lui a été refusée par les décisions des 13 juillet 2017 et 25 janvier 2018 ; ainsi, la maison départementale des personnes handicapées du Var a entaché ses décisions d'illégalité, ce qui est constitutif d'une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- il a droit à réparation de son entier préjudice : soit 30 000 euros au titre de l'atteinte à son projet professionnel et de la perte de chance d'occuper un emploi et 10 000 euros au titre du préjudice moral.
Une mise en demeure a été adressée le 16 avril 2024 à la maison départementale des personnes handicapées du Var qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de la présente affaire à l'audience.
Une note en délibéré, présentée par la maison départementale des personnes handicapées du Var, a été enregistrée le 11 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 13 juillet 2017, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Var a décidé d'orienter M. A vers le marché du travail.
M. A a formé un recours contre cette décision, qui a été rejeté par une décision du
25 janvier 2018. Par une requête n°1800938, M. A a demandé au tribunal l'annulation de ces décisions, en tant qu'elles n'ont pas fait droit à sa demande d'orientation en horlogerie dans un centre de rééducation professionnelle. Par un jugement du 1er mars 2021, le tribunal a décidé qu'il n'y avait pas lieu à statuer sur ces conclusions aux fins d'annulation, motif pris que ces décisions " portent sur la période d'orientation professionnelle, désormais achevée, du 22 février 2016 au 18 mai 2019 " et qu' " eu égard à l'office du juge de plein contentieux saisi d'un recours contre une décision d'orientation professionnelle d'une personne handicapée, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de ces décisions doivent être regardées comme ayant perdu leur objet, alors même que ces décisions ont produit des effets juridiques ". Par une demande indemnitaire préalable réceptionnée le 5 octobre 2021, le requérant a sollicité auprès de la maison départementale des personnes handicapées du Var la réparation des préjudices résultant de l'illégalité fautive des décisions précitées. En l'absence de réponse, M. A demande au tribunal de condamner la maison départementale des personnes handicapées du Var à lui verser la somme de 30 000 euros au titre du préjudice financier et professionnel et celle de 10 000 euros au titre du préjudice moral.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 5213-1 du code du travail : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ". Aux termes de l'article L. 5213-2 du même code : " La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 241-5 du code de l'action sociale et des familles. / Cette reconnaissance s'accompagne d'une orientation vers un établissement ou service d'aide par le travail, vers le marché du travail ou vers un centre de rééducation professionnelle () ". Aux termes de l'article L. 5213-3 dudit code : " Tout travailleur handicapé peut bénéficier d'une réadaptation, d'une rééducation ou d'une formation professionnelle. ". Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour :1° Se prononcer sur l'orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale () ". Aux termes de l'article L. 241-9 du même code, les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 : " peuvent faire l'objet d'un recours devant la juridiction administrative () ". Aux termes de l'article R. 5213-10 du code du travail : " La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est consultée sur toutes les demandes ou propositions de rééducation ou de réadaptation d'un travailleur handicapé ". Aux termes de l'article R. 5213-12 du même code : " La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées donne également son avis sur la nature, les modalités et la durée de la réadaptation, rééducation ou formation professionnelle appropriée. () ".
3. Il résulte de la combinaison des articles L. 5213-2, L. 5213-3, R. 5213-9, R. 5213-10 et R. 5213-12 du code du travail que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, à laquelle cet article R. 5213-12 confère la mission de se prononcer sur la réadaptation, rééducation ou formation professionnelle " appropriée ", peut orienter toute personne à laquelle la qualité de travailleur handicapé a été reconnue vers un centre de rééducation professionnelle, dès lors qu'elle estime que les chances de l'intéressé d'obtenir ou retrouver un emploi dans la profession à laquelle il a été antérieurement formé, sont devenues très limitées. Il lui appartient dans un second temps de définir, pour chaque personne à laquelle est reconnue la qualité de travailleur handicapé, si une orientation vers un centre de rééducation professionnelle est l'orientation la mieux adaptée à son état de santé, en procédant à une évaluation de sa capacité de travail et de ses besoins en matière d'accompagnement, compte tenu de ses aptitudes et des contraintes ou restrictions inhérentes à son handicap, ainsi que de ses qualifications et expériences professionnelles.
4. En l'espèce, M. A, qui a la qualité de travailleur handicapé, souffre d'un spondylolisthésis L5-S1 de grade 1 qui le rend inapte totalement et définitivement au port de charges lourdes et aux travaux entraînant des mouvements répétitifs du tronc en flexion et en extension. Ainsi qu'il le soutient, plusieurs médecins ont attesté que la formation sollicitée en qualité d'horloger n'était pas incompatible avec son état de santé. Alors qu'une mise en demeure a été adressée le 16 avril 2024 à la maison départementale des personnes handicapée du Var, qui est réputée avoir acquiescé aux faits en application des dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, cette dernière n'a pas explicité en défense le motif de refus opposé au requérant à sa demande de formation professionnelle, qui n'apparaît d'ailleurs ni sur la décision du 13 juillet 2017 ni sur celle du 25 janvier 2018. Ainsi, les décisions en litige en tant qu'elles lui refusent le bénéfice d'une formation professionnelle en horlogerie ne sont pas légalement justifiées. Par suite, M. A est fondé à soutenir qu'en lui refusant le bénéfice de la formation professionnelle sollicitée, la maison départementale des personnes handicapées du Var a commis une illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne les préjudices :
5. En premier lieu, si M. A soutient qu'en l'empêchant de suivre la formation sollicitée, la maison départementale des personnes handicapée du Var a entravé ses projets professionnels et lui a fait perdre une chance d'occuper un emploi dans ce secteur, il n'apporte toutefois aucune précision sur son projet professionnel et aucun élément permettant d'apprécier la perte de chance dont il se prévaut. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées à ce titre à hauteur de 30 000 euros ne peuvent qu'être rejetées.
6. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par M. A à raison de l'illégalité fautive des décisions contestées en lui allouant une somme de 800 euros.
7. Par suite, M. A est seulement fondé à demander la condamnation de la maison départementale des personnes handicapées du Var à lui verser la somme de 800 euros au titre du préjudice subi.
Sur les intérêts :
8. M. A a droit aux intérêts au taux légal sur la somme précitée de 800 euros, à compter du 5 octobre 2021, date de réception par l'administration de la demande indemnitaire préalable effectuée par l'intéressé.
Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la maison départementale des personnes handicapées du Var, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel, le versement à M. A de quelque somme que ce soit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
10. Aucun dépens, qui correspondent aux frais d'expertise en vertu de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, n'ayant été exposé lors de l'instance, les conclusions du requérant tendant à ce que les " entiers dépens " soient mis à la charge de la maison départementale des personnes handicapée du Var ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La maison départementale des personnes handicapées du Var versera à M. A une somme de 800 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 octobre 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la maison départementale des personnes handicapées du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. CLa greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026