vendredi 10 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200599 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mars 2022 et, un mémoire, enregistré le 2 novembre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Asecke demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie, au titre de l'année 2021, à raison d'un bien immobilier situé à Sainte-Maxime pour un montant de 548 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle a déjà été assujettie à la cotisation foncière des entreprises, au titre de la même année, à l'adresse de son siège social situé dans les Yvelines ;
- la décision par laquelle l'administration a rejeté sa demande est insuffisamment motivée ;
- la base d'imposition n'est pas justifiée ;
- l'activité de l'établissement de Sainte-Maxime ne présente pas un caractère habituel ;
- la société n'a dégagé que de faibles revenus en 2020 et 2021 du fait de la crise sanitaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés respectivement les 29 juillet 2022 et le 11 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il sollicite une substitution de base légale ; la cotisation litigieuse de cotisation foncière des entreprises devant, en l'espèce, être assise sur la valeur locative du bien en application de l'article 1467 du code général des impôts ;
- les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Asecke est propriétaire d'un bien immobilier situé à Sainte-Maxime qu'elle exploite dans le cadre de son activité de location de logements. A ce titre, elle a été assujettie à la cotisation foncière des entreprises, au titre de l'année 2021, pour un montant de 548 euros. Elle de demande au tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1447 de ce code : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. / Pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises, les activités de location ou de sous-location d'immeubles, autres que les activités de location ou sous-location d'immeubles nus à usage d'habitation, sont réputées exercées à titre professionnel ; toutefois, la cotisation foncière des entreprises n'est pas due lorsque l'activité de location ou de sous-location d'immeubles nus est exercée par des personnes qui, au cours de la période de référence définie à l'article 1467 A, en retirent des recettes brutes hors taxes, au sens de l'article 29, inférieures à 100 000 € ou un chiffre d'affaires, au sens du 1 du I de l'article 1586 sexies, inférieur à 100 000 € () ". Aux termes de l'article 1467 de ce code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de 1473 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises est établie dans chaque commune où le redevable dispose de locaux ou de terrains, en raison de la valeur locative des biens qui y sont situés () ".
3. Il résulte de l'instruction que la cotisation foncière des entreprises dont il est demandé la décharge a été établie à raison d'un bien immobilier faisant l'objet de locations meublées de tourisme.
4. En premier lieu, les vices qui peuvent entacher la décision par laquelle l'administration rejette la réclamation dont elle est saisie par un contribuable sont sans influence sur le bien-fondé des impositions contestées. En tout état de cause, la décision du 14 février 2022 par laquelle l'administration a rejeté la réclamation de la requérante, mentionne les articles du code général des impôts fondant l'imposition litigieuse et déterminant sa base. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées du code général des impôts, d'une part, que la location de logements meublés est réputée être une activité professionnelle imposable à la cotisation foncière des entreprises, et d'autre part, que la cotisation foncière des entreprises est établie dans chaque commune où le contribuable dispose d'un local. Dès lors, la SARL Asecke ne peut utilement faire valoir que la cotisation foncière des entreprises en litige ferait double emploi avec celle établie, au titre de la même année, à raison de son principal établissement situé dans le département des Yvelines.
6. En troisième lieu, si la requérante soutient que son activité locative n'est pas exercée à titre habituel, elle ne l'établit pas. A ce titre, la circonstance que la société ait enregistré une baisse importante de son chiffre d'affaires en 2020 et 2021 en raison de la crise sanitaire et de vacances locatives plus fréquentes que d'ordinaire est sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition contestée.
7. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que la cotisation foncière des entreprises, dont il est demandé la décharge, a été établie, conformément à l'article 1467 du code général des impôts, sur la base de la valeur locative du bien de la requérante et non selon le mécanisme de la cotisation minimum utilisé pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises due à raison du principal établissement de la société, lequel est situé dans le département des Yvelines. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de substitution de base légale sollicitée par le directeur départemental des finances publiques du Var, la base d'imposition ayant été, dès l'origine, établie sur la base de la valeur locative du bien. Par suite, contrairement à ce que soutient la requérante, la base d'imposition est justifiée par l'administration.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Asecke n'est pas fondée à demander la décharge de la cotisation foncière des entreprises établie au titre de l'année 2021 à raison du bien immobilier qu'elle possède sur la commune de Sainte-Maxime. Par voie de conséquence, il y également lieu de rejeter ses conclusions tendant à ce que soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Asecke est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Asecke et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Doumergue, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. DOUMERGUE
La greffière
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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