vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200249 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Paris, demande au Tribunal :
1°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 12 600 euros à lui verser en réparation de son préjudice matériel ainsi que de la perte de chance d'avoir pu bénéficier d'un logement et la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice moral, en raison de l'absence de relogement depuis la décision de la commission de médiation du Var datée du 7 mai 2020 et du jugement du Tribunal administratif de Toulon du 16 avril 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser directement à Me Paris en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
- sa demande est recevable au regard des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative car il a déposé une demande indemnitaire préalable en date du 30 septembre 2021, qui a fait l'objet d'un rejet implicite par le préfet du Var ; sa requête a donc été introduite dans le délai de recours contentieux ;
- la commission de médiation DALO du Var l'a déclaré prioritaire et devant être logé en urgence par une décision du 7 mai 2020, au motif qu'il était dépourvu de logement ; le Tribunal administratif de Toulon a, par un jugement du 16 avril 2021, enjoint au préfet du Var de le reloger en urgence avant le 1er juillet 2021, en fixant une astreinte de 300 euros par mois de retard à verser au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement ;
- l'Etat, qui est soumis à une obligation de résultat en matière de droit au logement opposable ainsi qu'à l'obligation d'exécuter les décisions de justice, a commis une double faute de nature à engager sa responsabilité, d'une part, en ne procédant pas à son relogement depuis la décision de la commission de médiation du 7 mai 2020 et, d'autre part, en n'exécutant pas le jugement du Tribunal administratif de Toulon du 16 avril 2021 ordonnant son relogement ;
- les propositions de logement qui lui ont été faites par le préfet du Var n'étaient pas adaptées à son besoin ; il n'a donc refusé aucune offre répondant à son besoin de logement ;
- les refus des logements pris sur le motif de l'insécurité sont légitimes en ce qu'il a relevé des impacts de balles lors des visites qu'il a effectuées dans au moins deux appartements ; la préfecture ne peut ainsi être reconnue comme ayant rempli ses obligations de relogement envers lui ; sa situation en tant qu'handicapé ayant un enfant à charge est préoccupante ;
- la faute de l'Etat ainsi que son préjudice sont caractérisés.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2022, le Préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- Deux propositions de logements ont été faites par Toulon Habitat Méditerranée suite aux commissions d'attribution des logements des 1er octobre 2020 et 26 novembre 2020, respectivement sur les résidences de La Chapelle et La Beaucaire ; il a refusé ces deux logements car ils étaient situés selon lui dans des ensembles présentant des problèmes de sécurité, sans toutefois apporter d'éléments tangibles pour prouver le moindre risque pour lui ou sa famille ;
- Par une ordonnance du 30 septembre 2021, le juge a ordonné qu'il n'avait pas lieu de liquider l'astreinte et a considéré que les logements proposés étaient adaptés aux besoins et capacités du demandeur au regard des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation ; le juge a considéré que les services de l'Etat devaient être regardés comme ayant entièrement exécuté les obligations mises à sa charge depuis le 25 juin 2021.
Vu la décision de la commission de médiation DALO du Var du 7 mai 2020 ;
- Le jugement du Tribunal administratif de Toulon du 16 avril 2021 ;
- L'ordonnance du Tribunal administratif de Toulon du 30 septembre 2021.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
M. A a fait l'objet d'une décision d'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle auprès du Tribunal de Grande Instance de Toulon le 17 janvier 2022.
Par une décision du 1er septembre 2023, la présidente du Tribunal a désigné M. Bailleux pour statuer sur les litiges définis à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 7 novembre 2023, le rapport de M. Bailleux, magistrat désigné.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions indemnitaires :
1. Il est constant que M. A a été reconnu, par une décision de la commission de médiation DALO du Var du 7 mai 2020, prioritaire et devant être logé en urgence, dans un logement répondant à ses besoins et capacités, de type F3 pour 1 personne, au double motif qu'il est menacé d'expulsion sans relogement d'une part et logé dans un logement temporaire, de transition, ou dans un logement foyer depuis plus de dix-huit mois, d'autre part. En l'absence de proposition de logement dans les six mois qui ont suivi cette décision, M. A a saisi le 8 mars 2021 le Tribunal administratif de Toulon, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, afin d'obtenir que soit ordonné son relogement. Par un jugement du 16 avril 2021, le Tribunal administratif de Toulon a enjoint au préfet du Var de pourvoir au relogement de M. A avant le 1er juillet 2021, sous astreinte d'une somme de 300 euros par mois de retard à compter de cette date, destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement institué en application de l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. Par une lettre du 30 septembre 2021, reçue en préfecture le 6 octobre 2021, M. A a saisi le préfet du Var d'une demande indemnitaire préalable qui a fait l'objet d'un rejet implicite en date du 6 décembre 2021. M. A demandait au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice subi pour l'absence de relogement dans les délais impartis par ses services.
En ce qui concerne la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ". En outre, selon le II de l'article L. 441-2-3 de ce code : " () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement () / La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département la liste des demandeurs auxquels doit être attribué en urgence un logement. () / Le représentant de l'Etat dans le département désigne chaque demandeur à un organisme bailleur disposant de logements correspondant à la demande. () / En cas de refus de l'organisme de loger le demandeur, le représentant de l'Etat dans le département qui l'a désigné procède à l'attribution d'un logement correspondant aux besoins et aux capacités du demandeur sur ses droits de réservation. () ". L'article R. 441-16-1 du même code dispose que : " A compter du 1er décembre 2008, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence. Dans () les départements comportant au moins une agglomération, ou une partie d'une agglomération, de plus de 300 000 habitants, ce délai est de six mois. ".
3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, alors même que l'intéressé n'a pas fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
4. Il résulte de l'instruction que des propositions de logement ont été faites au requérant mais que celui-ci ne les a pas acceptées. Le requérant soutient que ces refus des propositions de logement étaient légitimes et qu'ainsi le préfet du Var n'a à ce jour pas accompli la responsabilité de relogement qui lui a été enjoint de faire par le jugement du 16 avril 2021.
5. En l'espèce, M. A a refusé un premier logement situé dans la résidence Le Ravel sans ascenseur, mais le préfet du Var reconnaît lui-même que ce logement n'était pas adapté à la situation de M. A, rendant par suite son refus légitime, dès lors qu'il a été reconnu personne handicapée par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et par une décision du 13 octobre 2016.
6. M. A a ensuite refusé un deuxième logement situé à la Chapelle, face à la résidence Pontcarral, suite à la Commission d'Attribution des Logements du 1er octobre 2020 par Toulon Habitat Méditerranée. Le requérant soutient que le secteur d'implantation de ce logement se situe dans un haut lieu du trafic de stupéfiants, en se fondant sur un article de journal relatant le démantèlement, en 2021, d'un trafic de drogue au sein de la résidence Pontcarral par la police de Toulon. Le préfet du Var quant à lui fait valoir que le requérant ne démontre pas quel serait le risque pour lui et sa famille en cas d'acceptation de ce logement.
7. Un troisième logement a été attribué au requérant lors d'une Commission d'Attribution des Logements du 26 novembre 2020, que le requérant a de nouveau refusé, en raison du risque pour sa sécurité, et après avoir constaté un impact de balle lors de la visite de cet appartement ainsi que de la découverte d'une porte calcinée en bas de l'immeuble.
8. En tout état de cause, et ainsi que le fait valoir le préfet du Var sur ce point, le juge administratif, dans son ordonnance du 30 septembre 2021, dont il n'est pas contesté qu'elle revêt un caractère définitif, a reconnu que les appartements qui ont été proposés à M. A étaient adaptés aux capacités et besoins du requérant et que le préfet du Var devait être considéré comme ayant rempli ses obligations, en date du 25 juin 2021. L'ordonnance n° 2101004 du 30 septembre 2021 indique sur ce point : " L'injonction prononcée sur le fondement des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation doit être regardée comme exécutée si un logement correspondant aux caractéristiques déterminées par la commission de médiation au demandeur qui l'a refusé sans motif impérieux. En l'espèce, pour demander la sortie de M. A du dispositif du droit au logement opposable, le préfet du Var fait valoir, sans être contredit - par son mémoire du 25 juin 2021- que le requérant a fait l'objet d'une proposition de logement qu'il a refusé sans motif impérieux () Il résulte de tout ce qui précède que le préfet du Var doit être réputé avoir entièrement exécuté les obligations mises à sa charge par le jugement du 16 avril 2021 dès le 25 juin 2021 ".
9. Il résulte donc de l'instruction que les obligations résultant de la décision du 7 mai 2020 de la commission de médiation DALO du Var n'ont pas été satisfaites dans les délais et que cela constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat. Ainsi la période de responsabilité de l'Etat s'étend en l'espèce du 7 novembre 2020, date d'expiration du délai de six mois impartis au préfet du Var pour assurer le relogement de M. A à la suite de la décision de la commission de médiation DALO du Var du 7 mai 2020, jusqu'au 25 juin 2021, date à laquelle le préfet du Var doit être considéré comme ayant exécuté ses obligations, soit sur une période de huit mois.
En ce qui concerne le préjudice :
10. M. A est donc fondé à demander l'indemnisation des troubles dans ses conditions d'existence ayant résulté de la carence fautive de l'Etat, étant donné qu'il fait état de troubles dans ses conditions de vie pendant cette période. Il fait notamment état de grandes inquiétudes, en particulier en raison de sa situation de handicap et du fait qu'il a en charge un enfant en bas âge. Compte tenu de la durée de cette carence du 7 novembre 2020 au 25 juin 2021, du motif précité retenu par la commission de médiation du Var pour déclarer la demande de logement prioritaire et urgente, des conditions de logement de M. A au cours de la période concernée, il indique notamment que son logement actuel est insalubre, en produisant quelques photographies montrant en particulier l'humidité dans la salle de bains dudit logement, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature dans les conditions d'existence subis par le requérant, y compris le préjudice moral, en lui allouant une somme de 1 000 euros.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
11. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article 75 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, codifiée à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et des articles 37 et 43 de la même loi, que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de mettre à la charge, à son profit, de la partie perdante que le paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat. L'avocat de ce bénéficiaire peut demander au juge de mettre à la charge de la partie perdante la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
12. M. A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par suite il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser directement à Me Paris, à condition que celui-ci renonce à percevoir l'aide juridictionnelle de l'Etat.
DECIDE
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme de 1 000 (mille) euros.
Article 2 : L'Etat versera à Me Paris une somme de 1 000 (mille) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A, à Me Paris et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 22 décembre 2023.
Le Magistrat désigné,
Signé :
F. BAILLEUX
La greffière
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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