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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200432

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200432

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200432
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantABEILLE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 février 2022 et le 29 avril 2022, Mme A B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer (CHITS) à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis du fait d'un manquement fautif commis lors d'une séance de rééducation le 5 juillet 2019 à l'hôpital Georges Sand.

Elle soutient que :

- le 5 juillet 2019, au cours d'un exercice de marche entre les barres parallèles, la kinésithérapeute lui a demandé de ne pas se tenir et de chercher son équilibre ; alors que la kinésithérapeute lui tournait le dos, elle a chuté ; un manquement fautif a, se faisant, été commis par l'hôpital ;

- sa chute lui a causé une fracture de la branche ilio-pubienne droite ;

- l'ensemble de ses préjudices résultant de cette chute doivent être réparés.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 6 avril 2022, le CHITS, représenté par Me Zandotti, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il résulte du rapport d'expertise, ordonnée par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Provence-Alpes-Côte d'Azur, qu'aucune faute dans la prise en charge de la requérante n'a été commise ; la chute de la requérante a pour origine un accident médical non fautif.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Montalieu, rapporteure,

- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,

- et les observations de Me Saint-Oyant, substituant Me Zandotti, représentant le CHITS ;

- la requérante n'étant ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, née le 10 juillet 1945, a été opérée le 17 juillet 2018 pour un abcès cérébral à Nocardia entrainant une hémiplégie droite à la clinique Clairval (Marseille). Elle a été admise à l'hôpital Renée Sabran (Hyères) pour une rééducation et a poursuivi celle-ci à l'hôpital Georges Sand (établissement à La Seyne-sur-Mer faisant partie du CHITS) à compter du 31 mai 2019. Le 5 juillet 2019, au cours d'un exercice de marche entre des barres parallèles, elle a fait une chute lui causant une fracture ilio-pubienne droite. S'estimant victime de dommages imputable au CHITS, Mme B a saisi, le 9 août 2021, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Provence-Alpes-Côte d'Azur au titre de sa prise en charge le 5 juillet 2019. La commission a ordonné une expertise médicale et a désigné un collège d'experts composé d'un chirurgien orthopédique et d'un médecin spécialisé en médecine physique et de réadaptation. Le rapport d'expertise a été remis le 8 décembre 2021 et par un avis du 13 décembre 2021, la commission s'est reconnue incompétente pour connaître de la demande présentée par Mme B au motif que la gravité de son état de santé est inférieure au seuil fixé par l'article D. 1142-1 du code de la santé publique. Par un courrier du 21 janvier 2022, le CHITS a estimé que sa responsabilité n'était pas engagée et a rejeté la demande d'indemnisation de Mme B.

Sur la responsabilité du CHITS :

2. En vertu des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les établissements publics d'hospitalisation ne sont en principe responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de fautes.

3. Il résulte de l'instruction, en particulier des conclusions du rapport d'expertise du 8 décembre 2021, que l'acte de marche dans les barres parallèles est un acte classique dans la rééducation à la marche pour majorer la sécurisation et minimiser le risque de chute. Il résulte également de l'instruction, en particulier des conclusions de ce rapport, que la prescription de cet acte était en adéquation avec l'état de santé de Mme B dès lors que le risque de chute du fait de son hémiparésie, pris en compte par l'équipe médicale, justifiait précisément un réentrainement à la marche dans les barres parallèles, de sorte que la chute de la requérante est uniquement imputable à son état de santé, et non à une faute médicale ni paramédicale. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à rechercher la responsabilité pour faute du CHITS.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la requérante une quelconque somme au titre des frais exposés par le CHITS et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le CHITS sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère,

M. David Hélayel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.

La rapporteure,

Signé

M. MONTALIEU

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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