jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200326 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LABECKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2022, M. D A, représenté par Me Labecki-Petit, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- concernant les rehaussements, c'est à tort que l'administration a qualifié de revenus distribués à son profit, d'une part, les sommes portées au crédit de son compte courant d'associé dans la comptabilité de la société Contec et, d'autre part, les parts non déductibles de loyers assimilables à des revenus personnels, dès lors qu'elle n'apporte pas la preuve que ces sommes ont été mises à sa disposition au sens du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts ;
- la majoration de 40 % pour manquement délibéré appliquée sur le fondement des dispositions du a de l'article 1729 du code général des impôts est injustifiée car l'administration n'établit pas l'élément intentionnel du manquement ;
- la majoration de retard est injustifiée par voie de conséquence du caractère erroné des rectifications en droits.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mai 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une proposition de rectification du 19 septembre 2016, le service vérificateur a notifié à M. A des cotisations supplémentaires en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2014. Ces cotisations ont été établies selon la procédure de taxation d'office au motif que l'intéressé avait déposé sa déclaration de revenus au-delà du délai légal après réception d'une mise en demeure. Sa réclamation du 14 décembre 2020 ayant été rejetée le 8 décembre 2021, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de ces cotisations supplémentaires, en droits et pénalités.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
2. Il résulte de l'instruction que M. A est associé unique et gérant de la société à responsabilité limitée (SARL) Contec qui a pour activité la construction de bâtiments. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service lui a adressé le 16 décembre 2015 une proposition de rectification retenant qu'elle avait distribué en 2014 à M. A des revenus au sens du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, tenant, d'une part, aux crédits portés sur son compte courant d'associé sans avoir été justifiés et, d'autre part, à la part des loyers de la résidence de M. A prise en charge par la société alors qu'elle correspond à un usage personnel de l'intéressé. En conséquence, par la proposition de rectification du 19 septembre 2016, le service a imposé ces sommes entre les mains de M. A en tant que revenus distribués relevant de la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Le requérant soutient que l'administration n'apporte pas la preuve que ces sommes auraient été mises à sa disposition au sens du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
3. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ".
S'agissant de la fraction des loyers qualifiée de dépense personnelle du requérant :
4. Pour soumettre à l'impôt sur le revenu des revenus sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, il incombe à l'administration d'établir qu'ils ont été mis à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts. La circonstance que le contribuable que l'administration entend imposer est le maître de l'affaire est à cet égard sans incidence.
5. Il résulte de l'instruction que la SARL Contec occupe des locaux situés au domicile de M. A et qu'elle a pris en charge l'intégralité des loyers afférents au titre de l'exercice 2014, pour un montant de 18 869 euros. L'administration ayant estimé que ce bien faisait l'objet d'une utilisation professionnelle à hauteur de seulement 40 % et personnelle à 60 %, elle a réintégré dans le résultat de la société une part de 60 % du montant des loyers, soit 11 322 euros, et rehaussé de cette part le revenu imposable de M. A. Celui-ci ne conteste ni l'utilisation du bien à des fins personnelles, ni le pourcentage de 60 % retenu par l'administration. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a regardé cette fraction des dépenses de loyers indûment prise en charge par la société comme des sommes mises à la disposition du requérant et donc comme des revenus distribués imposables entre ses mains.
S'agissant des sommes portées au crédit du compte courant d'associé :
6. Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont, sauf preuve contraire, à la disposition de cet associé, alors même que l'inscription résulterait d'une erreur comptable involontaire, et ont donc, même dans une telle hypothèse, le caractère de revenus distribués, imposables entre les mains de cet associé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Pour que l'associé échappe à cette imposition, il lui incombe de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.
7. Il résulte de l'instruction que des sommes ont été portées au crédit du compte courant d'associé de M. A dans la comptabilité de la SARL Contec lors de l'exercice 2014 pour un montant de 43 522 euros. Le requérant ne démontre pas qu'il n'aurait pas pu avoir la disposition de ces sommes. Il n'établit pas davantage que ces dernières ne correspondraient pas à la mise à disposition d'un revenu. A cet égard, s'il allègue dans ses observations du 11 octobre 2016 qu'il aurait réglé des fournisseurs pour le compte de la société, il n'en apporte aucune justification. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a regardé ces sommes comme étant à la disposition de l'intéressé et donc comme des revenus distribués, imposables entre ses mains dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
En ce qui concerne la majoration de 40 % pour manquement délibéré :
8. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () ". Selon l'article 1729 de ce code : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
9. M. A conteste l'application de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue par les dispositions du a de l'article 1729 du code général des impôts. Toutefois, ainsi que l'oppose l'administration, il résulte de la proposition de rectification du 19 septembre 2016 qu'aucune majoration pour manquement délibéré n'a été appliquée et que la seule majoration de 40 % infligée au requérant l'a été au motif que ce dernier n'avait pas produit sa déclaration de revenus perçus au titre de l'année 2014 dans les délais légaux, en application des dispositions du b du 1 de l'article 1728 du même code. Ce point est confirmé par l'avis d'impôt sur les revenus de 2014 qui mentionne le 1 de l'article 1728 comme seule base légale de la majoration de 40 % appliquée par le service. Par suite, le moyen est inopérant.
En ce qui concerne la " majoration de retard " :
10. M. A se borne à contester la " majoration de retard " en excipant du caractère erroné du rehaussement en droits. Sa contestation relative à ce rehaussement ayant été écartée, ce moyen doit l'être également.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des suppléments d'imposition litigieux, en droits comme en pénalités.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. A.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. B M. C, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026