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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200722

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200722

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200722
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantFEAT SOCIETE D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mars 2022, M. B C, représenté par Me Peltier-Feat, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux et des pénalités correspondantes auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 à 2016 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le délai de reprise de l'administration, prévu à l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, est prescrit.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juin 2024 :

- le rapport de M. Cros ;

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle à l'issue duquel l'administration lui a notifié des rehaussements en matière notamment de prélèvements sociaux au titre des années 2014 et 2015 par une proposition de rectification du 7 décembre 2017 et au titre de l'année 2016 par une proposition de rectification du 24 juillet 2018. Sa réclamation du 19 juillet 2021 ayant été rejetée le 20 janvier 2022, M. C demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux auxquelles il a ainsi été assujetti au titre des années 2014 à 2016.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 168 du livre des procédures fiscales : " Les omissions totales ou partielles constatées dans l'assiette de l'impôt, les insuffisances, les inexactitudes ou les erreurs d'imposition peuvent être réparées par l'administration des impôts () dans les conditions et dans les délais prévus aux articles L. 169 à L. 189, sauf dispositions contraires du code général des impôts ". Selon le premier alinéa de l'article L. 169 de ce livre : " Pour l'impôt sur le revenu (), le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ". Aux termes de l'article L. 169 A du même livre : " Le délai de reprise prévu au premier alinéa de l'article L. 169 s'applique également : / () 2° Aux prélèvements prévus aux articles 117 quater et 125 A du code général des impôts () ". Aux termes de l'article L. 189 dudit livre : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1658 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Les impôts directs et les taxes assimilées sont recouvrés en vertu soit de rôles rendus exécutoires par arrêté du directeur général des finances publiques ou du préfet, soit d'avis de mise en recouvrement () ". Selon l'article 1659 de ce code : " La date de mise en recouvrement des rôles est fixée par l'autorité compétente pour les homologuer en application de l'article 1658 en accord avec le directeur départemental des finances publiques. Cette date est indiquée sur le rôle ainsi que sur les avis d'imposition délivrés aux contribuables () ".

4. Il résulte de ces dispositions que l'imposition est régulièrement établie, au regard des règles de prescription d'assiette, dès lors qu'elle a été mise en recouvrement avant l'expiration du délai de répétition, la date de mise en recouvrement à prendre en compte, dans le cas d'un impôt établi par voie de rôle, étant fixée par la décision administrative homologuant ce rôle. En cas de contestation portant sur la détermination de cette date, il appartient à l'administration de fournir des extraits, qu'ils soient ou non certifiés conformes, des décisions portant homologation du rôle et fixant la date de mise en recouvrement.

5. Il résulte de l'instruction que le délai de reprise des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux auxquelles M. C a été assujetti, a été interrompu par la notification des propositions de rectification des 7 décembre 2017 et 24 juillet 2018. Ainsi, ce délai expirait le 31 décembre 2020 concernant les cotisations dues au titre des années 2014 et 2015, et le 31 décembre 2021 concernant celles relatives à l'année 2016. L'arrêté du 11 décembre 2020 par lequel le préfet du Var a rendu exécutoire le rôle comprenant ces cotisations a fixé la date de mise en recouvrement au 31 décembre 2020. Dès lors, la mise en recouvrement est intervenue avant l'expiration du délai de reprise imparti à l'administration fiscale. La triple circonstance que les avis d'imposition correspondants ont été adressés au contribuable par un courrier expédié après le 31 décembre 2020, qu'ils n'auraient pas été effectivement joints à ce courrier et qu'ils n'auraient jamais été reçus par l'intéressé est, en tout état de cause, sans incidence sur le respect du délai de reprise, dès lors que la mise en recouvrement est intervenue avant l'expiration de celui-ci. Par suite, l'unique moyen de la requête, tiré de la prescription du droit de reprise, doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la décharge des impositions en litige.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. C.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Cros et M. A premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé

F. CROS

La présidente,

Signé

M. BERNABEU

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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