LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200526

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200526

lundi 26 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200526
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationAide sociale
Avocat requérantMOEYAERT - LE GLAUNEC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par M. A pour contester des indus de revenu de solidarité active (RSA), d’allocation de logement sociale (ALS) et d’aide exceptionnelle de fin d’année, ainsi qu’une pénalité administrative. La solution retenue n’est pas explicitée dans l’extrait, mais le tribunal a soulevé d’office un moyen d’incompétence de la juridiction administrative pour connaître de la pénalité administrative, relevant de la compétence judiciaire en application de l’article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. Les indus contestés sont fondés sur l’absence de résidence en France de M. A, qui s’est absenté plus de 122 jours par an sur la période 2018-2020, en violation des conditions de séjour prévues par le code de l’action sociale et des familles et le code de la construction et de l’habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 février 2022 et le 13 avril 2023, M. D A, représenté par Me Moeyaert-Le Glaunec, doit être regardé comme demandant au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Var a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, un indu de revenu de solidarité active (RSA), référencé INK 002, d'un montant de 14 075,07 euros pour la période courant du 1er mars 2018 au 31 juillet 2020 ;

2°) d'annuler la décision du 7 janvier 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Var a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, un indu d'allocation de logement sociale (ALS), référencé IN4 001, d'un montant de 7 336 euros pour la période courant du 1er février 2018 au 31 janvier 2021 ;

3°) d'annuler la décision du 7 janvier 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocation familiales du Var a confirmé, sur recours gracieux, l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année, référencé ING 001, d'un montant de 304,90 au titre des années 2018 et 2019 ;

4°) d'annuler la décision du 11 août 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var lui a notifié une pénalité administrative d'un montant de 3 287 euros ;

5°) de statuer sur les dépens.

Il soutient que :

- les indus en litige sont infondés dans la mesure où il n'a pas résidé hors de France sur une période supérieure à 122 jours au titre des années 2018, 2019 et 2020 à l'exception de la période liée à la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 ;

- il n'a pas fraudé et n'en a pas eu l'intention ; il appartient à l'administration de prouver qu'il est de mauvaise foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Var, agissant pour le compte du département du Var, conclut à ce que la caisse d'allocations familiales du Var soit appelée en la cause pour défendre en matière d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'ALS, et au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- elle n'est pas compétente pour défendre en matière d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'allocation de logement à caractère social dès lors qu'il s'agit de prestations versées par l'Etat ;

- la requête est irrecevable dès lors que les conclusions dirigées contre la décision du 8 juin 2021 sont irrecevables dans la mesure où les décisions prises sur recours administratif préalable obligatoire par la caisse d'allocations familiales du Var les 12 et 14 janvier 2022 se substituent à la décision initiale du 8 juin 2021 ;

- l'indu de RSA en litige est fondé sur l'absence de présence sur le territoire français du requérant qui s'est absenté 215 jours sur l'année 2018, 207 jours sur l'année 2019 et 142 jours sur l'année 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Var conclut à ce que le département du Var soit appelé en la cause pour défendre en matière de RSA, et au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- seul le département du Var est compétent pour défendre en matière de RSA ;

- la requête est irrecevable dès lors que les conclusions dirigées contre la décision du 8 juin 2021 sont irrecevables dans la mesure où les décisions prises sur recours administratif préalable obligatoire par la caisse d'allocations familiales du Var les 12 et 14 janvier 2022 se substituent à la décision initiale du 8 juin 2021 ;

- l'indu d'ALS en litige est fondé, d'un part, sur l'absence de présence sur le territoire français du requérant qui s'est absenté 215 jours sur l'année 2018, 207 jours sur l'année 2019 et 142 jours sur l'année 2020 et, d'autre part, sur les revenus pris en compte au cours de l'année 2018, avant dernière année précédant la période de paiement conformément aux dispositions de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation ;

- l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2018 et 2019 est fondé dans la mesure où M. A ne pouvait pas prétendre au RSA au titre des mois de novembre et décembre des années 2018 et 2019.

Par un courrier du 21 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'annulation de la décision du 11 août 2021 prononçant une pénalité administrative sur le fondement des dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La juridiction compétente est la juridiction judiciaire.

La requête et les mémoires ont été communiqués au préfet du Var qui n'a pas produit d'observations.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Mme B pour la caisse d'allocations familiales du Var.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après les observations orales de Mme B à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier daté du 8 juin 2021 et libellé " relevé de droits et paiement ", la caisse d'allocations familiales du Var a informé M. A qu'il était redevable d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 14 278,18 euros pour la période courant du 1er mars 2018 au 31 juillet 2020, d'un indu d'allocation de logement sociale (ALS) d'un montant de 7 336 euros pour la période courant du 1er février 2018 au 31 janvier 2021 et d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 304,90 euros. L'intéressé a contesté l'indu de RSA et l'indu d'ALS, par un recours administratif préalable obligatoire et l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année dans le cadre d'un recours gracieux. Par trois courriers du 12 janvier 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var a notifié trois décisions de la commission de recours amiable de cette caisse confirmant les indus en litige. Par ailleurs, par un courrier du 11 août 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var a notifié à l'intéressé une pénalité administrative d'un montant de 3 287 euros. Par la présente requête, M. A demande l'annulation des indus de RSA, d'ALS et d'aide exceptionnelle de fin d'année ainsi que celle de la pénalité administrative.

Sur les conclusions relatives à la pénalité administrative :

2. Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : / 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 3° L'exercice d'un travail dissimulé, constaté dans les conditions prévues à l'article L. 114-15, par le bénéficiaire de prestations versées sous conditions de ressources ou de cessation d'activité ; / 4° Les agissements visant à obtenir ou à tenter de faire obtenir le versement indu de prestations servies par un organisme mentionné au premier alinéa, même sans en être le bénéficiaire ; / 5° Les actions ou omissions ayant pour objet de faire obstacle ou de se soustraire aux opérations de contrôle exercées, en application de l'article L. 114-10 du présent code et de l'article L. 724-7 du code rural et de la pêche maritime, par les agents mentionnés au présent article, visant à refuser l'accès à une information formellement sollicitée, à ne pas répondre ou à apporter une réponse fausse, incomplète ou abusivement tardive à toute demande de pièce justificative, d'information, d'accès à une information, ou à une convocation, émanant des organismes chargés de la gestion des prestations familiales et des prestations d'assurance vieillesse, dès lors que la demande est nécessaire à l'exercice du contrôle ou de l'enquête. / () La personne concernée peut former, dans un délai fixé par voie réglementaire, un recours gracieux contre cette décision auprès du directeur. Cette dernière statue après avis d'une commission composée et constituée au sein du conseil d'administration de l'organisme. Cette commission apprécie la responsabilité de la personne concernée dans la réalisation des faits reprochés. Si elle l'estime établie, elle propose le prononcé d'une pénalité dont elle évalue le montant. L'avis de la commission est adressé simultanément au directeur de l'organisme et à l'intéressé. / La mesure prononcée est motivée et peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. ()".

3. Les pénalités administratives prononcées en application des dispositions précitées de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale relèvent de la compétence du tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. Ainsi, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision du 11 août 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var lui a infligé une pénalité administrative d'un montant de 3 287 euros. Ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur les conclusions tendant à l'annulation des indus de revenu de solidarité active (INK 001) et d'allocation de logement sociale (IN4 001) :

En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active (RSA) :

4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Aux termes de l'article L. 262-35 de ce code : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active orienté vers un organisme participant au service public de l'emploi autre que l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail conclut avec le département, représenté par le président du conseil départemental, sous un délai d'un mois après cette orientation, un contrat librement débattu énumérant leurs engagements réciproques en matière d'insertion professionnelle () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée ". Aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

5. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de RSA, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elle mentionne et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de RSA a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le RSA ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du RSA est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.

6. Il résulte de l'instruction que lors de sa demande de RSA effectuée le 26 mars 2018, M. A s'est déclaré notamment propriétaire d'une habitation à Tavernes dans le département du Var. Ainsi, il était connu comme domicilié dans ce département et donc en France. A l'occasion du contrôle de sa situation le 28 août 2020, l'examen des relevés de compte bancaire de l'allocataire par le contrôleur de la caisse d'allocation familiales du Var a révélé une résidence en Suisse pour une période de 215 jours au titre de l'année 2018, 207 jours au titre de l'année 2019 et 147 jours au titre de l'année 2020, ainsi qu'il ressort du rapport d'enquête établi le 16 septembre 2020 dont les mentions, conformément aux disposions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, font foi jusqu'à preuve du contraire. M. A soutient qu'il n'a pas résidé hors de France au titre des années 2018, 2019 et 2020 à l'exception de la période correspondant à la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. À supposer que l'intéressé ait été dans l'impossibilité de retourner sur le territoire national lors de la période précitée, il n'a pas informé la caisse d'allocations familiales du Var de cette situation, alors qu'il incombe à chaque allocataire de faire connaître à la caisse, dont il relève, toute information relative à son lieu de résidence et aux motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois. De plus, il ne produit aucune pièce de nature à contrebattre les éléments relevés par le contrôleur assermenté. En tout état de cause, si le contrat d'engagement réciproque conclu le 15 novembre 2020 avec le département du Var indique la possibilité pour M. A de se déplacer dans un rayon de 50 kilomètres et de travailler en Suisse, le requérant ne produit toutefois aucune pièce permettant d'établir qu'il aurait travaillé en Suisse pour la période ayant donné lieu au chiffrage de l'indu de RSA litigieux. Au demeurant, la seule candidature au poste de chef de projet produite par le requérant n'a pas reçu une suite favorable. Par suite, M. A ne peut être regardé comme ayant eu une résidence stable et effective en France sur la période de chiffrage des indus, rappelée au point 1, du présent jugement. Il n'est donc pas fondé à soutenir que c'est à tort qu'il s'est vu notifier un indu de RSA.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu d'allocation de logement à caractère social (ALS) :

7. Aux termes de l'article R. 822-23 du code de la construction et de l'habitation : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure ".

8. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 ci-dessus que M. A ne peut être regardé comment ayant effectivement occupé son logement pendant une durée de huit mois au titre des années couvertes par la période en litige. Par suite, il n'est pas fondé à contester l'indu d'ALS en litige.

Sur l'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de 2018 et 2019 :

9. Aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. Une seule aide est due par foyer ". Le décret du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite prévoit des dispositions similaires pour 2019.

10. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. A n'avait pas doit au RSA au titre des mois de novembre et décembre des années 2018 et 2019. Par suite, l'indu d'un montant de 304,90 euros relatif à l'aide exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2018 et 2019 est fondé.

Sur les dépens :

11. Aucun dépens n'ayant été exposé dans la présente instance, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'en tout état de cause, être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Moeyaert-Le Glaunec, au département du Var et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Var et à la caisse d'allocations familiales du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. CLa greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au département du Var, chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions