lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200606 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | EMOD JEAN-LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mars 2022, M. A B, représenté par Me Emod, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 janvier 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Var a rejeté sa demande du 24 novembre 2021 tendant à la mainlevée des saisies administratives à tiers détenteur pour créance privilégiée pratiquées sur ses comptes bancaires et notifiées le 20 octobre 2021 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser, à titre indemnitaire, une somme de 15 000 euros majorée des frais ayant résulté des saisies effectuées à tort ainsi qu'une somme de 15 000 euros au titre de l'indemnisation de ses frais de défense ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat " le remboursement de tous frais et charges afférents [aux saisies] en vertu des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ".
Il soutient que :
- la créance n'est pas certaine ;
- la créance n'est pas exigible ;
- aucune obligation de paiement ne peut être mise à sa charge ;
- l'administration a commis une voie de fait à son égard ;
- le paiement des majorations, pénalités et intérêts de retard ne lui incombe pas.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er avril 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable car il existe un recours parallèle ouvert au requérant pour faire valoir ses droits s'agissant de la procédure de recouvrement comme de la procédure d'imposition.
Par des lettres des 22 et 27 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office suivants :
- incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 6 janvier 2022, en application des dispositions des articles L. 199, L. 281 et R. 281-4 du livre des procédures fiscales ;
- irrecevabilité des conclusions à fin d'indemnisation, à défaut de demande indemnitaire préalable présentée à l'administration, en application des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions de la requête à fin d'indemnisation, dès lors que la faute alléguée réside dans la décision d'engager des poursuites à l'égard du requérant et que le juge judiciaire est compétent pour statuer sur les contestations relatives à l'imposition en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 juin 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une proposition de rectification du 21 octobre 2020, l'administration a mis à la charge de M. B des droits de mutation à titre gratuit d'un bien immobilier sis à Ramatuelle, ainsi que des pénalités correspondantes. Cette créance fiscale a fait l'objet d'un avis de mise en recouvrement du 15 avril 2021 pour un montant de 2 656 512 euros. Par un courrier du 30 avril 2021, le comptable public du pôle recouvrement spécialisé de Var a mis M. B en demeure de payer cette somme. Par un courrier du 20 octobre 2021, le même service a notifié à l'intéressé trois saisies administratives à tiers détenteur sur ses comptes bancaires. Par une lettre du 24 novembre 2021 reçue le 30 novembre suivant, M. B a contesté ces saisies en demandant leur mainlevée. Par une décision du 6 janvier 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var a rejeté cette contestation. Par la présente requête, M. B demande principalement au tribunal d'annuler cette décision et de condamner l'Etat à l'indemniser du préjudice subi.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 6 janvier 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts () dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ". Selon l'article R. 281-4 du même livre : " Le chef de service () se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception. / () Si () la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable () doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281 () ". Aux termes du second alinéa de l'article L. 199 du même livre : " En matière de droits d'enregistrement, () le tribunal compétent est le tribunal judiciaire () ".
3. La contestation présentée par M. B dans sa lettre du 24 novembre 2021 est relative au recouvrement de droits de mutation à titre gratuit, lesquels relèvent des droits d'enregistrement. Cette contestation porte, non sur la régularité en la forme des saisies administratives à tiers détenteur notifiées par le courrier du 20 octobre 2021, mais sur l'obligation au paiement et l'exigibilité de la somme réclamée. Dès lors, le recours formé par l'intéressé contre la décision du 6 janvier 2022 rejetant cette contestation doit être porté devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 du livre des procédures fiscales, qui est le juge judiciaire en matière de droits d'enregistrement. Par suite, les conclusions de M. B dirigées contre la décision du 6 janvier 2022 doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
4. La faute alléguée par M. B affecte des opérations de recouvrement et réside dans la décision même d'engager des poursuites à son égard. Ainsi qu'il a été dit, le juge judiciaire est compétent pour statuer sur les contestations relatives aux droits d'enregistrement, dont relève l'imposition faisant l'objet des poursuites engagées contre le requérant. Par suite, le juge judiciaire est également compétent pour connaître des conclusions de l'intéressé tendant à l'indemnisation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de ces actes de poursuites. Ces conclusions doivent donc également être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions relatives aux dépens :
5. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ".
6. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de M. B tendant à se voir rembourser les dépens, en tout état de cause, inexistants dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. B dirigées contre la décision du 6 janvier 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Var a rejeté sa contestation des saisies administratives à tiers détenteur notifiées le 20 octobre 2021, ainsi que ses conclusions à fin d'indemnisation, sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B, tendant au remboursement des dépens, est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026