mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200650 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | ZIMBRIS-GOLLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mars 2022 et un mémoire enregistré le 26 mars 2024, la SCPI Immorente, représentée par Me Zimbris-Golleau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de l'administration fiscale du 10 janvier 2022 rejetant sa réclamation préalable ;
2°) de prononcer la réduction des cotisations de la taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 pour ses locaux sis 1 centre Mayol sur la commune de Toulon.
Elle soutient que :
- elle possède un local commercial d'une surface d'environ 2 900 m2 affecté à la vente de prêt à porter ;
- ce local a été évalué par comparaison au local-type n° 360 du procès-verbal des évaluations des locaux commerciaux de Toulon correspondant à un grand magasin de 4 045 m2 situé dans les Galeries Lafayette sis 9 boulevard de Strasbourg sur la commune de Toulon ;
- toutefois, la similitude de ces locaux ne peut justifier qu'un ajustement au sens des dispositions de l'article 324 AA de l'annexe III du code général des impôts (CGI) ait été réalisé par l'administration laquelle a retenu un tarif de 120 F alors que la valeur locative unitaire du local-type n° 360 est de 98 F ;
- l'administration fiscale ne justifie pas le tarif qu'elle a décidé de retenir en méconnaissance de l'article 324 AA du code précité qui n'a pas été déterminé à partir de la valeur locative unitaire du local-type ;
- l'application de l'une ou l'autre des valeurs locatives encadrante du local-type 360 ne repose sur aucun fondement légal comme l'a rappelé le conseil d'Etat dans un arrêt du 28/12/2021, l'administration commettant une erreur de droit ;
- les caractéristiques de son local sont similaires à celles du local-type n° 360 du PV de la même commune et ne présentent aucun caractère exceptionnel qui justifierait qu'il soit recouru à la méthode de l'appréciation directe ; il en découle que la valeur locative cadastrale du magasin de la requérante peut donc être déterminée par référence au tarif de 98 F, aucun ajustement sur l'un des motifs de l'article 324 AA de l'annexe III du code général des impôts ne devant être réalisé ;
- la majoration de 22,45 % du tarif initial n'est donc pas fondée.
Par un mémoire en défense, enregistré 19 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCPI Immorente, propriétaire de locaux situés dans le centre commercial Mayol exploités par l'enseigne CetA a été assujetti à la taxe foncière au titre des années 2020 et 2021 respectivement pour un montant de 64 037 euros et 63 831 euros. Sa réclamation préalable en date du 27 décembre 2021 ayant été rejetée par l'administration fiscale, la société requérante demande au tribunal d'annuler la décision de rejet des services fiscaux du 10 janvier 2022 et de prononcer la réduction de la cotisation de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de rejet de la réclamation préalable :
2. Les décisions par lesquelles l'administration fiscale statue sur les réclamations contentieuses des contribuables ne constituent pas des actes détachables de la procédure d'imposition, qui ne peut être contestée qu'à l'appui d'une demande tendant à la décharge ou à la réduction des impositions correspondantes. Ainsi les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 10 janvier 2022 par laquelle l'administration fiscale a statué sur la réclamation de la société requérante sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties :
3. Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts en vigueur au 31 décembre 2016 : " La valeur locative de tous les biens autres que les locaux visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 est déterminée au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après : 1° Pour les biens donnés en location à des conditions de prix normales, la valeur locative est celle qui ressort de cette location ; 2° a. Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un autre titre que la location, vacants ou concédés à titre gratuit, la valeur locative est déterminée par comparaison. Les termes de comparaison sont choisis dans la commune. Ils peuvent être choisis hors de la commune pour procéder à l'évaluation des immeubles d'un caractère particulier ou exceptionnel ; () ". En application du I de l'article 324 Z de l'annexe III du même code : " L'évaluation par comparaison consiste à attribuer à un immeuble ou à un local donné une valeur locative proportionnelle à celle qui a été adoptée pour d'autres biens de même nature pris comme types ". Aux termes de l'article 324 AA de la même annexe : " La valeur locative cadastrale des biens loués à des conditions anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un titre autre que celui de locataire, vacants ou concédés à titre gratuit est obtenue en appliquant aux données relatives à leur consistance - telles que superficie réelle, nombre d'éléments - les valeurs unitaires arrêtées pour le type de la catégorie correspondante. Cette valeur est ensuite ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer, notamment du point de vue de la situation, de la nature de la construction, de son état d'entretien, de son aménagement, ainsi que de l'importance plus ou moins grande de ses dépendances bâties et non bâties si ces éléments n'ont pas été pris en considération lors de l'appréciation de la consistance ".
4. Il résulte de ces dispositions que, lorsque, pour arrêter la valeur locative de l'immeuble à évaluer, l'administration, faisant application de la méthode par comparaison, retient valablement un local-type inscrit au procès-verbal des opérations de révision foncière d'une commune, il lui appartient, par application du coefficient prévu à l'article 324 AA de l'annexe III au code général des impôts, d'ajuster la valeur locative afin de tenir compte des différences entre le terme de comparaison et l'immeuble à évaluer. Ainsi, aucune disposition ne prévoit que, pour la mise en œuvre de cet article, des " valeurs locatives encadrantes " puissent être inscrites sur le procès-verbal afin d'assurer la représentativité du local-type retenu par rapport au marché locatif existant au 1er janvier 1970.
5. L'administration fiscale a proposé, pour établir la valeur locative cadastrale du local de la société requérante, de retenir comme terme de comparaison le local-type n° 360 situé au 9 boulevard de Strasbourg dans le centre-ville de Toulon, exploité sous l'enseigne des Galeries Lafayette, d'une surface pondérée de 3 034 m² et une surface réelle de vente de 2 179 m2, avec une valeur locative de 14,94 euros /m2 (tarif 98 F). Dans ce cadre, l'administration a, en application de l'article 324 AA du code général des impôts, décidé d'ajuster à la hausse le tarif afin de tenir compte des caractéristiques propres des locaux du requérant et estimé que ce tarif devait être porté à 18,29 euros (tarif 120 F). Si l'administration a irrégulièrement considéré, dans sa décision de rejet du 10 janvier 2022, qu'elle pouvait appliquer la valeur encadrante supérieure du local type 360, elle substitue à ce motif l'application des critères d'évaluation de l'article 324 AA de l'annexe III au code général des impôts. En l'espèce, cette substitution de motif ne prive la requérante d'aucune garantie de procédure.
6. L'administration fait valoir que l'offre de parking pour le centre commercial serait plus vaste. Toutefois, il résulte de l'instruction que le local-type n° 360, qui se situe dans le centre historique de Toulon, face à la place de la Liberté, dispose à proximité immédiate de parkings souterrains dédiés aux commerces de la ville. Si le centre commercial Mayol dispose également d'un vaste parking dédié à ses magasins dont celui du requérant, il n'est pas exclusif, les autres commerces de la ville situés à proximité pouvant également en bénéficier. En l'espèce, il n'apparait pas que le nombre de place de stationnement entre les deux sites ne serait pas équivalent. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que du point de vue logistique, les locaux du requérant bénéficient de facilités qui lui donneraient un avantage particulier comme le soutient l'administration. Les services fiscaux font en outre, valoir que le positionnement du local litigieux au sein d'un centre commercial serait un avantage. Cependant, eu égard à l'environnement du local-type n° 360 qui se situe dans le cœur historique de la ville de Toulon, dans un secteur très fréquenté avec de nombreux commerces, des cinémas, un théâtre, des boutiques, il ne résulte pas de l'instruction que la circonstance que le local des requérants soit positionné dans un centre commercial, lequel se situe en périphérie du centre historique, puisse être de nature à regarder les locaux du requérant comme situés dans un environnement plus privilégié. Enfin, les dates de construction des bâtiments et la différence de surface des locaux ne peuvent justifier à elles seules l'application du tarif 120F retenu par l'administration. Ainsi, compte tenu des éléments présentés au dossier, le tarif 120F retenu par l'administration ne parait pas pertinent, le tarif 98F du local-type n°360 pouvant dans les circonstances de l'espèce, être appliqué.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la SCPI Immorente est fondée à demander la réduction des impositions litigieuses à hauteur de la différence entre le tarif 120 F et le tarif 98 F au titre de l'année 2020 et de l'année 2021.
DECIDE :
Article 1er : La SCPI Immorente est déchargée des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 à hauteur de la différence entre le tarif 120 F et le tarif 98 F.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCPI Immorente et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
L. A
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026